Raymond Burke

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Raymond Leo Burke
Image illustrative de l’article Raymond Burke
Raymond Burke en 2008.
Biographie
Naissance (73 ans)
à Richland Center (États-Unis)
Ordination sacerdotale par le pape Paul VI
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par Benoît XVI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Sant’Agata de’Goti
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le pape Jean-Paul II
Dernier titre ou fonction Patronus (Protecteur) de l'Ordre de Malte
Patronus (Protecteur) de l'Ordre souverain militaire de Malte
Depuis le
Préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique
Archevêque de Saint-Louis (États-Unis)
Évêque de La Crosse (États-Unis)

Blason
« Secundum cor tuum »
« Rends notre cœur semblable au tien »
(Litanies du Sacré-Cœur de Jésus).
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Raymond Leo Burke, né le à Richland Center (États-Unis), est un prélat catholique américain.

Consacré évêque de La Crosse en 1995, il devient archevêque de Saint-Louis en 2004. Il est appelé à Rome par le pape Benoît XVI en 2010, comme préfet du tribunal suprême de la Signature apostolique et il est alors créé cardinal. En 2014, le pape François le nomme Cardinalis patronus (cardinal protecteur) de l'ordre souverain militaire de Malte, position qui n’est plus qu’un titre depuis 2016, avec la nomination d’un Délégué spécial apostolique auprès de cet ordre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Né le à Richland Center dans une famille de six enfants, il étudie à l'Université catholique d'Amérique, à l'université pontificale grégorienne. Il est notamment docteur en droit canonique.

Prêtre[modifier | modifier le code]

Il est ordonné prêtre à la basilique Saint-Pierre par Paul VI en 1975.

Il est nommé recteur à la cathédrale Saint-Joseph-Artisan de La Crosse au Wisconsin. Il enseigne la religion à l'école secondaire Aquinas de cette ville. En 1989, il est nommé membre du Tribunal suprême de la Signature apostolique par Jean-Paul II.

Évêque de la Crosse[modifier | modifier le code]

Nommé évêque de La Crosse le , il est consacré à Rome par Jean-Paul II le et installé en sa cathédrale le .

Archevêque de Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Raymond Burke a été nommé archevêque de Saint-Louis le , succédant ainsi au cardinal Justin Francis Rigali (nommé comme archevêque de Philadelphie, Missouri). Il prend ses fonctions lors de son installation le . Il a reçu le pallium des mains de Jean-Paul II le .

Durant son ministère à Saint-Louis, il a reçu deux fois le titre honorifique de docteur en lettres humaines, une à l'Université Ave Maria et une autre au Christendom College.

Le , Benoît XVI le nomme membre de deux congrégations du Vatican : le Conseil pontifical pour les textes législatifs et la Congrégation pour le clergé[1]. Puis le , il le nomme membre de la Congrégation pour les évêques[2].

Le , le pape le nomme préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique en remplacement du cardinal Agostino Vallini.

Cardinal[modifier | modifier le code]

Burke est créé cardinal par Benoît XVI lors du consistoire du [3]. Il reçoit alors le titre de cardinal-diacre de Sant’Agata de’Goti. Il a pris possession de sa diaconie le [4].

Outre sa fonction de préfet du Tribunal suprême, il est membre de la Congrégation pour le clergé, membre du conseil pontifical pour les textes législatifs et membre de la Congrégation pour les évêques. En , son mandat à la Congrégation pour les évêques n'a pas été renouvelé par François[5].

Le , il est nommé par François « père synodal » pour la troisième assemblée générale extraordinaire du synode des évêques sur la famille se déroulant du au , en qualité de préfet de la signature apostolique[6]. Il est aussi coprésident d'un groupe de travail anglophone[7].

Le , il est nommé par le souverain pontife Cardinalis Patronus ou cardinal protecteur de l'Ordre souverain militaire de Malte, c'est-à-dire représentant officiel du Saint-Siège auprès de cet ordre, ce que certains observateurs considèrent comme une mise à l'écart en raison de son opposition aux positions du pape[8].

Dans une lettre du adressée à l'ordre souverain de Malte, le pape le décharge de ses responsabilité de Cardinal Patronus. Burke aurait donné à croire au grand maître Matthew Festing que c'était le pape qui demandait la démission d'Albrecht von Boeselager, ouvrant ainsi une crise au sein de l'Ordre. Il est momentanément court-circuité par le substitut du secrétaire d’État, Giovanni Angelo Becciu, représentant officiel du pape, qui s'occupe, au côté du lieutenant du grand maître Giacomo Dalla Torre del Tempio di Sanguinetto, élu pour un an, de la réforme de l'Ordre[9].

Le , le cardinal Burke est nommé, avec le cardinal Carlo Caffarra, membre de la Congrégation pour les causes des saints[10].

Le 3 mai 2021, il est nommé cardinal-prêtre par le pape François.

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Sous Benoît XVI, au sein de l'épiscopat américain, le cardinal Raymond Burke encourage une grande fidélité au magistère romain. Il défend la cause pro-vie et appuie la tradition liturgique. Il appuie la fondation des chanoines réguliers de la Nouvelle Jérusalem et de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre.

En , il émet des doutes sur l'appartenance au magistère papal de l'exhortation apostolique Evangelii gaudium de François[11]. Il s'oppose publiquement à sa conduite du synode sur la famille[12] et apparaît alors comme un opposant conservateur aux réformes voulues par le pape[13].

Malgré les démentis, son éviction de la curie vers le poste honorifique de Cardinalis patronus et représentant du saint-père auprès de l'Ordre souverain militaire de Malte apparaît à certains comme une sanction.

Après les deux synodes sur la famille, il adresse une lettre au pape François afin d'exprimer ses dubia au sujet de l'exhortation apostolique Amoris lætitia. Les trois autres signataires de la lettre sont les cardinaux Joachim Meisner, Walter Brandmüller et Carlo Caffarra. Par celle-ci, les cardinaux supplient le pape de « poursuivre la réflexion » sur des sujets controversés, particulièrement sur la communion pour les divorcés remariés[14].

Pendant la crise du covid-19 il s’oppose au port obligatoire du masque, critique l’obligation vaccinale et relaie de fausses informations relatives aux vaccins en expliquant qu’il pourraient contenir des micro-puces permettant à l’état de contrôler à tout moment leur situation de santé. Il a aussi critiqué des catholiques pour ne pas croire que leur foi en Jésus les protegerait du virus. Lors d’un séjour au Wisconsin en août 2021 il contracte le virus et doit être placé sous assistance respiratoire[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Vatican, « Renoncements et nominations du 6 mai 2008 », sur press.vatican.va, (consulté le )
  2. (it) Vatican, « Renoncements et nominations du 17 octobre 2013 », sur press.vatican.va, (consulté le )
  3. Les quatre mousquetaires du pape dans Le Figaro du 26 novembre 2010.
  4. (en) « Cardinals Take Possession Of Diaconate, Titular Churches », sur ewtn.com, (consulté le )
  5. « Pope Francis does not reconfirm prominent conservative Cardinal Burke to top post », sur cbsnews.com, (consulté le ).
  6. « Liste des participants au Synode sur la famille », sur la-croix.com, (consulté le )
  7. Antoine Pasquier, « Cardinal Burke : « Les Pères synodaux demandent que la relatio soit rectifiée » », sur famillechretienne.fr, (consulté le )
  8. Face à l'Ordre de Malte, le pape François a tapé du poing sur la table, Henri Tincq, Slate.fr, 30 janvier 2017
  9. Article de Nicolas Senéze sur le site de La Croix, en date du 29 janvier 2017.
  10. (it) Salle de presse du Saint-Siège, « Rinunce e nomine », sur press.vatican.va, (consulté le )
  11. Aymeric Christensen, « Le cardinal Burke, trop radical pour le pape François ? », La Vie,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. « article de la croix », sur La croix, (consulté le )
  13. Il est un des quatre cardinaux signataires d'une lettre adressée au Pape François, demandant au pontife de faire la lumière sur cinq points considérés, par eux, comme obscurs dans l'exhortation apostolique post-synodale sur la famille, Amoris Laetitia du 19 mars 2016.
  14. « Le cardinal Caffarra, signataire des « dubia », est mort », sur la-croix.com, La Croix,
  15. (en) Jaclyn Peiser, « A conservative cardinal who criticized the vaccine caught covid. Days later, he was put on a ventilator. », The Washington Post,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Annexes[modifier | modifier le code]

Entretiens[modifier | modifier le code]

  • Guillaume d'Alançon et Raymond Leo Burke, Un cardinal au cœur de l'Église : Entretien avec le cardinal Burke, Perpignan, Artège, , 230 p. (ISBN 978-2-36040-341-7).
  • Raymond Leo Burke et Jean-François Thomas, La Sainte Eucharistie : La forme extraordinaire, un trésor pour toute l'Église : entretien avec l'abbé Claude Barthe [« Divine Love Made Flesh »], Via Romana, , 228 p. (ISBN 9782372710282).

Liens externes[modifier | modifier le code]