Pacific Vapeur Club

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Pacific Vapeur Club
Image illustrative de l'article Pacific Vapeur Club
Un train du Pacific Vapeur Club prêt au départ.

Pays France
Type d'association loi de 1901
Création 1983
Ligne exploitée Sotteville-lès-Rouen
Site internet https://pvcasso.fr

Le Pacific Vapeur Club est une association régie par la loi de 1901 composée de passionnés de la traction vapeur et du chemin de fer d'autrefois. Elle est basée à Sotteville-lès-Rouen.

Origine de l'association[modifier | modifier le code]

En , le Pacific Vapeur Club est créé par des anciens de la SNCF mais aussi par des passionnés dont le métier est étranger au monde du chemin de fer, avec pour objectif de remettre la Pacific 231 G 558 en état de marche. Le la locomotive est classée en tant que mobilier parmi les Monuments historiques avec son tender 22 C 367 Logo monument historique Classé MH (1984)[1]. Elle est tout de suite surnommée « La Princesse » par ses admirateurs.

Avec l'autorisation de l'Amicale des Chefs de Traction du réseau de l'Ouest, propriétaire, sa restauration commence en 1984. Huit mille heures de travail seront nécessaires.

Le principe du bénévolat est le mode de fonctionnement exclusif du Pacific Vapeur Club. Aussi bien en ce qui concerne la gestion de l'association, l'organisation des sorties que les missions de conservation, d'entretien ou de conduite de l'ensemble du matériel.

Activités de l'association[modifier | modifier le code]

Le Pacific Vapeur Club propose chaque année un certain nombre de trains avec son propre matériel, dont la capacité de la rame voyageurs est de 448 places assises, au départ de Sotteville-lès-Rouen, ainsi que depuis d'autres gares selon la formule « Une journée Train Rétro ». Sur demande, elle planifie également des trains spéciaux pour d'autres associations, des entreprises, des comités d'entreprise, des collectivités, etc.

L'activité de l'association consiste surtout à restaurer et entretenir son matériel roulant dans son atelier de Sotteville-lès-Rouen, mais également à participer aux travaux effectués dans des ateliers spécialisés, lorsque le matériel nécessite de lourdes interventions. Ainsi, lors des travaux permettant d'obtenir tous les quinze ans le renouvellement de l'agrément la locomotive par la SNCF, en 2002-2003 les équipes du Pacific Vapeur Club ont effectué vingt-deux séjours d'une semaine aux ateliers CFTA de Gray, totalisant 2 400 heures de travail[2], induisant ainsi une économie considérable pour l'association. Sur la même période, plus d'une douzaine de membres de l'association ont été présents chaque mardi pour assurer l'entretien du reste de la rame, afin d'accueillir les futurs voyageurs dans les meilleures conditions possibles.

Historique de la Pacific 231 G 558[modifier | modifier le code]

Sur l'ensemble des machines à vapeur de la SNCF préservées, on dénombre neuf machines de type « Pacific ». Ce sont des locomotives dont la configuration d'essieux correspond à 2-3-1, soit deux essieux porteurs à l'avant, trois essieux moteurs et un essieu porteur à l'arrière.

Parmi ces prestigieuses machines de vitesse qui assurèrent des années 1910 à 1960 la traction des trains express et rapides, la 231 G 558 est l'une des deux Pacific SNCF actuellement en état de marche, avec la 231 K 8 du MFPN[3].

Construite en 1922 à Nantes par la société Batignolles-Châtillon, elle fait partie d'une série de 283 unités numérotées sur le réseau de l'État : 231 501 à 783.

En 1936, pour faire face aux problèmes de traction que causait l'arrivée de voitures à voyageurs entièrement métalliques, plus lourdes, le réseau de l'État modifie trente-et-une de ses Pacific notamment au niveau de la distribution. Ces machines sont alors munies d'une distribution à soupapes sur les cylindres Haute Pression (HP) et Basse Pression (BP), selon les principes appliqués aux locomotives de la Compagnie du PO par André Chapelon et mis en œuvre par la société Lenz-Dabeg. Elles sont alors répertoriées sous le type D.D (Double Dabeg) qui deviendra le type G à la création de la SNCF le .

Affectée à différents dépôts, (Thouars, Caen, Le Havre et Nantes-Blottereau) elle assure depuis ses résidences successives des services de vitesse sur les lignes de Paris-Bordeaux par Chartres Thouars et Saintes, Paris-Cherbourg, Paris-Le Havre, et enfin Nantes-Le Croisic où elle tracte son dernier train le avant d'être garée à Angers. Rallumée en 1969, elle est acheminée à Dieppe où elle sert pendant quelques mois de chaudière fixe pour le réchauffage du fioul lourd des cars-ferries.

La SNCF tente en vain de la vendre en 1971. À l'initiative d'un chef de traction du dépôt de Sotteville-lès-Rouen, elle rejoint cet établissement en 1972 et après de longues tractations, elle est cédée au Franc symbolique à l'Amicale des Chefs de Traction du Réseau de l'Ouest de la SNCF le . Elle est ensuite présentée froide dans différentes manifestations.

Utilisation de la 231 G 558[modifier | modifier le code]

Le retour de la Pacific[modifier | modifier le code]

La chaudière de la 231 G 558 est « retimbrée » par l'APAVE Normandie le et la locomotive obtient l'agrément de la SNCF le . Le premier allumage a lieu le avec une montée en pression progressive de la chaudière, et essais des différents appareils auxiliaires, s'ensuivirent quelques évolutions sur une voie du dépôt de Sotteville. Les 11 et suivants, la 231 G 558 fit ses premières sorties en ligne en remorquant une BB 63000 jusqu'à Elbeuf, puis enfin le , son premier train d'essais composé d'une rame de 30 wagons couverts soit 360 tonnes, entre Sotteville et Serquigny. Le dimanche , elle assure son train inaugural sur le trajet Sotteville - Serquigny - Paris-Saint-Lazare[4].

Trains spéciaux[modifier | modifier le code]

La 231 G 558 passe à Conches-en-Ouche le 26 octobre 1986, avec un train Paris - Serquigny - Rouen et retour sur Paris.

L'essentiel des circulations sont organisés sur les régions Ouest et Nord de la SNCF.

Parmi les très nombreux trains spéciaux que la 231 G 558 a assuré depuis sa restauration en 1986, certains présentèrent une particularité comme le tour de Paris du avec emprunt de la ligne de Petite Ceinture organisé pour le compte de l'association « Fer Plus », ou le train Sotteville - Mantes - Grande ceinture Nord - Noisy - Longueville - Provins aller et retour du , avec le retournement de la Pacific et de son tender séparément sur le pont tournant de 17 m du dépôt de l'AJECTA à Longueville[5].

L'organisation des trajets de certains trains spéciaux peut être particulièrement complexe, comme l'illustrent les itinéraires empruntés lors du week-end de la Pentecôte 2001. Le vendredi 1er juin, la 231 G 558 quitte la gare du Havre avec un train de touristes anglais pour Granville, le le voyage se poursuit sur Orléans via Argentan, Le Mans et Saint-Pierre-des-Corps. Puis le , c'est en double traction avec la 141 R 840 que ce train ralliera Juvisy via Pithiviers. La 231 G 558 stationnera alors au dépôt de Villeneuve-Saint-Georges, pour assurer le lendemain un train à destination du Tréport, avant de rejoindre enfin Sotteville le [2].

Un des plus longs parcours sera effectué du au , à l'occasion d'un train spécial aller de Paris-Est à Strasbourg et retour de Mulhouse à Paris-Est, organisé à la demande d'amateurs anglais[6].

La 231 G 558 a également assuré les saisons estivales 2006 et 2007 du train touristique La Vapeur du Trieux entre Paimpol et Pontrieux.

La machine fut immobilisée à la fin de 2009 à la suite d'une avarie survenue sur l'une des fusées du premier essieu moteur (boîte chaude). Après une révision complète de la locomotive qui aura duré cinq années dans l'atelier du Pacific Vapeur Club de Sotteville, avec notamment le « retimbrage » la chaudière effectuée en 2011, la 231 G 558 fut enfin remise en chauffe le , devant l'atelier du Pacific Vapeur Club où elle fit quelques évolutions[7]. Mais il faudra attendre le mois de pour voir à nouveau la 231 G 558 tracter des trains spéciaux sur le réseau SNCF[8].

Le matériel de l'association[modifier | modifier le code]

Matériel moteur[modifier | modifier le code]

Locomotive à vapeur Pacific 231 G 558[modifier | modifier le code]

La 231 G 558 arrive en gare de Dieppe-Maritime le 14 septembre 1986.
  • Poids en ordre de marche : 104 tonnes ;
  • Longueur : 13,66 m ;
  • Vitesse en service à la SNCF : 130 km/h ;
  • Vitesse : actuellement limitée à 100 km/h ;
  • Consommation de charbon : 1,5 à 2 tonnes au 100 km ;
  • Consommation d'eau : 10 à 15 m3 au 100 km ;
  • Puissance utile : 2500 CV.

Tender 22 C 367 accouplé à la Pacific :

  • Poids en ordre de marche : 60 tonnes ;
  • Longueur : 8,82 m ;
  • Capacité en charbon : 12 tonnes ;
  • Capacité en eau : 22 m3.

Locomotive Diesel BB 63832[modifier | modifier le code]

  • En 2011, l'association a fait l'acquisition de la locomotive Diesel BB 63832 qui assurera quelques trains spéciaux durant la période d'immobilisation de la Pacific.

Matériel remorqué[modifier | modifier le code]

Le Pacific Vapeur Club possède également un certain nombre de véhicules historiques, afin de constituer une rame homogène avec la 231 G 558.

La « collection » de véhicules commencée en 1984 comporte maintenant :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PM76001891, base Palissy, ministère français de la Culture
  2. a et b « 30e ANNIVERSAIRE DU PACIFIC VAPEUR CLUB », sur pacificvapeurclub.free.fr (consulté le 11 décembre 2013)
  3. Olivier Bachet, Le patrimoine de la SNCF et des chemins de fer français, v 1, Flohic, 1999 p. 438 extrait en ligne (consulté le 2 octobre 2010).
  4. Saga antirouille, par Jean DENIS, La Vie du Rail no 2053, 17 juillet 1986.
  5. Vapeur SNCF 98 une année record ! par Jean Louis POGGI, Revue Voies Ferrées n°111, janvier-février 1999, éditée par Presses et Éditions Ferroviaires.
  6. The Alsace Lorraine Express, sur martynbane.co.uk. Consulté le 23 septembre 2014.
  7. Sotteville-lès-Rouen : retrouvez la Pacific 231 à l'occasion des Journées du patrimoine, sur france3-regions.francetvinfo.fr. Consulté le 20 septembre 2014.
  8. « Avant ses deux trajets Sotteville-Dieppe, la locomotive Pacific tracte six voitures du mythique Orient-Express », sur paris-normandie.fr (consulté le 16 août 2018)
  9. Notice no PM76003144, base Palissy, ministère français de la Culture
  10. Notice no PM76003146, base Palissy, ministère français de la Culture
  11. Notice no PM76003147, base Palissy, ministère français de la Culture
  12. Notice no PM76003145, base Palissy, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]