Oxfam International

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Oxfam International
Logo de l'organisation
Carte de l'organisation
Oxfam international dans le monde
Situation
Région Monde Monde
Création
Type Aide humanitaire
Organisation internationale
Oxfam House, John Smith Drive Oxford, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Coordonnées 51° 43′ 37″ N, 1° 12′ 31″ O
Langue anglais, français
Présidente Winnie Byanyima

Site web Oxfam.org

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Oxfam International (Oxford Committee for Famine Relief) est une confédération composée de vingt organisations indépendantes de même sensibilité qui agissent « contre les injustices et la pauvreté ». Elles travaillent ensemble et en collaboration avec des partenaires locaux répartis dans près de cent pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

Oxfam , initialement Oxford Committee for Famine Relief (l'abrégé date de 1965), a été créé en Angleterre en 1942[1] pour agir contre la famine provoquée par le blocus anglais contre l'occupation nazie en Grèce. Des étudiants et citoyens de la ville d'Oxford se sont unis, malgré le blocus, pour louer un bateau afin de faire parvenir de la nourriture à la population.

Par la suite, des organisations non gouvernementales de coopération au développement se sont constituées indépendamment sous le nom d'Oxfam dans différents pays développés.

En 1995, elles se sont regroupées au sein de la coordination Oxfam international, créée pour assurer à leur action une meilleure efficacité et une plus grande visibilité.

Ces ONG luttent aujourd'hui sur les terrains politiques, économiques et humanitaires contre la pauvreté et les inégalités dans le monde ainsi que pour un développement durable : commerce équitable, lutte contre la pauvreté, plan d'urgence, réglementation des armes, éducation pour tous et autres.

Actions[modifier | modifier le code]

Starbucks et le café éthiopien[modifier | modifier le code]

En 2006, Oxfam fait pression auprès de la chaîne Starbucks pour que les producteurs éthopiens de café soient mieux rémunérés, notamment les producteurs des régions de Yirgacheffe, Sidamo et Harar qui tentaient d'obtenir une certification pour leur production. Après deux années de campagne contre l'entreprise, les producteurs éthiopiens courent le risque de perdre un acheteur important. Starbucks accuse Oxfam de comportement trompeur et lui demande de cesser sa campagne[2]. L'entreprise ne souhaitant pas « reconnaître à l'Éthiopie la propriété de ses marques de café », un accord de distribution et marketing en partenariat est scellé avec l'Éthiopie pour éviter de déstabiliser le marché du café dans le pays[3],[4],[5].

Dole et les bananes néo-zélandaises[modifier | modifier le code]

En 2013, Oxfam demande à la société Dole d'enlever le label éthique de ses produits, en pointant, avec le parti écologiste, les très mauvaises conditions de travail des agriculteurs et les atteintes à l'environnement aux Philippines. Selon l'entreprise, qui conteste les faits, l'action d'Oxfam viserait à promouvoir la marque concurrente Fair trade[6].

Scandales[modifier | modifier le code]

En 2005, l'organisation est critiquée[Par qui ?] pour sa collaboration avec le gouvernement britannique travailliste[7],[8].

En 2011, la journaliste Karen Rothmyer reproche à Oxfam de communiquer sur la misère de l'Afrique[pas clair][9].

Oxfam a également été critiquée pour son manque de transparence et de traçabilité[10]. L'organisation est perçue par certains critiques[Lesquels ?] comme n'étant pas efficace sur le terrain pour combattre la pauvreté. David Ransom a ainsi comparé ses valeurs au colonialisme d'évangélisation et au capitalisme industriel [11].

En 2014, des membres du Parlement anglais critiquent Oxfam pour sa politique de commerce équitable. Ils reprochent aux 150 librairies solidaires[12] Oxfam en Grande-Bretagne de bénéficier de 80 % d'exonération fiscale, alors qu’elles génèrent des fonds caritatifs conséquents[13].

En 2015, Oxfam affirme que les 1 % les plus riches possèdent plus de la moitié des richesses. Cette affirmation est démentie par certains économistes, le calcul étant selon eux incorrect[14].

De 2006 à 2014, Scarlett Johansson est ambassadrice d'Oxfam. Elle démissionne à la suite de sa participation à une publicité pour la société Sodastream qui possède à ce moment là, une usine à Ma'aleh Adumim, une des colonies israéliennes[15]. Bien qu'Oxfam n'appelle pas à du boycott, l'organisme est considéré comme anti-israélien par les conservateurs canadiens et d'autres soutiens à Israël[16]. Oxfam soutient « la solution politique de deux États », et ses actions sont critiquées pour être de caractère politique et pour relayer les considérations humanitaires au second plan[17]. En 2014, une conférence en faveur de Gaza est annulée par Oxfam en raison de la participation d'Ibrahim Hewitt, ayant tenu des propos jugés potentiellement homophobes et antisémites[18].

Scandale d'abus sexuels[modifier | modifier le code]

Début 2018, The Times publie un rapport mettant en cause le directeur régional de l’organisation à Haïti[19]. D'anciens responsables de l'organisation, dont le directeur belge, Roland Van Hauwermeiren, sont accusés d'avoir engagé des prostituées aux frais de l'organisation et de s’être livrés à des viols. Le rapport relate une « culture de l’impunité » chez certains membres du personnel d’Oxfam et l'éventuelle présence d'enfants parmi les prostitués[20]. Le Times révèle également qu'Oxfam était au courant et a gardé le silence pendant six ans. Oxfam avait décidé de ne pas divulguer les crimes pour ne pas nuire à son image publique et avait licencié sept de ses employés, dont le directeur belge, ayant eu recours à des prostitués[21].

À la suite de ces révélations, Oxfam permet au directeur de l'organisation pour Haïti puis la directrice générale adjointe de l'ONG, qui avaient couvert cette affaire, de démissionner[22],[23],[24]. Le 20 février, le directeur général Mark Goldring reconnaît devant la Chambre des communes britannique que des membres du personnel d'Oxfam s'étaient livrés à des crimes et viols au Liberia, au Soudan, aux Philippines, au Bangladesh ou encore au Liban. La secrétaire d'État chargée du Développement international lui rétorque alors :

« Vous avez trompé de manière sans doute délibérée les gouvernements, la police et le grand public[25]. »

Filiales nationales[modifier | modifier le code]

Magasin d'Oxfam International à Düsseldorf en Allemagne

Les 20 affiliés Oxfam sont basés en Allemagne, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Espagne, États-Unis, France, Hong Kong, Inde, Irlande, Italie, Japon, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Royaume-Uni et dans la province canadienne du Québec. Le secrétariat d'Oxfam international se trouve à Oxford (Royaume-Uni). Il compte également des bureaux à Bruxelles, Genève, Washington, New York et Addis Abeba (Afrique de l'Est).

Positions politiques publiques[modifier | modifier le code]

En 2014, Oxfam milite pour que la fin de la fraude fiscale internationale soit une priorité du G20[26].

Études et rapports[modifier | modifier le code]

En janvier 2017, Oxfam publie une étude sur les inégalités sociales dans le monde. Selon cette étude :

  • les huit hommes les plus riches détiennent autant de richesses que les 3,7 milliards de personnes les plus pauvres ;
  • les 1 % les plus riches détiennent autant de richesses que les 99 % restants[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roland d'Hoop, « Comment Oxfam est devenue une des principales ONG sur la scène internationale… », Déclics,‎ (lire en ligne)
  2. http://www.seattlepi.com/business/article/Starbucks-chairman-Ethiopia-talk-beans-1257087.php
  3. Eric Leser, « Starbucks contre l'Ethiopie, par Eric Leser », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Virginie Gomez, « Un grain de café éthiopien dans la machine Starbucks », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « Oxfam Celebrates Win-Win Outcome for Ethiopian Coffee Farmers and Starbucks | Oxfam America », sur www.oxfamamerica.org, (consulté le 7 avril 2018)
  6. (en) Tamara McLean, « Dole bananas not ethical - Oxfam », Newshub,‎ (lire en ligne)
  7. James Paul, « Why Oxfam is Failing Africa », sur globalpolicy.org (consulté le 15 février 2018).
  8. (en) David Ransom, « The big charity bonanza », New Internationalist,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Karen Rothmyer, « Hiding the Real Africa : Why NGOs prefer bad news », Columbia Journalism Review,‎ (lire en ligne)
  10. Omaar; de Waal (1997). Food and Power in the Sudan: A Critique of Humanitarianism. African Rights
  11. https://newint.org/features/2005/10/01/keynote/
  12. Clément Solym, « Oxfam lance une librairie solidaire à Paris », ActuaLitté,‎ (lire en ligne)
  13. Clément Solym, « Les librairies Oxfam accusées de ne pas payer assez d'impôts », ActuaLitté,‎ (lire en ligne)
  14. (en)Jacob Davidson, Yes, Oxfam, the Richest 1% Have Most of the Wealth. But That Means Less Than You Think, 2015
  15. http://www.jta.org/2016/02/29/news-opinion/israel-middle-east/last-palestinian-employees-at-sodastream-lose-their-jobs
  16. « Les troupes de Stephen Harper attaquent Oxfam », (consulté le 22 février 2014)
  17. « Oxfam agrees to conditions on Israel set by UK Jewry », sur timesofisrael.com (consulté le 15 février 2018)
  18. « Left Foot Forward forces Oxfam climbdown over speaker's homophobic comments - Left Foot Forward », sur www.leftfootforward.org (consulté le 15 février 2018)
  19. « Scandale sexuel : l'organisation caritative Oxfam épinglée », sur liberation.fr (consulté le 15 février 2018).
  20. https://www.courrierinternational.com/article/orgies-sexuelles-haiti-long-oxfam-dans-la-tourmente
  21. .https://www.thetimes.co.uk/article/top-oxfam-staff-paid-haiti-quake-survivors-for-sex-mhm6mpmgw
  22. Avec AFP, « Scandale sexuel en Haïti : la directrice adjointe d’Oxfam démissionne », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  23. Voir sur thetimes.co.uk.
  24. « “Orgies” sexuelles à Haïti, l’ONG Oxfam dans la tourmente », sur courrierinternational.com, (consulté le 15 février 2018).
  25. François d'Orcival, « Quand l'ONG tombe le masque… », Le Figaro Magazine, semaine du 2 mars 2018, page 37.
  26. « International: Prioriser la réforme du système fiscal international », (consulté le 22 février 2014)
  27. « Une économie au service des 99 % », Document d'information d'OXFAM, janvier 2017.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Maggie Black, A Cause for Our Times: Oxfam: The First 50 Years, Oxfam University Press, 1993, 366 p. (ISBN 978-0192852830)
  • (en) Susan Blackburn, Practical Visionaries: A Study of Community Aid Abroad, Melbourne University Press, 1994, 272 p. (ISBN 978-0522845624)

Liens externes[modifier | modifier le code]