Jo Cox

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cox.
Jo Cox
Image illustrative de l'article Jo Cox
Fonctions
Députée pour Batley et Spen

(1 an, 1 mois et 8 jours)
Législature 56e
Prédécesseur Mike Wood
Successeur Tracy Brabin
Biographie
Nom de naissance Helen Joanne Leadbeater
Date de naissance
Lieu de naissance Batley (Royaume-Uni)
Date de décès (à 41 ans)
Lieu de décès Birstall (Royaume-Uni)
Nature du décès Assassinat
Nationalité Britannique
Parti politique Parti travailliste
Diplômée de Université de Cambridge
Profession Travailleuse humanitaire
Site web jocox.org.uk

Helen Joanne Cox, dite Jo Cox, née Leadbeater le à Batley et morte le à Birstall, est une femme politique britannique, députée du Parti travailliste.

Membre de la Chambre des communes depuis 2015, elle prend position sur la guerre civile syrienne et mène campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Elle est assassinée le par arme à feu et arme blanche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Helen Joanne Leadbeater[1] naît à Batley, dans le Yorkshire de l'Ouest, une région industrielle. Issue d'une famille modeste[2], son père est ouvrier dans une usine de cosmétiques et sa mère secrétaire dans une école[3].

Avant d'entrer à l'université en 1992, elle passe ses vacances scolaires comme ouvrière à l'emballage des tubes de dentifrice, là où son père travaille. Elle étudie les sciences sociales et politiques au Pembroke College de Cambridge, où elle obtient son diplôme en 1995[4],[5], puis à la London School of Economics. Elle témoignera par la suite du décalage social qu'elle ressentait par rapport aux autres élèves issus de milieux plus aisés : « j'ai pris conscience que le plus important, pour la plupart de mes condisciples, c’était où vous étiez né, la façon dont vous parliez, et qui vous connaissiez. Moi, je n'étais pas de droite et je ne connaissais personne »[2]. Elle travaille ensuite comme conseillère politique de la députée travailliste Joan Walley à partir de 1995. Elle rejoint en 2002 Oxfam International au sein de la coordination de l'ONG[6] ; elle intervient notamment dans les conflits au Darfour, en République démocratique du Congo et en Bosnie, dans un camp de familles de rescapés du massacre de Srebrenica, où elle rencontre son futur mari, et grimpe dans la hiérarchie de l'ONG, devenant chef des campagnes humanitaires à New York. Elle a également travaillé dans plusieurs organisations caritatives comme Save the Children, Freedom Fund (en) et la fondation Bill-et-Melinda-Gates[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Après avoir été l'assistante de plusieurs députés[2] et avoir travaillé à partir de 2009 avec Sarah Brown, femme du Premier ministre Gordon Brown[7], Jo Cox a été investie par le Parti travailliste dans la circonscription de Batley & Spen, pour succéder à Mike Wood, dans le cadre des élections législatives de 2015.

Elle est une des 36 députés britanniques à parrainer la candidature de Jeremy Corbyn en vue de l'élection à la direction du Parti travailliste de 2015, bien qu'elle ne fasse pas partie de l'aile gauche du parti[8]. Elle vote finalement pour la blairiste Liz Kendall[9], et regrette plus tard, en 2016, son soutien au chef des travaillistes[10],[6]. À la suite des élections locales en 2016, elle demande à Corbyn de démissionner, jugeant qu'il n'est « pas assez bon »[11].

En , elle est co-auteure, avec le député conservateur Andrew Mitchell, d’un article dans The Observer sur le fait que les forces britanniques pourraient participer à un règlement éthique du conflit en Syrie[12]. Elle lance un groupe interparlementaire des amis de la Syrie, dont elle prend la tête, ce même mois[13],[14]. Elle s’abstient lors du vote sur l’intervention britannique en Syrie[15]. Ses interventions sur la guerre civile en Syrie constituent l’une de ses principales campagnes en tant que parlementaire.

Peu avant sa mort, elle est considérée comme une « étoile montante » du Parti travailliste[16],[17]. Elle se prononce pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, et travaille sur un rapport faisant état d'une augmentation significative des violences envers les personnes de confession musulmane en Grande-Bretagne, contre les femmes musulmanes en particulier[18]. Elle critique également le gouvernement conservateur pour ne pas accueillir assez de réfugiés[2].

Assassinat[modifier | modifier le code]

La bibliothèque de Birstall, dans le Yorkshire, où Jo Cox tenait une permanence avant d'être assassinée.

Le , Jo Cox est attaquée à l'arme à feu et au couteau par un homme, Thomas Mair[19], à l’extérieur de la bibliothèque de Birstall, où elle tenait une permanence[20],[21],[22]. Elle succombe à ses blessures le même jour à l'hôpital général de Leeds[7],[23],[24].

D'après des témoins oculaires, elle a reçu trois coups de feu et a été poignardée à plusieurs reprises. Il est mentionné qu'un témoin aurait dit à la presse avoir entendu l’agresseur crier « Britain First! » (peut-être une référence au parti nationaliste Britain First)[25]. Des médias mettent en doute ce témoignage[26], tandis que le groupe Britain First publie une déclaration déniant toute implication ou encouragement de l'attaque et suggérant que la phrase « ait pu être un slogan plutôt qu'une référence à notre parti[27] ».

Le tueur, Thomas Mair, avait des antécédents psychiatriques et aurait des liens avec l'Alliance nationale néo-nazie américaine[28]. En novembre 2016, après un tribunal d'une semaine à l'Old Bailey, Mair fut reconnu coupable et condamné à la prison à vie.[29]

Dans le cadre du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, la campagne est suspendue par les partisans et opposants au Brexit. Les études d'opinion conduites après son assassinat montrent une remontée des intentions de vote en faveur du maintien du pays dans l'Union européenne[30],[31],[32]. Un hommage public lui est rendu en présence du Premier ministre conservateur, David Cameron, et du chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn ; la reine Élisabeth II écrit pour sa part un message de condoléances[2]. Un parallèle est dressé avec l'assassinat, en 2003, de la ministre suédoise pro-euro Anna Lindh, à quatre jours de la tenue du référendum sur l'entrée de la Suède dans la zone euro[33],[34].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mariée depuis 2009[35] à Brendan Cox[36],[37], avec qui elle vivait sur une péniche amarrée près de Tower Bridge[38], elle est la mère de deux enfants[39], âgés de 3 et 5 ans, au moment de sa mort[40].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Departments of State – Crown Office, « List of Members returned to serve in Parliament at the General Election 2015 », The London Gazette, no 61230,‎ , p. 9119 (lire en ligne).
  2. a, b, c, d, e et f Jean-Michel Caradec'h, « Jo Cox. Pour qui sonne le glas ? », Paris Match, semaine du 23 au 29 juin 2016, pages 46-49.
  3. Philippe Bernard, « Tuée en pleine campagne, Jo Cox militait pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE » sur Le Monde, 16 juin 2016.
  4. (en) Martin Shaw, « Women's campaigner Jo Cox chosen as Labour candidate to fight next General Election in Batley & Spen » sur examiner.co.uk, 12 mai 2014.
  5. (en) « Jo Cox », sur labour.org.uk, consulté le 16 juin 2016.
  6. a et b Le Point.fr, « Grande-Bretagne : le destin brisé de Jo Cox », sur Le Point, (consulté le 17 juin 2016).
  7. a et b Florentin Collomp, « Une députée britannique tuée par balles en pleine campagne contre le Brexit », Le Figaro.fr, 16 juin 2016.
  8. (en) « Who nominated who for the 2015 Labour leadership election? », New Statesman,‎ (lire en ligne).
  9. (en) Andrew Grice et Oliver Wright, « Labour moderates plot fightback aimed at regaining control of party in the event of Jeremy Corbyn victory », The Independent,‎ (lire en ligne).
  10. (en) Jo Cox et Neil Coyle, « We nominated Jeremy Corbyn for the leadership. Now we regret it », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  11. « Grande-Bretagne : le destin brisé de Jo Cox », sur Le Point, (consulté le 17 juin 2016)
  12. (en) Mitchell, Andrew et Cox, Jo, « British forces could help achieve an ethical solution in Syria », The Observer,‎ (lire en ligne).
  13. (en) Toby Helm et Daniel Boffey, « More than 50 Labour MPs to defy Jeremy Corbyn in vote on Syria », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  14. (en) Kate Proctor, « Jo Cox: Syrian ceasefire tipped in President Assad and Russia's favour », Yorkshire Post,‎ (lire en ligne).
  15. (en) Jo Cox, « With Regret, I Feel I Have No Other Option But to Abstain on Syria », Huffington Post,‎ (lire en ligne).
  16. AFP, « Jo Cox, une étoile montante du Labour venue de l'humanitaire » sur Libération, 16 juin 2016.
  17. Timothée Vilars, « Assassinat de Jo Cox : mort d'une étoile montante des anti-Brexit » sur L'Obs, 16 juin 2016.
  18. (en) Kevin Rawlinson, « Jo Cox working on report about anti-Muslim violence before her death », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  19. Les Décodeurs, « Meurtre de Jo Cox : les motivations du tueur étaient-elles politiques ? », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  20. (en) « MP Jo Cox died from 'multiple stab and gunshot wounds’ », sur BBC News, (consulté le 28 juillet 2016)
  21. (en) Danny Boyle, « Labour MP Jo Cox dies after being shot and stabbed in her constituency near Leeds », The Telegraph,‎ (lire en ligne).
  22. (en) « Labour MP Jo Cox has died after being shot and stabbed », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  23. (en) « Jo Cox MP dead after shooting attack », sur BBC, .
  24. « Une députée britannique pro-UE tuée par balles près de Leeds », RTS Info,‎ (lire en ligne).
  25. « Royaume-Uni : la députée pro-européenne Jo Cox tuée par balle », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  26. (en) Claire Lampen, « Who Is Thomas "Tommy" Mair? What We Know About Jo Cox Shooting Suspect », sur mic.com, (consulté le 17 juin 2016).
  27. (en) Danny Boyle, « Britain First party leader 'just as shocked as everyone else' », The Telegraph,‎ (lire en ligne) :
    « Jo Cox is obviously an MP campaigning to keep Britain in the EU so if it was shouted by the attacker it could have been a slogan rather than a reference to our party - we just don't know. ».
  28. (en) « UK police charge man with murder in Jo Cox slaying », sur The Big Story (consulté le 19 juin 2016).
  29. « Royaume-Uni : un extrémiste de droite condamné a la prison à vie pour le meurtre de Jo Cox », sur Le Monde, (consulté le 24 novembre 2016)
  30. « Brexit: le "in" revient au coude-à-coude dans les sondages », sur ladepeche.fr, (consulté le 23 juin 2016).
  31. « Les pro-européens reprennent l’avantage après la mort de Jo Cox », sur EurActiv.fr, (consulté le 23 juin 2016).
  32. « Brexit: la campagne reprend, le "in" revient au coude-à-coude dans les sondages », sur lepoint.fr, (consulté le 23 juin 2016).
  33. « Meurtre de Jo Cox: en 2003, une campagne référendaire avait déjà été ensanglantée en Suède », (consulté le 23 juin 2016).
  34. « En Suède, le meurtre de Jo Cox ravive de funestes souvenirs », sur liberation.fr, (consulté le 23 juin 2016).
  35. (en) Paul Jeeves, « ‘My pain is too much’ Jo Cox's last words revealed as tributes paid to ‘exceptional' MP », (consulté le 5 juillet 2016).
  36. (en) Andrew Sparrow et Claire Phipps, « Labour MP Jo Cox dies after attack in West Yorkshire – latest updates », The Guardian,‎ (lire en ligne).
  37. (en) « Husband posts picture on Twitter of MP wife outside their houseboat », The Daily Telegraph,‎ (lire en ligne).
  38. (en) « 'I've been in some horrific situations' – MP », Yorkshire Post,‎ (lire en ligne).
  39. (en) Martin Shaw, « Women's campaigner Jo Cox chosen as Labour candidate to fight next General Election in Batley & Spen », Huddersfield Daily Examiner,‎ (lire en ligne).
  40. Catherine Gouëset, « Qui était la députée Jo Cox tuée lors de la campagne contre le Brexit » sur L'Express, 16 juin 2016.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]