Mahatma

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Mahatma signifie en sanskrit « Grande âme » (महात्मा mahātmā: महा mahā (grande) + आत्मं ou आत्मन् ātman [âme]) ; il a un usage similaire au terme chrétien saint.

Cet épithète est communément attribué à des personnalités comme Mohandas Karamchand Gandhi et Jyotirao Phule. De nombreuses sources, tel que Rabindranath Tagore: An Anthology de Dutta and Robinson, racontent que c'est Rabindranath Tagore qui le premier accorda le titre à Gandhi[1]. D'autres sources mentionnent que ce titre a d'abord été donné à Gandhi le 21 janvier 1915 par Nautamlal Bhagavanji Mehta (en) à l'école Kamribai de Jetpur[2].

Le mot a été utilisé par la Société théosophique à la fin du XIXe siècle quand sa fondatrice Helena Blavatsky clama que ses enseignants étaient des adeptes ou Mahatmas qui résidaient au Tibet et appartenaient à un Grande Loge Blanche.

Société théosophique[modifier | modifier le code]

Helena Blavatsky définit un Mahatma comme « un personnage qui, par un entraînement et une éducation spéciale, a développé ses facultés supérieures et a obtenu cette connaissance spirituelle que l'humanité, dans son ensemble, n'acquerra qu'après de nombreuses réincarnations durant le processus de l'évolution cosmique. »[3] . Le terme est aussi utilisé par cette société pour se référer à des initiés ou « adepte du plus haut rang », arhat en sanscrit[4]

Critique[modifier | modifier le code]

Selon René Guénon les noms des Mahatmas cités par la Société théosophique (Koot Hoomi, Djwal Khul) sont extraits des écritures traditionnelles orientales pour entretenir la confusion et créer un semblant de véridicité : « Si les soi-disant « Mahâtmâs » ont été inventés, ce qui ne fait pour nous aucun doute, non seulement ils l’ont été pour servir de masque aux influences qui agissaient effectivement derrière Mme Blavatsky, mais encore cette invention a été conçue d’après un modèle préexistant. Les théosophistes présentent volontiers les « Mahâtmâs » comme les successeurs des Rishis de l’Inde védique et des Arhats du Bouddhisme primitif ; sur les uns et les autres, ils ne savent d’ailleurs pas grand chose, mais l’idée très fausse qu’ils s’en forment a bien pu, en effet, fournir quelques-uns des traits qu’ils prêtent à leurs « Maîtres »[5]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dutta, Krishna and Andrew Robinson, Rabindranath Tagore: An Anthology, p. 2
  2. Kamdartree.com
  3. 20 clés pour comprendre l'ésotérisme, Albin Michel, 2013, p. 116 : propos d'Helena Blavatsky cités par Daniel Caracostea, de la Société théosophique de Paris, in Politica Hermetica no 7 (1993)
  4. Helena Blavatsky, Glossaire théosophique, édition pdf, Mahatman
  5. René Guénon, Le Théosophisme, histoire d'une pseudo-religion, Éditions Traditionnelles,‎ , p. 54.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Dutta, Krishna and Andrew Robinson. Rabindranath Tagore: An Anthology. Picador/Macmillan: London, 1997.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]