Joséphine Bakhita

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Joséphine Bakhita
Image illustrative de l’article Joséphine Bakhita
Joséphine Bakhita
Sainte
Naissance 1869
Olgossa, province du Darfour, Soudan
Décès   (78 ans)
Schio, province de Vicenza
Nationalité Drapeau du Soudan Soudanaise
Vénéré à Afrique
Béatification
par Jean-Paul II
Canonisation
par Jean-Paul II
Vénéré par l'Église catholique
Fête 8 février

Joséphine Bakhita, dont la date de naissance est estimée à 1869 au Soudan, province du Darfour, à Olgossa, à l'ouest de Nyala, près du Mont Agilerei, dans la tribu nubienne des Dadjo, et morte le à Schio en Italie, est une ancienne esclave devenue religieuse canossienne, et canonisée en l'an 2000 par le pape Jean-Paul II.

Elle est commémorée le 8 février selon le Martyrologe romain[1].

Enfance et esclavage[modifier | modifier le code]

Bakhita, dont le nom de naissance reste inconnu, est née aux alentours de 1869 au Soudan dans le village d'Olgassa dans la province du Darfour où son oncle était un chef tribal[2]. Elle a trois soeurs, dont une jumelle, et un frère. À cinq ans, en 1874, elle assiste à l'enlèvement de sa sœur Kishmet, 14 ans, mariée et mère, par des trafiquants d'esclaves[3]. Les historiens estiment à 1877 la date à laquelle elle est elle-même enlevée, à l'âge d'environ sept ans, par des négriers musulmans[2],[4]. Elle parcourt alors pieds nus les plus de 900 kilomètres qui la séparent d'El Obeid, et est vendue plusieurs fois pendant ce trajet. Entre son enlèvement et sa vente à Calisto Legnani en 1883, on estime que Joséphine Bakhita est vendue au moins quatre fois[5], si ce n'est une douzaine[2], sur les marchés d'El Obeid et de Khartoum. Elle subit pendant cette période de nombreux mauvais traitements[5]. Le traumatisme est si grand qu'elle en oublie son nom de naissance. C'est ainsi qu'on lui donne le nom de Bakhita, qui signifie « la chanceuse » en arabe.

On sait que Bakhita a notamment appartenu à un riche arabe qui la destinait à être la domestique de sa fille, puis pendant quelques années à un général turc. Ce dernier ordonne que Bakhita soit scarifiée selon la méthode du tatouage par incision. Une femme dessine des motifs sur sa peau avec de la farine, coupe sa peau avec une lame en suivant ces motifs, puis emplit les plaies de sel pour que les cicatrices soient marqués. Le général turc vend tous ses esclaves au début de la guerre des mahdistes[2].

Bakhita, alors âgée de 14 ans, est acquise en 1883 par le consul d'Italie à Khartoum, Calisto Legnani. Il lui donne le second prénom de Joséphine. Le nouveau maître de Bakhita la traite plus humainement[3].

Arrivée en Italie[modifier | modifier le code]

En 1885, le consul Legnani quitte le Soudan à cause de la révolution mahdiste. Bakhita lui demande de l'emmener. Il refuse tout d'abord puis accepte devant l'insistance de Bakhita. Ils embarquent à Suakin dans le même navire qu'une autre famille italienne, les Michieli. Arrivés à Gênes, Madame Maria Turina Michieli demande à garder Bakhita à son service. Le consul Legnani accepte. Bakhita suit donc les Michieli jusqu'à Zianigo (it), près de Mirano, dans la province de Venise[4],[6].

Madame Michieli accouche d'une petite fille, Alice, surnommée Mimmina. Sa garde est confiée à Bakhita. Ensemble, elles retournent brièvement au Soudan, à Suakin, où les Michieli tiennent un hôtel, avant de revenir à nouveau en Italie[6]. Alors que Madame Michieli doit se rendre à nouveau à Suakin, elle confie sa fille et Bakhita à l'institut des Catéchistes de Venise, tenu par les religieuses canossiennes. Elles y restent 9 mois pendant lesquels Bakhita découvre la foi catholique et débute son éducation religieuse. Au retour de Madame Michieli, Bakhita refuse de quitter l'institut. L'affaire est portée en justice et le le procureur déclare Bakhita libre de choisir où elle veut rester puisque l'esclavage n'existe pas en Italie. Bakhita a alors vingt ans[2],[4],[6].

Le , elle est baptisée par le cardinal-archevêque de Venise, Monseigneur Domenico Agostini, et reçoit la Confirmation[4]. Elle prend alors le nom de Josephine Margaret Fortunata[2].

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

Le , ayant exprimé son souhaite de devenir religieuse, Bakhita rejoint le noviciat des Sœurs de la Charité à l'institut de catéchuménat de Venise[3]. Elle prononce ses premiers vœux le , à Vérone[2]. En 1902, elle est transférée à Schio, province de Vicence dans le Nord-Est de l'Italie où, pendant plus de cinquante ans, elle s'occupe de la cuisine, de la lingerie et de la conciergerie[2],[4]. Elle voyage aussi dans d'autres couvents pour partager ses connaissances de l'Afrique et préparer d'autres sœurs à s'y rendre[2]. En 1927, elle prononce ses vœux perpétuels[6]. On lui donne le surnom de Petite Mère Noire (Madre Moretta)[4]. En 1910, à la demande de sa Supérieure, sœur Margherita Bonotto, elle écrit son histoire [6].

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, bien que la ville de Schio fut bombardée, aucun habitant ne périt. Elle fut considérée comme leur protectrice.[2]

Le , Bakhita décède à Schio des suites d'une longue maladie[2],[5]. Son corps repose aujourd'hui dans l'église de la Sainte Famille à Schio[4],[6].

Actuellement une fresque de l'abside de la cathédrale d'El-Obeid au Soudan représente une Vierge à l'Enfant : Marie montre son Fils à l'Afrique. À ses côtés, à genoux, se trouvent Sainte Joséphine Bakhita et saint Daniel Comboni[6].

Béatification et canonisation[modifier | modifier le code]

D’après les témoignages recueillis à l’époque, le corps de Bakhita reste tiède et souple jusqu’au moment de la fermeture du cercueil. Les miracles commencent rapidement après son décès puisqu'en 1950 le bulletin canossien publie 6 pages de témoignages de noms de personnes affirmant avoir reçu des grâces par l’intercession de Bakhita[7].

En 1958, sous le pape Jean XXIII, commence le procès pour la cause de canonisation. Le , l’Église publie le décret sur l'héroïcité de ses vertus[2],[6]. Béatifiée le , elle est canonisée par Jean-Paul II le [1],[7].

Le pape dit à cette occasion : « Cette sainte fille d'Afrique, montre qu'elle est véritablement une enfant de Dieu : l'amour et le pardon de Dieu sont des réalités tangibles qui transforment sa vie de façon extraordinaire »[6],[8]. Elle était spécialement prisée par le pape Benoît XVI, qui la mentionna dans son encyclique Spe Salvi[6].

Fête[modifier | modifier le code]

On fête Sainte Joséphine Bakhita le 8 février, jour anniversaire de sa mort[1].

Prière[modifier | modifier le code]

Écrite le jour de sa profession religieuse, le  :

« Ô Seigneur, si je pouvais voler là-bas, auprès de mes gens et prêcher à tous à grands cris ta bonté : Oh, combien d'âmes je pourrais te conquérir ! Tout d'abord ma mère et mon père, mes frères, ma sœur encore esclave... tous, tous les pauvres Noirs de l'Afrique, fais, Ô Jésus, qu'eux aussi te connaissent et t'aiment ! »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Sainte Joséphine Bakhita », sur nominis.cef.fr (consulté le 8 février 2021)
  2. a b c d e f g h i j k et l (en) Catholic Online, « St. Josephine Bakhita - Saints & Angels », sur Catholic Online (consulté le 7 mai 2021)
  3. a b et c « "Bakhita" de Véronique Olmi, l'extraordinaire destin d'une esclave devenue sainte », sur Franceinfo, (consulté le 7 mai 2021)
  4. a b c d e f et g « Joséphine Bakhita, la sainte patronne du Soudan – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 7 mai 2021)
  5. a b et c (en) « 5 things to know about St Josephine Bakhita », sur www.caritas.org.au (consulté le 7 mai 2021)
  6. a b c d e f g h i et j AuteurAdmin1, « Joséphine Bakhita, une sainte africaine de l’église catholique », (consulté le 8 février 2021)
  7. a et b « Sainte Joséphine Bakhita, l’esclave devenue sainte », sur La Croix Africa, (consulté le 8 mai 2021)
  8. « Sainte Josephine Bakhita un témoin de l’espérance », sur www.archivioradiovaticana.va (consulté le 8 mai 2021)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armel Brice Adanhounme, « Du bon usage de la mémoire de l’esclavage des Noirs comme un possible capital de rédemption : L’exemple de Bakhita », Théologiques, vol. 13, no 2,‎ , p. 133–163 (lire en ligne)
  • Hervé Roullet, Joséphine Bakhita, l'esclave devenue sainte, Paris, Ed. Emmanuel, 2015, 174 pages (ISBN 9782353894918).
  • Hervé Roullet, Joséphine Bakhita, de l'esclavage à la sainteté, Paris, Ed. Emmanuel, 2019, 64 pages (ISBN 9782374740140).
  • Augusta Curreli, L'Histoire de Bakhita, Strasbourg, Ed. du Signe, 2000, 47 pages (ISBN 978-2746800113).
  • Histoire merveilleuse, 1931. Ce livre raconte la vie de Bakhita, avec photos.
  • (en) Maria Luisa Dagnino, Bakhita Tells Her Story, Rome, General House, Canossian Daughters of Charity, 1988.
  • Véronique Olmi, Bakhita, Paris, Albin Michel, , 460 p. (ISBN 9782226393227, présentation en ligne).

Filmographie[modifier | modifier le code]