Musique bulgare

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La musique bulgare s'inscrit dans le cadre des traditions des Balkans qui furent longtemps sous influence ottomane. Cependant, ses racines slaves restent intactes. La présence traditionnelle de l'instrument gaida atteste d'une très ancienne présence et des échanges culturels avec le monde celtique. Cette musique a été rendue célèbre récemment grâce au succès obtenu par le Mystère des voix bulgares, un chœur féminin typique, excellent dans les harmonies vocales.

S'il existe une grande tradition vocale polyphonique officielle, qui si elle est encore folklorique n'en est plus tout à fait traditionnelle, il se trouve aussi une variété de musiques instrumentales héritée des traditions tsigane et turque, qui est dédiée aux danses et aux festivités calendaires ou cérémonielles.

Musique traditionnelle[modifier | modifier le code]

Elle est très variée et diffère selon les régions et les périodes de l'année (Noël, Nouvel An, Fête de St. Lazare, Konstantin). Autant chantée par les hommes que les femmes, lors de réunions amicales sedenka, lors des travaux des champs (en antiphonie ou monophonie), lors des mariages ou des funérailles, lors des quêtes (koleda et lazaristsa), lors des marchés (penopoiki), lors des danses (horovodna), la musique précède et accompagne la vie quotidienne. Nombre de ballades célébrant le haïdouk (« brigand »), sont accompagnées à table (pesni na trapeza) au luth tamboura ou à la vièle gadoulka.

Tambura

Comme dans les autres pays de l’Est, pour des raisons de lutte idéologique, la musique folklorique (ou fakelore) a été privilégiée et encouragée. Un musicien tel Filip Koutev s'est attaché à la rendre encore plus populaire par des arrangements et c'est lui qui créa le chœur de la télévision bulgare connu sous le nom « Le Mystère des voix bulgares ». Ces chants polyphoniques (dvouglas) doivent leur spécificité à leurs rythmes syncopés, leurs bourdons, l'usage de l'intervalle de la seconde majeure provoquant une diaphonie et au vibrato (tresene) de la chanteuse principale. En 1965, le Festival national de musique bulgare de Koprivchtitsa fut créé et se déroule encore tous les cinq ans.

Profitant de cet engouement, des musiciens traditionnels développèrent les capacités de leurs instruments, tels Kostadin Varimezov et Nikola Atanasov (gaida), Mihail Marinov et Atanas Vulchev (gadoulka), et Stoyan Chobanov, Nikola Ganchev ou Stoyan Velichkov (kaval).

À côté de cette musique officielle s'est développée de manière discrète la musique de mariage des brass bands (nefesli orkestar) sous l'influence tant occidentale que tzigane, jusqu'à ce qu'en 1986 un festival leur soit consacré à Stambolovo[Lequel ?], consacrant la virtuosité de clarinettistes tel Ivo Papazov ou d'accordéonistes tels Boris Karlov, Kosta Kolev et Ibro Lolov.

Les danses bulgares elles aussi sont bâties sur des rythmes complexes, « boiteux » (aksak), à l'aide d'un mélange de combinaisons de temps courts (2 unités) et de temps longs (3 unités) ainsi lesnoto et cetvorno (7/8, 3-2-2), kopanitsa (11/16, 2-2-3-2-2), Račenica (7/8 ou 7/16, 2-2-3), Daicovo en 9/8 (2-2-2-3), Pajduška (5/8, 2-3), pravo horo (en 4/4 ou 6/8), kjucek (4/4 : 3-3-2 ou 9/8 : 2-2-2-3) et sborenka (2/4).

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Gadoulka

Vents :

Cordes :

Percussions :

Musique classique[modifier | modifier le code]

Il existe une riche école de musique classique en Bulgarie depuis 1860, avec des compositeurs et des chanteurs de renommée internationale :

Rossen Milanov

Musique actuelle[modifier | modifier le code]

La Bulgarie n'est pas en reste pour ces musiques avec des artistes renommés tels Elitsa Todorova et Stoyan Yankulov, Mariana Popova et Krassimir Avramov (Concours Eurovision), Milcho Leviev et Sabin Todorov (jazz), Ivo Papazov, Nikola Parov et Irfan (world) et Desi Slava (turbo folk).

Il existe un courant de petits ensembles nommés chalgia (auparavant interdit par le régime communiste) mêlant folklore bulgare, musique pop des Balkans et des influences turco-arabes. Des groupes modernes ont lancé leur propre style appelé chalga, tels les Pomorians, duo acoustique avec Yanko au bouzouki et Kemmi à la guitare. Ces deux musiciens ajoutent également à leur spectacle divers instruments tels que tarambuka et percussions. L'artiste de nos jours qui est la plus appréciée dans ce domaine musicale est Preslava.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Étienne Bours, Dictionnaire thématique des musiques du monde, Fayard, 2002.
  • (en) Kim Burton, « The Mystery Voice », 2000, in World Music, Vol. 1: Africa, Europe and the Middle East, de Simon Broughton et Mark Ellingham, avec James McConnachie et Orla Duane (éd.), p. 36-45, Rough Guides Ltd, Penguin Books (ISBN 1-85828-636-0)
  • (en) Timothy Rice, Music in Bulgaria : experiencing music, expressing culture, Oxford University Press, Oxford, New York, 2004, 119 p. + CD audio (ISBN 0-19-514148-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]