Musique ouzbèke

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La musique ouzbèke est la musique du peuple turcophone de l'Ouzbékistan. On y trouve une musique savante héritée de la culture islamique et une musique folklorique issue aussi de la culture turco-mongole des bardes.

Elle a subi la très forte influence russe sous l'ère soviétique, et donc une certaine occidentalisation, dans sa forme "akademic". Par ailleurs, il existe différents foyers (Ferghana, Khija, Boukhara, etc.) aux styles très différents.

Joueur de satô

Musique savante[modifier | modifier le code]

La musique savante et l'art d'interpréter les maqôms sont très proches de la pratique turco-persanne et datent du XVe siècle. Elle a de fortes parentées avec la musique ouïghoure et la musique tadjike, toutes proches.

Le maqôm est variable selon plusieurs écoles régionales qui incluent :

  • à Boukhara, le shash maqôm (Buzruk - Dugôh - Irôq - Navô - Rôst - Segôh),
  • à Ferghana, le tchahôr maqôm (Bayôt - Tchahôrgôh - Dugôh-Husayni - Gulyôr-Shahnôz),
  • à Khorezm, l'altiyarim maqôm contient en plus du shash maqôm : Panjgôh.

Le terme maqôm désigne aussi ici un cycle ou une suite de mouvements (comme dans la musique irakienne ou azérie).


Musique folklorique[modifier | modifier le code]

Les bardes sôzanda ou khalifa accompagnent toujours les banquets (toy) à l'occasion des mariages. Il existe plusieurs types de chants :

  • Le beshkarsak :

C'est un chant rythmique d'hommes accompagné par le frappement des mains et un mouvement des épaules et du buste, destiné autant au travail qu'à la méditation.

Tanetsbachi
  • Le destan (ou dastan) :

C'est une ballade épique accompagnée au dotâr ou au ghaychak, narrant les hauts faits légendaires de héros turcs tel Görogly, (cf. Alpamych).

  • Le kata achoula :

C'est un chant d'appel récitatif en solo ou duo, improvisé sur une mélodie simple et non mesurée, et amplifié par une assiette placée devant la bouche du hâfiz en guise de porte-voix.

  • Le khalqui :

C'est un chant lyrique proche du ghazal.

  • Le munâjât :

C'est un chant soufi traditionnellement exécuté pendant le dhikr, mais depuis le XXe siècle, c'est aussi une forme poulaire de chant d'amour mystique proche du ghazal.

  • Le suvâra :

C'est un chant sacré de Khorezm, dont il existe plusieurs variantes, et qui est destiné à provoquer la transe.

  • Le terma et le yalla :

Le terma est un chant féminin en solo accompagné au doyre lors de mariages ou circoncisions. Le yalla est aussi un chant féminin en solo accompagnant les danses au doyre lors de mariages.

Instruments de musique[modifier | modifier le code]

Vents :

Cordes :

Instruments ouzbeks


Percussions :

Musique contemporaine[modifier | modifier le code]

De nombreuses formes de musique populaire, y compris la musique folk, pop et rock, ont prospéré en Ouzbékistan depuis le début des années 1990. La musique pop ouzbek est bien développée, et jouit d'un large succès auprès du grand public. Beaucoup de chanteurs et de chanteuses ouzbeks tels que Shahzoda[1], Yulduz Usmanova (qui mêle musique pop, électronique et traditionnelle)[2],[3], Sevara Nazarkhan[4],[5], Rayhon, Sogdiana ont un succès commercial, non seulement en Ouzbékistan, mais aussi en Kazakhstan, en Russie, en Tadjikistan, et au delà. La fille aînée d'Islom Karimov (le président et dictateur ouzbek), Gulnora Karimova, a également tenté de s'imposer sur la scène comme une pop star, dans son pays[6].

Actuellement, la musique rock bénéficie de moins de popularité que la musique pop en Ouzbékistan. Parmi les chanteurs ou les groupes peuvant être cités : Davron G'oipov, Bolalar, Sahar, Night Wind (un groupe de folk metal), etc.[7]. Un des groupes les plus notables de rock indie en Ouzbékistan est All Tomorrow's Parties, qui est actuellement basé à Moscou, en Russie[8],[9]. La musique rap est devenue populaire parmi les jeunes ouzbek, avec des rappeurs tels que Shoxrux ou Shahryor. Mais, le gouvernement ouzbek censure cette musique, estimant qu'elle ne correspond pas à la culture musicale ouzbek. Un film diffusé en 2011 par l’une des principales chaînes de télévision ouzbèke, Youht TV, dénonce l’«influence destructrice du rock occidental et du rap qui s’approchent comme des nuages noirs au-dessus de la tête de la jeunesse ouzbèke»[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (uz) « Концерты Шахзоды проходят при аншлагах », Gazeta.uz,‎ (lire en ligne)
  2. Nidam Abdi, « World Music au Womad. La manifestation phare de la musique world, sise en Angleterre, propulse au premier plan des artistes sans réelle légitimité. A l'exception de l'Ouzbek Yulduz Usmanova. », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. Rédaction LM, « Sortir. Paris. Yulduz Usmanova », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. (ru) « Севара «Так легко» », KM,‎ (lire en ligne)
  5. (en) « Uzbek pop: Sevara Nazarkhan », Moscow News,‎ (lire en ligne)
  6. Céline Dehesdin, « Ouzbekistan: Gulnara Karimova aime Twitter, mais pas répondre aux journalistes », Slate,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « Browse Bands - By Country - Uzbekistan », sur metal-archives.com
  8. (en) « Evolution: Bad Samurais, All Tomorrow's Parties, A Model Kit, and Nikomu », Far from Moscow,‎ (lire en ligne)
  9. (ru) « Неторопливый стриптиз, рок-шансон и лилипуты с гитарами », Moskovski Komsomolets,‎ (lire en ligne)
  10. AFP, « Le rock et le rap, «musique de Satan» pour le pouvoir ouzbek », Libération,‎ (lire en ligne)

Sources et liens[modifier | modifier le code]

  • Jean During, Musiques d'Asie centrale, Actes Sud, 1998.
  • Exposé