Mort de Eric Garner

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La mort de Eric Garner a lieu le à New York, dans le quartier de Staten Island, à la suite de son arrestation par un policier.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Âgé de 44 ans, noir et père de six enfants, l'homme est connu des services de police pour la vente illégale de cigarettes. Le peu avant 17 h, assis entre Bay Street et Victory Boulevard, il est questionné à ce sujet par deux policiers en civil. Garner déclare ne rien avoir à se reprocher et les prie de le laisser tranquille. Des renforts arrivent et lui demandent de mettre ses mains dans son dos ; face à son refus, l'agent de police Daniel Pantaleo utilise pour l'y contraindre une technique d'étranglement (« chokehold ») interdite par la police de New York (NYPD) depuis 1993. Garner est couché sur le sol puis maintenu à terre de force. En surpoids et asthmatique, il déclare à plusieurs reprises qu'il n'arrive pas à respirer (« I can't breathe », la phrase sera régulièrement reprise lors des manifestations qui suivront). Quelques instants après il perd connaissance ; il est ensuite conduit à l'hôpital où il est déclaré mort. Le médecin légiste responsable du cas conclut à un homicide, auquel la strangulation aurait contribué.

Réactions[modifier | modifier le code]

Al Sharpton et la femme d'Eric Garner, Esaw Garner (à droite), lors d'une manifestation à Staten Island (19 juillet 2014).

La scène de l'arrestation de Garner est filmée par un témoin dans la rue, et la vidéo massivement diffusée sur Internet[1].

Le 19 août le procureur du district de Staten Island, Daniel Donovan, annonce la constitution d'un grand jury qui doit décider de l'inculpation ou non de Daniel Pantaleo[2]. Le mercredi 3 décembre, Donovan annonce dans un communiqué : « après délibération sur les éléments de l'enquête qui lui a été présentée, le grand jury a trouvé qu'il n'y avait pas de cause raisonnable de voter pour une inculpation » de Pantaleo[2]. L'annonce, qui intervient peu de temps après la décision du grand jury de Ferguson (Missouri) de ne pas poursuivre Darren Wilson pour la mort de Michael Brown le 9 août, provoque à son tour de vastes mouvements de protestation anti-racistes à travers les États-Unis[3],[4].

Dans un article au New York Daily News le policer retraité Frank Serpico estime que des incidents comme celui d'Eric Garner créent une brèche entre la police et la population. Il explique l'attitude de certains policiers comme l'expression d'une pure couardise et ajoute qu'ils déshonorent leur uniforme et ne devraient pas avoir le droit de porter des armes, qu'il soient policiers ou pas[5].

Le 13 juillet 2015, la mairie de New York décide de verser 5,9 millions de dollars à la famille d'Eric Garner[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Staten Island man dies after NYPD cop puts him in chokehold — SEE THE VIDEO », NY Daily News,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « New York : le policier responsable de la mort d'Eric Garner ne sera pas poursuivi », iTV,‎ (lire en ligne)
  3. Stéphane Lauer, « Colère à New York après un nouveau non-lieu pour un policier », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. (en) « Hope and Anger at the Garner Protests », New York Times,‎ (lire en ligne)
  5. Serpico: Incidents like Eric Garner's death drive wedge between police and society, Frank Serpico, 5 décembre 2014
  6. « New York City Reaches Settlement With Family of Eric Garner » (consulté le 14 juillet 2015)

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