Étranglement (technique de combat)

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Étranglement
Démonstration d'un étranglement arrière.
Démonstration d'un étranglement arrière.
Japonais
Kanji 絞技
Hepburn Shime-waza
Anglais
Chokehold, stranglehold

L'étranglement est une technique de combat consistant à serrer le cou d'un adversaire afin de le soumettre ou le neutraliser. On peut distinguer deux types d'étranglements :

  • L'étranglement sanguin coupe l'arrivée du sang au cerveau en comprimant les artères carotides.
  • L'étranglement respiratoire empêche le renouvellement de l'oxygène dans le sang en comprimant la trachée.

Les techniques peuvent aussi combiner ces deux types d'étranglement et sont pratiquées dans de nombreux arts martiaux, sports de combat, méthodes de défense personnelle et systèmes de combat militaire. Ce sont bien-sûr des prises considérées comme dangereuses puisque si elles sont maintenues trop longtemps, elles peuvent entraîner la perte de connaissance puis le décès par asphyxie.

L'étranglement peut être réalisé à main nue ou en utilisant les vêtements de l'adversaire, comme le keikogi dans les budō, ou encore en utilisant une arme tel un bâton ou une ceinture.

Étranglement arrière[modifier | modifier le code]

L'étranglement arrière, rear naked choke ou hadaka-jime ( 裸絞め?), consiste à enserrer le cou avec un bras depuis le dos d'un adversaire. L'étranglement est de type sanguin si les carotides sont compressées avec le biceps et l'avant-bras, ou respiratoire si l'avant-bras appuie contre la trachée.

En jiu-jitsu brésilien et capoeira, l'étranglement sanguin est aussi nommée mata-leão, soit littéralement tue-lion. Cela fait référence à la prise qu'aurait utilisée Héraclès pour venir à bout du lion de Némée[1].

La technique se retrouve aussi sous le nom de sleeper hold, littéralement « prise du sommeil », notamment au catch[2].

Étranglement bras-tête[modifier | modifier le code]

Neil Melanson montre l'étranglement bras-tête durant un entrainement de grappling.

L'étranglement bras-tête, triangle de bras ou arm triangle choke, est réalisé en enserrant avec les bras le cou et un bras de l'adversaire dos au sol depuis une position latérale supérieure.

Le principe est similaire à celui de l'étranglement en triangle : l'épaule du bras emprisonné de l'adversaire et le bras de l'assaillant exercent une pression sur les carotides pour exécuter un étranglement sanguin. La tête de l'attaquant peut aussi être utilisé pour appuer sur l'épaule piégée dans le triangle.

La position de contrôle nommée kata-gatame (本袈裟固?) au judo peut aussi désigner la technique puisque il est possible depuis celle-ci de refermer le triangle de bras pour exécuter la strangulation.

L'étranglement anaconda, ou anaconda choke, est une technique similaire mais sa réalise depuis une position de contrôle de tête en face de l'opposant. Le biceps de l'attaquant passe derrière le cou de l'adversaire, l'avant-bras devant. Son nom fait bien-sûr référence au serpent constricteur du même nom.

Étranglement bulldog[modifier | modifier le code]

L'étranglement bulldog[3], ou bulldog choke, consiste à enserrer le cou avec un bras depuis une position latérale à un adversaire en position quadrupédique.

La technique ressemble à un étranglement arrière sanguin, mais contrairement à ce dernier, ne se préoccupe pas d'obtenir un contrôle du corps. Le maintien de l'opposant est simplement concentré sur la tête. Par cette particularité la prise est plutôt rare en compétition de sports de combat mais apparait plus souvent dans la discipline du catch wrestling[4].

Étranglement gogoplata[modifier | modifier le code]

Démonstration de l'étranglement gogoplata.

L'étranglement gogoplata, ou simplement gogoplata voire shin choke, consiste à exercer une presson sur la trachée de l'adversaire avec le tibia pour couper l'arrivée d'air. La technique est aussi nommée kagato-jime (?) au judo[5]. C'est donc une technique d'étranglement respiratoire, exécuté typiquement depuis une position de garde, dos au sol, avec les jambes assez hautes.

La prise est assez peu commune et ne se pratique finalement que peu en compétition. En 2007, le combattant de MMA Nick Diaz soumet le champion des poids légers du Pride FC, Takanori Gomi avec cette prise.

Au catch, le lutteur The Undertaker est connu pour en avoir fait une de ses prises de finition.

Étranglement en guillotine[modifier | modifier le code]

Des marines américains font une démonstration de l'étranglement en guillotine.

L'étranglement en guillotine, guillotine choke ou mae-hadaka-jime (前裸絞?), enserre le cou d'un adversaire de face en l'encerclant avec le bras. Son nom fait référence à l'instrument d'exécution du même nom.

La tête de l'opposant est placée sous l'aisselle de l'attaquant. Le bras de ce côté entoure alors le cou de l'adversaire et les deux mains se tiennent pour appliquer la pression. Suivant la position de l'avant-bras, sur la trachée ou les artères carotides, l'étranglement est de type sanguin ou respiratoire[6].

La technique peut être réalisé depuis plusieurs positions, comme la garde fermée qui permet de contrôler son adversaire avec les hanches, ou depuis la position debout. La prise peut aussi être combinée à une action sur les cervicales pour réaliser un clé de cou, mais ce mouvement est souvent interdit en compétition[7].

Étranglement en triangle[modifier | modifier le code]

L'étranglement en triangle présenté dans un manuel d'instruction de l'U.S. Army.

L'étranglement en triangle, triangle choke ou sankaku-jime (三角絞?), enserre les carotides d'un adversaire de face en emprisonnant un de ses bras dans un triangle formé par les jambes de l'attaquant[8]. Une jambe placée devant l'épaule de l'adversaire passe derrière son cou, tandis que le creux du genou de l'autre jambe rejoint la précédente au niveau du tibia.

La technique est classiquement exécutée depuis une position de garde, dos au sol, mais elle peut aussi être appliquée « à la volée » depuis la position debout voire depuis la position montée. L'étranglement en triangle est un étranglement de type sanguin, mais peut aussi agir en respiratoire suivant la position des combattants. Une clé en hyperextension sur le bras emprisonné peut être ajoutée pour forcer encore l'adversaire à l'abandon.

Dans le film L'Arme fatale, le personnage de Mel Gibson utilise cet étranglement dans son combat final. Rorion Gracie, célèbre pratiquant de jiu-jitsu brésilien issu de la famille Gracie, y est crédité comme conseiller technique[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The Mata Leão, Rear Naked Choke », sur BJJ Heroes (consulté le 9 juillet 2015)
  2. (en) Renzo Gracie et John Danaher, Mastering Jujitsu, Human Kinetics (ISBN 1450407692 et 9781450407694, lire en ligne), p. 111.
  3. « Lawler est le nouveau champion », sur RDS.ca,‎ (consulté le 10 juillet 2015).
  4. (en) Pedro Olavarria, « The Bulldog Choke: Catch Wrestling Renaissance », sur Fightland (consulté le 10 juillet 2015).
  5. (en) « Ultimate Submissions: Breaking down the Gogoplata », sur MMA Mania,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  6. (en) « Ultimate submissions: Breaking down the guillotine choke », sur MMA Mania,‎ (consulté le 9 juillet 2015).
  7. « NE WAZA 4 (les clés et étranglements) » [PDF] (consulté le 9 juillet 2015).
  8. (en) « The Triangle », sur BJJ Heroes (consulté le 8 juillet 2015).
  9. (en) T.P. Grant, « MMA Origins: The Gracie Challenge Comes to California », sur Bloody Elbow,‎ (consulté le 8 juillet 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]