Midas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Midas (homonymie).
Dans la version du mythe de Midas de Nathaniel Hawthorne, sa fille se transforme en statue lorsqu'il la touche. Walter Crane, 1893

Midas (en grec ancien Μίδας / Mídas) est un roi mythologique grec de Phrygie, fils de Gordias. Il se suicida en 676 avant notre ère, lors de l'invasion de la Phrygie par les Cimmériens.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Midas est aussi le héros de nombreuses histoires. Silène, ayant bu plus que de raison, s'égare jusque sur les terres de Midas, qui le recueille et lui offre l'hospitalité. Dionysos, à sa recherche, le trouve là et remercie l'hôte de celui qui l'a élevé en lui accordant un vœu. Midas demande alors la faculté de transformer en or tout ce qu'il touche. Incapable de manger et de boire, il supplie le dieu de reprendre son présent. Dionysos lui ordonne alors de se laver les mains dans les eaux du Pactole, dont le sable se change en or. Cette légende explique le caractère aurifère des fonts, auquel la Phrygie doit une bonne partie de son empire.

Dans un autre mythe, il a été l'élève d'Orphée, et les talents de musicien de Midas sont requis lorsqu’il est appelé à être juge dans le concours entre le satyre Marsyas, joueur de flûte, et Apollon, qui joue de la lyre (Ovide, au livre XI de ses Métamorphoses, situe le concours entre Pan et Apollon). Il donne Marsyas vainqueur, alors que les Muses, qui jugent également, préfèrent Apollon au satyre. Apollon, pour se venger, lui donne des oreilles d'âne. Midas tente de les cacher sous un bonnet phrygien, mais un serviteur découvre son secret en lui coupant les cheveux. Incapable de tenir le secret plus avant, le serviteur finit par creuser un trou dans le sable, y dit : « Le roi Midas a des oreilles d'âne » et rebouche le trou. Une touffe de roseaux se met à y pousser et répète à tout vent la phrase.

Xénophon, dans son Anabase nous rapporte qu'une fontaine, à Thymbrée, porte le nom de Midas depuis qu'il a mélangé du vin à sa source pour y surprendre un satyre qu'il poursuivait[1].

Asie centrale[modifier | modifier le code]

Ella Maillart rapporte dans un récit de voyage[2] une version de la légende du roi Midas, attribuée aux Wusun (qu'elle orthographie Oussounes). Le barbier ayant confié le secret des oreilles d'âne du roi à un puits, il oublia de refermer l'orifice : l'eau du puits déborda, noya le palais et engendra le lac actuel de l'Yssyk Koul, au Kirghizistan actuel. Elle émet l'opinion que la légende est de fait d'origine asiatique.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Le mythe de Midas et de Dionysos illustre les effets négatifs d'un désir trop ardent, ainsi que la recherche du bonheur par l'accumulation des richesses, en contradiction avec la conception aristotélicienne du bonheur : Midas a la faculté de combler ses désirs d'accumulation de richesses en vue du Bonheur Parfait, mais sa capacité à transformer tout ce qu'il touche en or le coupe totalement de la vie normale, l'empêchant aussi bien de manger que de boire, mais le forçant par là-même à transformer ses proches en statues d'or dès qu'il les touche. Cette légende est à comparer à celle de Tantale. À l'inverse de Midas qui a le pouvoir d'assouvir pleinement son désir, Tantale lui n'est aucunement et jamais en mesure d'assouvir le sien.

Platon fait référence aux richesses de Midas dans Les Lois[3] et La République[4], à propos de la fortune des hommes de bien. Dans le Phèdre, il cite son épitaphe[5] :
Je suis une vierge d’airain et repose sur le tombeau de Midas
Tant que l’eau coulera et que les arbres verdiront
Je resterai sur ce tombeau arrosé de larmes
Et j’annoncerai aux passants que Midas est ici enterré.

Développements ultérieurs[modifier | modifier le code]

Alchimie[modifier | modifier le code]

Les plus anciens alchimistes connus proposent des commentaires de récits mythologiques[6]. Le mythe de Midas faiseur d'or a attiré l'intérêt notamment de Bracesco[7], de Michaël Maïer[8], et du bénédictin Dom Pernety[9]. Plus récemment, le philosophe d'Hooghvorst commente au sens alchimique tout le récit de Midas proposé par Ovide dans ses Métamorphoses : « Nous voyons en effet dans ce récit, un traité complet de cette chimie cabalistique tant épiée et si peu expérimentée. C'est ce que nous allons nous efforcer de montrer. »[10]

Peinture[modifier | modifier le code]

Musique et chanson[modifier | modifier le code]

  • Fifth Harmony, dans la chanson Gonna Get Better de l'album 7/27.
  • Shirley Bassey dans Goldfinger : la chanson du James Bond éponyme évoque Midas. « Goldfinger He's the man, the man with the Midas touch ».
  • 2013 : Ellie Goulding, dans la chanson Midas Touch de l'album Halcyon (2013) (reprise du groupe Mignight Star).
  • 2015 : Imagine Dragons, dans la chanson Gold de l'album Smoke + Mirrors (2015)[11].

Astronomie[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • 1996 : Tomb Raider, le premier jeu vidéo de la série, ou encore son remake Tomb Raider: Anniversary, où la main du roi Midas transforme les lingots de plomb en or.
  • 2010: God of War: Ghost of Sparta, dont l'histoire se déroulant entre les deux épisodes sortis sur PlayStation 2.; ou Kratos lui a claqué la tête et l'a jeté sur le bord. Avec un dernier appel aux dieux de Midas, Kratos le jeta dans la chute de lave, transformant tout le ruisseau, et Midas avec lui, en or massif. Cela a permis à Kratos de marcher et de grimper sur la lave et de poursuivre sa quête et d'une certaine manière, Kratos avait finalement donné à Midas son souhait

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

  • Once Upon a Time(série télévisée) : le roi Midas intervient dans la première saison.
  • Iron Man 3 : dans l'Iron Légion, l'une des armures (MARK XXI/ 21) se nomme Midas.
  • Aladdin et le Roi des voleurs : un trésor connu comme la Main de Midas transforme tout ce qu'il touche en or.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Midas, entreprise automobile spécialisée dans la réparation rapide.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Xénophon, Anabase, Livre I, 1.2.14
  2. Ella Maillart, Des monts Célestes aux sables Rouges, Payot, 1990, 1991, 2001, (ISBN 2-228-89440-0)
  3. Platon, Les Lois [détail des éditions] [lire en ligne], II, 660e.
  4. Platon, La République [détail des éditions] [lire en ligne], III, 408b.
  5. Platon, Phèdre [détail des éditions] [lire en ligne], II, 264c.
  6. M. Mertens, Les Alchimistes grecs, Paris, Les Belles Lettres, , 302 p., p. 3 et ss.
  7. (la) G. Bracesco, De Alchemia Dialogus, in : J.-J. Manget, Bibliotheca chemica curiosa, t. I, Genève, , 938 p., p. 565 et ss.
  8. (la) M. Maïer, Arcana arcanissima, s.l., s.d., 285 p., p. 90-91 ; 257-258 ; 267.
  9. A.-J. Pernety, Les Fables égyptiennes et grecques dévoilées, tome I, Paris, Delalain, , 580 p., p. 551-563.
  10. E. d'Hooghvorst, Le Roi Midas, in : Ces Hommes qui ont fait l'alchimie au XXe siècle, Grenoble, Geneviève Dubois éditions, , 112 p., p. 20.
  11. (en) « Gold - Imagine Dragons », (consulté le 15 juin 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]