Michaël Ferrier

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Michaël Ferrier
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Michaël Ferrier (2018)
Naissance (54 ans)
Activité principale
écrivain, essayiste
Distinctions
Prix de l'Asie 2005, prix littéraire de la Porte dorée 2011, prix Édouard-Glissant 2012, Prix Franz-Hessel 2015, Prix Décembre 2018
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
Roman, essai

Œuvres principales

Michaël Ferrier, né le à Strasbourg, est un écrivain et essayiste français qui vit à Tokyo, où il enseigne la littérature.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et enseignement[modifier | modifier le code]

Grand-mère indienne, grand-père mauricien, né en Alsace, Michaël Ferrier passe son enfance en Afrique et dans l'océan Indien, puis fait ses études à Paris. Ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses[1], agrégé de lettres, docteur ès-lettres de l'université Paris-Sorbonne, il est professeur à l'université Chuo de Tokyo (Japon), où il dirige le groupe de recherches « Figures de l'étranger », sur les représentations de l’altérité dans les sociétés contemporaines[2].

Il collabore régulièrement pour des critiques littéraires et artistiques aux revues Art Press, L'Infini et la Nouvelle Revue française, mais c'est surtout par ses romans et ses essais qu'il s'est fait connaître, notamment par l'analyse qu'il a donnée du désastre de Fukushima, dont il fut le témoin direct[3].

Univers littéraire[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Michaël Ferrier est à la fois celle d'un essayiste et d'un romancier : elle se situe aux frontières de plusieurs univers culturels (français, japonais, créole) et de plusieurs disciplines (littérature, musique, philosophie, critique d'art).

Ses essais portent sur les regards croisés entre les cultures, et notamment la culture japonaise, prise non comme une entité essentialisée mais comme le résultat de processus complexes de traductions et de circulations (techniques, savoirs, personnes), en référence constante à d'autres aires géographiques, particulièrement les mondes créoles.

Il a aussi publié plusieurs romans, salués par la critique : Kizu (la Lézarde), Tokyo, petits portraits de l'aube (prix littéraire de l'Asie 2005), Sympathie pour le Fantôme (prix littéraire de la Porte Dorée 2011)[4], Mémoires d'Outre-mer (prix Franz-Hessel 2015 et prix du Salon du livre Athéna - Ville de Saint-Pierre)[5], François, portrait d'un absent (Prix Décembre 2018).

Depuis 2012, il soutient Bibliothèques sans frontières, une jeune ONG qui vise à faciliter l'accès au savoir dans les pays en développement.

L'écriture de Michaël Ferrier est marquée par le thème des rencontres interculturelles, ainsi que par une réflexion sur la mémoire, la violence et le temps, comme l'illustre le livre qui évoque son expérience à Fukushima au moment de la catastrophe de 2011, et qui constitue une réflexion sur ce qu'il nomme la « demi-vie », un concept qui s'impose aujourd'hui dans les sociétés nucléarisées : Fukushima, récit d'un désastre (Gallimard, 2012).

Michaël Ferrier a reçu en 2012 le prix Édouard-Glissant pour l'ensemble de son œuvre[6]. Il bénéficie aussi d’une audience internationale : des universités prestigieuses ont en effet consacré des colloques à son œuvre. Après un premier colloque international dès 2017 à l’université d'Édimbourg, réunissant des spécialistes venus d'Angleterre, de France, des États-Unis et du Japon[7], l’université du Tohoku au Japon[8] et l’université de Londres (Birkbeck, Université de Londres)[9] lui ont également consacré des colloques en 2019. Ses livres sont traduits ou en cours de traduction dans de nombreux pays : Chine, États-Unis, Italie, Japon, Portugal, Inde...

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • La Tentation de la France, la Tentation du Japon : regards croisés, dir., éd. Picquier, 2003 (ISBN 2-87730-663-1)
  • Céline et la chanson : de quelques oreilles que la poétique célinienne prête aux formes chantées, éd. du Lérot, 2004
  • Japon, la Barrière des Rencontres, éd. Cécile Defaut, 2009 (ISBN 9782350180748)
  • Maurice Pinguet, le texte Japon, introuvables et inédits, dir., éd. du Seuil, 2009 (ISBN 978-2020993456)
  • Penser avec Fukushima (sous la direction de C. Doumet et M. Ferrier), Nantes, éditions nouvelles Cécile Defaut, 2016 (ISBN 9782350183800)
  • Naufrage, sur la pandémie de Covid-19, coll. « Tracts », Gallimard, 2020
  • Dans l'œil du désastre : créer avec Fukushima, sous la direction de Michaël Ferrier, éd. Thierry Marchaisse, 2021 (ISBN 978-2-36280-254-6), avec la participation des artistes Makoto Aida, Takashi Arai, Chim↑Pom, Marie Drouet, Hikaru Fujii, Thierry Girard, Yoi Kawakubo, Jacques Kraemer, Hélène Lucien, Bruno Meyssat, Chihiro Minato, Yoann Moreau, Brigitte Mounier, Kôhei Nawa, Shinji Ohmaki, Marc Pallain, Claude-Julie Parisot, Gil Rabier, Noi Sawaragi, Nobuhiro Suwa, Kota Takeuchi, Kenichi Watanabe, Yukinori Yanagi.
  • Notre ami l'atome, écrits cinématographiques, en collaboration avec Kenichi Watanabe, Gallimard, 2021.

Autres textes sur Fukushima[modifier | modifier le code]

  • « Fukushima : la cicatrice impossible » (sur la reconstruction du paysage après Fukushima), Cahiers de l'École de Blois, no 11, Les cicatrices du paysage, Ed. de la Villette, , p. 72-79.
  • « Fukushima ou la traversée du temps : une catastrophe sans fin », Esprit, no 405, Apocalypse, l'avenir impensable, , p. 33-45.
  • « Avec Fukushima », L'Infini, no 130, Gallimard, 2015, p. 64-79.
  • « De la catastrophe considérée comme un des Beaux-Arts », Communications, no 96, Vivre la catastrophe, Le Seuil, 2015, p. 119-152.
  • « Visualiser l'impossible : l'art de Fukushima », Art Press, no 423, , p. 62-66.

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Le Goût de Tokyo, anthologie commentée de textes sur Tokyo, Mercure de France, 2008 (ISBN 2-7152-2811-2).

Films[modifier | modifier le code]

  • Le Monde après Fukushima, réal. Kenichi Watanabe, commentaire écrit par Michaël Ferrier, coproduction Arte France/Kami Productions (France, 2013, 77 min) - prix « Lucien Kimitété » du festival international du film insulaire de Groix 2013.
  • Terres nucléaires, une histoire du plutonium, réal. Kenichi Watanabe, commentaire écrit par Michaël Ferrier, coproduction Arte France/Seconde Vague Productions/Kami Productions (France, 2015, 83 min).
  • Notre ami l'atome, réal. Kenichi Watanabe, commentaire écrit par Michaël Ferrier, coproduction Arte France/Radio Télévision Suisse/Kami Productions (France, 2019, 55 min).

Les textes des trois films ont été publiés en 2021 sous le titre Notre ami l'atome par Gallimard.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Régine Robin, Mégapolis : les derniers pas du flâneur, Stock, 2009.
  • Critique, no 762, éd. de Minuit, 2010, « Sous l'Empire du Japon » (ISBN 9782707321398)
  • « L'écrivain sismographe », in Revue des deux Mondes, 2013 (ISBN 978-2-35650-061-8)
  • La réflexion de Michaël Ferrier sur l'identité nationale : une analyse de l'historien Jean Baubérot
  • Philippe Forest, De Tel Quel à l’infini, Éditions Cécile Defaut, 2006 ; Retour à Tokyo, Cécile Defaut, 2014.
  • Catherine Coquio, « D’un ton anti-apocalyptique : Après la fin du monde de Michaël Foessel et Fukushima, Récit d’un désastre de Michaël Ferrier », Écrire l'histoire, no 15, 2015, p. 119-128.
  • Ouvrage collectif, Réceptions de la culture japonaise en France depuis 1945, sous la direction de Fabien Arribert-Narce, Kohei Kuwada et Lucy O'Meara, Paris, Editions Honoré Champion, Collection Poétiques et esthétiques XXe – XXIe siècles, 2016. Deuxième partie : « Georges Perec, Pascal Quignard, Michaël Ferrier et Philippe Forest ».
  • (en) Akane Kawakami, Walking Underground: Two Francophone Flâneurs in Twenty-First-Century Tokyo, L'Esprit créateur, Volume 56, Number 3, Fall 2016, Johns Hopkins University Press, p. 120–133.
  • (en) Martin Munro, 'The Elsewhere and the Overseas in Michaël Ferrier's Mémoires d'outre-mer, Critical Review of French Contemporary Fixxion, Number 16, edited by Charles Forsdick, Anna-Louise Milne and Jean-Marc Moura, 2018.
  • Aurélie Briquet, « L’efficacité de l’écriture dans Fukushima, Récit d’un désastre », Alternative Francophone, vol. 2, 4, 2019, p. 77-91.
  • Bernadette Cailler, « Promenoir(s) de la mort seule : quand Michaël Ferrier revient vers Edouard Glissant », Dalhousie French Studies, no 113, 2019.
  • (en) Oana Sabo, The Migrant Canon in Twenty-First-Century France Lincoln: University of Nebraska Press, 2018 (‘chapter 3, CONSECRATION The Prix littéraire de la Porte Dorée and Its Migrant Archive’, p. 97-126).
  • Joëlle Roseman, « M. Ferrier, écrivain de l'irréparable », Quinzaines (anciennement La Quinzaine littéraire), no 1212, avril 2019.
  • Pilar Andrade, « Écrire, représenter, imaginer la centrale nucléaire : Ferrier, Filhol, Volodine, discours toxique » : Ecozon@, European Journal of Literature, Culture and Environment: Ecological In(ter)ventions in the Francophone World, Vol 10, No 2, 2019.
  • (en) Hannah Holtzman, « ‘Les Français ne savent pas où me mettre’: Placing Michaël Ferrier’s petits portraits from Japan », French Studies, Volume 73, Issue 4, October 2019, p. 561–577.
  • Sarga Moussa, « Arpenter un désastre. Voyage et témoignage (sur Fukushima de Michaël Ferrier) », La Revue des lettres modernes, série Voyages contemporains, numéro spécial Voyages extrêmes, 2019, p. 255-272.
  • Michaël Ferrier, un écrivain du corail, sous la direction de Fabien Arribert-Narce, avec des contributions de Patrick Chamoiseau, Martin Munro, Christian Doumet, Asako Muraishi, Bernadette Cailler, Anne Roche, Catherine Coquio, Hannah Holtzman, Akane Kawakami, Hervé Couchot, Yann Mével, Paris, éditions Honoré Champion, 2021.

Liens externes[modifier | modifier le code]