Michaël Ferrier

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Michaël Ferrier
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Michaël Ferrier (2018)
Naissance (51 ans)
Activité principale
écrivain, essayiste
Distinctions
Prix de l'Asie 2005, prix littéraire de la Porte dorée 2011, prix Édouard-Glissant 2012, Prix Franz-Hessel 2015
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
Roman, essai

Œuvres principales

  • Tokyo, petits portraits de l'aube
  • Sympathie pour le Fantôme
  • Fukushima, récit d'un désastre
  • Mémoires d'outre-mer

Michaël Ferrier, né le à Strasbourg, est un écrivain et essayiste français qui vit à Tokyo, où il enseigne la littérature.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et enseignement[modifier | modifier le code]

Grand-mère indienne, grand-père mauricien, né en Alsace, Michaël Ferrier passe son enfance en Afrique et dans l'océan Indien, puis fait ses études à Paris. Ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses[1], agrégé de lettres, docteur ès-lettres de l'université Paris-Sorbonne), il est professeur à l'université Chuo de Tokyo (Japon), où il dirige le groupe de recherches « Figures de l'étranger », sur les représentations de l’altérité dans les sociétés contemporaines[2],[3].

Il collabore régulièrement pour des critiques littéraires et artistiques aux revues Art Press, L'Infini et la Nouvelle Revue française, mais c'est surtout par ses romans et ses essais qu'il s'est fait connaître, notamment par l'analyse qu'il a donnée du désastre de Fukushima, dont il fut le témoin direct[4].

Univers littéraire[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Michaël Ferrier est à la fois celle d'un essayiste et d'un romancier : elle se situe aux frontières de plusieurs univers culturels (français, japonais, créole) et de plusieurs disciplines (littérature, musique, philosophie, critique d'art)[5].
Ses essais portent sur les regards croisés entre les cultures, et notamment la culture japonaise, prise non comme une entité essentialisée mais comme le résultat de processus complexes de traductions et de circulations (techniques, savoirs, personnes), en référence constante à d'autres aires géographiques, particulièrement les mondes créoles. Ses théories ont fait l'objet d'une première présentation en France dans la revue Critique (n° 762, éd. de Minuit, 2010)[6] ainsi que dans la Revue des deux Mondes sous la forme d'un long entretien[7].

Il a aussi publié plusieurs romans, salués par la critique : Kizu (la Lézarde), Arléa, 2004, Tokyo, petits portraits de l'aube, Gallimard (prix littéraire de l'Asie 2005), Sympathie pour le Fantôme (Gallimard, 2010, prix littéraire de la Porte Dorée 2011)[8], Mémoires d'Outre-mer (Gallimard, 2015, Prix Franz-Hessel 2015)[9].

L'écriture de Michaël Ferrier est marquée par le thème des rencontres interculturelles, ainsi que par une réflexion sur la mémoire, la violence et le temps, comme l'illustre le livre qui évoque son expérience à Fukushima au moment de la catastrophe de 2011, et qui constitue une réflexion sur ce qu'il nomme la « demi-vie », un concept qui s'impose aujourd'hui dans les sociétés nucléarisées : Fukushima, récit d'un désastre (Gallimard, 2012).

Michaël Ferrier a reçu en 2012 le prix Édouard-Glissant pour l'ensemble de son œuvre[10]. L'université d'Édimbourg lui a consacré en 2017 un colloque international réunissant des spécialistes venus d'Angleterre, de France, des Etats-Unis et du Japon[11], et ses livres sont traduits ou en cours de traduction dans de nombreux pays : Chine, États-Unis, Italie, Japon, Portugal, Inde...

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • La Tentation de la France, la Tentation du Japon : regards croisés, dir., éd. Picquier, 2003 (ISBN 2-87730-663-1)
  • Céline et la chanson : de quelques oreilles que la poétique célinienne prête aux formes chantées, éd. du Lérot, 2004
  • Japon, la Barrière des Rencontres, éd. Cécile Defaut, 2009 (ISBN 9782350180748)
  • Maurice Pinguet, le texte Japon, introuvables et inédits, dir., éd. du Seuil, 2009 (ISBN 978-2020993456)
  • Penser avec Fukushima (sous la direction de C. Doumet et M. Ferrier), Nantes, éditions nouvelles Cécile Defaut, 2016 (ISBN 9782350183800)

Autres textes sur Fukushima[modifier | modifier le code]

  • « Fukushima : la cicatrice impossible » (sur la reconstruction du paysage après Fukushima), Cahiers de l'Ecole de Blois, N°11, "Les cicatrices du paysage", Ed. de la Villette, juin 2013, p. 72-79.
  • « Fukushima ou la traversée du temps : une catastrophe sans fin », Esprit, N°405, "Apocalypse, l'avenir impensable", juin 2014, p. 33-45.
  • « Avec Fukushima », L'Infini, N°130, Gallimard, 2015, p. 64-79.
  • « De la catastrophe considérée comme un des Beaux-Arts », Communications, N°96, "Vivre la catastrophe", Le Seuil, 2015, p. 119-152.
  • « Visualiser l'impossible : l'art de Fukushima », Art Press, N°423, juin 2015, p. 62-66.

Autres publication[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

  • Le Monde après Fukushima, réal. Kenichi Watanabe, commentaire écrit par Michaël Ferrier, coproduction Arte France/Kami Productions (France, 2012, 77 min) - Prix « Lucien Kimitété » (film le plus émouvant) du Festival international du film insulaire de Groix 2013.
  • Terres nucléaires, une histoire du plutonium, réal. Kenichi Watanabe, commentaire écrit par Michaël Ferrier, coproduction Arte France/Seconde Vague Productions/Kami Productions (France, 2015, 83 min).

Entretiens[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • Michaël Ferrier est l'inventeur de l'expression « bêtise de bûche » pour qualifier l'expression « Français de souche » : « La langue veut dire quelque chose : « Français de souche », c’est d’une bêtise de bûche. C’est vraiment vouloir réduire la France à un moignon, un moignon assez improbable d’ailleurs, introuvable. Moi, j’aimerais bien qu’on parle de tous les Français : des Français de branche, des Français de feuille, des Français de papier[12]».
  • Michaël Ferrier est également l'inventeur du concept de « demi-vie », qu'il expose dans la troisième et dernière partie de Fukushima, récit d'un désastre (Gallimard, 2012), intitulée « La demi-vie, mode d'emploi » : reprenant ironiquement l'expression au vocabulaire nucléaire, il en fait un paradigme d'explication à la fois économique, philosophique et moral de la vie imposée aux populations vivant dans les sociétés nucléarisées : « On présente une situation complètement anormale comme normale. On s’habitue doucement à des évènements inhabituels. On légalise et on normalise la mise en danger de la vie, on s’accommode de l’inadmissible. Des populations entières réduites au silence et à la résignation, des rejets chroniques et continuels tolérés et même homologués, des déchets intraitables qu'on transmet, toute honte bue, à ceux qui viendront après. Et cette furie se propage le plus tranquillement du monde. C'est la « demi-vie ». Insaisissable, impalpable, nébuleuse et irréfutable à la fois, subreptice et pourtant éclatante dans la limaille des jours, la demi-vie s’impose comme le seul modèle de nos économies et de nos modes d’existence[13]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]