Xylophone

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Xylophone contemporain, avec deux paires de baguettes différentes

Le xylophone (des racines grecques xylo : bois et phon : son) est un instrument de musique à percussion, de la famille des idiophones (classe des lamellophones, comme les métallophones).

Description[modifier | modifier le code]

Le xylophone est constitué de lames de bois de différentes longueurs extensibles qui sont frappées au moyen de mailloches terminées par une sphère parfois recouverte de caoutchouc ou de feutre. L'accordage des lames se fait différemment suivant les époques et les lieux surtout, notamment en rognant un peu chaque lame jusqu'à la fréquence exacte.

La disposition des lames est le plus fréquemment semblable à celle d'un clavier d'un piano ou de tout autre instrument à clavier :

  • la rangée de lames inférieure compose sur plusieurs octaves les sept notes de la gamme diatonique, et
  • la rangée de lames supérieure compose sur ces mêmes octaves les cinq notes altérées de la gamme chromatique.

Historique et évolution[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Joueurs de balafon, Cameroun, ~1914
Un xylophone philippin, kulintang a kayo.

La première attestation de la présence d'un xylophone date du XIVe siècle, en Afrique (le Sosso bala, au Mali) et en Indonésie[1] ; mais une autre source avance une origine plus ancienne : le IXe siècle, en Asie du Sud-Est [2]. Cependant attention, la photo de droite représente des Camerounais jouant du balafon, un type spécifique de xylophone très présent en Afrique de l'Ouest.

Extension en Occident[modifier | modifier le code]

En Europe, la première mention d’un xylophone, par Schlick – dans son Spiegel der Orgelmacher und Organisten –, remonte à 1511. Ensuite, Martin Agricola présente (Musica instrumentalis deudsch, 1528) un « psaltérion de bois avec 25 lames, sur trois octaves diatoniques » [3] ; Michael Praetorius (Syntagma Musicum, 1619) et Marin Mersenne (L'Harmonie universelle, 1636) parlent également de cet instrument, Mersenne précisant que lorsqu’on en joue bien, le xylophone procure autant de plaisir que n’importe quel autre instrument.

Hans Holbein le Jeune : Danse macabre. Un xylophone est suspendu au cou de la mort.

Bien qu’il bénéficie d’une mention dans les trois importants traités susmentionnés, le xylophone n’est, en Europe jusqu'à la fin du XIXe siècle, qu’un instrument rudimentaire, réservé aux musiciens ambulants, et « n’apparaît que parmi les accessoires de fêtes populaires telles que les carnavals ; il est aussi l’attribut habituel de la mort dans les représentations de danses macabres » [4] , par exemple celle de Hans Holbein le Jeune. En 1852, l’instrument est encore mentionné dans Les Danses des morts de J.G. Kastner.

Xylophone chromatique classique[modifier | modifier le code]

C’est seulement au cours du XIXe siècle que le xylophone est organisé chromatiquement. Quelques musiciens méconnus en jouent, comme le Polonais Guzikow, qui suscite l’admiration de Mendelssohn, Chopin et Liszt[5] et M. Jacobwski Sankson, « qui s’est fait entendre dans plusieurs maisons [à Saint-Quentin] où son talent est apprécié. […] la rapidité des gammes, la volubilité des arpèges, l’éclat des notes aigües et la belle qualité des basses surpassent tout ce qu’on a pu entendre jusqu’ici dans ce genre. On aura peine à croire que M. Sankson soit parvenu à tirer des sons aussi mélodieux d’un instrument composé tout simplement de vingt-quatre morceaux de bois de sapin, et de quatre rouleaux de paille, sur lesquels il frappe avec deux petites baguettes. » [6].

Le Carnaval des animaux[modifier | modifier le code]

Les compositeurs commencent alors à s’intéresser au xylophone : c’est dans la Danse macabre (1874) de Saint-Saëns (où il illustre le bruit des os qui s’entrechoquent) que cet instrument fait son entrée dans l’orchestre. Douze ans plus tard, Saint-Saëns le réutilise dans le Carnaval des animaux (1886) où il symbolise les fossiles.

Par la suite, d’autres compositeurs l’incluent dans leurs œuvres, comme Mahler (6e symphonie, 1903-1904), Puccini (Madame Butterfly, 1904), Strauss (Salome, 1905), Elgar (The Wand of Youth, 1908), Debussy (Ibéria, 1909), Stravinsky (L'Oiseau de feu, 1909-1910), etc.

Plus tard au XXe siècle, Hindemith, Bartok, Stravinsky, Tippett, Messiaen, Boulez et Henze, Carl Orff lui confieront une partie – parfois difficile d’exécution – dans une de leurs œuvres.

Parmi ses anciennes dénominations, on trouve échelettes, claquebois, harmonica de bois.

Genres et accompagnements musicaux[modifier | modifier le code]

Xylophone dans la musique de genre[modifier | modifier le code]

La musique descriptive et évocatrice, représentative de la musique de genre, était fréquente dans beaucoup de compositions classiques et traditionnelles.

Les premiers dessins animés tels que ceux de Walt Disney favorisèrent ce style musical, introduisant régulièrement le xylophone, celui-ci étant soit instrument soliste en vedette, soit en accompagnement, que l'on retrouve sur de nombreux 78 tours des années 1930.

Il est souvent utilisé avec en alternance le vibraphone, dont les lamelles sont métalliques et résonnent, à l'inverse du xylophone de sonorité beaucoup plus "sèche".

Le xylophone accompagne aussi souvent même aujourd'hui les orchestres de "salon", sur les ragtimes par exemple.

Musiques de cirque[modifier | modifier le code]

Le xylophone est très souvent utilisé dans les musiques de cirque, en tant qu'instrument soliste, sur des compositions demandant beaucoup de virtuosité, tels que notamment le "Galop du Cirque Renz", dont l'artiste belge Fred Roozendaal fut un important artiste.

Harmonies et batteries-fanfares[modifier | modifier le code]

Il est aussi adjoint régulièrement à plusieurs harmonies et batteries-fanfares, souvent en tant qu'instrument soliste.

Orchestres musette et jazz[modifier | modifier le code]

Les orchestres musette des années 1930 utilisaient aussi régulièrement le xylophone en alternance avec l'accordéon, le saxophone, le piano ou le banjo sur les valses, polkas, fox-trots ou marches.

Il accompagne plusieurs ensembles jazz de l'époque, tel que Paul Whiteman ou Jack Hylton.

Lionel Hampton était plutôt vibraphoniste dans ses interprétations de jazz.

Xylophone dans les chansons de variétés[modifier | modifier le code]

Plusieurs chanteurs ou orchestres de danse ou traditionnels incorporent le xylophone dans l'orchestre d'accompagnement, surtout au cours des années 1930.

On le retrouve en alternance avec la marimba dans plusieurs orchestres de danse ou de jazz - charleston, figurant notamment dans certaines musiques de films.

Musiques folkloriques[modifier | modifier le code]

De nombreux pays utilisent le xylophone dans leurs formations folkloriques, l'adjoignant notamment :

Xylophonistes virtuoses célèbres[modifier | modifier le code]

Années 1930[modifier | modifier le code]

Années 1960 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

  • Fred Roozendaal en 1960,
  • Michel Lorin fils d'Etienne Lorin ex-chef de l'orchestre accordéons de Paris vers 1965,
  • Daniel Delmotte,
  • Harry Breuer et son Samy Herman Sextett,
  • Ralph Heid (de) (1980),
  • Evelyn Glennie accompagnée de l'harmonie anglaise du Black Dyke Band en 1998,
  • Jean-Michel Davis et l'ensemble Novelty Fox (2009),
  • Ludwig Albert (Belgique) (xylophone ou marimba) (2010)

Compositions célèbres traditionnelles[modifier | modifier le code]

La plupart des compositions sont des pièces de virtuosité :

Disques[modifier | modifier le code]

Le xylophone joue sur de nombreux 78 tours des années 1900 à 1940 notamment.

Plus récemment, Pierre-Marcel Ondher notamment fit paraître ou supervisa plusieurs disques de xylophone, instrument favori de la musique instrumentale de divertissement.

Instruments voisins[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The New Grove Dictionary of Music and Musicians, éd. St. Sadie, 1991, vol. 20, p. 562.
  2. Vienna Symphonic Library Online
  3. La Musique à travers ses instruments, Larousse, 1978, p. 114.
  4. Fr.R. Tranchefort, La Musique à travers ses instruments, Seuil, 1981, vol. 1, p. 77.
  5. The New Grove Dictionary of Music and Musicians, op. cit., p. 564.
  6. La France musicale, 1re année, no 30, 22 juillet 1838, p. 7