Siège d'Arras (1640)

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Siège d'Arras
Description de cette image, également commentée ci-après
« La defaite des Espagnols à l'attaque du siege d'Arras. L'Arrivée du Convoy et la Reddition de la ville d'Arras a l'obeissance du Roy »
Informations générales
Date 13 juin -
Lieu Arras
Issue Prise de la ville par les troupes françaises
Belligérants
Royaume de France Royaume de France
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Flag of the Low Countries.svg Pays-Bas espagnols
Commandants
Maréchal de Châtillon
Maréchal de Chaulnes
Maréchal de La Meilleraye
Frédéric-Henri d'Orange-Nassau
Ferdinand d'Autriche

Guerre de Trente Ans

Batailles

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Le siège d'Arras est un épisode de la guerre de Trente Ans qui mène à la prise de possession de la ville d'Arras par les troupes françaises le . Cette bataille est évoquée dans la pièce d'Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac.

Contexte et mise en place[modifier | modifier le code]

Ce siège se situe durant la campagne des Pays-Bas espagnols. Elle met aux prises les troupes espagnoles commandées par Ferdinand d'Autriche et quatre corps d'armées : deux corps d'armées français commandés par le maréchal de Châtillon et le maréchal de Chaulnes et deux corps d'armées originaires des Provinces-Unies commandés par le duc de La Meilleraye et le prince d'Orange. Le 15 juillet 1638, le maréchal de Châtillon doit abandonner le siège de Saint-Omer et laisser la ville aux Espagnols. La prise de Hesdin, le 29 juin 1639, par La Meilleraye, livre une partie de l'Artois aux Français. L'objectif est alors de prendre les forces espagnoles en tenaille : le prince d'Orange attaquerait Dam et Bruges, tandis que le maréchal de la Meilleraye opèrerait sur la Meuse. De leur côté, les armées françaises maintiendraient leur pression sur l'Artois. Le plan échoue : Charlemont et Mariembourg résistent à l'attaque de La Porte. Celui-ci rappelé de la Meuse, traverse alors le Hainaut et le Cambrésis pour prendre position devant Arras le 13 juin 1640. Il est rejoint par Châtillon et Chaulnes venus par la rive nord de la Scarpe. Vingt trois mille fantassins et neuf mille cavaliers investissent ainsi les abords de la ville. À l'intérieur de celle-ci, le colonel O'Neill et ses deux mille hommes organisent la défense. Les fortifications de siège sont construites en un mois.

La riposte espagnole[modifier | modifier le code]

Ferdinand d'Autriche accourt à Lille dès la fin juin et est rejoint par le général Lamboi et le duc Charles de Lorraine. Une armée espagnole forte de vingt mille hommes est alors constituée et vient camper le 9 juillet 1640 sur le Mont-Saint-Éloi à quelques kilomètres d'Arras. Le cardinal-infant Ferdinand d'Autriche décide de ne pas attaquer les assiégeants mais de leur couper les vivres. Installé vers Avesnes-le-Comte, entre Arras, Hesdin et Doullens, il intercepte les convois de ravitaillement destinés aux assiégeants et renforce son armée qui se monte alors à vingt mille hommes et douze mille cavaliers.

Le convoi de ravitaillement[modifier | modifier le code]

Richelieu, accouru avec le roi à Amiens, organise à la hâte un convoi de ravitaillement. Des chariots de munitions et de provisions de bouche escortés par une troupe de dix-huit mille hommes commandés par le gouverneur de Lorraine du Hallier prennent la route d'Arras. Parmi cette troupe on trouve le régiment des Gardes-Françaises, au sein duquel se trouvent les Cadets (élèves-officiers de l'époque), dont fait partie d'Artagnan[1] et le régiment de Bussy-Rabutin[2]. Les maréchaux de La Meilleraye et de Chaulnes à la tête d'une armée de six mille hommes sont chargés d'opérer la jonction qui se fait sans aucune résistance le 2 août au matin à mi-chemin entre Doullens et Arras. En effet, Ferdinand d'Autriche, profitant de cette diversion et du départ de six mille hommes du front, porte alors son attaque sur les troupes du maréchal de Châtillon restées sur place.

La chute d'Arras[modifier | modifier le code]

La ruse est près de réussir. Le maréchal de Châtillon ne dispose plus que de quinze mille hommes affamés et fatigués. Le plus fort de l'attaque est porté par le duc de Lorraine sur le fort tenu par le colonel Rantzau. Celui est pris et repris plusieurs fois. Mais l'arrivée de Gassion à la tête d'une armée de mille cavaliers change le sort de la bataille et annonce le retour des troupes de La Meilleray et de Chaulnes. Une ultime résistance des troupes du colonel Rantzau repousse l'attaque espagnole. L'arrivée de la cavalerie de La Meilleray et de Chaulnes, suivie du corps d'armée de du Hallier conduit les troupes espagnoles à la retraite. Le 3 août au matin, les généraux français somment les habitants d'Arras de capituler. Ceux-ci résistent encore jusqu'au 7 août, date à laquelle une brèche, ouverte dans les remparts, ouvre la ville aux troupes françaises. La capitulation est signée le 9 août sous les yeux de Ferdinand d'Autriche qui revenu avec ses troupes renonce finalement à engager un ultime combat.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La ville, passée à la France, conservera cependant ses privilèges et le maintien du parlement d'Artois. Elle demeurera de religion catholique et obtiendra que la liberté de conscience n'y soit pas introduite.

La prise de cette ville, longtemps aux mains des Espagnols, redonne confiance aux Français. Le prince Thomas de Savoie, entrepris par Mazarin, se place le 18 septembre 1640, sous la protection de la France. Durant le printemps 1641 et jusqu'en septembre 1641, d'autres places fortes espagnoles, telles que Aire-sur-la-Lys, Lens, Bapaume et La Bassée, tombent. Fin 1641, le royaume de France contrôle désormais de nouveau l'Artois.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Royaume de France Royaume de France
Flag of the Low Countries.svg Pays-Bas espagnols

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Dans Cyrano de Bergerac, pièce de théâtre d'Edmond Rostand, le quatrième acte se déroule pendant le siège d'Arras, durant lequel Christian meurt au combat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gatien de Courtilz de Sandras, Mémoires de Monsieur d'Artagnan, « Le Siège d'Arras »
  2. Roger de Bussy-Rabutin, Les mémoires de Messire Roger de Rabutin, comte de Bussy (1618-1666), Chapelain, 1731, p. 48

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Achmet d'Héricourt, Les sièges d'Arras : histoire des expéditions militaires dont cette ville et son territoire ont été le théâtre, Topino, , 407 p. (lire en ligne).