Ligne Roissy - Picardie

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La ligne Roissy - Picardie se débrancherait de la ligne Paris - Lille à hauteur de Louvres ou Survilliers. Ici la gare du débranchement probable

La ligne Roissy - Picardie est un projet ferroviaire d'une ligne nouvelle de quelques kilomètres, créant un lien entre la LGV Interconnexion Est et la ligne Paris-Creil-Amiens au nord de Roissy, aux environs de Survilliers.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Lors des études de la LGV Nord, un conflit a éclaté entre Lille et Amiens pour être desservies par la LGV Nord. Le passage par Lille a finalement été préféré à celui par Amiens[1]. La gare TGV Haute-Picardie a été construite pour desservir la population picarde mais, située en pleine campagne entre Amiens et Saint-Quentin, reste difficilement accessible et ne répond que très partiellement aux besoins. Une LGV Paris - Londres par Amiens est mentionnée mais ne peut être envisagée que comme un projet à long terme.

C'est ainsi, qu'en 2010, aucune liaison ferroviaire ne relie l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle vers le nord du Val-d'Oise et la Picardie, imposant aux habitants un long détour via la gare de Paris-Nord, ou l'usage d'une desserte routière, mettant Creil à quarante-cinq minutes de l'aéroport[2]. Le projet prévoit en conséquence une ligne nouvelle de quelques kilomètres, créant un lien au nord de Roissy entre le réseau à grande vitesse (LGV Interconnexion Est) et le réseau classique (ligne Paris-Creil-Amiens) aux environs de Survilliers[3]. Cette ligne, portée par Réseau ferré de France (RFF, remplacé par SNCF Réseau en 2015), mettrait le sud du département de l'Oise à vingt minutes de la zone aéroportuaire contre plus d'une heure aujourd'hui par voie ferrée[4].

Ce tronçon aurait trois objectifs principaux[5] :

  • améliorer l'accessibilité de la Picardie à la grande vitesse ferroviaire en créant des dessertes TGV directes entre Amiens et Creil (et potentiellement d'autres villes de la région) vers Roissy-CDG TGV, et au-delà vers l'est, le sud et l'ouest de la France. Cela éviterait aux voyageurs un changement pénalisant à Paris, avec des gains de temps pouvant atteindre 30 à 40 minutes sur des trajets vers les grandes métropoles régionales ;
  • développer le transport ferroviaire à longue distance et préserver la capacité de la LGV Nord grâce à un nouveau débouché pour les trains aptes à la grande vitesse au nord de Roissy ;
  • renforcer l’attractivité du pôle multimodal de Roissy CDG avec des fréquences et un nombre de destinations accrus, notamment vers le nord de l'Europe. La ligne nouvelle offre une alternative aux gares parisiennes.

Projets de dessertes[modifier | modifier le code]

Deux scénarios de desserte sont fondés sur les services de seuls trains à grande vitesse, ou d'un mélange de TGV et de services régionaux[5] :

  • sept aller-retour TGV par jour au minimum depuis Amiens avec un arrêt à Creil, pour un temps de parcours de 55 minutes entre Amiens et Roissy et de 15 minutes entre Creil et Roissy, avec une prévision de trafic d'1,6 million de voyageurs par an ;
  • des trajets par trains régionaux entre Creil et Roissy (deux trains par heure et par sens) ou par TGV inter-secteurs avec origine et terminus à Creil, pour un temps de parcours de 20 minutes entre Creil et Roissy avec deux arrêts intermédiaires (un en Picardie et un en Île-de-France), avec une prévision de trafic atteignant alors 2,8 millions de voyageurs par an.

Projet[modifier | modifier le code]

Trois options de passage de la ligne nouvelle sont étudiées au nord-est du Val-d'Oise dans le secteur de Survilliers-Louvres-Vémars. Le coût de cette infrastructure est évalué à environ 250 millions d'euros, avec une mise en service prévue initialement vers 2020. Cette nouvelle ligne ne devrait posséder aucun raccordement avec la ligne de Roissy[5] où circulent les trains de la ligne B du RER.

Deux nouveaux quais devraient être construits dans la gare de l'aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV[6].

Chronologie[modifier | modifier le code]

Un débat public est organisé du 15 avril au 8 juillet 2010[7],[8]. Au terme de ce débat, le tracé nord est définitivement écarté[9].

La mise en service était prévue pour 2020[5], mais, en octobre 2016, le ministère des Transports annonce que le projet ne verra pas le jour avant 2030, provoquant une levée de boucliers des élus picards[10].

En février 2017, un accord de financement est trouvé entre l'État et les collectivités territoriales, pour une mise en service en 2024[11].

Oppositions[modifier | modifier le code]

Le barreau de Gonesse est un projet visant à relier la gare de Villiers-le-Bel - Gonesse - Arnouville, sur la ligne D du RER, à la gare du Parc des Expositions, sur la ligne de Roissy. Elle permettrait de créer une nouvelle branche nord sur le RER D, pour desservir l'aéroport depuis l'est du Val-d'Oise. Les élus de ce département craignent que la ligne Roissy - Picardie entre en concurrence avec ce projet de barreau ; ils se sont prononcés contre sa réalisation[12].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]