Contournement ferroviaire de Nîmes et de Montpellier

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Contournement ferroviaire de
Nîmes et de Montpellier
Pays Drapeau de la France France
Villes desservies Montpellier, Nîmes
Historique
Mise en service 2017
Caractéristiques techniques
Numéro officiel 834 000
Longueur 80 km (dont 20km de raccordement) km
Écartement Voie normale (1,435 m)
Électrification

25 kV – 50 Hz

Pente maximale 11
Nombre de voies Double voie
Signalisation BAL
Trafic
Propriétaire SNCF Réseau
Trafic TGV
Ligne mixte fret-voyageurs
Schéma de la ligne

Le contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier (CNM) est une liaison ferroviaire française à écartement standard prévue pour un usage mixte (voyageurs et fret) en cours de construction entre Manduel, commune du Gard située à l'est de Nîmes, et Lattes, commune de l'Hérault située au sud-est de Montpellier[1],[2]. La construction de la ligne, qui permettra de relier Montpellier à Paris en 3 heures 05, a débuté fin 2013, pour une mise en service à vitesse réduite de 220 km/h prévue le 8 juillet 2018. Une mise à niveau ultérieure de la signalisation en ERTMS2 permettrait une circulation à 300 km/h.

Cette ligne favorisera la liaison Perpignan-Barcelone dont l'utilisation est limitée par la saturation du réseau ferroviaire de Languedoc-Roussillon. Elle permettra également un gain de temps de 20 minutes pour les liaisons TGV Montpellier-Paris et Barcelone-Paris. Elle raccordera la future ligne Montpellier-Perpignan à la LGV Méditerranée.

La ligne CNM fait partie du Corridor D du projet Européen d'interopérabilité Ferroviaire (ERTMS).

La ligne s'intègre dans un projet plus vaste, à ce jour non financé, qui consiste à relier le réseau espagnol à la ligne de Combs-la-Ville à Saint-Louis. Ce projet global nécessite la réalisation d'une ligne future de Lattes à Perpignan afin de rejoindre la ligne de Perpignan à Figueras, déjà réalisée, qui franchit la frontière franco-espagnole au niveau du Perthus et interconnecte le réseau ferroviaire grande vitesse espagnol au réseau français.

Cette ligne sera aussi reliée à la ligne de Lyon à Nîmes par la rive droite du Rhône par une liaison entre Saint-Gervasy et Manduel[2].

Le contournement ferroviaire Nîmes - Montpellier est réalisé par la société Oc'via[3] (qui regroupe Bouygues Construction, Colas Rail, Alstom et Spie Batignolles) dans le cadre d'un contrat de partenariat public-privé de 25 ans signé avec Réseau ferré de France (aujourd'hui SNCF Réseau) le 28 juin 2012.

Le projet comporte également la construction par Réseau ferré de France de la gare de Montpellier-Sud-de-France (appelé aussi gare de la Mogère), qui sera inaugurée lors de la mise en service du contournement, et de la gare de Nîmes - Manduel - Redessan, prévue pour fin 2020.

Le coût de ce projet (y compris les gares et autres travaux sous maîtrise d'ouvrage RFF) est estimé à 2,28 milliards d'euros[4].

Historique[modifier | modifier le code]


Un décret du 16 mai 2005 déclare les travaux de construction de la ligne d'utilité publique et urgents[5],[6].

Le 2 décembre 2009, l’État, le Conseil régional Languedoc-Roussillon, le Conseil général du Gard, Montpellier Agglomération, Nîmes Métropole et RFF signent l’accord de financement du contournement de Nîmes et Montpellier[7].

Le 18 décembre 2009, RFF lance la consultation auprès des trois groupements ayant soumissionné au contrat de PPP (partenariat public-privé)[6]. Le contrat prévoit le financement, la conception, la construction et la maintenance de la nouvelle ligne pour une durée de 25 ans.

Le 26 octobre 2011, RFF annonce avoir reçu les offres finales des groupements menés par Bouygues et Vinci. Eiffage, qui conduisait le troisième groupement, a finalement décidé de ne pas soumettre d'offre.

Le 12 janvier 2012, à l'issue d'une procédure de dialogue compétitif, RFF désigne le groupement conduit par Bouygues Travaux Publics comme titulaire pressenti du contrat de Partenariat Public-Privé à conclure avec Réseau Ferré de France.

Le 28 juin a lieu la signature du contrat de partenariat entre RFF et Oc'via. Il entre ensuite en vigueur le 20 juillet 2012 à la suite de la publication le 19 juillet 2012 du décret en Conseil d'État.

Après 18 mois consacrés aux études, acquisitions foncières et obtentions des différentes autorisations, la construction de la ligne a débuté fin 2013, pour une mise sous tension en mai 2017 et une mise en service en décembre 2017[8].

Infrastructure[modifier | modifier le code]

La ligne nouvelle est composée de :

  • 60 km de ligne nouvelle mixte (fret et voyageurs), entre Manduel (au sud-est de Nîmes) et Lattes (à l'est de Montpellier) ;
  • 10 km de liaison fret avec la ligne existante en direction de Givors dans le Rhône, dite de la rive droite du Rhône.
  • 10 km de raccordements au réseau ferré existant à Lattes et à Manduel ;
  • dans le projet initial, un raccordement avec la ligne existante à Saint-Brès (à l'est de Montpellier), utile pour la desserte de la gare historique de Montpellier par les TGV en direction ou en provenance de Paris. RFF et l'État sont convenus, le 7 février 2011, de ne pas construire ce raccordement et de construire des gares nouvelles[9]. La possibilité d'un embranchement à Saint-Brès est conservée dans le projet publié par RFF et Oc'via, sous sa forme initiale ainsi que sous une forme inversée, qui permettrait à des trains circulant sur la voie classique à l'est de Saint-Brès de ne pas passer par la gare historique de Montpellier.

Cette future infrastructure devra répondre à trois défis majeurs :

  • constituer la première ligne mixte (voyageurs et fret) ;
  • assurer la transparence hydraulique des territoires traversés ;
  • préserver la biodiversité.

Exploitation[modifier | modifier le code]

La signalisation sera assurée en première phase par du BAL classique + KVB et de l'ERTMS de niveau 1. La ligne ne sera donc parcourue qu'à une vitesse maximale de 220 km/h, y compris par les TGV. Le tracé de la ligne permet, moyennant la mise en place ultérieure de l'ERTMS de niveau 2, une circulation des TGV jusqu'à 300 km/h[10].

Gares[modifier | modifier le code]

Ces gares, ainsi que les autres infrastructures de la ligne, sont visibles sur le schéma de la ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dossier de presse RFF
  2. a et b Site RFF dédié au projet
  3. Le site de la société Oc'via chargée de la conception, la construction et la maintenance de la ligne pour une durée de 25 ans
  4. Coup d’envoi pour la LGV de Nîmes à Montpellier, Les Échos, 29 juin 2012
  5. « Décret du 16 mai 2005 déclarant d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires au contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier et emportant mise en compatibilité des plans locaux d'urbanisme des communes de Bezouce, Saint-Gervasy, Marguerittes, Redessan, Manduel, Bouillargues, Garons, Caissargues, Nîmes, Milhaud, Aubord, Bernis, Beauvoisin, Vestric-et-Candiac, Vergèze, Codognan, Le Cailar, Aimargues, Gallargues-le-Montueux et Aigues-Vives dans le département du Gard, Lunel, Saturargues, Lunel-Viel, Valergues, Saint-Brès, Mudaison, Baillargues, Mauguio, Montpellier, Lattes et Villeneuve-lès-Maguelonne dans le département de l'Hérault : NOR: EQUT0500022D », Journal officiel de la République Française, Paris, Imprimerie Nationale,‎ , p. 8541 - 8543 (lire en ligne).
  6. a et b CCI Montpêllier, « Contournement ferroviaire de Nîmes - Montpellier : lancement de l'appel d'offres », sur http://www.montpellier.cci.fr (consulté le 25 janvier 2012)
  7. RFF, « Le contournement Nîmes-Montpellier », sur http://www.montpellier.cci.fr (consulté le 25 janvier 2012)
  8. Le suivi des travaux, site Oc'via
  9. «Protocole d'étape pour la réalisation du contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier dans le cadre d'un contrat de partenariat», 7 février 2011, lien PDF direct, dans l'article «Nouvelle gare de Montpellier : RFF et le préfet se moquent-ils des citoyens?» (sur abonnement), Montpellier Journal, 20 juin 2014.
  10. [1] sur le site officiel du contournement de Nîmes à Montpellier
  11. « Gare nouvelle Nîmes-Manduel-Redessan » (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Contournement Nîmes - Montpellier : une LGV prend forme : Cette artère de 60 km, apte à 220 km/h, qui améliorera les liaisons à grande vitesse transitant par la région de Nîmes - Montpellier, commence à sortir de terre avec l'achèvement des travaux de terrassement et de construction des ouvrages d'art. En revanche, sur les deux nouvelles gares prévues, seule celle de Montpellier-Sud-de-France est également en cours d'édification, celle de Nîmes-Est devant encore patienter », Rail Passion, no 17,‎ , p. 18-26 (ISSN 2264-5411)