Juliane-Marie de Brunswick

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Juliane-Marie de Brunswick
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de la reine Juliane-Marie
(par Vigilius Erichsen, 1776)

Titre

Reine consort de Danemark et de Norvège


(13 ans, 6 mois et 6 jours)

Prédécesseur Louise de Grande-Bretagne
Successeur Caroline-Mathilde de Grande-Bretagne
Biographie
Titulature Princesse de Brunswick-Wolfenbüttel
Dynastie Maison de Welf
Distinctions Ordre de l'Union parfaite
Nom de naissance Juliane Marie von Braunschweig-Wolfenbüttel-Bevern
Naissance
Wolfenbüttel (Brunswick-Wolfenbüttel)
Décès (à 67 ans)
Palais de Fredensborg (Danemark-Norvège)
Sépulture Cathédrale de Roskilde
Père Ferdinand-Albert II de Brunswick-Wolfenbüttel
Mère Antoinette de Brunswick-Wolfenbüttel
Conjoint Frédéric V de Danemark
Enfants Frédéric de Danemark
Religion Luthéranisme danois

Description de cette image, également commentée ci-après

Juliane Marie de Brunswick (en allemand : Juliana Maria von Braunschweig-Wolfenbüttel), née le à Wolfenbüttel (principauté de Brunswick-Wolfenbüttel) et décédée le au palais de Fredensborg (royaume de Danemark et de Norvège), est reine consort de Danemark et de Norvège entre 1752 et 1766, seconde femme du roi Frédéric V de Danemark, la mère du régent Frédéric, prince héréditaire de Danemark, et régente elle-même de facto de 1772 à 1784.

Fille de Ferdinand-Albert II de Brunswick-Wolfenbüttel et d'Antoinette de Brunswick-Wolfenbüttel, elle épouse Frédéric V de Danemark en 1752, un an seulement après la mort de la première reine, Louise de Grande-Bretagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

La duchesse Juliane-Marie de Brunswick-Wolfenbüttel est née le dans la ville de Wolfenbüttel, résidence des princes de Brunswick-Wolfenbüttel[1]. Elle est le 11e enfant et la 6e fille du feld-maréchal autrichien, le duc Ferdinand-Albert II de Brunswick-Wolfenbüttel-Bevern et de son épouse Antoinette-Amalie de Brunswick-Wolfenbüttel[2]. Au moment de sa naissance, sa famille constitue la lignée princière de Brunswick-Wolfenbüttel-Bevern, une branche cadette inférieure de la maison ducale de Brunswick-Wolfenbüttel. Mais après la mort de son cousin et beau-père Louis-Rodolphe en mars 1735, Ferdinand-Albert hérite de la principauté de Brunswick-Wolfenbüttel et démissionne comme maréchal. Cependant, il meurt subitement six mois plus tard.

Parmi ses nombreux frères et sœurs se trouve le duc Charles, futur duc de Brunswick-Wolfenbüttel, le duc Antoine-Ulrich, futur mari de la régente russe Anna Leopoldovna, et la duchesse Élisabeth-Christine, future épouse du roi de Prusse Frédéric le Grand. Comme ses frères et sœurs, Juliane-Marie reçoit l'éducation simple mais très stricte qui est habituelle dans de nombreuses petites cours princières allemandes[1]. Enfant, elle semble avoir bégayé comme plusieurs membres de sa famille[1].

Reine consort[modifier | modifier le code]

La reine Juliane-Marie, par Pilo (vers 1750).

En 1752, Juliane-Marie épouse le roi Frédéric V de Danemark et Norvège, qui avait perdu sa première reine, Louise de Grande-Bretagne, l'année précédente. Le mariage est arrangé par le favori du roi, le puissant maréchal de la cour, le comte Adam Gottlob von Moltke, mais il ne se fait pas dans les meilleures circonstances. Le roi refuse initialement de se remarier, mais Moltke pense qu'il vaut mieux que le roi se remarie dès que possible, dans une tentative de stabiliser son comportement. Le mariage a lieu le à la chapelle du château de Frederiksborg à Hillerød sur l'île de Seeland au nord de Copenhague. Juliane-Marie devient ainsi la belle-mère des enfants du roi : le prince héritier Christian et les princesses Sophie-Madeleine, Wilhelmine-Caroline et Louise.

Déjà l'année suivante, Juliane-Marie devient la mère du seul enfant commun du couple royal, le prince Frédéric[3]. Pourtant, elle ne parvient jamais à atteindre la popularité de sa prédécesseure, la reine Louise. Bien qu'elle soit belle et douée, le peuple n'apprécie pas ce mariage qui eut lieu si peu de temps après la mort de la reine Louise. Ne parvenant pas non plus à gagner la dévotion de son époux, elle doit avec une profonde douleur le voir continuer sa vie libertin marqué par l'alcoolisme et le satyrisme.

Reine douairière[modifier | modifier le code]

La reine douairière Juliane-Marie, par Ziesenis (1766/67).

Devenue reine douairière à l'âge de 36 ans à la mort de son mari en 1766, elle se retire d'abord de la vie de cour. Comme siège de reine douairière, elle obtient le château de Fredensborg sur l'île de Seeland au nord de Copenhague. Le nouveau roi, Christian VII, montrant des signes de folie, le pouvoir tombe à partir de 1770 entre les mains de la nouvelle reine Caroline-Mathilde de Grande-Bretagne et de son amant Johann Friedrich Struensee, médecin du roi. Leur politique libérale leur aliène la noblesse hostile aux réformes et Juliane Marie se retrouve au centre de l'opposition : elle participe en 1772 au coup d'État qui fait chuter Struensee. Elle réussit à faire le roi signer l'arrestation de Struensee, qui sera décapité, et à isoler, y compris de ses enfants, la reine Caroline-Mathilde. Celle-ci sera condamnée à l'exil, et l'union royale se dissoudra.

Régent[modifier | modifier le code]

La reine douairière Juliane-Marie, par Erichsen (1776).

Aprés la chute de Struensee, le fils handicapé de Juliane-Marie, le prince héréditaire Frédéric, est nommé régent, mais la réalité du pouvoir reste dans les mains de sa mère. Son gouvernement, appuyé sur le principal ministre Ove Høegh-Guldberg, est d'un conservatisme extrême et cette période est marquée par un retour à l'ordre ancien.

En 1780, la reine douairière Juliane Marie fait inviter au Danemark les quatre enfants survivants de son frère Antoine-Ulrich de Brunswick et de son épouse Anna Leopoldovna de Russie après leur libération de captivité russe. Ces enfants sont tous nés en captivité en Russie, après que leur frère, Ivan VI de Russie ait été renversé du trône par un coup d'État militaire, et faisant monter Élisabeth Ire sur le trône impérial. Les quatre enfants Catherine, Elisabeth, Peter et Alexei vécurent le reste de leur vie à la ville de Horsens dans la péninsule de Jutland.

Dernières années[modifier | modifier le code]

La reine douairière Juliane-Marie, par Erichsen (années 1780).

En 1784, le fils du roi, le prince héritier Frédéric, futur roi Frédéric VI, leur retire le pouvoir en s'emparant de la régence, à l'âge de seize ans seulement. Cette régence est marquée par des réformes libérales et agraires. La reine Juliane-Marie se retire de nouveau de la vie de cour. Elle passe les hivers au palais de Christiansborg et les étés au château de Fredensborg.

Mort et inhumation[modifier | modifier le code]

Sarcophage de la reine Juliane-Marie en la cathédrale de Roskilde.

Au cours de ses dernières années, elle semble craindre les événements de la Révolution française et exprime sa crainte que l'incendie du palais de Christiansborg en 1794 soit dû à des activités révolutionnaires.

La reine Juliane-Marie meurt le à l'âge de 67 ans à sa résidence d'été, le château de Fredensborg au nord de Copenhague. Sa mort passe plutôt inaperçue. La reine defunte est inhumée en la cathédrale de Roskilde, la nécropole traditionnelle des rois de Danemark, sur l'île de Seeland non loin de Copenhague[4].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

De son union avec le roi Frédéric V naît un seul enfant :

Ascendance[modifier | modifier le code]

Titres et honneurs[modifier | modifier le code]

Titulature[modifier | modifier le code]

  •  : Son Altesse la princesse Juliane-Marie de Brunswick-Wolfenbüttel.
  •  : Sa Majesté la reine de Danemark et de Norvège.
  •  : Sa Majesté la reine douarière de Danemark et de Norvège.

Armes et monogramme[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Frank Althoff, « Der Schriftwechsel Friedrichs des Großen mit der Königin-Witwe Juliane Marie von Dänemark » [« La correspondance de Frédéric le Grand avec la reine douairière Juliane Marie de Danemark »], Friedrich der Große und die Dynastie der Hohenzollern,‎ (lire en ligne)
  • (da) Claus Bech, « Juliane Marie », Dansk Biografisk Leksikon, Copenhague, Gyldendals Forlag, vol. 7,‎ (ISBN 8700055514, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (da) Bo Bramsen, Ferdinand og Caroline : en beretning om prinsen, der nødig ville være konge af Danmark [« Ferdinand et Caroline: un récit du prince qui hésitait à être roi du Danemark »], Copenhague, Nordiske Landes Bogforlag, , 4e éd., 303 p. (ISBN 8787439220)
  • (en) Michael Bregnsbo, « Danish Absolutism and Queenship: Louisa, Caroline Matilda, and Juliana Maria », Queenship in Europe 1660-1815: The Role of the Consort, Cambridge University Press,‎ , p. 349–354 (ISBN 0-521-81422-7 et 978-0-521-81422-5, lire en ligne)
  • (da) Steffen Heiberg (dir.), Danske dronninger i tusind år [« Reines danoises depuis mille ans »], Copenhague, Gyldendal, (ISBN 8702029464)
  • (da) Edvard Holm, « Juliane Marie, Dronning », Dansk biografisk Lexikon, tillige omfattende Norge for tidsrummet 1537-1814, Copenhague, Gyldendalske Boghandels Forlag, vol. VIII,‎ , p. 611-616 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (da) Axel Linvald, « Juliane Marie », Dansk Biografisk Leksikon, Copenhague, J.H. Schultz Forlag, vol. 12,‎ , p. 135-138 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes[modifier | modifier le code]