Jean-Claude Trichet

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Ne pas confondre avec Claude Trichet, nom d'emprunt du milicien Paul Touvier durant sa cavale.

Jean-Claude Trichet, né le à Lyon, est un haut fonctionnaire français. Après avoir été directeur du Trésor de 1987 à 1993, gouverneur de la Banque de France de 1993 à 2003, il est président de la Banque centrale européenne de 2003 à 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Trichet est né le 20 décembre 1942 à Lyon dans une famille d'intellectuels. Son père, Jean Trichet, est enseignant, normalien, ami de Georges Pompidou et de Léopold Sédar Senghor[réf. nécessaire].

Il est élève à Paris au lycée Fénelon Sainte-Marie puis au lycée Condorcet. Il devient ensuite ingénieur civil de l'École nationale supérieure des mines de Nancy en 1964, obtient une maîtrise en sciences économiques à l'université de Paris en 1966, est diplômé de l'IEP de Paris (1966, section Service Public)[1], et est élève de l'École nationale d'administration (ENA) de 1969 à 1971[2]. Il fait partie de la promotion Thomas More de l'ENA, avec Michel Bon, Jean-Louis Bianco, Marc Tessier, Claude Guéant, Alain Richard, François d'Aubert et Jean-Paul Huchon, entre autres. Il est aussi conseiller pour le think-tank transatlantique European Horizons[3].

Il indique avoir été membre du PSU « entre 19 et 20 ans »[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il travaille comme inspecteur général des Finances. En 1978, il est conseiller technique à l'Élysée, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing[5]. En 1986, il est directeur de cabinet d'Édouard Balladur au ministère des Finances[4]. Entre 1987 et 1993, il est directeur du Trésor[6]. En 1993, il devient gouverneur de la Banque de France[6].

Le 18 juin 2003, il est relaxé par le tribunal correctionnel de Paris dans l'Affaire du Crédit lyonnais (devenu LCL)[7]. Le 21 mai 2008, la cour d'appel de Versailles autorise la poursuite de la procédure civile contre lui dans le cadre de l'affaire du Crédit Lyonnais[8],[9].

Le 1er novembre 2003, succédant à Wim Duisenberg, il devient le deuxième président de la Banque centrale européenne[10], poste qu'il occupe jusqu'au 1er novembre 2011. Selon le journal l'Express, la rémunération de Jean Claude Trichet en tant que président de la Banque centrale européenne à Francfort est de 345 252 €, auxquels s'ajoutent la résidence et les frais de représentation[11]. En 2007, le Financial Times le déclare personnalité de l'année pour sa gestion de la crise des subprimes[12],[13].

Il s'attire l'opposition de la délégation française de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pour avoir refusé de parler en français, ce qui lui vaut en 2004 l'obtention d'un prix parodique[14],[15].

En 2008 Trichet est devenu le dixième destinataire de la Vision pour l'Europe Award[16].

Il est membre d'honneur de l'Institut Aspen France[réf. nécessaire], administrateur de l'Institute for International Economics[17] un important think tank de Washington. Il est membre du comité de direction du groupe Bilderberg[18]. Il est membre du club Le Siècle[19]. Jean-Claude Trichet est le président en exercice du groupe européen de la Commission trilatérale[20].

Le , il cède sa place à Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale italienne[21]. Pendant son passage à la tête de la Banque centrale européenne, son principal objectif est de lutter contre l'inflation[14].

Le 26 janvier 2012, le Conseil d’administration d’EADS a approuvé la nomination de Jean-Claude Trichet en remplacement d’Arnaud Lagardère au Conseil, où il représentera (avec Dominique d’Hinnin, directeur financier de Lagardère SCA) la Sogeade, structure qui porte les intérêts des actionnaires français[22].

Pour l'universitaire Frédéric Lebaron, Jean-Claude Trichet « est le plus célèbre et le plus influent d'entre tous » les experts issus de l’inspection des finances[23]. Il est président d'honneur du Group of Thirty[24].

Critiques[modifier | modifier le code]

En janvier 2003, Jean-Claude Trichet a été soupçonnés avec huit autres accusés d'irrégularités au Crédit lyonnais. Il était en charge du trésor français à cette époque. Il est blanchi en juin 2003[25]

Il a été critiqué[Par qui ?] concernant la réponse de la BCE à la récession liée à la crise économique des années 2000, mettant l'accent sur la stabilité des prix plutôt que sur la reprise et la croissance[26]. On lui a également reproché d'avoir refusé de répondre à une question sur un possible conflit d'intérêts concernant l'implication de son successeur Mario Draghi à Goldman Sachs, avant qu'il ne prenne la tête de la BCE[27].

Famille[modifier | modifier le code]

Il est marié à une diplomate et il a deux fils, Alexis, directeur marketing chez Orange, et Nicolas, musicien et producteur de musique électronique[28] au sein du duo français Archigram.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Autres distinctions honorifiques étrangères : commandeur ou grand officier ou grand-croix des ordres nationaux du Mérite argentin, autrichien, belge, brésilien, équatorien, ivoirien et yougoslave.

Prix[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sciences Po, FNSP 27 rue Saint Guillaume 75007 Paris, « Sciences Po Stories - L'histoire de Sciences Po : la frise, les récits, les portraits et la carte », sur Sciences Po stories (consulté le 1er janvier 2018)
  2. « JEAN-CLAUDE TRICHET, La légende du grand argentier », sur L'Express du 8 juin 2000 (consulté le 9 avril 2012)
  3. (en) « European Horizons – A Transatlantic Think-Tank », sur www.europeanhorizons.org (consulté le 12 février 2018)
  4. a et b « Jean-Claude Trichet, chevalier du franc fort », sur L'Express du 16/09/1993 (consulté le 9 avril 2012)
  5. « Valéry Giscard d’Estaing and Helmut Schmidt on “The Future of Europe – views from Founding Fathers” », sur ECB (consulté le 9 avril 2012)
  6. a et b « Biographie Jean-Claude Trichet », sur Trader Finance (consulté le 9 avril 2012)
  7. « Trichet in the clear », sur The Economist du 19 juin 2003 (consulté le 9 avril 2012)
  8. « Crédit Lyonnais : la procédure civile contre Trichet se poursuit », sur Challenges (Le nouvel Observateur) du 29 mai 2008 (consulté le 9 avril 2012)
  9. « Crédit Lyonnais : la procédure civile contre Jean-Claude Trichet relancée », sur Les Echos du 30 mai 2008 (consulté le 9 avril 2012)
  10. Déjeuner du Centre des Professions Financières - 12 juin 2012
  11. « Ces postes qui valent de l'or », sur L'Express du 9 avril 2008 (consulté le 9 avril 2012)
  12. « Trichet, l'homme de l'année pour la City », Les Échos, 26 décembre 2007
  13. a et b « Person of the Year: Jean-Claude Trichet », sur FT du 23 décembre 2007 (consulté le 9 avril 2012)
  14. a et b « BCE : Jean-Claude Trichet se retire dans la tourmente économique », sur rfi.fr,
  15. « Délégation française à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe/Communiqué de presse », sur francophonie-avenir.com (consulté le 3 mars 2012)
  16. a et b « 2008 Award Winner Mr Jean-Claude Trichet », sur Vision for Europe (consulté le 9 avril 2012)
  17. IIE Board of Directors
  18. (en) « Steering Committee », sur Bildergbergmeetings.org
  19. « Select Club : Le Siècle, club de rencontres des élites françaises. », sur La République des Lettres. (consulté le 9 avril 2012)
  20. (en) « Trilateral Commission - Leadership» , Commission Trilatérale
  21. Mario Draghi remplace Jean-Claude Trichet, France-Soir, le .
  22. « Jean-Claude Trichet devient administrateur d’EADS », sur lefigaro.fr 26/1/2012 (consulté le 9 avril 2012)
  23. Frédéric Lebaron, « La croyance économique dans le champ politique français », Regards croisés sur l'économie, vol. 1, no 18,‎ (lire en ligne)
  24. (en) « Group of 30 :: Current Member Biography », sur group30.org (consulté le 18 mars 2018)
  25. (en) « Top Euro banker cleared of scandal cover-up », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  26. (en) Paul Krugman, « Opinion | An Impeccable Disaster », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  27. « Liens Draghi-Goldman Sachs : Trichet reste muet (Arte) », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  28. Gerald Braunberger, Monsieur Euro: Jean-Claude Trichet eine Biographie, Frankfurter Allgem. Buch, , 220 p. (ISBN 978-3899811407)
  29. « JEAN-CLAUDE TRICHET », sur Académie des sciences morales et politiques (consulté le 9 avril 2012)
  30. Décret du 8 mars 2012 portant nomination d'un gouverneur honoraire de la Banque de France - M. Trichet (Jean-Claude)
  31. (nl) Hoge onderscheiding voor ECB-topman
  32. « Hoge onderscheiding voor ECB-topman », sur NOS, 22 janvier 2011 (consulté le 9 avril 2012)
  33. a, b, c, d et e « Jean-Claude Trichet », sur OECD (consulté le 9 avril 2012)
  34. « Speech by Jean-Claude Trichet, President of the European Central Bank, at the Wirtschaftstag 2007 as recipient of the “Ludwig Erhard Memorial Coin in Gold”, Berlin, 13 June 2007. », sur BIS.org (consulté le 9 avril 2012)
  35. Le président de la BCE Trichet lauréat du prix Charlemagne", Le Monde, daté du 4 décembre 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]