Dominique Bouhours

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bouhours.
Dominique Bouhours
Description de cette image, également commentée ci-après

Le père Dominique Bouhours

Alias
Le P. Bouhours
Naissance
Paris
Décès
Paris
Activité principale
professeur et précepteur
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement classicisme, purisme
Genres
essais, dialogues

Œuvres principales

  • Entretiens d'Ariste et d'Eugène (1671)
  • Vie de saint Francois Xavier (1682)

Dominique Bouhours, né le à Paris où il est mort le , est un prêtre jésuite français, grammairien, historien, et écrivain religieux. Bel esprit, se voulant continuateur de Vaugelas, il a exercé une influence non négligeable sur des auteurs tels que Boileau, La Bruyère et Racine, qui lui envoyait ses pièces à corriger. D'autres lui ont reproché son esprit puriste ; une anecdote apocryphe veut qu'au moment de sa mort, il ait déclaré : « Je vais ou je vas mourir, l'un et l'autre se dit ou se disent[1]. »

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entre à l'âge de 16 ans chez les jésuites, puis enseigne les humanités au collège de Clermont à Paris et devient précepteur des fils du duc de Longueville et du marquis de Seignelay, fils de Colbert.

Sa vie comme ses ouvrages sont partagés entre l'Église et le monde : d'un côté les œuvres pieuses et les polémiques contre les jansénistes, de l'autre les recueils de vers et les dissertations savantes sur le beau style. Il fut précepteur du fils aîné de Colbert, était lié avec Mademoiselle de Scudéry et fréquentait les salons littéraires de son époque[2].

« Il vivait, écrit Voltaire, dans la meilleure compagnie de Paris ; je ne parle pas de la compagnie de Jésus, mais de celle des gens du monde les plus distingués par leur esprit et par leur savoir. Personne n’eut un style plus pur et plus éloigné de l’affectation : il fut même proposé dans l’Académie française de passer par-dessus les règles de son institution pour recevoir le P. Bouhours dans son corps[3]. »

Plusieurs de ses ouvrages sont consacrés à la défense des Remarques sur la langue française de Vaugelas et à l'éloge du français. Dans la deuxième partie de ses Entretiens d'Ariste et d'Eugène, livre violemment attaqué par Jean Barbier d'Aucour dans ses Sentiments de Cléante sur les Entretiens d'Ariste et d'Eugène mais qui connaîtra un vif succès dans toute l'Europe jusqu'à la Révolution, il écrit par exemple : « De toutes les prononciations, la nôtre est la plus naturelle et la plus unie. Les Chinois et presque tous les peuples de l’Asie chantent ; les Allemands râlent ; les Espagnols déclament ; les Italiens soupirent ; les Anglais sifflent. Il n’y a proprement que les Français qui parlent. » Et encore : « Il n’y a guère de pays dans l’Europe où l’on n’entende le françois et il ne s’en faut rien que je ne vous avoue maintenant que la connaissance des langues étrangères n’est pas beaucoup nécessaire à un François qui voyage. Où ne va-t-on point avec notre langue ? » Aussi, dans sa Manière de bien penser, il revient longuement sur l'universalité de la langue française et la supériorité de l'esprit français, thèmes qui feront un siècle plus tard le bonheur de Rivarol et de ses émules.

Son ouvrage Doutes sur la langue française (1674) a été sévèrement critiqué par le grammairien Ménage. Cela n'a pas empêché sa renommée de s'étendre, bien au contraire. Bouhours se présentait comme « le maître à penser et à écrire de sa génération » et « était lié avec Boileau, La Fontaine et Racine, dont il corrigeait les pièces[4] ». Près de deux siècles plus tard, dans ses Contemplations, Victor Hugo critiquera violemment Bouhours pour avoir contribué à imposer à la langue le carcan du bon usage:

Au panier les Bouhours, les Batteux, les Brossettes!
À la pensée humaine ils ont mis les poucettes.

Les écrits de Bouhours sont toutefois précieux pour l'éclairage qu'ils fournissent sur les idées du temps et la sagacité avec laquelle celui-ci identifie les mots pourvus d'une nouvelle acception ainsi que les mots à la mode[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ces dernières paroles sont également attribuées à Vaugelas.
  2. Georges Matoré, Histoire des dictionnaires français, Paris, Larousse, 1968, p. 74.
  3. Voltaire, article François Xavier dans l'Encyclopédie
  4. Georges Matoré, 1968, p. 74.
  5. Georges Matoré, 1968, p. 75.

Lien externe[modifier | modifier le code]