Blainville-Crevon

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Blainville-Crevon
Blainville-Crevon
La mairie.
Blason de Blainville-Crevon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Rouen
Intercommunalité Communauté de communes inter-Caux-Vexin
Maire
Mandat
Philippe Picard
2019-2020
Code postal 76116
Code commune 76100
Démographie
Gentilé Blainvillais, Blainvillaises
Population
municipale
1 209 hab. (2017 en augmentation de 1,51 % par rapport à 2012)
Densité 82 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 30′ 15″ nord, 1° 18′ 07″ est
Altitude Min. 83 m
Max. 166 m
Superficie 14,8 km2
Élections
Départementales Canton du Mesnil-Esnard
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Blainville-Crevon

Blainville-Crevon est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Blainville-Crevon s'est développé dans la vallée du Crevon. Le Crevon prend sa source à Saint-Germain-des-Essourts et se jette dans l'Andelle à Vascœuil après un trajet d'une vingtaine de kilomètres.
La commune de Blainville-Crevon comporte huit hameaux : Capendu, Cauvicourt, Crevon, Gruchy, Houlmesnil, Maillomets, Saint-Arnoult-sur-Ry et le Château.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le village de Blainville est mentionné pour la première fois sous la forme latinisée Bleduinvilla vers 1050 - 1066[1]. Il s'agit d'un des nombreux composés en -ville, dont l'élément ville, issu du gallo-roman VILLA, avait précisément le sens de « grand domaine rural » (du latin villa rustica, cf. aussi vilain, paysan médiéval). Le premier élément est un nom de personne comme dans la plupart des cas. Cependant, son identification exacte pose quelques problèmes. Il peut s'agir de *Bladwin(us), anthroponyme germanique qui n'est pas attesté cependant, et qui serait composé du thème blad, que l'on retrouve dans Bladinus[2]. Il est possible aussi d'identifier le nom de personne germanique Baldwinus, devenu *Bladwinus[3] par métathèse du [l].

Crevon est une ancienne paroisse réunie à celle de Blainville. Elle est attestée sous les formes Cheivrom vers 1050 et 1066[4], Chevron entre 1068 et 1076, puis au XIIIe siècle sous la forme Kevron, puis Quevron jusqu'au XIVe siècle. Il s'agit de la forme normanno-picarde de chevron au sens de « poutre », par extension « pont »[5]. Le passage de la forme Quevron à Crevon est lié à la métathèse du [r], phénomène fréquent en phonétique, notamment dans certains dialectes. C'est ce pont qui a donné le nom à la rivière[5].

Le hameau de Houlmesnil est cité vers 1050 - 1066 sous la forme Hunolt maisnil[6]. Le second élément maisnil est un appellatif toponymique propre au nord de la France, autrement écrit mesnil ou ménil, orthographes plus modernes, mais plus éloignées de l'étymologie. En effet, le mot est issu du gallo-roman MASIONILE « type de domaine rural », dérivé du latin ma[n]sionem (qui a donné « maison », accusatif de mansio[7]). Le premier élément Hunolt représente sans doute le nom de personne germanique Hunolt, issu d'un plus ancien Hunwald. Ce nom rare existe pourtant comme patronyme en Alsace et en Lorraine sous les formes Hunolt et Hunold[8].

Le hameau de Capendu est attesté vers 1050 - 1066 sous la forme Catpendud[9]. D'après la forme ancienne, il s'agirait bien d'un « chat pendu », plutôt que d'un « champ pentu » comme Capendu (Aude, Campendud en 1071). Il est vraisemblable de considérer que la pomme de Capendu, dite aussi Court-pendu gris, tire son nom de ce hameau. Altéré de Capendu en Court-pendu, le nom s'est étendu à plusieurs variétés de pommes distinctes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il faut remonter à l'époque néolithique pour déterminer l'origine d'une présence humaine dans cette commune.

Devenu la possession de la famille de Mauquenchy, illustrée principalement par le maréchal de Blainville, serviteur de Charles V et compagnon de Bertrand Du Guesclin, le fief de Blainville, devenu une forteresse, passe ensuite à la famille d'Estouteville (voir Robert VII d'Estouteville). Confisqué par les Anglais au début de la guerre de Cent Ans puis repris en 1435, il est alors la possession de Jean d'Estouteville, seigneur de Torcy. Ce dernier restaure le château et fonde la collégiale[10]. Passé par héritage à la famille protestante des Alègre, le château est assiégé et pris par Tavannes, commandant des Ligueurs rouennais lassés des incursions du seigneur de Blainville qui avait réussi à s'introduire dans le château de Rouen. Au moment de la reconquête de la Normandie, Henri IV aurait tenu un conseil de guerre au château de Blainville, la veille de la chute de Rouen. Transmise par mariage à la famille de Colbert qui la fait ériger en marquisat, la terre de Blainville passe ensuite aux Montmorency-Luxembourg et revient à la famille Colbert-Seignelay dont le dernier propriétaire fait raser la forteresse médiévale pour la remplacer par un château dans le style du XVIIIe siècle. Vendu comme bien d'émigré, le château de Blainville est entièrement rasé pendant la Révolution.

L'ancienne église Saint-Germain, en mauvais état est fermée[11] au culte et remplacée en 1783[12] par décision de Dominique de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen, par l'ancienne collégiale Saint-Michel.

En 1826, les deux communes voisines de Crevon d'abord et de Saint-Arnoult-sur-Ry ensuite sont rattachées à Blainville qui devient Blainville-Crevon[13].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

La commune se trouve depuis 1926 dans l'arrondissement de Rouen du département de la Seine-Maritime. Pour l'élection des députés, elle fait partie depuis 2012 de la deuxième circonscription de la Seine-Maritime.

Elle faisait partie depuis 1801 du canton de Buchy[14]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la commune est désormais intégrée au Canton du Mesnil-Esnard.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune était membre de la communauté de communes du Moulin d'Écalles (CCME) créée fin 1994.

Compte tenu des prescriptions de la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (Loi NOTRe) du , qui prescrit la constitution d'intercommunalités d'au moins 15 000 habitants, la CCME a fusionné avec ses voisines pour former la Communauté de communes Inter-Caux-Vexin, dont la commune est désormais membre.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[15]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1874   Pierre-Alexandre Levesque    
    Marie Joseph François Guenet    
  1895 M. Ribard    
1895   Eugène Duchamp   Notaire
1921   Duhamel    
195?   Joseph Banse    
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1977 mars 2001 Xavier Le Bertre   Notaire
mars 2001 2 octobre 2019[16] Jean-Bernard Dupressoir   Décédé en fonction
mai 2020[17],[18] En cours
(au 10 août 2020)
Philippe Picard[Note 1]   Agriculteur

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Robert Antoine Pinchon, 1905, La vallée de Blainville-Crevon, huile sur carton, 65 × 81 cm.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[20].

En 2017, la commune comptait 1 209 habitants[Note 2], en augmentation de 1,51 % par rapport à 2012 (Seine-Maritime : +0,04 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
718620590628849791799772757
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
757773813745770620668617617
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
607600593556603627608615591
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
5325085757971 0961 1131 1251 1271 129
2013 2017 - - - - - - -
1 2081 209-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[21].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Collégiale Saint-Michel.
Motte castrale de Blainville-Crevon.
L'ancien château fort fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis 1977[23].
  • Musée La Sirène, centre d'étude et de documentation Anatole Jakovsky-Frère. Regroupe la collection léguée par Anatole Jakovsky.
  • Monument aux morts (1921)

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean IV de Mauquenchy († 1391), sire de Blainville, maréchal de France.
  • Charles-Antoine Bérat (1790-1869), bienfaiteur des écoles et châtelain de Blainville, frère de Frédéric Bérat.
  • Louis Feuillet (1862-1912), président fondateur de la Fédération des sociétés sténographiques normandes et picardes.
  • B. C. Délorier († le 9 juillet 1852), ancien officier de l'Empire, auteur de romans, poésies et chansons patriotiques.
  • Delphine Delamare, née Couturier, héroïne du roman de Gustave Flaubert Emma Bovary, se marie en 1839 à Blainville où elle est née.
  • Eugène Tirvert (1881-1948), artiste peintre, y a habité.

Natifs de Blainville-Crevon[modifier | modifier le code]

Maison natale de Marcel Duchamp.

Liste des curés[modifier | modifier le code]

  • 1700-1726 : Robert Dehors
  • 1726-1728 : François Le Rommier, vicaire
  • 1728-1757 : Michel-Charles de Lurienne
  • 1757-1770 : Le Bourgeois
  • 1772-1828 : Louis-Barthélémy Dumont
  • 1828- : François-Alphonse Leconte

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Blainville-Crevon

Les armes de la commune de Blainville-Crevon se blasonnent ainsi :

D'azur à la croix d’argent cantonnée de vingt croisettes recroisetées du même, ordonnées en sautoir dans chaque canton.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Prudent Bunel et Albert Tougard, Géographie du département de la Seine-Inférieure, Arrondissement de Rouen, Éditions Bertout, Luneray, 1994, réimpression de l'édition de 1879. 493 p.
  • Michel Toussaint Chrétien Duplessis, Description géographique et historique de la Haute Normandie, volume 2, Paris, 1760.
  • F. Bouquet, Recherches historiques sur les sires et le château de Blainville dans « Revue de la Normandie, Volume 1 », Rouen: imprimerie E. Cagniard, 1862. p. 440-461, 531-548, 669-690, 749-761.
  • Jennifer Gough-Cooper et Jacques Caumont, Plan pour écrire une vie de Marcel Duchamp, Centre national d'art et de culture Georges Pompidou, Musée national d'art moderne, 1977, 97 p.
  • Bernard Legrand, La statue de Saint-Michel dans la collégiale de Blainville-Crevon, Commission des antiquités de la Seine-Maritime, 1976, 27 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Picard a exercé la fonction de maire par intérim du village, à la suite du décès de Jean-Bernard Dupressoir jusqu'aux élections municipales de 2020, en sa qualité de premier maire-adjoint du maire décédé.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaurepaire (préface de Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, A. et J. Picard, Paris, 1979 (ISBN 2-7084-0040-1) (OCLC 6403150), p. 45.
  2. François de Beaurepaire, op. cit.
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) [1]
  4. Jean Adigard des Gautries, Les noms de lieux de la Seine-Maritime attestés entre 911 et 1066 (suite) [article] page 240.
  5. a et b François de Beaurepaire, op. cit.', p. 63.
  6. Jean Adigard des Gautries, « Les noms de lieux de la Seine-Maritime attestés entre 911 et 1066 » in Annales de Normandie, 1957, Volume 7, p. 156 (lire en ligne) [2]
  7. Site du CNRTL : étymologie de "maison"
  8. Site de Géopatronyme : Hunolt et Hunold [3] [4]
  9. Jean Adigard des Gautries, op. cit., p. 234 (lire en ligne)[5]
  10. Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, page 377.
  11. Fermée en 1794, elle est détruite en 1806, Notice no IA00019972, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  12. a et b Notice no IA00019978, base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. Recueil des actes de la préfecture du Département de la Seine-Inférieure, Tome I, 1826 p. 7
  14. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. « Les maires de Blainville-Crevon », sur http://www.francegenweb.org (consulté le 2 janvier 2020).
  16. « Le maire de Blainville-Crevon Jean-Bernard Dupressoir est décédé : Jean-Bernard Dupressoir, le maire de Blainville-Crevon, est décédé le mercredi 2 octobre 2019 à l’âge de 75 ans. L’homme était élu depuis 1977 et terminait son troisième mandat de maire », Paris-Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le 2 janvier 2020).
  17. « Municipales 2020. À Blainville-Crevon, Philippe Picard candidat pour continuer : Maire depuis le décès de son prédécesseur, à l’automne dernier, Philippe Picard se présente au scrutin du 15 mars », Paris-Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020) « Maire depuis trois mandats, Jean-Bernard Dupressoir est subitement décédé, le 2 octobre dernier, à l’âge de 75 ans. Depuis, Philippe Picard, premier adjoint, occupe le poste de maire. Très ancré dans la commune, celui-ci a donc décidé de se présenter aux suffrages de la population, en mars prochain. Né à Blainville-Crevon il y a 63 ans, cet agriculteur, père de trois enfants, a été élu conseiller municipal en 2001. En 2014, il devient premier adjoint. ».
  18. « Municipales 2020. Philippe Picard a été élu maire de Blainville-Crevon : Philippe Picard et son équipe municipale sont désormais en ordre de marche », Paris-Normandie,‎ (lire en ligne, consulté le 19 août 2020).
  19. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  20. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  21. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  22. Notice no IA00019977, base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. Notice no PA00100559, base Mérimée, ministère français de la Culture
  24. Notice no PA00100561, base Mérimée, ministère français de la Culture
  25. Notice no PA00100560, base Mérimée, ministère français de la Culture
  26. P. Delesques, La Normandie Monumentale et Pittoresque, Seine-inférieure, Le Havre, Lemale et Cie, imprimeurs, éditeurs, (lire en ligne), p. 196-200