Jacques Lanctôt

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Jacques Lanctôt
Jacques Lanctôt 2010.jpg

Jacques Lanctôt en 2010 lors du Salon du livre de Montréal

Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Jacques Lanctôt (né le à Montréal) est un éditeur québécois. Membre du Front de libération du Québec en 1969 et 1970, il a été condamné à trois ans de prison en pour sa participation à l'enlèvement d'un diplomate dans le cadre de la crise d'Octobre de 1970. Il a fondé et dirigé la maison d'édition Lanctôt Éditeur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans le quartier Rosemont de Gérard Lanctôt et Blanche Lalonde, il est le troisième d'une famille de 10 enfants. Son père, Gérard Lanctôt, est un petit commerçant propriétaire d'une quincaillerie et le chef du Parti de l'Unité nationale, un mouvement d'inspiration fasciste hostile au nationalisme québécois et favorable à un nationalisme canadien centralisateur et loyaliste. Jacques Lanctôt est le frère de François et de Louise Lanctôt, membres également du FLQ en 1969-1970.

Dès 1963, Jacques Lanctôt fait partie du FLQ. En 1963, à dix-sept ans, il est arrêté pour une attaque au cocktail Molotov contre une caserne militaire et emprisonné à la prison de Bordeaux[1]. De 1963 à 1969, il fréquente les milieux de gauche, au RIN, au comité Vallières-Gagnon et au Front de libération populaire (FLP). Après ses études collégiales classiques, il enseigne pendant trois ans le français dans une école secondaire publique de Saint-Hyacinthe. Il se marie jeune, pour échapper à son univers familial étouffant[1]. Le 2 juillet 1966, il épouse Suzanne Lapierre.

Jacques Lanctôt fait la rencontre de Paul Rose dans un fourgon de la police, après qu'ils eurent été arrêtés lors de la violente manifestation de la Saint-Jean en juin 1968. Ensemble, ils entreprennent de reconstruire le FLQ après l'arrestation de la cellule de Pierre-Paul Geoffroy.

À la fin des années 1960, il est chauffeur de taxi à Montréal pendant un an pour pouvoir terminer ses études[2]. Il est l'un des meneurs du Mouvement de libération du Taxi (MLT), qui mène une dure lutte visant à faire abolir le monopole de la compagnie Murray Hill Limousine, à l'aéroport de Montréal. Il participe d'ailleurs à plusieurs manifestations contre cette compagnie, notamment le , lors de la grève de la police. De plus, il est responsable du journal du MLT, le Journal du taxi.

En février 1970, il entre dans la clandestinité et va habiter sur une ferme du FLQ à Sainte-Anne-de-la-Rochelle[3] jusqu'en juin 1970. À la suite de la division du réseau Lanctôt-Rose, Jacques Lanctôt forme la cellule Libération du FLQ en avec Louise Lanctôt, Jacques Cossette-Trudel, Marc Carbonneau, Yves Langlois, Nigel Hamer et quelques autres militants. Le , ils enlèvent l'attaché commercial britannique James Richard Cross, dans ce qui est considéré comme l'élément déclencheur de la Crise d'octobre au Québec. Jacques Lanctôt est l'un des principaux rédacteurs du manifeste du FLQ, lu à la télévision de Radio-Canada quelques jours après l'enlèvement. Le 3 décembre 1970, ils relâchent Cross en échange d'un sauf-conduit vers Cuba, où un avion-cargo des forces armées canadiennes transporte cinq des membres de la cellule, ainsi que l'épouse de Lanctôt et leur fils d'un an[4].

Après un exil de huit ans, d'abord à Cuba de 1970 à 1974 puis en France de 1974 à 1979, en compagnie de ses camarades de la cellule Libération, Jacques Lanctôt revient au Québec en janvier 1979 et plaide coupable à une série d'accusations liées à l'enlèvement de James Cross, pour lesquelles il est condamné à trois ans de prison. Il est libéré en 1981 après avoir purgé cette peine.

Il rejoint la maison d'édition de Victor-Lévy Beaulieu puis devient lui-même éditeur quelques années plus tard, fondant en 1995[5] sa maison d'édition Lanctôt Éditeur et publiant, notamment, les premiers romans de Dany Laferrière et le théâtre de Marie Laberge. En 2005, il vend sa maison d'édition à Michel Brûlé, éditeur des Éditions des Intouchables[6]. En 2006, il ouvre «Les Utopistes», un café-librairie sur l'avenue du Mont-Royal, à Montréal, mais cet établissement ferme ses portes six mois plus tard pour des raisons économiques[6]. En 2007, il est pigiste pour les éditions Fides[6]

Jacques Lanctôt est actuellement chroniqueur pour Canoe.ca[7]. Il est père de neuf enfants, dont la comédienne Agathe Lanctôt.

Le fonds d'archives de Jacques Lanctôt est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[8].

Documentaire[modifier | modifier le code]

En 2004, Jacques Lanctôt est apparu dans le documentaire L'otage de Carl Leblanc. Le cinéaste y mettait en opposition des extraits d'entrevue avec Jacques Lanctôt et James Richard Cross.

En 2007, Jacques Lanctôt apparait dans le documentaire Animal tropical à Montréal de Frank Rodríguez et Pedro Ruiz, où il raconte des anecdotes de l'auteur Pedro Juan Gutiérrez.

En 2009, Jacques Lanctôt apparait dans le documentaire La dérive douce d'un enfant de Petit-Goâve de Pedro Ruiz, où il raconte des anecdotes de ses années comme éditeur des premiers romans de Dany Laferrière[9].

Livres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jacques Lanctôt, Les Plages de l'exil, Stanké, Montréal, 2010, 318 pages (ISBN 9782760410800), pages 51-52
  2. Lanctôt, Les Plages de l'exil, op. cit., page 23
  3. Lanctôt, Les Plages de l'exil, op. cit., pages 97-98
  4. Lanctôt, Les Plages de l'exil, op. cit., page 18
  5. Caroline Montpetit, « Michel Brûlé est sur le point d'acheter Lanctôt éditeur », Le Devoir, 7 juin 2005 (consulté le 16 octobre 2010)
  6. a, b et c « Jacques Lanctôt doit fermer son café-librairie », Le Devoir, 17 avril 2007 (consulté le 14 octobre 2007)
  7. http://www.canoe.com/chroniques/jacqueslanctot.html
  8. Fonds Jacques Lanctôt (P816) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  9. http://www.laderivedouce.com