Octobre (film, 1994)

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Octobre
Titre original Octobre
Réalisation Pierre Falardeau
Scénario Pierre Falardeau
Acteurs principaux
Sociétés de production Association coopérative des productions audio-visuelles
Pays d’origine Drapeau : Québec Québec
Genre Drame historique
Durée 97 minutes
Sortie 1994

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Octobre est un film québécois réalisé par Pierre Falardeau, sorti le . Pierre Falardeau a scénarisé ce film à partir du livre Pour en finir avec Octobre de Francis Simard, ancien felquiste.

Synopsis[modifier | modifier le code]

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Deux cents ans après la conquête de 1760 par l'armée anglaise, des Québécois prennent les armes pour l'indépendance de leur pays. Le Front de libération du Québec (FLQ), renouant avec la lutte des Patriotes de 1837, passe à l'action armée : attaques de casernes, vols d'armes, vols d'explosifs, vol à main armée de financement, dynamitages, etc. Année après année, vagues après vagues, les réseaux du FLQ sont démantelés par la police, pour renaître aussitôt. Pour répondre à la répression et faire libérer leurs camarades emprisonnés, des militants du FLQ déclenchent L'opération libération.

En plein cœur de la crise d'Octobre de 1970, les quatre felquistes de la cellule Chénier enlèvent le ministre du Travail et de l'Immigration Pierre Laporte, afin de forcer le gouvernement à négocier la libération des prisonniers politiques du FLQ. Pendant une semaine, heure après heure, jour après jour, les quatre hommes de la maison de la rue Armstrong écrivent l'histoire et changeront à jamais le visage politique du Québec et la portée du mouvement souverainiste québécois, autant sur la scène nationale qu'internationale. On vit avec les cinq hommes qui, acculés au mur par le pouvoir, piégés par l'implacable logique des événements, emportés par le poids des choses, l'un après l'autre, affrontent leur destin. À l'issue d'une semaine de séquestration, le destin se jouera pour le ministre et les felquistes. Une fin tant tragique qu'héroïque. Une mort nécessaire et injustifiable... En effet, la police retrouve le corps du ministre dans le coffre arrière d'une automobile. Que s'est-il passé ?

Comparaison entre Les Ordres de Michel Brault et Octobre de Pierre Falardeau[modifier | modifier le code]

Dans la catégorie film marquant portant sur la Crise d’Octobre, Les ordres de Michel Brault et Octobre de Pierre Falardeau ont une place de choix. Le premier, réalisé 4 ans après les évènements, se consacre davantage sur les répercussions de la Loi sur les mesures de guerre, et plus précisément sur les arrestations arbitraires qui en découlent. Le second, réalisé 24 ans après les évènements, porte quant à lui sur l’enlèvement du ministre Pierre Laporte par la cellule Chénier. Il s’agit donc de films portants sur la même trame de fond, mais dont l’angle de réalisation est complètement différent. Le choix de Michel Brault de consacrer son film sur la Loi sur les mesures de guerre n’est pas un hasard. Au moment de la réalisation du film, la frustration de la population découlant des évènements d’octobre 1970 est encore palpable, et ce, en raison de l’atteinte flagrante aux libertés individuelles des citoyens. Brault choisit de s’en prendre à cette loi et à la réaction du gouvernement de Pierre Elliot Trudeau de faire fi des droits et libertés des citoyens, au nom de la sécurité publique. Le message véhiculé par Michel Brault est clair, et il n’a pas pour but de s’attaquer aux actions du Front de libération du Québec, mais plutôt aux répercussions de la réaction gouvernementale sur les citoyens. D’ailleurs, il explique lui-même qu’il « n’a pas voulu faire un film sur la Crise d’octobre, mais plutôt sur l’humiliation[1]. » Dans Octobre de Pierre Falardeau, c’est plutôt l’enlèvement de Pierre Laporte et l’évolution psychologiques des quatre ravisseurs qui est le sujet central. Cependant, Falardeau refuse de sombrer dans les accusations et de faire le procès des ravisseurs. Il choisit plutôt de tourner le film du point de vue de ceux-ci en analysant l’évolution des évènements d’octobre 1970 de l’intérieur de la cellule, tel que vécu par les quatre ravisseurs, une première en la matière. Au niveau communicationnel, la population prend connaissance pour la première fois d’un point de vue jusqu’ici jamais exposé. L’étroite collaboration de Pierre Falardeau avec l’ancien felquiste Francis Simard avait pour but de crédibiliser la démarche du réalisateur, soit celle de retracer l’évolution psychologique des personnages, aspect central de son film[2].

Le message véhiculé par le réalisateur[modifier | modifier le code]

Falardeau, sans juger du bienfondé des revendications des ravisseurs, met l’accent sur le message du FLQ et sur le véhicule choisit par ses membres pour faire entendre leurs revendications. D’ailleurs, le réalisateur ne nomme jamais les membres de la cellule Chénier par leurs noms. Cette spécificité de l’œuvre de Falardeau témoigne de son désir de mettre de côté la notion historique des évènements, et de se concentrer sur l’aspect communicationnel, pour permettre aux téléspectateurs de vivre la crise avec les ravisseurs, et de faire partie intégrante des aléas psychologiques des personnages. Il s’agit d’une première en la matière ; un film portant sur les motivations ayant poussé les membres du Front de Libération du Québec à enlever le « ministre du chômage et de l’assimilation »[3]. Pierre Falardeau, reconnu pour sa position assumée sur l’indépendance du Québec, s’assure néanmoins de ne pas faire l’apologie des ravisseurs, se contentant plutôt de permettre au public d’avoir une meilleure compréhension de ce qui animait les membres de la cellule Chénier. Encore une fois, ce choix du réalisateur s’explique par sa volonté de concentrer le message sur les motivations du groupe et non sur le dénouement de l’histoire, déjà connu de la population.


Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Débat politique engendré par le film[modifier | modifier le code]

Octobre ne fait pas exception à la règle. Avant sa sortie officielle en 1994, le film se retrouve entre les mains du sénateur libéral Philippe Gigantès. Ce dernier, proche des politiciens en place lors de la Crise d’Octobre, obtient copie du scénario de Falardeau de façon illégitime[4].Le projet de scénario avait été soumis auprès de Téléfilm Canada, organe indépendant financé par le gouvernement fédéral. Or, Gigantès a obtenu de Téléfilm Canada la copie de ce scénario et demandait maintenant au gouvernement de ne pas financer un tel projet. Gigantès jugeait le film comme étant trop critique envers le gouvernement de Pierre Elliot Trudeau[5].Pour la première fois, Pierre Falardeau est confronté à la censure, qu’il dénonce aussitôt[5]. Après avoir essuyé plusieurs refus de financement par les institutions publiques et malgré la pression exercée par le sénateur Gigantès, Falardeau réalise tout de même son film avec un budget plus modeste que prévu[6].


Collaboration entre Pierre Falardeau et Francis Simard[modifier | modifier le code]

  • Lors de son séjour en prison, Francis Simard, ancien felquiste et membre de la cellule Chénier, fait la rencontre de Pierre Falardeau, avec qui il partage sur la Crise d’Octobre. Falardeau en profite pour écrire le scénario d’Octobre, et du film Le Party, pour lesquelles Francis Simard contribue en racontant son expérience[7]. La complicité entre les deux hommes est telle que Simard participe aux tournages de ces films en conseillant Falardeau[8]. Les films de ce dernier gagnent en crédibilité et en réalisme, s’appuyant sur les faits vécus par Francis Simard ...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Présentation du film Les Ordres < aqcc.ca », sur aqcc.ca (consulté le 20 décembre 2017)
  2. « Pierre Falardeau tourne Octobre », sur Érudit, février-mars 1994 (consulté le 20 décembre 2017)
  3. « Un éclat de rire de Gilles Groulx », sur Érudit, (consulté le 20 décembre 2017)
  4. « Le cinéma militant de Pierre Falardeau, un cas de dénonciation et un exemple de désir et de liberté », sur Université de Sherbrooke, (consulté le 20 décembre 2017)
  5. a et b « Histoire d'une patate chaude », sur Érudit, (consulté le 20 décembre 2017)
  6. Charles-Henri Ramon, « Octobre- Pierre Falardeau », Film du Québec,‎ (lire en ligne)
  7. « Entretien avec Pierre Falardeau et Francis Simard ; C'est riche le réel, t'as juste à fouiller. », sur Érudit, (consulté le 20 décembre 2017)
  8. « Entretien avec Pierre Falardeau et Francis Simard; C'est riche le réel, t'as juste à fouiller », sur Érudit, (consulté le 20 décembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]