Robert Lemieux

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Robert Lemieux
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Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Robert Lemieux (né le , mort le à Sept-Îles)[1] était un avocat québécois actif dans la défense des libertés civiles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Robert Félix Lemieux[2] épousa une anglophone d'une famille du Nouveau-Brunswick. Il fit ses études de droit à l'université McGill de Montréal. Reçu au Barreau en 1966, il travailla d'abord dans l'étude d'avocats anglophone O'Brien, Home et associés, ainsi qu'au Bureau d'assistance judiciaire du Barreau de Montréal, où il se trouva affecté notamment à la défense de Robert Lévesque[3],[4], ainsi qu'à celles de Pierre Vallières et de Charles Gagnon, accusés en raison de leurs écrits et dont il obtiendra l'acquittement. Au moment où il s'occupait de ces dossiers, en , il fut abruptement congédié de l'étude pour laquelle il travaillait[3].

Il ouvrit alors son propre bureau d'avocat où il exerça en pratique générale (droit commercial, responsabilité, relations domestiques, etc.) ainsi que comme avocat de la défense, tant au pénal qu'au civil, une clientèle de milieux populaires, comprenant un bon nombre de contestataires et de manifestants[5]. Parmi ses sources d'inspiration dans sa profession, il cite Oliver Wendell Holmes, Clarence Darrow et Frank Scott[5]. Il fut avocat du syndicaliste Michel Chartrand lorsque celui-ci fut libéré de l'accusation de paroles séditieuses en 1969. Il se fit le promoteur de réformes judiciaires, comme la modification de la Loi sur les jurés pour permettre aux femmes d'occuper cette fonction[5].

Crise d'octobre[modifier | modifier le code]

Lors des événements d'octobre 1970, il se prononça en faveur de négociations entre le gouvernement et le FLQ. Le matin du , il fut arrêté et emprisonné sous motif de déclarations non précisées qui auraient entravé le travail des policiers et tous ses dossiers d'avocat furent saisis par la police. Le premier ministre du Québec Robert Bourassa le fit relâcher deux jours plus tard et le désigna comme négociateur de la cellule Chénier du Front de libération du Québec (FLQ). N'ayant aucun moyen de communiquer avec celle-ci, il dut le faire par l'intermédiaire des médias, le FLQ répondant par voie de communiqués.

Lorsque le régime des mesures de guerre fut décrété par le gouvernement Trudeau dans la nuit du , il fut l'une des premières personnes parmi les centaines arrêtées et emprisonnées secrètement sans mandat, sans motif d'arrestation et sans communication. Ses dossiers furent de nouveau saisis. Le , le ministre de la Justice du Québec Jérôme Choquette déposait contre cinq personnes, dont Me Lemieux, des accusations d'avoir été partie à une conspiration séditieuse[5]. Ce fut « le procès des cinq », en [6]. Les accusations furent éventuellement retirées. Au cours des années suivantes, il agit notamment comme avocat de la défense lors des procès de membres de la cellule Chénier, dont Jacques Rose, qui fut acquitté des accusations relatives à l'affaire Pierre Laporte.

Avocat sur la Côte-Nord[modifier | modifier le code]

En 1974, il s'installa dans la région de la Côte-Nord où il exerça un temps le métier de pompiste, alors qu'il avait des ennuis avec le Barreau[2], avant de revenir à la pratique du droit. Il exerça notamment en droit du travail et en droit de la famille. Il eut deux enfants[1]. Il est décédé à son domicile durant son sommeil, à l'âge de 66 ans[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décès de Robert Lemieux, Radio-Canada, lundi 21 janvier 2008.
  2. a, b et c Brian Myles, Robert Lemieux (1941-2008), Le Devoir, mardi 22 janvier 2008. (Page consultée le 2 juin 2008.)
  3. a et b Ron Haggart et Aubrey E. Golden, Octobre 70 un an après, Hurtubise HMH, 1971, 287 pages (traduction de Rumours of war, New Press, 1971), pages 177 à 194.
  4. Après avoir été emprisonné pendant deux ans sans procès, Robert Lévesque fut acquitté de l'accusation d'avoir conspiré pour commettre un vol armé. (Robert Lemieux, lettre au bâtonnier du Québec, 8 novembre 1970.)
  5. a, b, c et d Robert Lemieux, lettre au bâtonnier du Québec, 8 novembre 1970, reproduite dans Haggart et Golden, op. cit., pages 269 à 278.
  6. Des extraits des notes sténographiques du procès devant la Cour supérieure du Québec ont été publiés dans : Le procès des cinq, 1er février au 12 février 1971, Éditions Libération, 1971, 140 pages