Paul Rose

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Paul Rose
1971-01-07- Paul Rose Presse Canadienne.tif
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MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
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Condamné pour

Paul Rose, né à Montréal le et mort dans la même ville le (à 69 ans), est un militant indépendantiste, politologue et syndicaliste québécois. Membre de la cellule de financement Chénier du Front de libération du Québec (FLQ), il a été condamné en au même titre que les trois autres membres de la cellule Chénier pour le meurtre en responsabilité collective du ministre Pierre Laporte en . Condamné pour sa part à la prison à perpétuité, il obtient sa libération conditionnelle en 1982. Il est le frère d'un autre membre du FLQ, Jacques Rose[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1943 dans le quartier Saint-Henri à Montréal, il déménage à l'âge de huit ans dans la municipalité de Jacques Cartier, un quasi-bidonville aujourd’hui annexé à Longueuil. Dès 1966, il enseigne les mathématiques et le français. Il occupe par la suite un poste d'éducateur spécialisé auprès d'enfants handicapés. En 1968, il obtient son baccalauréat en sciences politiques[2].

Dans les années 1960, il participe à plusieurs manifestations (Lundi de la matraque, échauffourées de Saint-Léonard, etc.). Il publie en 1968 Le lundi de la matraque, un recueil qui contient les témoignages des victimes de brutalité policière lors du défilé de la Saint-Jean-Baptiste[3]. Il rencontre Francis Simard, futur membre de la cellule Chénier, alors qu'il milite au sein du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN). Il participe a la campagne contre le projet de loi 63, milite pour la francisation de l'Université McGill et participe aux manifestations du Mouvement de libération du taxi[4].

En 1969, il fait partie d'un groupe de militants indépendantistes et révolutionnaires qui ouvre à Percé La Maison du pêcheur, une auberge populaire qui offre gîte et nourriture gratuite aux jeunes sans argent[5]. Les affrontements avec des commerçants et les autorités municipales dureront tout l'été. Un film sur cette histoire a été tourné à Percé en 2012. Le film La Maison du pêcheur a été réalisé par Alain Chartrand et produit par le Groupe PVP, de Matane. Vincent-Guillaume Otis y joue le rôle de Paul Rose.

Crise d'Octobre[modifier | modifier le code]

En 1970, Paul Rose forme, avec son frère Jacques Rose, Francis Simard et Bernard Lortie, la cellule Chénier du FLQ. Le , soit quelques jours après l'enlèvement de James Richard Cross, la cellule Chénier enlève le ministre Pierre Laporte, ministre de l'Immigration, du Travail et de la Main-d'œuvre du gouvernement du Québec dirigé par Robert Bourassa, pour forcer les gouvernements québécois et canadien à accepter les exigences de la cellule Libération. Laporte est retrouvé mort une semaine plus tard et les ravisseurs revendiquent la responsabilité de sa mort[1].

Paul Rose, son frère et Francis Simard, sont arrêtés le . Le , il est condamné à une peine d'emprisonnement à perpétuité pour le meurtre de Pierre Laporte[1]. En 1978, une commission d'enquête mise sur pied par le gouvernement de René Lévesque et présidée par le juge Jean-François Duchaîne établit que Paul Rose n'était pas présent à la Maison de la rue Armstrong, à Saint-Hubert, où était détenu le ministre Laporte, lors de la mort de celui-ci[6]. Paul Rose n'a jamais voulu confirmer, ni infirmer ce fait. Il se voit accorder la liberté conditionnelle le .

À sa sortie de prison, il complète une maîtrise et plus tard un doctorat[7] en développement régional à l'Université du Québec à Rimouski où il sera ensuite chargé de cours durant quelques années. Au cours des années 1990, Paul Rose collabore au mensuel de gauche L'aut'journal. En 1996, il prend la tête du Parti de la démocratie socialiste et en assume la direction jusqu'en 2002. Il sera ensuite conseiller syndical et négociateur à l'emploi de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) jusqu'à sa mort, survenue le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Le felquiste Paul Rose est mort », sur ici radio-canada, (consulté le 19 mars 2020)
  2. Jean-François Nadeau, « En désespoir de Rose », Le Devoir,‎ (ISSN 0319-0722, lire en ligne, consulté le 28 mai 2017)
  3. Paul Rose, Le lundi de la matraque, 24 juin 1968., Montréal, Parti pris, , 155 p.
  4. « La Crise d'octobre », sur www.histori.ca (consulté le 28 mai 2017)
  5. « 1969 : Que se cache-t-il derrière la Maison du pêcheur de Percé? », Le Devoir,‎ (lire en ligne, consulté le 19 mars 2020)
  6. Jean-Paul Brodeur, « La Crise d’octobre et les commissions d’enquête (1980) », Criminologie, vol. 44, no 1,‎ (ISSN 0316-0041 et 1492-1367, DOI 10.7202/1001602ar, lire en ligne, consulté le 28 mai 2017)
  7. « Une collaboration et une amitié de 25 ans (Paul Rose 1943-2013) | L'aut’journal », sur lautjournal.info (consulté le 16 septembre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]