Inna Shevchenko

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Inna Shevchenko
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Inna Shevchenko en 2012.

Nom de naissance Інна Шевченко
Naissance (26 ans)
Kherson, Drapeau de la République socialiste soviétique d'Ukraine RSS d'Ukraine
Pays de résidence Drapeau de la France France
Diplôme
Profession
Leader du groupe Femen
Activité principale

Inna Shevchenko (en ukrainien : Інна Шевченко, en français: Inna Chevtchenko[1]), née le à Kherson, est une militante féministe ukrainienne. Elle est une figure majeure du mouvement Femen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Inna Shevchenko (gauche) et une autre membre des Femen manifestant contre l'organisation de l'Euro 2012 en Ukraine.

Inna Shevchenko est née le à Kherson en Ukraine[2]. De 2008 à 2012, elle étudie le journalisme à l'université nationale Taras-Chevtchenko de Kiev, dont elle est diplômée avec les honneurs[2], quand elle s'engage dans le mouvement Femen.

En décembre 2011, elle participe avec deux autres activistes du mouvement à une manifestation à Minsk en Biélorussie devant le siège du KGB pour demander la libération de prisonniers politiques et contre la dictature du Président Loukachenko. Elles sont alors enlevées et torturées, avant d'être finalement relâchées en pleine forêt[3].

Arrivée en France en avec un visa touristique, elle obtient l'asile le auprès de l'OFPRA [4] alors qu'elle faisait l'objet d'une enquête criminelle par la police de son pays[5] après avoir tronçonné une croix orthodoxe lors d’une manifestation pour protester contre la condamnation des Pussy Riot pour un concert contre Vladimir Poutine dans une cathédrale orthodoxe de Moscou[6].

Depuis la France, elle organise le développement du mouvement Femen à l'international, et mène la première campagne du mouvement dans le pays, en faveur du Mariage pour tous. Le 18 novembre 2012, plusieurs activistes sont violemment agressées[réf. insuffisante] lors de la manifestation de l'Institut Civitas qui s'oppose au mariage homosexuel[7].

Le , à la suite de la renonciation du pape Benoît XVI, huit activistes de Femen France investissent seins nus et couvertes de slogans hostiles au pape, la cathédrale Notre-Dame de Paris afin de faire sonner les cloches (alors exposées à l'occasion de leur restauration), avant d'être violemment évacuées par le service d'ordre, sept d'entre elles étant également interpellées par la police.

Cette action est condamnée par une partie de la classe politique. Eva Joly dénonce une action déplacée et « un manque de respect pour les croyants » ; le ministre de l'Intérieur Manuel Valls témoigne « de son soutien aux catholiques de France qui ont pu être offensés par ce geste grossier » et parle de « consternation » face à « une provocation inutile », dernier argument repris par la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem ; des critiques sont aussi exprimées par le maire Bertrand Delanoë, et les sénateurs de Paris Pierre Charon (UMP) et Yves Pozzo di Borgo (UDI)[8]. Mgr Patrick Jacquin, recteur-archiprêtre de Notre-Dame, annonce avoir porté plainte pour « profanation d'un espace cultuel[9] » et pour « coups et blessures »[10]. L'AGRIF déclare porter plainte et demande la dissolution des Femen[11]. Malgré les condamnations venant de plusieurs personnalités politiques, de nombreux plaignants et pétitionnaires s'étonnent que les activistes de Femen aient été « peu inquiétées après leur interpellation » par la police française ». En mars, Inna et Sacha Shevchenko affirment avoir « emporté un petit bout » de l'or en feuille appliqué sur l'une des cloches pour payer la réparation de « dents cassées »[12], alors que, dans de précédentes déclarations, Inna Shevchenko avait nié avoir abîmé la cloche[13],[14]. Sur cette affaire, le 13 septembre 2013, le tribunal de Paris demande le renvoi pour complément d'information à une date ultérieure, en attente des conclusions de l'enquête[15]. Elles sont défendues par Patrick Klugman, ancien avocat conseil de SOS Racisme et de Caroline Fourest, laquelle n'a pas cautionné l'action entreprise à la cathédrale, « à cause de son amitié pour le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et Manuel Valls », selon une ancienne Femen. Le , à l'issue du premier procès français contre Femen, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé les neuf militantes Femen accusées dans cette affaire, mais le parquet de Paris a fait appel, alors que trois surveillants de la Notre-Dame ont été condamnés à des amendes avec sursis pour la violence avec laquelle ils ont expulsés trois des militantes lors de leur action[16].

Femen à la sortie du tribunal de Paris, le 13 septembre 2013. À gauche, Inna Shevchenko.

« Je considère que la religion est un mal. Je vois bien les conséquences néfastes qu'elle a sur le sort des femmes. »

— Inna Shevchenko[17]

Le , jour de la fête nationale en France, est dévoilé le timbre Marianne de la Jeunesse, dont Inna est une des sources d'inspiration[18] supposée[19]. Selon Olivier Ciappa, c'est son visage qui a « surtout[18] » inspiré le duo de dessinateurs du timbre lors de sa conception[20],[18]. Cette version est contestée par David Kawena, l'auteur graphique du timbre, qui affirme qu'il n'est aucunement inspiré par Inna Shevchenko[21]. Elle réagit alors sur Twitter : « Désormais, tous les homophobes, extrémistes, fascistes devront lécher mon cul pour envoyer une lettre »[18],[22]. À cette occasion, les Femen se réjouissent de ce nouveau « symbole officiel de la France[18] ».

« Marianne, qui est représentée seins nus, en 1789, aurait certainement été une Femen car elle se battait pour les valeurs de la République, la liberté, l'égalité, la fraternité. »

— Olivier Ciappa[18]

Inna Shevchenko est accusée d'islamophobie après un tweet diffusé le  : « Qu'est ce qui peut être plus stupide que le Ramadan ? Qu'est ce qui peut être plus laid que cette religion ? »[23]. Elle explique que celui-ci est rédigé lorsqu'elle apprend que Amina, militante tunisienne de Femen emprisonnée, « est obligée de faire le ramadan en prison alors qu'elle n'est pas croyante »[24]. Elle supprime par la suite le tweet mais assure « l'assumer entièrement »[23].

Safia Lebdi, considérée comme la cofondatrice[25] avec Inna Shevchenko de la branche française des Femen, a aidé l'association à installer leur centre de formation au quartier de la Goutte-d'Or à Paris[26]. Le mouvement y organise alors des camps d'entraînements féministes internationaux, et Inna Shevchenko poursuit le développement du groupe à l'international en ouvrant plusieurs branches dans d'autres pays européens.

Entre 2012 et 2013, Inna Shevchenko a entretenu une relation sentimentale avec Caroline Fourest. Elle déclare toutefois ne pas être homosexuelle et que cette relation était de nature platonique[27].

Le 1er décembre 2013, devant l'Ambassade d'Ukraine, Inna, culotte baissée, a uriné sur une photo du Président Viktor Ianoukovytch.

Les militantes de Femen sont ainsi adeptes volontaires d'un féminisme radical qu'elles appellent « sextrémisme ». Le mouvement Femen s'affirme athée, antireligieux[28], et reproche à la laïcité d'être « une façon d'accepter l'inacceptable »[29]. Inna Shevchenko a répondu dans une tribune que Femen « n'est pas une bande de potes, mais un groupe militant », que « l'atmosphère est martiale » et la « hiérarchie affirmée » car c'est nécessaire pour « mener à bien des opérations complexes »[30].

Le 14 février 2015, lors de la première des fusillades de Copenhague pendant son discours à la conférence sur la liberté d'expression dont le thème est « Art, blasphème et liberté d'expression » (en danois : Kunst, blasfemi og ytringsfrihed) organisée par Vilks au Krudttønden dans le quartier d'Østerbro à Copenhague[31], elle est interrompue[32]par des tirs d'armes automatiques qui provoquent la mort d'un participant, Finn Nørgaard, et blessent trois policiers danois[33].

Interviewée sur France Info, à la suite de la mort de l’opposant Boris Nemtsov, Inna Shevchenko a estimé que celui-ci avait été tué par le régime de Vladimir Poutine, « dans un climat qui pousse à tuer des opposants »[34].

Aujourd'hui, en tant que leader du mouvement FEMEN à l'international, Inna Shevchenko participe à des conférences et des débats, notamment dans les universités d'Oxford, Cambridge, Sciences Po Strasbourg. En juin 2015, elle fait un discours lors de l'événement TEDx à Kalamata, en Grèce, intitulé "I will not stop speaking out loud" (Je n'arrêterai pas de m'exprimer à voix haute)[35].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • FEMEN, Manifeste FEMEN, éditions Utopia, 2014 (ISBN 978-2919160174)
  • Michel Dufranne, Journal d'une Femen, éditions Le Lombard, 2014 (ISBN 2803651912)
  • Jeffrey Tayler, Topless Jihadis : Inside the World's Most Radical Feminist Movement, The Atlantic Books, 2013
  • Caroline Fourest, Inna, éditions Grasset, 2014, (ISBN 978-2246807322).
  • Galia Ackerman, avec Anna Hutsol, Oksana Shachko, Alexandra 'Sasha' Shevchenko, & Inna Shevchenko, FEMEN, Publié par Calmann-Lévy (Paris 2013), 280 pages. ISBN 978-2702144589[36].

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Arash T. Riahi & Arman T. Riahi, Everyday Rebellion, 2013
  • Kitty Green, Ukraine is not a brothel (L'Ukraine n'est pas un bordel), 2013
  • Joseph Paris, Naked War, 2012
  • Caroline Fourest & Nadia El Fani, Nos seins, nos armes, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La transcription française de son nom est Chevtchenko, mais elle n'est que rarement employée par les sources, qui utilisent la transcription anglaise : Shevchenko.
  2. a et b Jeffrey Tayler, « The Woman Behind Femen's Topless Protest Movement - Jeffrey Tayler », The Atlantic,‎ (consulté le 15 juillet 2013)
  3. « Trois féministes du mouvement FEMEN enlevées en Biélorussie », sur leparisien.fr (consulté le 25 octobre 2015)
  4. AFP, « La France accorde l'asile à la chef de file des Femen », M6info.fr, 8 juillet 2013.
  5. La police ukrainienne ouvre une enquête criminelle contre Inna Shevchenk.
  6. « Le FEMENisme, un sextrémisme », Médiapart, 21 mars 2013.
  7. « MARIAGE GAY. Les Femen et Caroline Fourest agressées: Civitas peut-elle être dissoute ? », Nouvel Obs,‎ .
  8. Amandine Seguin, « L'action des Femen à Notre-Dame a fâché toute la classe politique », sur L'EXPRESS.fr,‎ (consulté le 23 février 2013)
  9. La source mentionne par erreur le terme « culturel » en lieu et place du terme « cultuel ».
  10. Guillaume Guguen, « Les Femen sont-elles allées trop loin à Notre-Dame-de-Paris ? », sur france24.com,‎ (consulté le 4 mars 2013)
  11. Racisme anti-chrétien, sur Lagrif.fr
  12. Émission radiophonique Europe 1 Soir : « Femen : "nous avons emporté de l’or" à Notre-Dame », sur europe1.fr,‎ (consulté le 5 mars 2013)
  13. Inna Schevchenko, « "Blasphème à Notre Dame" par Femen », sur huffingtonpost.fr,‎ (consulté le 10 avril 2013)
  14. « Femen : « Grâce à notre action, on a découvert une France pas belle à voir » », sur metrofrance.com,‎ (consulté le 10 avril 2013)
  15. « Le premier procès des Femen attendra février », in Le Figaro, samedi 14 / dimanche 15 septembre 2013, page 10.
  16. « Action à Notre-Dame : le parquet fait appel de la relaxe des Femen », sur liberation.fr,‎ (consulté le 16 septembre 2014).
  17. (en) Les femmes de pouvoir,
  18. a, b, c, d, e et f AFP, « Timbre : la nouvelle Marianne en partie inspirée… d’une Femen ! », Le Point,‎ (lire en ligne)
  19. Dépêche AFP
  20. « VIDEO. Le nouveau timbre « Marianne » inspiré d'une Femen », Le Parisien, 14 juillet 2013
  21. Interview de l'avocat de David Kawena
  22. Stéphane Kovacs, « La nouvelle Marianne des timbres postaux est une Femen », Le Figaro.fr, publié le 15 juillet et mis à jour le 16 juillet 2013
  23. a et b Catherine Gouëset, « La Femen timbrée et l'islamophobie » , L'Express.com, 17 juillet 2013
  24. « La chef de file des Femen en France s'en prend à l'islam sur Twitter », MYTF1News,‎
  25. considérée comme la cofondatrice
  26. l'association à installer leur centre de formation au quartier de la Goutte-d'Or
  27. « Caroline Fourest et Inna Shevchenko, une romance militante » par Quentin Girard. Libération, 21 janvier 2014.
  28. Propos de Inna Chevchtchenko dans l'émission Et Dieu dans tout ça ? du 1er juin 2013 sur la radio belge La Première (voir la vidéo en ligne sur rtbf.be, en ligne le 2 juin 2013, consultée le 25 juin 2013.
  29. La chef de file des Femen en France s'en prend à l'islam sur Twitter, TF1 news, 16 juillet 2013.
  30. Inna Shevchenko, « Un seul objectif : "dissoudre FEMEN" », sur huffingtonpost.fr,‎ (consulté le 31 octobre 2014).
  31. http://www.courrierinternational.com/article/2015/02/14/attentat-a-copenhague-un-mort-et-plusieurs-blesses
  32. Au moins 30 impacts de balles sont visibles dans la fenêtre du café
  33. Fusillade à Copenhague lors d'un hommage à « Charlie Hebdo »
  34. http://www.franceinfo.fr/actu/monde/article/mort-de-nemtsov-le-regime-de-poutine-est-responsable-651267
  35. « TEDxKalamata 2015 | first step », sur 2015.tedxkalamata.com (consulté le 25 octobre 2015)
  36. « Femen Book (2013) | FEMEN / ФЕМЕН », Femen.info

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