Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne

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AGRIF
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique loi 1901
But Défense de l'identité Française et chrétienne.
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 1984
Fondateur Bernard Antony
Identité
Siège 70 Boulevard Saint-Germain, 75005 Paris
Personnages clés Bernard Antony, Jeanne Smits, Richard Haddad
Président Bernard Antony
Trésorier Pierre Soleil
Financement Dons, adhésions, vente de livres.
Site web www.lagrif.fr

L'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF) est une association fondée en 1984, située à l'extrême droite[1],[2] par certains, qui lutte, principalement par voie juridique, contre les « atteintes à la dignité de l'identité chrétienne » et « nationale »[3],[4].

L'association se présente comme un organisme de lutte contre le racisme, bien que ce qualificatif lui ait été contesté[5].

Organisation[modifier | modifier le code]

L'Agrif a pour président Bernard Antony. Elle affirme une vocation à défendre les victimes des « racismes antifrançais et antichrétien »[6], mais aussi de tous les racismes[7]. L'Agrif édite un bulletin trimestriel sous le titre homophone, La Griffe[8], et revendique plus de 6 000 adhérents[7].

La création de l'Agrif date de 1984 en introduisant les notions de « lutte contre le racisme en général » et de « lutte contre le racisme antifrançais et antichrétien »[9], dans les statuts d'une association déjà existante, le « Centre national de coordination des comités d'action politique et sociale » transformée dans le même temps en « Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne »[10]. L'organisation souhaitait entrer ainsi dans le cadre juridique des lois antiracistes, le racisme étant défini par la loi Pleven comme « l'hostilité à un individu ou à un groupe en raison de leurs origines religieuses, ethniques, ou raciales ».[réf. nécessaire]

Chrétiens[modifier | modifier le code]

Située par certains comme proche de l'extrême droite[1],[2], cette association refuse ce positionnement tout en acceptant d'être située dans la mouvance du catholicisme traditionnel et rappelant qu'elle regroupe des chrétiens de différentes confessions, orthodoxes ou protestants.[réf. souhaitée]

Relations avec le Front national[modifier | modifier le code]

Parmi les dirigeants de l'Agrif il y a quelques années se retrouvaient des cadres, actuels ou anciens, du Front national (FN). Son président, Bernard Antony, ancien député européen, se défendait de représenter au FN un courant « national-catholique », récusant totalement ce concept gallican. En revanche il entendait y défendre l'enracinement et l'éclairage de la politique dans les valeurs chrétiennes. Parmi ses dirigeants figurent Jeanne Smits, ancienne directrice du quotidien Présent, l'éditeur Richard Haddad, la journaliste Cécile Montmirail et l'avocat Jérôme Triomphe. On y note encore la présence de musulmans convertis au christianisme tel que Christophe Bilek (Notre-Dame de Kabylie)[11] ou le pasteur Saïd Oujibou[12], français d'origine marocaine. On y trouve encore la musicologue catholique d'origine juive Judith Cabaud, Yves Daoudal, qui fut directeur de National-Hebdo, le journaliste Serge de Beketch (mort en 2007). Wallerand de Saint-Just[13] qui fut de l'équipe fondatrice, en fut l'avocat dans plusieurs procès et, sur recommandation de Bernard Antony, l'avocat de Jean-Marie Le Pen, de Brigitte Bardot, de Samir Geagea au Liban et de la famille Kegelin. Entièrement pris par ses responsabilités au Front national, il n'a plus d'activité avec l'Agrif.[réf. nécessaire]

À la fin des années 1990, Michel Guiniot, membre du bureau politique du Front national, désigna l'Agrif comme une « entité du FN » dans l'Aisne Nouvelle. Bernard Antony a refusé de faire de l'Agrif une courroie de transmission de ce parti, affirmant son indépendance vis-à-vis de tous les partis politiques[14]. Pour les auteurs du Dictionnaire de l'extrême droite, « les communiqués officiels de l'association, qui réaffirment "l'indépendance" de l'Agrif vis-à-vis de "tous les partis politiques", n'ont jamais été pris au sérieux par personne. La séparation des structures au sein de cette mouvance a surtout permis de ne pas trop rendre de comptes à l'appareil frontiste, tout en bénéficiant de ses réseaux[15]. »

Le tribunal administratif de Nice (Alpes-Maritimes) en 1997, estime que l'Agrif « ne constitue pas une organisation indépendante mais est une simple émanation d'un parti politique, le Front national, puisque son délégué dans le département du Var est précisément M. Le Chevallier, seul député de ce parti » et que « le caractère très restreint de son objet social, à savoir la lutte contre le racisme antifrançais et antichrétien, est en réalité directement contraire au caractère général et universel de la lutte contre le racisme, comme d'ailleurs, et au surplus, du message évangélique »[5].

Bernard Antony conteste cela. Mais un éloignement plus grand entre l'Agrif et la direction du Front national est constaté depuis que Bernard Antony a démissionné du bureau politique du parti en 2003 et qu'il a pris ses distances notamment avec Marine Le Pen[16],[17] pour lui par trop jacobine, coupable de ne pas vouloir modifier la loi Veil et ne voulant pas aborder sur le fond la question de l'islam.

Actions en justice[modifier | modifier le code]

La recevabilité pleine et entière de l'Agrif à agir en justice comme association antiraciste (telle que définie par l'article 2-1 du code de procédure pénale[18] et par l'article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881[19] sur la liberté de la presse) lui a été reconnue par la cour d'appel de Paris dans une décision du 21 novembre 1990, approuvée en cela par un arrêt[20] de la chambre criminelle de la cour de cassation du 16 avril 1991. Cette recevabilité judiciaire ne lui a plus été déniée depuis par les tribunaux et lui permet ainsi d'exercer les droits habituellement réservés aux parties civiles victimes directes de racisme et/ou de discrimination fondés sur leur origine nationale, ethnique, raciale ou religieuse.

Toutefois, en novembre 1993, le préfet du Var refuse que l'Agrif participe à la cellule départementale de lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme. L'association dépose alors un recours devant le tribunal administratif de Nice (Alpes-Maritimes). Elle est déboutée en 1997, le tribunal estimant que l'Agrif « ne constitue pas une organisation indépendante mais est une simple émanation d'un parti politique, le Front national, puisque son délégué dans le département du Var est précisément M. Le Chevallier, seul député de ce parti » et que « le caractère très restreint de son objet social, à savoir la lutte contre le racisme antifrançais et antichrétien, est en réalité directement contraire au caractère général et universel de la lutte contre le racisme, comme d'ailleurs, et au surplus, du message évangélique »[5]. Il a été relevé, lors de ce procès[21], que cette notion contrevenait à l'esprit de la loi[22].

Les cellules départementales de lutte contre le racisme sont devenues, en 1999, les Codac (commissions départementales d'accès à la citoyenneté)[23] et, en 2004, les Copec (commissions pour la promotion de l'égalité des chances et la citoyenneté)[24] qui travaillent en liaison avec la HALDE, et auxquelles l'Agrif ne participe pas non plus. Ce refus des tribunaux administratifs d'associer l'Agrif aux dispositifs officiels de lutte contre le racisme ne remet pas en cause sa recevabilité à agir sur le plan judiciaire que lui avait reconnue l'arrêt de la Cour de cassation d'avril 1991[7],[25].

Exemples d'actions[modifier | modifier le code]

L'Agrif s'est fait connaître par ses procès visant à faire interdire ou à censurer des propos ou des représentations dont elle estimait qu'ils portent préjudice au catholicisme, aux chrétiens, aux Français ou aux « Blancs », sur le fondement des délits de diffamation raciale (articles 29 et 32 de la loi du 29 juillet 1881), d'injure raciale (article 33 de la loi du 29 juillet 1881) ou de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » (article 24 de la loi du 29 juillet 1881[26]).

Cela vise notamment :

Ses actions restent peu médiatisées n'étant, en général, relayées que par quelques médias ; des médias réputés « amis », tels le quotidien Présent ou Radio Courtoisie.

Décisions de justice[modifier | modifier le code]

En 1993, l'Agrif a obtenu la condamnation, en appel, de Marek Halter et du Figaro, à la suite d'une tribune, publiée par le quotidien, sur le carmel d'Auschwitz qui mettait en cause la responsabilité du catholicisme[33].

En 1999, l'Agrif a obtenu, en appel, la condamnation de Jean Nouailhac (directeur de la publication de Hard Rock Magazine), à 20 000 francs d'amende (plus des dommages et intérêts), pour délit de provocation à la haine à l'égard de la communauté chrétienne et appel à la haine antifrançaise, à la suite de la publication, sur le résumé du numéro de février 1997, du titre Communion (du groupe Eros Necropsique) et de la chanson Le Pouvoir (du groupe Oneyed Jack)[34].

En 2011, l'Agrif a été déboutée et condamnée à des dommages et intérêts[35] dans le cadre de l'action qu'elle menait à la suite de l'exposition, par la Collection Lambert, du Piss Christ d'Andres Serrano.

En 2012, l'Agrif a été déboutée dans l'affaire du parti des Indigènes de la République. Sa porte-parole, Houria Bouteldja, était poursuivie pour « injures raciales contre les Français », par l'utilisation du terme « Souchien », pour Français de souche, homophonie de sous-chien. La cour d'appel de Toulouse n'a retenu ni l'injure raciale ni le « racisme »[36].

En 2013, l’Agrif a obtenu la condamnation d'un euro symbolique à titre de dommages-intérêts de l’exposition « l’Infamille » et du Fonds régional d'art contemporain de Lorraine qui entendent faire appel de cette décision de justice[37] .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Erwan Lecœur (dir), Dictionnaire de l'extrême droite, Paris, Éditions Larousse, coll. À présent, 2007 (ISBN 978-2-03-582622-0).
  2. a et b Fiammetta Venner, Extrême France, Grasset, 2006.
  3. Présentation du livre La Preuve par l'AGRIF
  4. Bernard Antony : « La Halde est une institution nocive», 1er février 2009.
  5. a, b et c Jean-Pierre Laborde, « Le tribunal administratif conteste l'“antiracisme” d'une association satellite du Front national », Le Monde, 28 décembre 1997.
  6. « L'AGRIF contre les propos racistes de Houria Bouteldja », par Bernard Antony dans Voix des Français, mars 2008.
  7. a, b et c Dictionnaire de la réplique, Godefroy de Bouillon, 2004, p. 15 (article de Bernard Antony).
  8. (ISSN 1169-4378)
  9. Arrêt du 16 avril 1991 de la chambre criminelle de la Cour de cassation : « la cour d'appel relève que celle-ci, créée en 1974, a déclaré, le 30 octobre 1984, l'adoption d'une nouvelle dénomination, comportant un objectif de lutte contre le racisme, ainsi que l'adjonction de cet objectif aux dispositions des statuts relatives à son objet ; (…) qu'elle ajoute que l'association manifeste formellement, aux termes de l'article 2 de ses statuts, son intention de lutter contre le racisme, en spécifiant que sa lutte s'inscrit dans le cadre de la défense des « valeurs menacées de notre civilisation », et plus précisément contre le « racisme antifrançais et antichrétien », lequel constitue une forme de racisme punissable »
  10. Modifications du titre et des statuts déclarés à la Préfecture de Paris le 26 octobre 1984 et parus au Journal Officiel de la république française du 29 octobre 1984. Cf «La preuve par l'Agrif», Cécile Montmirail, p. 22
  11. Intervention de Christophe Bilek au « déjeuner d'Amitié Française » organisé par l'Agrif le 5 octobre 2013 à Paris et son intervention à la veillée de prière en soutien au chrétiens persécutés, organisée par Bernard Antony le 13 octobre 2012 à Paris
  12. Saïd Oujibou, l'islamiste devenu pasteur
  13. Source : communiqué de compte rendu de l'assemblée générale du 11 janvier 2007.
  14. Communiqué de Bernard Antony, président de l'Agrif, du 20 juin 2006 en réponse à des propos de Michel Guiniot : « L'Agrif n'est pas une "entité du FN". Elle ne l'a jamais été et ne le sera jamais, pas plus que l'entité de tout autre parti. »
  15. Article Agrif, p. 50.
  16. La Dépêche du Midi, 16 janvier 2011, « En désaccord avec Le Pen père et fille sur plusieurs sujets, Bernard Antony a quitté le bureau politique du FN. »
  17. Op. cit., p. 51. Voir aussi Bernard Antony, « Devoir de réponse à Marine Le Pen et à Philippe de Villiers », édition Godefroy de Bouillon, 2006.
  18. Article 2-1 du code de procédure pénale sur Legifrance.
  19. Article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881 sur Legifrance.
  20. Arrêt du 16 avril 1991 de la chambre criminelle de la Cour de cassation sur Legifrance.
  21. Cour administrative d'appel de Marseille, 8 mars 2001, n° 98MA00053, sur le site de Legifrance.
  22. « L'ALLIANCE GENERALE CONTRE LE RACISME ET POUR LE RESPECT DE L'IDENTITÉ FRANÇAISE ET CHRÉTIENNE dont les statuts, qui définissent les buts de l'association comme visant “à créer des Comités d'action politique et sociale pour défendre les valeurs menacées de notre civilisation, combattre les idées subversives, proposer des solutions de renouveau”, font état de ce que “l'alliance se propose de lutter contre toutes les formes et manifestations du racisme contraire aux idéaux précédemment énoncés” et précisent qu'elle “entend lutter contre le racisme anti-français et anti-chrétien” n'établit pas, ni au regard de cet objet statutaire ni au regard du nombre de ses adhérents dans le département qu'elle serait au nombre des associations représentatives dans les domaines d'action attribués aux cellules départementales susmentionnées, aucune action en faveur de la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme n'étant justifiée ; que la circonstance que l'association requérante ait été autorisée à mettre en œuvre l'action publique dans les procédures pénales ne peut être utilement invoquée [à l'appui d'un recours contre le refus d'un préfet de faire participer l'AGRIF aux travaux d'une cellule de lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme]. »
  23. Circulaire du 18 janvier 1999 sur le site du ministère de l'Intérieur.
  24. Circulaire interministérielle du 20 septembre 2004 sur le site du ministère de l'Intérieur.
  25. Anne Kerloc'h et Fiammetta Venner, Charlie Hebdo, 18 juin 1997.
  26. Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse sur Légifrance.
  27. Guerre et paix d'«Amen»
  28. Le TGI de Paris, (TGI Paris, 22 septembre 1988, Agrif c/ Scorsese), confirmé par la Cour d'appel de Paris (CA paris, 27 septembre 1988, Gaz. Pal., 1988, J., p.735, note Ph. Bertin), ordonne l'insertion d'un texte complémentaire dans le générique et les publicités
  29. « Le rap et la France » par Marc Knobel sur le site du Crif.
  30. CQFD, n° 12, mai 2004.
  31. Propos tenu à France-Soir le 21 mars 2000 : « les Noirs ne sont autorisés que dans quelques plages d’expression : le sport et l’humour… et on ne pourra jamais aller plus loin, avoir des responsabilités car les Noirs ne sont que des grands enfants, des clowns pour le Blanc esclavagiste, le capitaliste puissant. Il n’y a pas beaucoup de différence entre les patrons de TF1 et le Blanc qui gérait les plantations aux Caraïbes ; ils considèrent les Africains et les Antillais comme des gens de carnaval, de fête ; on ne parle que pour faire rire ; jamais nous ne pourrons être des hommes de pouvoir »
  32. « Jugés pour avoir profané des cimetières », sur ladepeche.fr.
  33. « PRESSE : Marek Halter et Le Figaro condamnés pour “diffamation publique et raciale” », Le Monde, 15 décembre 1993.
  34. « PRESSE : publication judiciaire », Hard Rock Magazine, juin/juillet 1999.
  35. « Une association qui demandait l’interdiction de toute reproduction de Piss Christ, déboutée en justice » sur le site artclair.com.
  36. Voir sur toulouseinfos.fr.
  37. [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]