Henri Berthelot

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Officier général francais 5 etoiles.svg Henri Mathias Berthelot
Le général Henri Berthelot en 1920, à Metz.
Le général Henri Berthelot en 1920, à Metz.

Naissance
Feurs, France
Décès (à 69 ans)
Paris, France
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général d'armée
Années de service 1883-1926
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement 32e Corps d'armée
Mission française en Roumanie (1916-1918)
Ve armée (1918)
Faits d'armes bataille de la Marne
bataille de l'Artois
Mort-Homme
seconde bataille de la Marne
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1914-1918
Citoyen d'honneur de Roumanie
Chevalier commandeur de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges

Henri Mathias Berthelot, né le 7 décembre 1861[1] à Feurs (Loire) et mort le 28 janvier 1931 à Paris, est un général français ayant servi pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un capitaine de gendarmerie, c'est en 1867, que naît Henri Mathias Berthelot à Feurs. Élève brillant, il étudie au lycée impérial de Lyon et est bachelier en 1879. Il réussit le concours de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1881. Il en sort classé 4ème sur 342 dans la promotion Égypte. Il achève sa formation en Algérie en tant que sous-lieutenant au 1er régiment de zouaves de Koléas. Son supérieur le décrit comme un: "officier d'avenir". Il reste en Algérie jusqu'à la mi-janvier 1885. Il part ensuite pour l'Indochine, il y fait son baptême du feu et y est promu lieutenant en 1886. Le général Warnet, le chef du corps du Tonkin, lui trouve une grande habileté dans ses travaux. En juillet 1887, il est fait chevalier de l'Ordre du Dragon d'Annam. Mais quelques jours plus tard suite à une fièvre, il est rappatrié en France.

Une fois en France, il rejoint le 96e régiment d'infanterie à Gap. Un an plus tard, il est reçu à l'École de guerre. En 1891, il reçoit son brevet d'état major et est promu capitaine. Suite au stage obligatoire à l'état major, il part en Autriche pour améliorer son allemand. Il passera ensuite les douze années suivantes de sa carrière sous la protection du général Joseph Brugère. Il devient son officier d'ordonnance dans le 132e régiment d'infanterie à Reims puis au 8e corps d'armée à Bourges. Après avoir intégré le 2e corps d'armée à Amiens, il est réaffecté au 132e régiment d'infanterie à Reims en décembre 1897. Par la suite, il est muté au 115e régiment d'infanterie en juillet 1899.

Peu de temps après, il rejoint Brugère alors gouverneur militaire de Paris. C'est à ce poste qu'il va superviser l'organisation du pavillon de l'armée pendant l'exposition universelle de 1900. Il continue à travailler apurès de Bruyère quand celui ci est nommé vice-président du Conseil supérieur de la guerre. En novembre 1900, il est nommé chef de bataillon et accompagne en 1901 en tant qu'officier d'ordonnance de Brugère, le tsar Nicolas II à Reims. En 1902, il reçoit la croix de chevalier de la légion d'honneur.

En 1903, il quitte le service de Brugère et devient commandant du 20e bataillon de chasseurs à pied de Baccarat. En janvier 1906, Brugère lui demande de revenir à lui comme officier et en décembre de la même année il est nommé au 2e bureau de la direction de l'infanterie. En mars de l'année suivante, il devient lieutenant colonel et en octobre secrétaire du comité technique d'état-major. Promu colonel en 1910, c'est en 1911 qu'il commande le 94e régiment d'infanterie. Pendant 2 ans et demi, il passera son temps entre son régiment et Paris, où il travaille avec le général Joffre, chef d'état major des armées. Il intègre la commission de révision du service des armées. En août 1913, il accompagne Joffre en Russie. Il est fait général de brigade en décembre 1913. Il entre à l'état major général en janvier 1914.

Il devient le maître d'œuvre du plan XVII, le plan de mobilisation et de concentration de l'Armée française en cas d'entrée en guerre. En 1914, il est premier aide-major général du général Joffre chargé des opérations. C'est à Berthelot que nous devons les trois premiers mois d'opérations au début de la Grande Guerre, avant d'être remercié par Joffre.

Des historiens[Qui ?] ont pu qualifier Berthelot de « mauvais génie » de Joffre, dans le sens où Berthelot a contribué à mettre en œuvre sur le théâtre des opérations les principes de l'offensive à outrance, et surtout à refuser de voir l'invasion de la France par la Belgique en 1914 en dépit des indices avant-guerre puis des évidences dès juillet 1914 (appel des réservistes en Allemagne) et début août (4 août, invasion de la Belgique). Selon la biographie du général Lanrezac écrite par F. Engerand en 1926, député du Calvados, ce n'est que le 14 août 1914 que le Grand Quartier Général a réalisé son erreur, soit trop tard pour venir en aide aux Belges et pour arrêter les Allemands.

Le 21 novembre 1914, Berthelot reçoit son avis de mutation à la tête du 5e groupe de divisions de réserve : c'est une disgrâce. En janvier 1915, il mène une offensive à Crouy, près de Soissons. Après de durs combats, c'est un échec, il est contraint de se replier en arrière par rapport aux positions de départ. C'est une nouvelle disgrâce.

Du 3 août 1915 au 19 septembre 1916, il commande le 32e corps d'armée ou « groupement Berthelot ». Il est au cœur de la fournaise à Verdun, dès mars 1916, où il doit défendre puis reprendre le Mort-Homme et la cote 304. Son optimisme et son souci des conditions matériels des soldats lui permettent de prendre l'ascendant sur ses troupes et de tenir avant d'obtenir des succès sur le terrain. le 32e CA quitte Verdun en juin.

Le , il est placé à la tête de la mission militaire française en Roumanie, dite mission Berthelot et forte de près de 2 000 officiers et sous-officiers. Il réorganise l'Armée roumaine, lourdement défaite par l'Allemagne et résistant à grand-peine en Moldavie entre janvier et juin 1917. La révolution russe retirant ce pays du conflit, la Roumanie doit finalement signer l'armistice de Focșani le 9 décembre 1917[2].

Après son retour en France, le général Foch lui confie le commandement de la 5e armée du 5 juillet au 7 octobre 1918. Il perce le front à deux reprises d'abord courant septembre 1918 près de Reims à la poursuite des Allemands (repli vers la ligne Hindenbourg) et ensuite le 30 septembre quand il franchit la Vesle près de Jonchery. Mais le 7 octobre, il est rappelé à la tête d'une mission roumaine et la Roumanie reprend les armes le 10 novembre au moment où les empires centraux s'effondrent et où les troupes allemandes se retirent de Roumanie. Cette nouvelle intervention militaire alliée permet à la fois de contenir la pression révolutionnaire russe dans les Balkans mais aussi d'étendre les territoires roumains au détriment de la Hongrie, en particulier la Transylvanie et le nord du Banat. Avec des contingents roumains et français, il est ensuite chargé de combattre les Bolcheviks russes en Bessarabie (1918) et les Bolchéviks hongrois en Transylvanie durant la guerre hungaro-roumaine de 1919[3].

De 1919 à 1922, il est gouverneur militaire de Metz.

De 1920 à 1926, il est membre du Conseil supérieur de la guerre. À ce titre, il participe à la décision de construction de la ligne Maginot.

De 1923 à 1926, il est gouverneur militaire de Strasbourg.

Il meurt à Paris en janvier 1931, à 69 ans. Il est enterré à Nervieux dans le Forez, sa région natale.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Arme : Infanterie

Souvenir du général en Roumanie[modifier | modifier le code]

L'entrée du village General Berthelot en Roumanie.
Villa du général à l'état d'abandon dans le village qui porte son nom (2004).
Villa du général Berthelot restaurée (2010).
Un monument aux morts de l'armée Berthelot (1919) dans la commune de Lipova.

En 1923[4],[5], en signe de reconnaissance de la contribution de l'armée française à la libération de la Roumanie, il reçoit du roi Ferdinand Ier et de la reine Marie de Roumanie une propriété confisquée à la famille Nopcsa, aristocrates austro-hongrois, située dans le village transylvain de Fărcădin, ainsi qu'une palme de reconnaissance conservée dans l'église du village. L'acte de cession inclut un manoir ainsi que 70 hectares de terrain agricole, un verger et de la forêt, dont les revenus annuels sont destinés, selon le désir du Général, à l'Académie militaire roumaine, pour financer des bourses d'études destinées à de jeunes étudiants roumains de l'École militaire de Bucarest pour se perfectionner à l'Académie militaire de Nancy.

Du vivant même de celui-ci, le conseil communal rebaptise la commune du nom de General Berthelot. En 1965, pendant la dictature communiste roumaine, son nom est changé en « Unirea » (union) et la villa du général est transformée en entrepôt agricole et pillée. Après la chute du président communiste Ceaușescu, un référendum local approuve en 2001 le retour à l'appellation « General Berthelot ».

De nombreux établissements scolaires ou voies publiques (rues, boulevards...) portent le nom de Berthelot en Roumanie. À l'occasion de la Fête nationale roumaine, chaque 1er décembre, le Consulat général de Roumanie à Strasbourg dépose une couronne de fleurs devant le buste du général Berthelot situé rue de Boston, en face du parc de la Citadelle. Henri Berthelot était membre de l'Académie roumaine.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations françaises[modifier | modifier le code]

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.culture.gouv.fr/Wave/savimage/leonore/LH016/PG/FRDAFAN83_OL0209066v012.htm
  2. Petre Otu, « L’influence de la doctrine militaire française sur l’évolution de l’armée roumaine (1878-1940) », sur Revue historique des armées, (consulté le 21 décembre 2015).
  3. Conférences publiques de George Cipaianu (historien, Faculté d’Histoire et Philosophie de l’Université Babes-Bolyai, Cluj) : L’image de l’autre : officiers français sur l’armée et la société roumaine pendant la Première Guerre Mondiale, La Maison roumaine, Paris, 2016.
  4. Article du Journal amusant du 18 août 1923
  5. Article de l'Ouest-Eclair du 3 octobre 1923

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Noël Grandhomme, Berthelot : du culte de l'offensive à la stratégie globale, Ivry sur Seine, ECPAD, , 970 p. (ISBN 978-2-11-098552-1).
  • Jean-Noël Grandhomme, Le Général Berthelot et l'action de la France en Roumanie et en Russie méridionale, 1916-1918 : genèse, aspects diplomatiques, militaires et culturels avec leurs incidences, prolongements et perspectives, Château de Vincennes, Service historique de l'armée de terre, , 1120 p. (ISBN 978-2-86323-122-7, OCLC 52002997).
  • Michel Roussin, Sur les traces du général Berthelot, Paris, Guéna-Barley, , 269 p. (ISBN 978-2-919058-07-5).
  • Glenn E. Torrey, Henri Mathias Berthelot : soldier of France, defender of Romania, Iasi, Portland, Oxford, The Center for Romanian studies, , 399 p. (ISBN 973-9432-15-8).
  • Glenn E. Torrey, General Henri Berthelot and Romania : Mémoires et Correspondance 1916-1919, Boulder, East European Monographs, , 247 p. (ISBN 0-88033-115-1).
  • Glenn E. Torrey, Generalul Henri Berthelot : Memorii si Corespondenta 1916-1919, Bucarest, editura militara, , 456 p. (ISBN 978-973-32-0907-2).
  • Jean-Noël Grandhomme, Michel Roucaud et Thierry Sarmant, La Roumanie dans la Grande Guerre et l'effondrement de l'armée Russe, Paris, L'Harmattan, , 465 p. (ISBN 2-7475-0154-X).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]