Révolution permanente

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La révolution permanente est un mot d'ordre lancé par Karl Marx[1] puis développé en théorie par Trotsky et Parvus pour désigner le processus par lequel la révolution ne s'arrête pas tant qu'elle n'a pas atteint tous ses objectifs. Cela signifie en particulier, pour Trotsky, que les révolutions de notre temps ne sauraient s'arrêter à des réalisations nationales et bourgeoises, et que le prolétariat s'emparera du mouvement pour entreprendre une révolution mondiale et communiste.

Cette théorie n'est pas, pour Trotsky, seulement valable pour la Russie, mais pour tous les pays dominés par les grandes nations impérialistes (il parle aussi beaucoup de la Chine par exemple), où subsistent le plus souvent des restes de féodalisme et où la bourgeoisie nationale est trop faible pour proposer une politique tant soit peu révolutionnaire, comme avait pu le faire la bourgeoisie française en 1789. C'est donc au prolétariat que reviennent les tâches de la révolution bourgeoise, entre autres choses la suppression des restes de féodalisme, la réforme agraire, etc. en plus des tâches qui lui sont propres.

Par extension, la théorie de la révolution permanente juge que la classe ouvrière ne doit pactiser avec aucune force bourgeoise durablement, mais au contraire que son indépendance est garante de la réussite de la révolution, qui doit aller vers le socialisme et s’internationaliser, et non se contenter de victoires partielles.

La révolution permanente s’oppose à la théorie de la révolution par étapes, défendue notamment par les partisans de Staline au cours des fronts populaires.

Révolutions dans les pays sous-développés et théorie de la révolution permanente déviée[modifier | modifier le code]

Parmi les défenseurs de la théorie, un débat a lieu concernant la nature des révolutions dans les pays moins développés — Cuba, Chine, pays de l'Afrique post-coloniale. Certains[Qui ?] défendent ces révolutions comme un nouveau type de révolution socialiste. Tony Cliff a proposé une réforme de la théorie de la révolution permanente pour expliquer la situation de ces pays : la théorie de la révolution permanente déviée. En 1963, Cliff affirme que les révolutions récentes dans des pays sous-développés (Chine, Cuba) n'ont pas été dirigées par le prolétariat, numériquement faible et peu éduqué, mais par la petite-bourgeoisie intellectuelle. L'intelligentsia y forme une « élite révolutionnaire professionnelle  » qui si elle sort victorieuse de sa lutte pour le pouvoir d'Etat instaure un capitalisme d'Etat.[2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

On trouve aussi une référence à la « révolution permanente » dans la chanson Sans la nommer de Georges Moustaki.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Bilan et perspectives Première formulation achevée de la théorie de la révolution permanente
  • 1905 Histoire de la révolution russe de 1905, avec un exposé de la théorie de la révolution permanente.
  • La révolution permanente déviée, critique de la théorie de Trotsky par le courant Socialisme international.
  • Witnesses to Permanent Revolution: The Documentary Record Descriptif d'un recueil de documents traduits en anglais, sur le débat autour de la notion de révolution permanente, 1903-1907, regroupant des textes de Trotski, mais aussi de Karl Kautsky, Rosa Luxemburg, Franz Mehring, Parvus et David Riazanov.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans l'Adresse du Comité Central à la Ligue des communistes, les Statuts de la Société Universelle des Communistes Révolutionnaires, Les luttes des classes en France et peut-être ailleurs. On trouve un allusion à la révolution permanente dans la sainte famille pour caractériser la Révolution française. La révolution permanente est souvent opposée à la réaction permanente.
  2. Tony Cliff, Permanent Revolution, International Socialism 12 (1st serie), Spring 1963