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Édouard Stern

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Édouard Stern
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Biographie
Naissance
Décès
(à 50 ans)
Genève (Suisse)
Sépulture
Nom de naissance
Édouard Maurice Stern
Nationalité
Formation
Activité
Famille
Père
Antoine Stern (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Christiane Laroche (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Fabienne Servan-Schreiber (demi-soeur maternelle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Béatrice David-Weill (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Mathilde Stern
Louis Stern
Henri Stern

Édouard Stern, né le à Neuilly-sur-Seine et mort le [1] à Genève (Suisse), est un banquier français dont l'assassinat a défrayé la chronique.

Origines et débuts

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Ses parents sont Christiane Laroche (1926-2020), fille d'ambassadeur et ex-épouse de Jean-Claude Servan-Schreiber, et Antoine Jean Élie Stern (1925-1995), descendant d'une lignée de banquiers fondée au XIXe siècle à Francfort, et devenue avec les Lazard et les Rothschild une des principales banques d'affaires en France au XXe siècle, faisant face à la concurrence des grandes banques de dépôt[2]. Il est l'arrière petit-fils d'Edgard Stern banquier et collectionneur français. Du côté maternel, il a deux demi-sœurs, dont la productrice Fabienne Servan-Schreiber.

Après trois mois à Sciences Po Paris, il intègre l’ESSEC, dont il est diplômé en 1979. À 22 ans, il commence sa carrière dans les affaires. Avant la fin de ses études, il rejoint la firme familiale et effectue un stage à la banque Rothschild, où il se familiarise avec les métiers de la finance.

En , il devient administrateur de la Banque Stern qui, dirigée par son père, est proche de la faillite. Avec le soutien de plusieurs membres de sa famille, il prend le contrôle de la banque familiale au détriment de son père Antoine Stern. (68 %). Les deux hommes ne s'adresseront plus la parole pendant près de quinze ans, et se réconcilient peu avant la mort d'Antoine Stern[3].

Banque Stern

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Dans les années 1980, il participe au redressement de la banque Stern et au développement de ses activités dans la finance de marché et les fusions-acquisitions. Il prend part à plusieurs opérations financières, notamment une tentative d’intervention sur la Compagnie générale des eaux pour Saint-Gobain et le soutien à Claude Bébéar lors de la prise de contrôle de la Compagnie du Midi[4]. Il s’appuie sur l’expertise du directeur général Michel Garbolino et recrute plusieurs personnalités issues de la haute fonction publique[5],[6].

En 1985, il vend la banque au groupe libanais Intra, dirigé par Roger Tamraz[7]. Le contrat de cession lui permet toutefois de conserver l’usage de son patronyme. Après la transaction, il crée une nouvelle structure au nom proche de l’ancienne, exerçant une activité similaire et reprenant une partie de ses anciens clients. Cette seconde entité est vendue en 1988 à la Société de banque suisse (qui fusionnera ensuite avec UBS pour former UBS S.A., Union de banques suisses) pour un montant estimé à 1,75 milliard de francs français. Cette succession de ventes a suscité une certaine controverse et a contribué à sa réputation de financier controversé[8]. La fortune familiale des Stern atteint alors le 38ᵉ rang du classement national[9].

Beaucoup de ses opérations sont des opérations dites « hostiles » qui, à l'époque, étaient peu fréquentes et sont devenues courantes. Dans ce contexte, Édouard Stern a contribué à introduire en France des pratiques internationales qui ont aussi rendu plus dur et implacable le marché français[réf. souhaitée]. Comme L'Express le souligne : « Il faisait des vagues à Paris en lançant des raids sur des sociétés, brisant les règles implicites du capitalisme cosy à la française »[10]. Il a ainsi suscité des rancunes[réf. souhaitée].

En 1997, Edouard Stern propose, comme Goldman Sachs-Daiwa et la MAAF Assurances, une offre de reprise de la Banque Pallas Stern (issue de la fusion de la Banque Stern avec la Banque Pallas) avec le consortium Participation 80 - Reybier, afin de récupérer la marque et les actifs. Elle est refusée par le tribunal compte tenu du passif de la banque[11],[12].

Banque Lazard

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En 1992, il devient associé gérant de la banque Lazard dont il devient l'un des banquiers les plus connus. Il réalise plusieurs grandes opérations financières. En 1995, l'introduction en bourse de General Cable lui rapporte 500 millions de francs en plus-values, étant propriétaire de 21,7 % des actions de la société. Il avait obtenu cette participation en l'échangeant contre 15 % de l'Immobilière Phénix en 1993[13].

En 1996, Anne Lauvergeon rejoint la banque Lazard, ce qui marque le début d’un conflit entre eux, notamment à propos de la prise du siège au conseil d’administration de Pechiney par Anne Lauvergeon, un poste qu’Édouard Stern visait également[14]. Ce conflit pousse Anne Lauvergeon à démissionner de la banque Lazard une année après son arrivée[15].

Face à la dégradation des relations avec Michel David-Weill, son beau-père et président de la banque, Édouard Stern est écarté et quitte Lazard en 1997[15] pour se consacrer à la gestion d'un fonds d'investissement : Investment Real Returns. Son nouveau véhicule d'investissement est doté de 600 millions de francs et des parts dans Eurazeo, Panzani, United Biscuits, Holdafine (dette d'Eurotunnel), Naïve Records. Édouard Stern est considéré au début des années 2000 comme le "banquier de Sarkozy"[16].

Souvent décrit comme agressif, voire brutal, il s'est fait beaucoup d'ennemis dans la profession, notamment lors de l'affaire Rhodia[17]. Certains l'accusent d'avoir apporté « son soutien et sa logistique pour blanchir en Occident l'argent gagné — souvent détourné — par les oligarques, voire par la mafia russes[18] ». Son passage à la banque Lazard est probablement à l'origine du départ de cette institution de Jean-Marie Messier[réf. souhaitée].

Vie privée

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En 1983, Édouard Stern épouse Béatrice David-Weill[19], la fille aînée de Michel David-Weill, président de la banque Lazard[20]. Il aura avec elle trois enfants, Mathilde, Louis et Henri, qui vivent aujourd'hui aux États-Unis. Ils divorcent en 1998.

Entre 1997 et 2000, Édouard Stern fréquente Julia Lemigova (Miss Russie 1990 et actuelle femme de Martina Navratilova[21]).

En 2001, Stern débute une relation avec Cécile Brossard[22].

Faits, enquête et procès

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Le , Édouard Stern est tué à son domicile genevois de quatre balles de 9 mm à bout portant. Le corps a été retrouvé le lendemain par le personnel de maison, étendu sur son lit, sanglé et revêtu d'une combinaison intégrale en latex[23]. L'enquête menée par le juge d'instruction cantonal genevois Michel-Alexandre Graber porte rapidement vers sa maîtresse, Cécile Brossard, une prostituée qu'il a rencontrée en [24]. Après le meurtre, cette dernière a fui en Italie, puis en Australie, avant de revenir et de témoigner volontairement[25]. Deux semaines après, elle est arrêtée et incarcérée le . Elle avoue d'emblée être l'auteur de ce « crime passionnel »[26].

Après quatre ans de détention, son procès se déroule du 10 au devant la cour d'assises de Genève. La famille Stern est défendue par Marc Bonnant[25]. L'accusation évoque un assassinat et insiste sur le million de dollars qu'Édouard Stern avait versé sur le compte de sa maîtresse le et dont il venait de demander le , via ses avocats, de bloquer le virement par sa mise sous séquestre judiciaire. Selon l'accusée, la « phrase-gâchette » qui aurait déclenché les coups de feu est « Un million de dollars, c'est cher payé pour une pute » que lui aurait lancé le banquier ligoté au cours de leurs jeux érotiques[27] : en effet la prostituée disposait d'un pistolet pour discipliner toute tentative d'humour de la part de ses clients qui lui refuseraient des virements. La défense de Cécile Brossard décrit le banquier comme un manipulateur sans scrupules et un prédateur sexuel[28], invoquant l’article 113 du Code pénal suisse pour plaider un crime passionnel de l'accusée poussée à bout par les violences psychologiques qu'elle allègue avoir subies[29]. Cécile Brossard est reconnue coupable de meurtre, condamnée à 8 ans et demi de prison et remise en liberté conditionnelle en [30].

Enterrement

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Conformément à sa volonté et bien que baptisé catholique, Édouard Stern est enterré au cimetière israélite de Veyrier[31], situé près de Genève, à la frontière franco-suisse.

Postérité

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Alors que la famille du banquier souhaite que l'on ne parle plus des détails sordides du dossier mis au jour lors du procès très médiatisé[32], deux biographies, quatre romans et deux films ont été consacrés à cette affaire criminelle[33].

De l'aveu même de son réalisateur, le scénario de Boarding Gate d'Olivier Assayas est inspiré du meurtre d'Édouard Stern[34].

Le film Une histoire d'amour d'Hélène Fillières, avec Benoît Poelvoorde dans le rôle du banquier et Laetitia Casta, s'inspire directement de la vie d'Édouard Stern[35].

Littérature

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Quatre romans ont été inspirés par le meurtre d'Édouard Stern : Latex de Laurent Sweizer, Sévère de Régis Jauffret, Littérature et politique de Philippe Sollers et Comme une Sterne en plein vol de Julien Hommage, chacun adoptant une stratégie et un regard différents pour traiter sous l'angle de la fiction une affaire dont les protagonistes ou les proches restent vivants et potentiellement susceptibles de lancer des poursuites juridiques[36].

Laurent Sweizer donne à ses personnages des noms différents, la victime milliardaire est baptisée Kidman. Sévère raconte l'histoire en adoptant pour narratrice la meurtrière. L'écrivain Régis Jauffret a couvert le procès de Cécile Brossard pour Le Nouvel Observateur et l'article correspondant est paru au mois de dans l'hebdomadaire[37]. Dans Comme une Sterne en plein vol, Julien Hommage raconte l'histoire sous l'angle de l'écho passionnel qu'elle soulève chez deux protagonistes narrateurs qui tentent de revivre la scène du meurtre. Ce roman est publié sous forme de feuilleton sur les pages littéraires du Nouvel Observateur[38]. L'écrivain Philippe Sollers avance l'hypothèse dans son livre Littérature et politique qu'Édouard Stern se serait engagé à financer Cécile Brossard pour l'ouverture de sa propre galerie d'art (expliquant le virement d'un million d'euros), puis qu'il se serait ensuite rétracté (d'où le blocage du virement) en l'humiliant au passage[39].

Notes et références

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  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. Gabriel Milési, Les dynasties du pouvoir de l'argent, Maule, , p. 24
  3. Valérie Duby et Alain Jourdan, Mort d'un Banquier. Les dessous de l'affaire Stern, Éditions Privé, , p. 17
  4. « Claude Bébéar, l'appétit du grand fauve », sur Le Monde,
  5. Ces personnalités seront d'abord les mentors d'Édouard Stern, puis ses proches collaborateurs, et resteront en relations régulières avec lui jusqu'à la fin de sa vie
  6. Emmanuel Ratier, Au cœur du pouvoir, Facta, , p. 512
  7. « Les déboires de Roger Tamraz », sur Le Monde,
  8. « Vie et mort du banquier rebelle Edouard Stern », sur France Inter, (consulté le )
  9. Clément Mathieu, « Procès Stern: la passion ou l'argent », sur parismatch.com,
  10. The Wall Street Journal cité dans L'Express, 9 mai 2005.[précision nécessaire]
  11. « Pallas-Stern, Édouard revient. Le dernier Stern est candidat au rachat de la banque en faillite », sur Liberation, (consulté le )
  12. « Comipar-Banque Pallas Stern: le repreneur choisi demain En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/27/02/1997/LesEchos/17345-082-ECH_comipar-banque-pallas-stern--le-repreneur-choisi-demain.htm#rkQ1ykAjvCALs3UK.99 », sur Les Echos, (consulté le )
  13. Renaud Lecadre, « 500 millions de francs... tombés là par Lazard. Edouard Stern, associé-gérant de la banque d'affaires, empoche une plus-value record », sur Liberation.fr, (consulté le )
  14. « Anne Lauvergeon va quitter Lazard », Les Echos,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  15. a et b Jean-Louis Perez, Anne Lauvergeon, le pouvoir à tout prix, Seuil, , 301 p. (ISBN 978-2-02-118252-1, lire en ligne)
  16. Frédéric Charpier, Martine Orange et Erwan Seznec, Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours : Le vrai visage du capitalisme français, La Découverte, , 889 p. (ISBN 978-2-7071-8511-2, lire en ligne)
  17. « Chantage et extorsion de fonds étaient devenus son fonds de commerce » affirme l'une de ses cibles à propos de cette affaire Rhodia. Cf Airy Routier, Le Fils du serpent. Vie et mort du banquier Stern, Albin Michel, , p. 198
  18. Airy Routier, Le Fils du serpent. Vie et mort du banquier Stern, Albin Michel, , p. 199
  19. « La meurtrière présumée face à l'ex-épouse du banquier », sur leparisien.fr, 2009-06-11cest07:00:00+02:00 (consulté le )
  20. « Mort d'un banquier », sur LExpress.fr, (consulté le )
  21. « Martina Navratilova, heureuse fiancée - Elle a demandé la main de Julia », sur parismatch.com, (consulté le )
  22. « Edouard Stern : l’amour sauvage », sur parismatch.com, (consulté le )
  23. « L'affaire Édouard Stern », sur RTL.fr (consulté le )
  24. « La meurtrière du banquier veut se faire oublier », sur leparisien.fr, .
  25. a et b Antoine Droux, « Amour, argent, latex : l'affaire Edouard Stern » (RTS, 2024)
  26. « L'affaire Stern : épilogue d'un itinéraire tourmenté », Les Échos,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  27. Pascale Robert-Diard, « Les nuits du banquier Stern », sur lemonde.fr,
  28. Cyrille Louis, « La dérive passionnelle du couple Stern-Brossard », sur lefigaro.fr, .
  29. « Argent, sexe, meurtre et latex au cœur d'un procès médiatique » Article publié le 18 juin 2009 dans Le Nouvel Observateur
  30. « La meurtrière d’Édouard Stern a été libérée », par Diane Heurtaut le 10 novembre 2010 sur TF1 News
  31. « La vérité sur... l'affaire Edouard Stern », Challenges, 14 février 2008.
  32. (en) Alessandra Galloni, « Prison Term for Murder of Financier », sur The Wall Street Journal,
  33. Pierre Delannoy, « Affaire Stern. Cécile Brossard est libre... et au cinéma », sur parismatch.com, .
  34. Bonus du DVD Melimédias Dinifan s.a.[précision nécessaire]
  35. Lena Lutaud, « L'affaire Stern : un film sous haute surveillance » Article de publié le 20 octobre 2011 dans Le Figaro
  36. Tang Loaec, « « http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/enfer-de-bibliobs/20100413/18868/trois-romans-pour-un-meurtre »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?) Trois romans pour un meurtre », BibliObs, 13 avril 2010.
  37. Didier Jacob, « « http://bibliobs.nouvelobs.com/20100225/18010/edouard-stern-fin-de-partie »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?) Édouard Stern : fin de partie », Le Nouvel Observateur, 25 février 2010.
  38. Julien Hommage, « Comme une Sterne en plein vol » Blogs des invités du Nouvel Observateur
  39. Philippe Sollers, Littérature et politique, Flammarion, , 816 p. (ISBN 978-2-08-135828-7, lire en ligne)

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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