Lazard

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Lazard est un groupe mondial de conseil financier et de gestion d’actifs[1]. Entreprise franco-américaine à sa création en 1848, Lazard est aujourd’hui cotée à la bourse de New York et est présente dans 43 villes dans 27 pays. Lazard exerce ses activités à travers le monde que ce soit en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Asie, en Australie et en Afrique.

Contrairement à de nombreux groupes bancaires dont l’activité de banque d’affaire est accessoire, Lazard se concentre sur son activité de conseil financier (conseil stratégique, fusions-acquisitions, restructuration, marchés de capitaux, structures de bilan, levées de fonds…), ainsi que de gestion d’actifs pour des clients institutionnels, entreprises ou particuliers[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Bureaux de Lazard au 30 Rockefeller Center à New York (GE Building).

Les origines[modifier | modifier le code]

Lazard Frères & Co.a été fondé en 1848 à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) par trois frères lorrains émigrés aux États-Unis, Alexandre, Lazare et Simon Lazard. Leur activité était à l’origine le négoce depuis la France (mercerie, quincaillerie, épicerie…), mais lorsque la fratrie, rejointe par un autre frère (Élie) et leur cousin Alexandre Weill, s’est installée à San Francisco (Californie), dans le contexte effervescent de la ruée vers l’or, ils se sont orientés vers les services financiers. Alexandre Lazard s’installa à Paris où il ouvrit un bureau en 1854. Entre 1870 et 1880, l’entreprise continua son expansion internationale en ouvrant un bureau à Londres puis à New York, outre celui de San Francisco. La banque Lazard occupa rapidement une place prépondérante dans les transferts d’or et les marchés de change transatlantiques, devenant ainsi la plaque tournante entre les milieux d’affaires français et américains[3].

Les trois maisons de Lazard[modifier | modifier le code]

Au cours du XXe siècle, les trois maisons Lazard (États-Unis, France, Royaume-Uni) étaient gérées de façon indépendante quoique alliées. Les associés de chaque maison ont progressivement construit un puissant réseau international au sein des cercles économiques et politiques, à l’image d’André Meyer ou de Felix Rohatyn, et ont joué un rôle majeur dans l’évolution du paysage économique nord-américain et européen[4][5].« Pour beaucoup, Lazard est la maison qui a inventé la banque d’affaires moderne, celle des fusions-acquisitions » écrit Martine Orange[6]. Lazard est notamment intervenu sur des opérations emblématiques telles que la faillite de New York en 1975[7], mais aussi les crises souveraines comme récemment celle de la Grèce[8]. En 1953, Lazard lance une activité de gestion d’actifs à Londres, qui est l’ancêtre de l’actuel Lazard Asset Management[9] . Au cours de la dernière décennie, Lazard a largement étendu sa présence dans le monde en ouvrant des bureaux en Australie, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient.

Un groupe unifié[modifier | modifier le code]

En 2000, à l’initiative de Michel David-Weill, les trois Maisons Lazard ont été rassemblées sous une seule entité[10], Lazard LLC. En 2005, sous l’impulsion de Bruce Wasserstein, devenu directeur général, Lazard Ltd a été introduit en bourse (NYSE : LAZ)[11]. Le groupe est aujourd’hui dirigé par Kenneth Jacobs, nommé PDG à la disparition de Bruce Wasserstein en 2009[12]. Les opérations financières étant aujourd’hui le plus souvent transnationales, les équipes travaillent de façon intégrée, en faisant intervenir des expertises sectorielles en plus des savoir-faire locaux[13][14].

Activités[modifier | modifier le code]

Conseil financier[modifier | modifier le code]

Lazard conseille ses clients sur un large éventail de questions stratégiques et financières[2].

  • Fusions et acquisitions

Le conseil dit en « fusions acquisitions » couvre toute opération de croissance externe ou de désinvestissement. La banque conseille également sur d’autres opérations structurantes telles que les recapitalisations, « spin-offs » ou scissions.

Pour les entreprises en difficulté financière, Lazard conseille sur tous les aspects de la restructuration. La banque a notamment participé à plusieurs des plus grandes opérations de restructuration provoquées par la crise financière depuis 2007[15].

Lazard conseille également sur les questions de structure de capital et de levée de capitaux. Le conseil en levée de capitaux comprend les opérations de financement sur les marchés cotés ou non coté.

  • Conseil aux gouvernements

Depuis plusieurs décennies, Lazard conseille depuis son bureau à Paris des gouvernements sur tout un éventail de sujets financiers : privatisations, restructurations de dette, notation souveraine… Elle a notamment accompagné la Grèce, mais aussi l’Argentine, l’Équateur, l’Irak, la Côte d'Ivoire ou l’Égypte[16][17].

De 2010 à 2012, Lazard conseille le gouvernement grec notamment lors de la restructuration de la dette privée grecque[18]. Elle est également conseiller du fonds de restructuration bancaire. Selon les informations fournies par Matthieu Pigasse, la banque aurait gagné « une vingtaine de millions d’euros » lors de la première restructuration de la dette grecque. Début février 2015, la banque d'affaires est à nouveau chargée de conseiller le ministère des Finances grec sur la dette publique et la gestion de la politique fiscale[19][20].

Gestion d’actifs[modifier | modifier le code]

L'activité de gestion d'actifs de Lazard fournit des services de gestion sur l’ensemble des classes d’actifs (actions, taux, diversifiée, alternative) à des clients institutionnels, des intermédiaires financiers et des clients privés à travers le monde. Le Groupe gérait 198 milliards de dollars d’actifs à fin octobre 2014[21]. L’activité de gestion d'actifs de Lazard a pour but de produire les meilleurs rendements ajustés au risque et de fournir des solutions de placement personnalisées pour ses clients. La société gère des actifs pour le compte de clients institutionnels (sociétés, syndicats, fonds de pension, fondations, sociétés d'assurance, banques…) et de clients individuels[2].

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Lazard en France[modifier | modifier le code]

Depuis près de 150 ans, Lazard joue un rôle important dans la vie économique et les milieux financiers français. La banque est notamment intervenue sur des opérations emblématiques telles que le sauvetage du franc en 1924, la création de PSA ainsi que sur de nombreuses privatisations[22]. Les diverses sociétés d’investissement de Lazard en France ont été fusionnées pour donner naissance à Eurazeo en 2001, avant que Lazard et Eurazeo ne soient entièrement séparés en 2005[23].

En France, la banque est aujourd’hui dirigée par Bruno Roger et Matthieu Pigasse[13] et figure parmi les premières banques d’affaires sur le M&A français[24][25][26]. En matière de conseil financier, une vingtaine d’Associés-Gérants couvre les différents secteurs d’activité (industrie, télécoms, énergie, restructurations…). L’activité gestion d’actifs (qui comporte huit Associés-Gérants) est exercée en France par Lazard Frères Gestion.

En août 2012, la Banque Lazard est choisie par le gouvernement français pour conseiller l'État dans la création de la Banque publique d'investissement[27]. Ce choix entraîne une polémique politique et médiatique liée à un possible conflit d'intérêts[28],[29]. Toutefois, dans un rapport du 12 mars 2015, la Cour des comptes fait de l'appel d'offres qui a conduit au choix de Lazard un exemple de respect des procédures d'appel d'offres, notant que "le document transmis par la banque Lazard qui a été choisie était le plus complet et le plus précis parmi les offres présentées"[30][31].

Anciens ou actuels Associés-Gérants[modifier | modifier le code]

Bureaux[modifier | modifier le code]

Drapeau des Pays-Bas Amsterdam
Drapeau des États-Unis Atlanta
Drapeau de Bahreïn Bahreïn
Drapeau de la Belgique Bruxelles
Drapeau de la Colombie Bogota
Drapeau de l'Inde Bombay
Drapeau de la France Bordeaux
Drapeau des États-Unis Boston
Drapeau de l’Argentine Buenos Aires
Drapeau des États-Unis Charlotte
Drapeau des États-Unis Chicago
Drapeau des États-Unis Dallas
Drapeau des Émirats arabes unis Dubaï
Drapeau de l'Allemagne Francfort
Drapeau de l'Allemagne Hambourg
Drapeau de Hong Kong Hong Kong
Drapeau des États-Unis Houston
Drapeau du Pérou Lima
Drapeau du Royaume-Uni Londres
Drapeau des États-Unis Los Angeles
Drapeau de la France Lyon
Drapeau de l'Espagne Madrid
Drapeau de l'Australie Melbourne
Drapeau de l'Italie Milan
Drapeau des États-Unis Minneapolis
Drapeau de l'Uruguay Montevideo
Drapeau du Canada Montréal
Drapeau des États-Unis New York
Drapeau du Panama Panama
Drapeau de la France Paris
Drapeau de la République populaire de Chine Pékin
Drapeau de l'Australie Perth
Drapeau de l'Arabie saoudite Riyad
Drapeau des États-Unis San Francisco
Drapeau du Brésil São Paulo
Drapeau du Chili Santiago
Drapeau de la Corée du Sud Séoul
Drapeau de Singapour Singapour
Drapeau de la Suède Stockholm
Drapeau de l'Australie Sydney
Drapeau du Japon Tokyo
Drapeau du Canada Toronto
Drapeau des États-Unis Washington, D.C.
Drapeau de la Suisse Zurich

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] NYSE:LAZ
  2. a, b et c Rapport Annuel 2013
  3. Guy de Rougemont, Lazard Frères : banquiers des Deux Mondes, 1848-1939, chap. 2 à 5 ; Martine Orange, Ces Messieurs de Lazard, chap. 5 et 6.
  4. Martine Orange, Ces Messieurs de Lazard, chap. 10-13.
  5. Lazard a écrit de riches heures de la finance moderne Les Échos.fr, le 4 mai 2005
  6. Martine Orange, Ces Messieurs de Lazard, p. 123.
  7. Felix Rohatyn: The Return of Lazard’s Prodigal Son WSJ.com, le 28 janvier 2010
  8. Athènes choisit la banque Lazard comme conseil Le Figaro.fr, le 31 janvier 2015
  9. http://www.lazard.com/about-lazard/history
  10. Lazard va regrouper ses trois maisons sous un holding central Les Échos.fr, le 8 juin 1999
  11. Lazard fête ses cinq ans de cotation à Wall Street, Les Échos.fr, le 5 mai 2010
  12. a et b Kenneth Jacobs succède à Bruce Wasserstein à la tête de Lazard, Les Échos.fr, le 18 juin 2009
  13. a et b La méthode Pigasse et Roger pour réveiller Lazard Paris Challenges.fr, le 17 juin 2014
  14. Dix mois après sa création, le « hub » européen prend forme Les Échos.fr, le 5 mai 2006
  15. Lazard Appoints Kurtz Restructuring Chief After Ridings, Savage Bloomberg.com, 1er décembre 2012
  16. Egypt hires Lazard to help project planning for investor summit Bloomberg.com, 17 novembre 2014
  17. The Lazard banker shaping Greece and Ukraine's financial fate WSJ.com, 4 février 2015
  18. A Lazard banker is the Greek's financial goddess, Businessweek.com, 19 avril 2012
  19. Athènes choisit la banque Lazard, lefigaro.fr, 31 janvier 2015
  20. Greek radicals play it safe with debt advisers Lazard Reuters.com, 5 février 2015
  21. Lazard LTD reports third quarter and nine month 2014 results
  22. Martine Orange, Ces Messieurs de Lazard p. 79-82, 163-164 et chap.17-18 ; Guy de Rougemont, Lazard Frères : banquiers des Deux Mondes, 1848-1939 (chap. 17)
  23. Histoire Eurazeo
  24. Lazard s'offre la tête du classement français des banques d'affaires Les Échos.fr, le 2 janvier 2015
  25. Quand Lazard France caracole en tête des banques d'affaires Challenges.fr, le 8 janvier 2015
  26. Global M&A Financial Advisory Rankings 4e trimestre 2014
  27. Moscovici justifie le choix de la banque Lazard, latribune.fr, 31 août 2012
  28. La polémique Lazard-BPI pour les nuls, lexpansion.lexpress.fr, 4 septembre 2012
  29. La banque Lazard conseille l'État sur fond de polémique, lefigaro.fr, 30 août 2012
  30. Des banques-conseils rémunérées très en deçà du marché Les Echos.fr, le 13 mars 2015
  31. Le recours par l'État aux conseils extérieurs Site Internet de la Cour des Comptes, 12 mars 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martine Orange, Ces messieurs de Lazard, Albin Michel, 2006. ISBN 2-226-16802-8
  • Anne Sabouret, Lazard Frères et compagnie, une saga de la fortune, Olivier Orban, 2003. ISBN 2-85565-379-7
  • Laurent Chemineau, L'incroyable histoire de Lazard Frères : la banque qui règne sur le monde des affaires, éd. Assouline, 1998. ISBN 2-84323-071-3
  • Guy-Alban de Rougemont, Lazard Frères, Banquiers des Deux Mondes (1840-1939), éd. Fayard, 2011. ISBN 978-2-213-66125-4
  • Anne Sabouret, MM.Lazard Frères et Cie. Une saga de la fortune, Olivier Orban, 1987
  • William D. Cohan, The Last Tycoons: The Secret History of Lazard Frères & Co., 2008
  • Paul J. Newlon, Lazard Freres and Co. V. Rosenfeld (Judah) U.S. Supreme Court Transcript of Record with Supporting Pleadings, 2011
  • La Banques Lazard Frères depuis La Libération, 1954

Liens externes[modifier | modifier le code]