David George Kendall

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David George Kendall
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David Kendall au centre de recherches allemand d'Oberwolfach, en 1971
Naissance
Ripon, Yorkshire (Drapeau de l'Angleterre Angleterre)
Décès (à 89 ans)
Cambridge (Drapeau de l'Angleterre Angleterre)
Domicile Cambridge
Nationalité britannique
Domaines calcul des probabilités, processus stochastiques
Institutions Université de Cambridge, Royal Society
Renommé pour

Notation de Kendall
Processus de Markov à temps continu à nombre d'états infini


théorie des semi-groupes d'opérateurs
Distinctions Médaille Sylvester (1976), Prix Samuel Wilks et Prix Whitehead Senior (1980), Médaille Guy (1981), Médaille De Morgan (1989)

David George Kendall (né le à Ripon, Yorkshire, mort le à Cambridge ; à ne pas confondre avec un autre statisticien britannique, Maurice Kendall) était l'un des spécialistes mondiaux de l'application du calcul des probabilités à l’analyse des données et aux processus stochastiques. Il est passé à la postérité pour la notation qu'il a introduite pour décrire la discipline des files d'attente.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kendall a étudié à Queen´s College, où il obtint son Master en 1943. Il voulait d'abord devenir astrophysicien (et publia d'ailleurs un article en 1938 dans le Zeitschrift für Astrophysik, qui lui valut une bourse d'études)[1], mais se tourna bientôt vers l’analyse abstraite, une branche des Mathématiques pures, à laquelle il avait été initié par la lecture de Hardy[2], et qu'il avait apprise de U. Haslam-Jones et de Edward Charles Titchmarsh. Pendant la guerre, il fut affecté au centre de recherches balistiques d’Aberforth au Pays de Galles, et y travailla à l'exploitation statistique des données sous la direction de William Cook puis de Louis Rosenhead. Il y côtoya notamment Robert Alexander Rankin, Maurice Bartlett (et Frank Anscombe)[3]. En 1946 il obtint le titre de Fellow de Magdalen College (Oxford) et fut ainsi maître de conférences à l'Université d'Oxford. En 1952-53, il partit enseigner à l'Université de Princeton, où il fit la connaissance de William Feller et de John W. Tukey, puis plus tard de Joseph L. Doob et de Mark Kac. En 1962 il se vit offrir la chaire de Statistique mathématique à l’Université de Cambridge et fut admis comme Fellow de Churchill College. Il fut en outre directeur du Statistical Laboratory de Cambridge jusqu'en 1973, date à laquelle il céda la place à Peter Whittle. Il fut enfin élevé au rang de professeur émérite en 1985 par Cambridge, puis en 1989 par Magdalen College.

Il se consacra surtout à la théorie des files d'attente (qu'il aborda au début des années 1950 par le biais de chaîne de Markov discrètes), aux processus stochastiques et à la géométrie stochastique, mais ne négligeait pas leurs applications : il contribua à l'étude statistique des épidémies, s'intéressa au temps moyen de retour des comètes du système Solaire, appliqua les statistiques à l’archéologie (notamment en dépouillant les données de Flinders Petrie relatives à la datation par les vestiges de céramique des strates archéologiques en Égypte), effectua l'analyse des données des registres d'État-civil, s'intéressa à la théorie des barrages en terre et à la démographie. Avec Harry Reuter[4], il développa au cours des années 1950 la théorie des Processus de Markov à temps continu à nombre d'états infini, ainsi que la théorie des semi-groupes d'opérateurs, qui lui permit de mettre en évidence les limites d'application des équations différentielles de Kolmogorov pour ces processus, et même d'anticiper de peu la conclusion de Kolmogorov, Doob etc., ainsi que le théorème de Hille-Yosida. En 1954 il prononça une conférence à l’ICM d'Amsterdam (avec Reuter: Some pathological Markov processes with a denumerable infinity of states and the associated semigroups of operators on It). Kendall était lié d'amitié avec Jerzy Neyman.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Kendall a été élu en 1964 membre (Fellow) de la Royal Society, qui lui a accordé la Médaille Sylvester en 1976, et a fait partie de son conseil d’administration de 1967 à 1969 puis en 1982-83. La Royal Statistical Society a récompensé ses recherches en 1981 par la Médaille Guy en or. En 1980 l'Université de Princeton lui a décerné le Prix Samuel Wilks. De 1972 à 1974 il a été président de la London Mathematical Society, qui lui décernera plus tard le Prix Whitehead Senior (1980) et la Médaille De Morgan (1989). En 1975 il a été président de la Bernoulli Society for Mathematical Statistical and Probability. En 1982 il a présidé la Section de Mathématiques et de Physique de la British Association for the Advancement of Science. Il était par ailleurs membre de l'Académie des sciences de Roumanie (1992) et fut docteur honoris causa de nombreuses universités.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Kendall avait épousé Diana Fletcher en 1952, qui lui donna six enfants, dont le mathématicien Wilfrid Kendall.

Écrits[modifier | modifier le code]

  • (en coll. avec F. R. Hodson et P. Tautu) Mathematics in the Archaeological and Historical Sciences, Mamaia 1970, Pr univ. d'Édimbourg 1971 (avec une annexe: Seriation from abundance matrices)
  • (en coll. avec E.F. Harding) Stochastic Analysis, Wiley 1973 (avec une annexe: An introduction to stochastic analysis, p. 3-43)
  • (en coll. avec E. F. Harding) Stochastic Geometry, Wiley 1974
  • (en coll. avec D. Barden, T.K. Carne et H. Le) Shape and Shape Theory, Wiley 1999
  • Some problems and methods in statistical archeology, in World Archeology vol.1, 1969, p. 68-76
  • Some problems in the theory of comets, sowie The distribution of energy perturbations for Halley´s and some other comets, in Jerzy Neyman (éd.), Proceedings of the 4. Berkeley Symposium on Mathematical Statistica and Probability, 1961
  • Stochastic processes occuring in the theory of queues and their analysis by the method of the imbedded Markov chain, Annals Math.Statistics vol. 24, 1953, p. 338-354
  • Some problems in the theory of queues, J.Royal Statistical Society B, vol.13, 1951, p. 151-173

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John Kingman, « David George Kendall. 15 January 1918–23 October 2007 », Biographical Memoirs Fellow Royal Society., vol. 55, no 14 mai,‎ , p. 121 (DOI 10.1098/rsbm.2008.0017, lire en ligne)
  • J. F. C. Kingman & G. E. H. Reuter (éd.): Probability, statistics and analysis. Papers dedicated to David Kendall for his 65. birthday (= London Mathematical Society Lecture Note Series. no 79). Cambridge University Press, 1983, (ISBN 0-521-28590-9)

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En tant qu'étudiant, il suivit à Oxford les cours de James Jeans sur la radioélectricité, et ceux de H. H. Plaskett et d’Edward Arthur Milne sur l'astronomie. Il publiera par la suite un article sur les applications du calcul des probabilité à la période moyenne des comètes.
  2. Depuis 1931, Hardy avait quitté Oxford pour Cambridge. Sur la recommandation de ses maîtres, Kendall étudia l'ouvrage Pure Mathematics de Hardy.
  3. Jusque dans les années 1990, Kendall garda secret ce qu'il avait fait là-bas. En 1996-97 il publia avec K. Post deux articles qui lèvent un coin du voile : The British 3 Inch Antiaircraft Rocket, Notes Rec. Royal Soc., vol. 50, 1996, p. 229, et vol. 51 1997, p. 133
  4. Il s'agit du fils d'Ernst Reuter, professeur de mathématiques à l'Université de Durham

Liens externes[modifier | modifier le code]