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Charlotte de Luxembourg

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Charlotte
La grande-duchesse Charlotte de Luxembourg au début des années 1940.
La grande-duchesse Charlotte de Luxembourg au début des années 1940.
Titre
7e grande-duchesse de Luxembourg

(45 ans 9 mois et 28 jours)
Couronnement (prestation de serment)
Président du gouvernement Émile Reuter
Pierre Prüm
Joseph Bech
Pierre Dupong
Joseph Bech
Pierre Frieden
Pierre Werner
Prédécesseur Marie-Adélaïde
Successeur Jean
Héritière présomptive du trône de Luxembourg

(6 ans 10 mois et 21 jours)
Monarque Marie-Adélaïde
Prédécesseur Marie-Adélaïde, grande-duchesse héritière
Successeur Hilda de Luxembourg
Biographie
Dynastie Maison de Nassau-Weilbourg
Nom de naissance Charlotte Adelgonde Élisabeth Marie Wilhelmine de Nassau
Date de naissance
Lieu de naissance Colmar-Berg (Luxembourg)
Date de décès (à 89 ans)
Lieu de décès Fischbach (Luxembourg)
Sépulture Crypte de la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg
Père Guillaume IV de Luxembourg
Mère Marie-Anne de Portugal
Conjoint Félix de Bourbon de Parme
Enfant(s) Jean Red crown.png
Élisabeth de Luxembourg
Marie-Adélaïde de Luxembourg
Marie-Gabrielle de Luxembourg
Charles de Luxembourg
Alix de Luxembourg
Religion Catholicisme romain

Charlotte de Luxembourg
Grands-ducs de Luxembourg

Charlotte Adelgonde Élisabeth Marie Wilhelmine de Nassau, née le au château de Berg (dans le grand-duché de Luxembourg) et décédée le au château de Fischbach (Luxembourg), fille du grand-duc Guillaume IV et de l’infante Marie-Anne de Portugal, est la septième souveraine du Luxembourg entre l’abdication de sa sœur aînée Marie-Adélaïde, en 1919, et la sienne, en 1964, en faveur de son fils le prince Jean de Luxembourg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Deuxième fille de Guillaume IV de Luxembourg et de son épouse Marie-Anne de Bragance, infante du Portugal, elle succède à sa sœur aînée Marie-Adélaïde qui, accusée de germanophilie durant la grande guerre, dut abdiquer le [1].

Le , un double référendum a lieu sur l'orientation économique du pays (union économique avec la France ou la Belgique) et sur le futur régime politique du Luxembourg : 77,8 % des électeurs votent en faveur du maintien de la dynastie sous le règne de la grande-duchesse Charlotte, 19,6 % pour une République et 1 % pour une autre dynastie[2].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le dans la cathédrale de Luxembourg, la grande-duchesse Charlotte épouse son cousin germain le prince Félix de Bourbon-Parme, intégré la veille dans la noblesse luxembourgeoise avec le titre de prince de Bourbon de Parme et celui de prince consort de Luxembourg, et ce malgré l'opposition du gouvernement luxembourgeois qui reproche à cet officier de l'armée austro-hongroise d'avoir combattu contre les Alliés durant la première guerre mondiale[3]. De leur union naissent six enfants[4] :

Règne[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, la famille grand-ducale quitte le Luxembourg in extremis avant l'arrivée des troupes nazies. L'armée allemande viole en effet la neutralité du Luxembourg le 9 mai 1940 alors que la grande-duchesse se trouve au château de Colmar-Berg. Dans la journée, elle convoque un conseil ministériel extraordinaire en la capitale ; tous décident de se placer sous la protection de la France. La grande-duchesse Charlotte déclare : « Décision difficile, mais nécessaire »[5]. La famille grand-ducale s'exile d'abord au château de La Celle, au château du Vieux-Bost (propriété de François-Xavier de Bourbon-Parme sur la ligne de démarcation) et au château de Montastruc dans le Périgord, mais la victoire allemande conduit le gouvernement français à refuser d'assurer sa sécurité. Elle obtient, du gouvernement espagnol, de traverser le pays, sans pourtant pouvoir y rester, puis gagne le Portugal[6].

L'Allemagne nazie lui propose de la rétablir dans ses fonctions à la tête du grand-duché ; elle répond : « Mon cœur dit oui, mais ma raison dit non »[7]. La grande-duchesse Charlotte se trouve le 29 août à Londres, où elle commence à alimenter les quelques foyers de résistance luxembourgeoise depuis la BBC. Elle se rend en octobre suivant aux États-UnisMarjorie Merriweather Post (en) lui met à disposition sa propriété de Hillwood à Long Island, puis en novembre 1940 s'installe à Montréal au Canada, où ses enfants poursuivent leurs études. Elle rencontre à plusieurs reprises le président américain Franklin D. Roosevelt et parcourt les États-Unis pour essayer de convaincre les citoyens américains d'entrer en guerre. À l'instar de son voisin, le département français de la Moselle, le grand-duché est annexé par le Troisième Reich dans le cadre de sa politique annexionniste Heim ins Reich mais le gouvernement luxembourgeois a un siège délocalisé à Londres et Monréal[8].

À partir de 1943, la grande-duchesse Charlotte s'installe définitivement à Londres avec le gouvernement luxembourgeois, et s'adresse régulièrement à ses compatriotes sur les ondes de la BBC. Très populaire, elle devient le symbole de la résistance du pays[9].

La sœur de la grande-duchesse, la princesse Antonia de Luxembourg, épouse du prince royal Rupprecht de Bavière, est déportée au camp de Dachau, puis de Flossenburg, où elle subira d'atroces tortures. Depuis 1942, le fils de la grande-duchesse, Jean, est engagé en novembre 1942 dans les Irish Guards, où il porte le nom de « lieutenant Luxembourg »[10].

La ville de Luxembourg est libérée en septembre 1944, par le corps d'armée américain anglo-saxon dans lequel sert le grand-duc héritier Jean. Mais la capitale est de nouveau menacée par l'offensive des Ardennes, du 16 décembre 1944 au 23 janvier 1945. La grande-duchesse revient au Luxembourg le 14 avril 1945 et entreprend une tournée des régions dévastées par la guerre. Des élections, organisées après la capitulation allemande, sont favorables au Premier ministre Pierre Dupong que Charlotte reconduit dans ses fonctions. En 1949, le Luxembourg abandonne sa neutralité pour rejoindre l'OTAN.

En 1956, la grande-duchesse Charlotte reçoit la Rose d'or, décernée par le pape Pie XII. C'est une rose artificielle à feuilles d'or que le Pape bénit et ne confère qu'en de rares occasions à des souverains ou princes catholiques.

La fin de son règne est marquée par les débuts de la construction européenne. Le 26 mai 1964, accompagnée par son mari ainsi que les couples présidentiels français et allemand, la grande-duchesse inaugure le tronçon canalisé de la Moselle entre Metz et Thionville.

Elle abdique le en faveur de son fils aîné, qui devient le grand-duc Jean, et se retire dans son château de Fischbach où elle s'était installée après la guerre[11].

À l'occasion de leurs noces d'or en 1969, la grande-duchesse Charlotte et le prince Félix reçoivent la croix de l'ordre de la Résistance. Le prince décède un an plus tard. La dernière apparition publique de la grande-duchesse a lieu le 15 mai 1985 lors d'une rencontre avec le pape Jean-Paul II au palais grand-ducal de Luxembourg. Elle meurt en juillet 1985 et repose dans la crypte de la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg.

Avenir de la Maison de Nassau[modifier | modifier le code]

La maison de Nassau du Luxembourg s'est éteinte avec le décès de la grande-duchesse Charlotte, puis avec l'extinction de la branche des comtes de Merenberg. Néanmoins, le nom de Nassau est conservé par ses descendants, qui eux font partie de la maison de Bourbon-Parme. Charlotte de Luxembourg fut la dernière représentante de la huitième branche (branche cadette de Nassau-Weilburg), elle-même issue de la septième branche (branche aînée de Nassau-Weilburg) de la Maison de Nassau, cette branche cadette de Nassau-Weilburg appartient à la tige valramienne qui donna des grands-ducs au Luxembourg.

Postérité[modifier | modifier le code]

Au milieu de la place de Clairefontaine de la ville de Luxembourg, se dresse depuis 1990 une statue[12] de la grande-duchesse de Luxembourg.

La grande-duchesse Charlotte est à l'origine de la date de la fête nationale luxembourgeoise. En effet, son anniversaire tombait le 23 janvier et cette célébration avait toujours lieu pendant les durs mois d'hiver. Pour plus de commodité climatique, cette fête a été déplacée au 23 juin à partir de 1961 et ce jour est resté depuis comme le jour de la fête nationale (officiellement « Jour de la célébration officielle du jour anniversaire de la naissance du Grand-Duc »).

Titres et honneurs[modifier | modifier le code]

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 23 janvier 1896 — 14 janvier 1919 : Son Altesse Grand-ducale la princesse Charlotte de Luxembourg, princesse de Nassau
  • 14 janvier 1919 — 5 novembre 1919 : Son Altesse Royale la grande-duchesse de Luxembourg, duchesse à Nassau
  • 5 novembre 1919 — 12 novembre 1964 : Son Altesse Royale la grande-duchesse de Luxembourg, duchesse à Nassau, princesse de Bourbon de Parme
  • 12 novembre 1964 — 9 juillet 1985 : Son Altesse Royale la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg, duchesse à Nassau, princesse de Bourbon de Parme

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) James Newcomer, The Grand Duchy of Luxembourg, University Press of America,‎ 1984, p. 237
  2. (de) Gilbert Trausch, Europa in seinen Institutionen: Identifizierung und Strukturierung, Nomos-Verlag,‎ 2005, p. 136
  3. Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 666
  4. Badts de Cugnac et Coutant de Saisseval 2002, p. 675 à 678
  5. Point de vue - Hors-série - Histoire, « Les rois dans la guerre 1939-1945 », no 5, octobre 2010, page 21.
  6. Jean des Cars, Le sceptre et le sang, Perrin,‎ 2014, p. 121
  7. Point de vue -Hors-série - Histoire, « Les rois dans la guerre 1939-1945 », no 5, octobre 2010, page 22.
  8. Marc Feyereisen, Brigitte Louise Pochon, L'État du Grand-duché de Luxembourg, Primento,‎ 2014, p. 13
  9. Albert Calmes, Christian Calmes, Histoire contemporaine du Grand-Duché de Luxembourg, Imprimerie Saint-Paul,‎ 1994, p. 373
  10. (en) Irish Guards: The First Hundred Years 1900-2000, Spellmount,‎ 2000, p. 116
  11. Guy Coutant de Saisseval, Les Maisons impériales et royales d'Europe, Éditions du Palais-Royal,‎ 1966, p. 357
  12. Sur le socle est gravé en luxembourgeois « Mirhun lech gaer », ce qui veut dire « Nous vous aimons ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Linden, « Léif Lëtzebuerger… dir dohém a mir hei baussen… the radio speeches of Great-Duchess Charlotte in exile - In…ët wor alles net esou einfach », Questions sur le Luxembourg et la Deuxième Guerre mondiale, Luxembourg, 2002.
  • Chantal de Badts de Cugnac et Guy Coutant de Saisseval, Le Petit Gotha, Paris, Éditions Le Petit Gotha, coll. « Petit Gotha »,‎ 2002 (1re éd. 1993), 989 p. (ISBN 2-9507974-3-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]