Attraction interpersonnelle

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L’ attraction interpersonnelle est un concept largement étudié en psychologie sociale. Ce processus graduel mène à la découverte d’affinité avec autrui, une étape essentielle à l’établissement d’une relation interpersonnelle pouvant aboutir à des relations plus intimes comme des relations amicales ou amoureuses. L’approche psychosociale permet d’investiguer la question du pourquoi sommes-nous attirés par une personne plutôt que par une autre. Elle se concentre sur les situations et les circonstances qui permettent la naissance d’une relation.

L’ attraction n’est pas unicausale. En effet, ce qui influence la naissance de l’attraction peut changer avec le temps et être différent pour chaque personne puisqu’elle dépend de la valeur qu’accorde un individu à un comportement d’une autre personne. Elle varie également selon la situation[1]. C'est pourquoi les facteurs tels que la proximité, l’apparence physique, la similarité et la complémentarité jouent un rôle déterminant dans le développement d'une relation plus profonde.


Définition[modifier | modifier le code]

Attraction[modifier | modifier le code]

L’ attraction peut se définir comme une pensée impliquant une évaluation positive envers autrui ou un objet suite à un contact. Elle trouve ses racines dans trois composantes différentes, à savoir : une composante cognitive, une composante affective et une composante conative [2]. Le niveau cognitif consiste en l’ensemble des croyances et des perceptions des compétences que nous formons à propos d’autrui. Le niveau affectif, quant à lui, englobe les réponses émotionnelles concernant autrui et le niveau conatif concerne notamment les intentions de comportement que nous avons envers l’autre. Les attitudes positives envers autrui, comme l’attraction, ne sont pas directement observables, mais sont plutôt déduites à partir des comportements, comme les gestes et les paroles. L’attraction s’oppose donc à la répulsion, un sentiment négatif qui va être lié au souhait de maintenir une distance avec quelqu’un.


Attraction Interpersonnelle[modifier | modifier le code]

L’ attraction interpersonnelle est un processus graduel menant à la découverte d’affinité avec autrui lorsque des personnes manifestent leur affinité l’une envers l’autre. Elle est une étape essentielle à l’établissement d’une relation interpersonnelle qui peut aboutir à des relations amicales ou amoureuses. L’évolution de ce processus est influencée par plusieurs facteurs, comme la proximité, la complémentarité, la similarité et l’apparence.

Attraction Personnelle et Attraction sociale[modifier | modifier le code]

La théorie de l’identité sociale et de l’auto catégorisation contribuent à définir les différences entre l’ attraction personnelle et l’ attraction sociale. Selon Hogg (1992), Hogg et Hardie (1991) et Hogg et Turner (1985) cité par l'article de Michinov et Monteil [3], l' attraction sociale serait « déterminée par les caractéristiques prototypiques des membres du groupe d’appartenance (attributs ou comportements prototypiques de la catégorie sociale)», tandis qu'à l'inverse, l’attraction personnelle serait « déterminée par les caractéristiques idiosyncrasiques de chaque individu (personnalité, âge, sexe, similitudes d’attitudes, valeurs) et ne dépendrait pas de l’identification au groupe ».

Ces différences suggère que, pour la théorie de l’identité sociale, l’avis d’une personne sur autrui peut changer selon sa position : soit comme membre d’un groupe social, soit comme une personne indépendante. Plusieurs recherches ont été réalisées dans le but de vérifier ces hypothèses, notamment Duck, Hogg et Terry (1998), Hogg, Cooper-Schaw et Holzworth (1993), Hogg, Hardie (1991), Hogg, Hardie et Reynolds (1995). Les résultats de ces études ont démontré que lorsque l’identité sociale est activée, la similitude interpersonnelle semble avoir moins d'importante pour l’attraction [4] [5] [6] [7]. C'est-à-dire que l’individu passe de son identité personnelle à son identité sociale, et inversement, au bénéfice de la catégorie social d’appartenance qu'il veut mettre en évidente. Ces postulats marquent la différence entre l’attraction sociale et l’attraction personnelle qui rendent saillant la catégorisation de l’individu. Par exemple, lorsqu'une personne utilise la catégorisation de genre, elle active l’attraction sociale mais lorsque la catégorie de genre est non saillante, elle ouvre le champ aux « similitudes d’attitudes » pour influencer l’attraction et active donc l'attraction personnelle.

Selon Michinov et Monteil (2003)[3], quand l’identité sociale des individus est activée, ces derniers vont être amenés à se comporter comme des personnes qui appartiennent à un groupe social déterminé. Les individus vont juger l’attraction selon les informations prototypiques de leur catégorie d’appartenance. Les informations personnelles (attitudes, centre d’intérêts, etc.) vont être déterminantes lors de l’attraction personnelle, pour que l’individu puisse s’auto-percevoir comme une personne unique. Ces auteurs appuient sur l'importance du fait que « l’activation de l’identité sociale d’un individu est sensible au moindre changement dans la situation sociale ». Une situation spécifiquement intergroupe n'est pas essentielle pour s’auto-catégoriser dans un groupe d’appartenance déterminé. Le passage de l’identité personnelle à l’identité sociale peut simplement se faire par pensée pour son groupe d’appartenance.

D'après Hogg (1992) [8], les caractéristiques individuelles et collectives sont regroupées dans une dynamique des relations interpersonnelles. Michinov et Monteil (2003)[3] appuyent ces dires en expliquant que le choix de l’attraction ne peut pas se résumé uniquement à l'interaction de deux personnes, puisque le contexte social joue un rôle dans déterminant dans l'expression de l’attraction. Ce contexte n'est pas limité exclusivement aux comportements individuels, il est également relié aux représentations et valeurs sociales de chaque sujet. En résumé, le contexte social a son importance dans le développement de l’attraction interpersonnelle qui ne repose pas seulement les caractéristiques intrinsèques des individus.

Les étapes du développement des relations[modifier | modifier le code]

Selon Moser[9], quel que soit le type de relation, les individus passent par les mêmes étapes, à savoir : la prise de conscience d'autrui, l'exploration mutuelle et la réciprocité. Les différents facteurs influençant la relation conduisent à une implication mutuelle qui présuppose que les individus appliquent préalablement certains filtres afin de réguler l’autorévélation et l’intimité réciproque.

Prise de conscience d’autrui et formation des impressions[modifier | modifier le code]

Dans son livre, Moser [9] explique que toute relation interpersonnelle nécessite une prise de conscience d’autrui. Ensuite, au fur et à mesure que les interactions progressent, l’exploration mutuelle devient une étape décisive à tout commencement d’une relation.

Le côtoiement[modifier | modifier le code]

Avant toute chose, pour que deux personnes puissent être attirées, il est nécessaire qu’elles soient en présence l’une de l’autre et qu’elles en soient conscientes. Un individu peut rencontrer beaucoup de personnes, comme lors d’un concert par exemple, mais sans pour autant se rendre compte de la réelle présence d’autrui. Lors de ces situations, les rencontres entre individus sont brèves et les contacts ne sont pas suivis d’interactions. Ces dernières ne constituent que de brefs côtoiements. Pour Moser [9] ce stade ne se base presque exclusivement que sur les caractéristiques physiques.

Les contacts superficiels[modifier | modifier le code]

Les contacts superficiels, quant à eux, font références à des situations ponctuelles où des individus se rencontrent et rentrent en contact les uns avec les autres sans pour autant se connaître. Par exemple, lorsqu’on demande un renseignement à une personne en rue. La fréquence des contacts physiques augmente les interactions entre les personnes. De ce fait, les individus seront amenés à faire connaissance et éventuellement éprouver de la sympathie l'un pour l'autre. L’interaction peut alors se développer en une relation interpersonnelle.

L’exploration mutuelle[modifier | modifier le code]

Une autre étape déterminante dans le commencement d’une relation d'après Moser [9], est celle de l’exploration mutuelle. Lors de celle-ci, les individus se rencontrent volontairement. De plus, ils ont l’intention de faire connaissance en échangeant des idées et des intérêts. La continuité de la relation va dépendre des caractéristiques physiques, des comportements verbaux et non verbaux ainsi que des similitudes que chaque individu à l'occasion d'échanger avec l’autre lors de ces interactions.

Le développement vers une relation plus intime se fera si les protagonistes sortent des caractéristiques conventionnelles. Pour ce faire, chacun doit donner l’impression d’être intéressé par l’autre pour que l’interaction continue. A ce moment, un filtre opérera sur les individus qui recherchent des similitudes dans les idées, pensées et comportements partagés. Ces échanges sont importants afin que les sujets s’explorent mutuellement et augmentent leurs connaissances réciproques. Dès lors, ils décideront d’arrêter la relation ou au contraire, de la continuer. Dans ce cas, la relation deviendra plus intime. Elle pourra aboutir à une relation d’amitié ou d’amour.

Réciprocité de l’intérêt pour autrui[modifier | modifier le code]

Gabriel Moser [9], dans son livre, explique qu’après des échanges répétés, les sujets confirment (ou non) leurs intérêts réciproques. Dans le cas d'une réciprocité positive, ils peuvent progressivement s’engager dans une relation plus profonde. Les individus passent alors à une étape intermédiaire, celle de l’autorévélation. Il s’agit d'une réciprocité émotionnelle, cognitive et comportementale dans laquelle les sujets se dévoilent mutuellement des informations plus intimes. L’autorévélation permet aux partenaires d’accroitre le partage de leurs similitudes, de leurs attitudes, de leurs valeurs, de leurs caractéristiques de personnalité, etc. Dès lors, les protagonistes commencent la découverte d’autrui de manière plus intime. Quant au niveau de réciprocité, ce dernier est déterminé par les partenaires.

Les facteurs qui déterminent l'attraction mutuelle[modifier | modifier le code]

Proximité Physique[modifier | modifier le code]

Parmi les facteurs influençant l’attraction interpersonnelle, la proximité apparait comme nécessaire à l’établissement d’une relation quelconque avec une personne.

Plusieurs études ont démontré que les individus choisissent leurs amis et leurs partenaires parmi ceux qui sont à proximité, autrement dit, accessible physiquement. L’étude de Frestinger, Schachter et Back (1950)[10] ont étudié à travers leur expérience le rôle de la proximité physique dans le développement de l’attraction interpersonnelle. Ces chercheurs s’attendaient à ce que les personnes habitant relativement proche les unes aux autres, dans un même immeuble, créent des relations amicales. En effet, lorsqu’ils ont demandé aux sujets quelles étaient les trois personnes qu’ils fréquentaient le plus volontiers, ceux-ci répondaient le plus souvent, leurs voisins immédiats. Cette proximité permet aux individus de se croiser et de parler davantage, créant des espaces pour développer des liens amicaux.

Plus tard, dans son livre, Moser [9] fait référence à la recherche de Segal (1974) confirmant cet effet de proximité. Ce dernier, a observé des stagiaires répartis dans des chambres en fonction de l’ordre alphabétique de leur nom de famille. Lorsqu’il a demandé aux jeunes de nommer les trois amis les plus importants pour eux, il a constaté que plus leur nom était proche dans la liste alphabétique, plus la probabilité pour qu’ils soient amis était grande.

La proximité semble être un facteur important à l’établissement d’une attraction interpersonnelle. Arkin et Burger (1980) suggèrent dans le livre de Mugny, Oberlé et Beauvois [11] que, premièrement, cette proximité physique augmente les possibilités d’interaction avec autrui et que, deuxièmement, elle permet d’anticiper l’interaction via la formation d’a priori. Si ce dernier est positif, les relations avec autrui seront probablement plus harmonieuses.

Robert Zajonc et ses collègues (1971[12] ,1974[13]) ont constaté que la proximité avait un effet sur l’attraction via la familiarité. Selon eux, la simple exposition à un stimulus est suffisante pour accroitre l’attraction. Cet effet expose le fait qu’un individu aurait des préférences pour des stimuli auxquels il a déjà été exposés, même s'il est inconscient que ceux-ci lui sont familier. Selon ces recherches, le contact répété avec une personne engendre des sentiments positifs, comme l’affection.

Bédard, Déziel, Lamarche [14] évoquent également l’étude de Tyler et Sears (1977), qui expliquent l’effet de la proximité sur l’attraction par la dissonance cognitive, à savoir : une contradiction entre deux éléments cognitifs. Selon eux, il serait plus avantageux d’avoir de l'affection pour des individus de notre entourage en valorisant leurs points positifs. Cette explication permettrait de comprendre pourquoi des personnes évitent les situations désagréables avec leurs voisins qu’ils n’apprécient pas mais qui pourtant sont physiquement proche d’eux.

Mugny, Oberlé et Beauvois [11] stipulent que la proximité peut rapidement devenir une source d’hostilité si certaines règles ne sont pas respectées. D’après eux, la distance établie entre deux personnes lors d’une interaction varie selon les situations et les cultures. Hall (1966), cité par Bédard, Déziel, Lamarche [14] , a défini quatre zone de proximité : la distance intime, à laquelle on peut percevoir l’odeur et les détails de la peau de l’autre personne ; la distance personnelle, qui convient aux échanges quotidiens avec des amis ou des parents ; la distance sociale, correspondant aux rapports d’affaires entre les personnes et traduit une relation plutôt impersonnelle et la distance publique, qui s’applique aux échanges collectifs avec peu d’interaction.

Schiffendauer et Schiavo (1975) [15] ont démontré que si des individus interagissent négativement, le fait qu’ils soient proches l’un de l’autre augmentera l’hostilité. En revanche, les interactions proches et positives entre deux protagonistes accroitront la qualité de cette l’interaction.

Apparence physique[modifier | modifier le code]

Selon Reis, Nezlek et Wheeler (1980)[16], Reis, Wheeler, Spiegel, Kernis,Nezlek et Perri(1982)[17] et Walster, Aronson, Abrahams et Rottman(1966)[18], malgré que la pensée populaire à travers les âges indique qu’il ne faille pas s’arrêter à la beauté physique, l’apparence physique semble joué un rôle non négligeable lors d’attraction initiale. Nous pouvons nous demander ce qui nous attire de prime à bord abord chez les autres, mais il serait mal vu de répondre l’ apparence physique. Pourtant, celle-ci est un déterminant primordial de l’attraction. Différentes recherches ont démontré que la beauté physique d’une jeune femme pouvait assez bien prédire la fréquence de ses rendez-vous amoureux et dans une moindre mesure, il en va de même pour les jeunes hommes.

Dans leur expérience, Walster et ses collègues en 1966[19] ont pu confirmer l’influence de la beauté physique sur l’attraction. Lors d’une danse de bienvenue, des nouveaux étudiants de l'Université du Minnesota furent appariés aléatoirement par un ordinateur pour former des couples. Préalablement, ils avaient été évalués par un groupe de juges sur leur beauté physique et les chercheurs avaient eu accès à leurs résultats de tests d’aptitudes et de personnalité. Après deux heures d’interactions, chaque étudiant devait faire part de leur sentiment envers le partenaire qui leur avait été attribué. En dépit des autres facteurs, comme l’intelligence ou la personnalité, seule la beauté physique de la personne ressortait comme celui qui était déterminant. Plus la femme était jolie, plus son partenaire l’appréciait et désirait la revoir. Les résultats pour les hommes allaient dans le même sens.

L’appariement de la beauté[modifier | modifier le code]

Selon Hatfield et Sprecher (1986)[20], de façon général, les personnes attirantes seraient plus appréciées que les personnes dont l’apparence paraîtrait plus ordinaire. Pour Gergen et Gergen (1984)[1] il ne semble pourtant pas que les gens recherchent la personne la plus attractive. Dans son étude, Murstein en 1986 [21] constate que les individus s’associent avec d’autres personnes aussi séduisantes qu’eux. Berscheid, Dion, Walster et Walster (1971)[22] appuient ces dires grâce à leur expérience dans laquelle ils ont pu établir que la fréquence des interactions avec des personnes de sexe opposé est plus élevée envers les individus qui sont au même niveau d’attraction qu’eux. L’attirance physique faisant alors office de critère d’interaction pour une personne de sexe opposé. Cette tendance à s’assortir, signifierait, selon Myers[23] qu’à la fois chez les hommes et chez les femmes, il y aurait ce penchant pour choisir des personnes qui s’apparient bien à leur apparence plutôt qu’à leurs autres traits de caractère.

Néanmoins, tous les couples heureux n’ont pas toujours des partenaires qui s’égalent en beauté. Dans ces cas-là, il arrive que la personne la moins belle possède alors des qualités compensatrices, ce qui permet un certain équilibre. Ainsi, Elder (1969)[24] expose dans son étude le processus d’échanges sociaux selon lequel une femme rechercherait un statut élevé chez l’homme en échange de ses ressources personnelles pour un mariage.

D’autres chercheurs, Stevens, Owens et Schaefer[25] ont trouvé dans leurs analyses portant sur 129 couples de jeunes mariés des corrélations significatives entre les niveaux d’études et d’attractivité. Leurs résultats ont montré également que les personnes moins attrayantes pouvaient tout autant avoir des conjoints d’un bon niveau d’éducation que les personnes plus attractives. En particulier, les femmes attrayantes n’étaient pas plus susceptibles que les autres femmes moins attrayantes d’avoir des maris très instruits. Ces hypothèses restent donc encore à être explorées.

La beauté, un jugement subjectif[modifier | modifier le code]

Bien entendu, le jugement de beauté est subjectif et propre à chacun. Il n’existe pas de critères objectifs ou scientifiques. L’évaluation des caractères physiques varient selon les époques, les cultures et les tendances. Les critères universels n’existent point, ils fluctuent au sein d’une même culture et d’une même période. Cependant, certaines recherches confirment que la symétrie d’un visage le rend plus attirant[26]. Seulement, aucun visage n’est parfaitement symétrique. Dans une étude ultérieure, Rhodes et ses collègues [27] ont démontré que les individus ont une préférence pour les visages moyens, c’est-à-dire des visages dont la configuration des différents traits comme les yeux, la bouche et le nez, équivaut à la moyenne des autres visages. Pour ce faire, ces chercheurs ont créé deux visages moyens artificiels à partir de 48 photos de jeunes femmes et de jeunes hommes, un visage féminin et un visage masculin, qu’ils ont exposés à des sujets en même temps que d’autres visages atypiques. Les résultats ont penché pour une préférence envers les visages moyens plutôt que les autres.

La similitude et la complémentarité[modifier | modifier le code]

La similitude[modifier | modifier le code]

La similitude est un troisième facteur intervenant dans l’attraction interpersonnelle. Comme expliqué précédemment, la proximité renforce la familiarité, qui, à son tour, permet à deux individus de découvrir leurs similitudes. Celles-ci viennent alors consolider les relations entre les deux protagonistes.

Les psychologues sociaux ont tenté de comprendre pourquoi la similitude engendrait l’attraction. Premièrement, selon Heider (1958) cité dans le livre de Bédard, Déziel et Mamarche [14] les similitudes entre individus permettraient d’entretenir des relations équilibrées avec autrui. Selon cette théorie, une relation sera plus harmonieuse si les individus partagent les mêmes intérêts. Deuxièmement, selon le béhaviorisme, si nous aimons les gens qui nous ressemblent c’est tout simplement parce qu’ils nous renforcent dans ce que nous sommes. Troisièmement, la similitude pourrait être la conséquance de la relation. Autrement dit, les gens se ressembleraient avec le temps. Quatriemement, la similitude proviendrait du fait que nous avons tout simplement plus de chance de rencontrer les individus similaires à nous, c'est-à-dire habitant dans le même quartier (Bédard, Déziel et Lamarche)[14].

Similitude socio-démographique[modifier | modifier le code]

L'étude de Warren (1966), dans livre de Moser [9], stipule que les individus côtoieraient les personnes avec qui ils partagent le même niveau d’éducation, le même lieu d’habitat ainsi que la religion et les habitudes. Autrement dit, avec qui ils partagent des similitudes sociodémographique.

En revanche, il est difficile de distinguer si la similitude démographique est une préférence des individus ou simplemement un effet de la similitude géographique. Par exemple, un individu a plus de chance de rencontrer quelqu’un qui ayant même statut et habitant le même endroit que lui. Newcomb [28], a démontré que des étudiants de première année préféraient ceux avec des caractéristiques démographiques similaires aux leurs, comme l’âge, l’origine et l’éducation.

Similitude de l'attractivité physique[modifier | modifier le code]

La similitude de l’attractivité est également étudié dans l’attraction interpersonnelle. Cependant, ces résultats sont contradictoires. Certaines expériences, comme celle de Berscheid et ses collègues en 1971 [22], démontrent que cette similitude joue un rôle important dans l’attraction alors que d'autres (Huston, 1973; cité par Moser)[9] prouvent le contraire.

Selon d'autres, la similitude de l’attractivité physique jouerait un rôle dans des relations établies et engagée comme des personnes mariées ou fiancées. Folkes (1982) cité dans le livre de Moser[9] a démontré que plus la similitude entre deux individus était importante, plus la relation avait des chances de progresser. Cepandant, le jugement de cette beauté est relatif. Dermer et Thiel (1975)[29] ont démontré qu’une femme peu attractive évaluait des femmes moyennement attractives de manière plus favorable que des femmes très attractives. En revanche, si la femme est très attractive, elle évaluera plus positivement les femmes très attractives.

Néanmoins, bien que la similitude de l’attractivité physique joue un rôle lors de l’attirance, elle ne prédira pas l’évolution d’une relation ni la stabilité d’un couple. Lorsqu’une relation est déjà établie, elle n’influence plus la relation (Murstein, 1972; cité par Moser)[9].

Similitude des attitudes[modifier | modifier le code]

Un autre type de similitude susceptible d’influencer la relation est la similitude des attitudes. Selon une étude réalisée par Newcomb (1961)[28], des étudiants préfèrent des condisciples qui partagent leurs attitudes. Plus tard, Byrne et Clore (1970)[30] ont également démontré que des individus ayant des opinions, des valeurs et des croyances similaires étaient plus fréquemment attiré les uns avec les autres. Au fur et à mesure que la relation s’établit, les similitudes ou les dissimilitudes seront de plus en plus évidentes. Cela influencera l’attraction interpersonnelle, et donc, la continuité de la relation.

La complémentarité[modifier | modifier le code]

Comme pour la similitude, différents types de complémentarité vont influencer l’attraction au sein d’une relation. Ce facteur est tout aussi important que la similitude dans l'établissement et le maintient d’une relation plus intime.

Complémentarité des traits de personnalité[modifier | modifier le code]

Kaplan et Anderson (1973)[31] ont démontré que les individus étaient plus attirés par ceux ayant des traits de personnalité valorisant et complémentaire aux nôtres. Leonard (1975) cité dans le livre de Bédart et ses collègues[14], a confirmé cet effet de complémentarité : les personne ayant une faible estime d’eux-même ne sont pas attiré par les gens qui leur ressemblent.

Complémentarité des besoins[modifier | modifier le code]

Selon Winch, Ktsanes et Ktsanes (1954)[32], la complémentarité de besoins joue également un rôle dans l'attraction. Les individus sélectionneraient leur partenaire sur leurs capacités à satisfaire leurs besoins.

Par exemple, un individu qui a tendance à se soumettre choisira un partenaire dominant et vice versa. De plus, une personne ayant besoin d'être protégée sera plus attiré par un individu protecteur et inversement. Ces complémentarités de besoin seraient le reflet de certains stéréotypes des rôles de la femme et de l’homme.

Kerckhoff et Davis (1962)[33] ont étudié deux types de couples durant sept mois : des couples ensemble depuis mois d’un an et des couples ensemble depuis plus de dix-huit mois. Les résultats ont montré que, chez les les couples de moins d’un an, la concordance de valeurs était un meilleur prédicateur de la progression du couple. Chez ceux de plus de dix-huit mois, cependant, c’est la complémentarité des besoins qui prédit plus la stabilité.

Selon certains, la similiarité est importante pour l'établissement d’une relation et la complémentarité pour le maintien d’une relation établie. En revanche, pour d’autres, notamment Levinger, Senn et Jorgensen (1970) [34], la similarité d’attitudes semblerait importante dans toutes les étapes de la relation. La complémentarité, quant à elle, serait limitée à quelques situations particulières et aux valeurs des partenaires.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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