Attentat de l'aéroport d'Orly

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L’attentat d'Orly est un attentat à la bombe perpétré à l'aéroport d'Orly près de Paris, le 15 juillet 1983. La bombe explose dans le hall du terminal sud, près du bureau d'enregistrement des Turkish Airlines.

Varoujan Garbidjian, syrio-arménien âgé de vingt-neuf ans, se fait passer pour un voyageur trop chargé ne voulant pas s'acquitter de la surtaxe et propose 65 dollars aux passagers pour prendre sa grosse valise dans laquelle est placée une bombe constituée d'un demi-kilo de Semtex raccordé à trois bonbonnes de gaz. Un des passagers accepte et la place sur son chariot à bagages. La bombe explose prématurément sur le tapis des bagages à 14 h 11, alors qu'elle devait se déclencher en vol pour faire plus de victimes[1].

Une heure plus tard, un anonyme téléphone au bureau parisien de l'AFP et revendique l'attentat au nom de l'Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie (Asala), l'organisation armée arménienne, dans sa campagne visant à la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie[2] et, via la Syrie, dans sa condamnation contre la présence de la FINUL au Liban.

L'explosion cause la mort de huit personnes (deux Turcs, quatre Français, un Américain et un Suédois), et en blesse entre 56[3] et 63[4].

Les enquêteurs­ policiers et les services secrets interpellent la semaine suivant l'attentat 51 personnes, dont Garbidjian et trois autres activistes arméniens arrêtés le 18 juillet. Au domicile de l'un d'eux, les policiers découvrent des pistolets-mitrailleurs, des grenades, de la dynamite, des circuits électroniques. Garbidjian est condamné le 3 mars 1985 par la cour d'assises du Val-de-Marne à la perpétuité[5]. Soner Nayir et Ohannès Semerci, ses deux complices, deux jeunes Turcs d'origine arménienne accusés d'avoir acheté les bonbonnes et aidé à la préparation de l'attentat, sont condamnés respectivement à 15 et 10 ans de réclusion criminelle[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) M. H. Syed, Islamic Terrorism: Myth or Reality, vol. 2, Delhi, Kalpaz Publications, 2002 (ISBN 81-7835-117-X et 81-7835-140-4), p. 43.
  2. (en) Henry Giniger, Milt Freudenheim et Carlyle C. Douglas, « Sympathy Won't Help », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  3. (en) Bonnie Cordes, Bruce Hoffmann, Brian M. Jenkins, Konrad Kellen, Sue Moran, William Sater, « Trends in International Terrorism, 1982 and 1983 », rapport de la RAND Corporation.
  4. « Les Diplomates Turcs Martyrsés par les Terroristes Armeniens », sur le site du ministère de la Culture et du Tourisme de Turquie.
  5. Dominique Simonnot, « Le terroriste Garbidjian quitte les prisons françaises », Libération,‎ (lire en ligne).
  6. Gaïdz Minassian, Guerre et terrorisme arméniens : 1972-1998, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Politique d'aujourd'hui »,‎ , 291 p. (ISBN 2-13-052657-8), p. 89.