Allemond

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d’aide sur l’homonymie Allemont redirige ici.
Allemond
Vue générale du village
Vue générale du village
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Grenoble
Canton Oisans-Romanche
Intercommunalité Communauté de communes de l'Oisans
Maire
Mandat
Alain Ginies
2014-2020
Code postal 38114
Code commune 38005
Démographie
Gentilé Allemondins
Population
municipale
1 001 hab. (2014)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 07′ 52″ nord, 6° 02′ 18″ est
Altitude Min. 702 m – Max. 2 969 m
Superficie 44,75 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Isère

Voir sur la carte administrative de l'Isère
City locator 14.svg
Allemond

Géolocalisation sur la carte : Isère

Voir sur la carte topographique de l'Isère
City locator 14.svg
Allemond

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Allemond

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Allemond
Liens
Site web allemont.fr

Allemond[1] orthographiée Allemont[2] par la mairie, est une commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont appelés les Allemondins.

Géographie[modifier | modifier le code]

Petit village de montagne au cœur de l'Oisans, dans la Vallée de l'Eau d'Olle traversée par l'Eau d'Olle, au pied du massif de Belledonne, face au massif des Grandes Rousses.

Sites géologiques remarquables[modifier | modifier le code]

En 2014, plusieurs sites géologiques remarquables sont classés à l'« Inventaire du patrimoine géologique »[3] :

  • la « faille de l'Eau d'Olle et les enclaves du Rivier d'Allemont » constituent un site d'intérêt tectonique de 10,54 hectares qui se trouve sur les communes de Vaujany et Allemond (lieu-dit Le Rivier d'Allemont). Le site est classé « deux étoiles » à l'« Inventaire du patrimoine géologique » ;
  • Le « chevauchement à Allemond (route de La Traverse) » est un site d'intérêt tectonique de 0,91 hectares à La Traverse, classé « deux étoiles » à l'« Inventaire du patrimoine géologique ».

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Hameaux : L'Articol, Le Clot, La Combe, Le Mollard, Le Rivier-d'Allemont, La Rivoire, La Traverse[4].

  • La traverse (1300 m d'altitude)
  • Le clot
  • La rivoire
  • La combe
  • Le Mas des Croze
  • Le village
  • Les grands champs
  • La ville
  • La fondrie
  • La pernière haute et basse
  • Pissevache
  • Farnier
  • Champeau
  • Le villaret
  • La drayrie
  • Baton (700 m d'altitude)
  • Coteysard
  • Le Mollard
  • Le Rivier
  • L'eau Dolle
  • Les 4 saisons
  • La Drayrie

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Allemond
Sainte Agnès
Laval
La Ferrière
Revel Allemond Vaujany
Livet-et-Gavet Le Bourg-d'Oisans Oz-en-Oisans

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les différents noms du village à travers les siècles

Au XIe siècle - Ecclésia de Alamo ; 1115 - Alemo (source l'Oisans catholique) ; 1131 - Parrochia Alami ; 1148 - Ecclésia de Alemo ; 1252 - Capellarum Dalemo ; 1260 - Homines de Alemone ; 1260 - Mistralia vallis de Allemo ; 1339 - Parrochia de Alemone ; 1375 - Alemone (source l'Oisans catholique) : 1389 - Alemon ; XIVe siècle - Cura di Lemone ; 1414 - Parrochia Alemonis ; 1497 - Allemone (source l'Oisans catholique) ; 1602 - Allemon ; 1628 - Allemouz et Allemoz in Oysans ; 1638 - Alemon

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville (les premières constructions) fut créée au Moyen Âge. La seigneurie d'Allemond appartint à plusieurs familles.

Fonderie royale d'Allemont (XVIIIe siècle)

Jusqu'aux années 1960-1970, la vie des gens était très simple, ils étaient principalement agriculteurs et éleveurs.

La ville eut aussi une activité minière sous Louis XIII et XIV, elle hébergeait les fonderies royales dans lesquelles était fondu le minerai provenant des mines de la commune, principalement de l'argent, du plomb et du cuivre. Une partie des bâtiments de l'ancienne fonderie royale abrita longtemps l'hôtel "les Tilleuls" (aujourd'hui disparu). Cet hôtel, au superbe escalier en noyer, fut racheté dans les années 1920 par un ancien maire de la commune (durant 40 ans). Ses deux filles, Raymonde et Marguerite Giroutru, personnalités locales, ont ensuite très longtemps veillé aux destinées de cet établissement. Napoléon III y séjourna, dit-on.

À la fin des années 1970, le projet du barrage de Grand-Maison fut lancé, ce fut une manne économique pour la commune et toute la région, le chantier (10 ans) fit venir des centaines de travailleurs.

Les communes concernées ont ainsi pu investir dans le tourisme, des équipements de sports d'hiver et ainsi, assurer leur avenir une fois le chantier terminé.

Aujourd'hui, la commune vit complètement du tourisme, que ce soit en été ou en hiver.

Histoire du hameau du « Rivier d'Allemont »[modifier | modifier le code]

Le Rivier d’Allemont, altitude 1 300 mètres, est situé dans la vallée de l’eau d’Olle sur le versant est de la chaîne de Belledonne et sur la route des grands cols (Glandon et Croix de fer). L’origine du mot Rivier peut provenir soit du fait que de nombreux torrents coulent autour du village, soit du fait que les premiers habitants habitèrent près des rives de l’eau d’Olle. L’histoire officielle du Rivier débute en 1341 quand les terres de l’Oisans appartenaient aux anciens dauphins qui les avaient inféodées à des seigneurs.

Le seigneur Jean de Leusson possédait le mas du Rivier qui contenait environ trois mille arpents de prés, terres, bois et alpages. Ses limites naturelles étaient d’un côté le ruisseau descendant du mont d’Olle (eau d’Olle), d’un autre côté le ruisseau de Burge (ruisseau des sept laux) et le mont de la petite roche de la Coche, d’autre part le ruisseau Frênet (limite avec Articol). Le seigneur Jean de Leusson albergea le mas du Rivier à cinq particuliers Claude Bonet, Guillaume Chatel, Guillaume Genevois, Guillaume Jay et Pierre Sert. Près de sept siècles plus tard, nous retrouvons ces mêmes noms dans le village à l’exception de Bonet. En 1709 et 1743, les descendants des cinq Albergataires passèrent deux reconnaissances au sujet des cens qu’ils payaient. En plus de conditions naturelles hostiles : terrains pentus et peu fertiles, climat rude ; les villageois durent affronter la convoitise de certains individus.

En voici succinctement les différentes péripéties : en 1774, le duc de Villeroy, seigneur d’Oisans, ayant établi un haut fourneau à Articol, avait cédé au sieur Paturel la direction de cette fabrique. Ce dernier se crut autorisé à porter la hache et la cognée dans toutes les forêts d’Allemont et en particulier dans celles du Rivier. Le Parlement, le , rendit un arrêt qui débouta le sieur Paturel. Jusqu’en 1810, les habitants du Rivier jouirent paisiblement et sans trouble de leurs terres. Mais à cette époque, l’administration forestière et la commune d’Allemont manifestèrent l’intention de faire déclarer communal le mas du Rivier. Un procès s’en suivit et nos Riviétons en sortirent vainqueurs le 9 avril 1810. D’autres procès du même genre eurent lieu en 1824, 1825, 1827 et 1828 et les habitants en sortirent toujours vainqueurs. En 1839, le sieur Ramus d’Allevard intenta un procès aux habitants du Rivier pour le partage des terres des Sept Laux. Il résulta de ce procès que le sieur Ramus bénéficia de la zone « pâturage à vaches » et les Riviétons eurent la zone « pâturage à moutons et à chèvres » de la montagne des Sept Laux. Un fait marquant de l’histoire de notre village est le partage des forêts en 1834. Jusqu'à cette date, les forêts et les alpages étaient en indivision. Les habitants souhaitèrent à cette époque cesser cette indivision à la suite du mauvais entretien collectif des forêts. Cinquante cinq lots furent formés correspondant aux cinquante cinq familles qui habitaient le village et ils furent tirés au sort. Des géomètres délimitèrent les parcelles forestières, mais malheureusement elles n’ont jamais été cadastrées ce qui induit encore de nos jours des problèmes de limites. Toujours à propos des forêts, les copartageants décidèrent en 1834, et ce afin d’assurer la protection du village contre les avalanches, de ne pas dégrader les forêts qui se trouvent au-dessus du village.

Plus précisément, aucun propriétaire ne pourra couper du bois, hêtre et haute futée que pour cause de nécessité et de grand besoin depuis le crey de la Barrière jusqu’au crey du Gua. Si un propriétaire se trouve dans cette position, les syndics du village iront démarquer et marteler le bois en choisissant l’endroit le moins exposé. Il subsiste encore de nos jours l’indivision sur les alpages et aussi sur quelques terres. À propos des alpages, nos ancêtres possédaient des chalets d’alpages qui leur servaient de toit et de grange lors de la transhumance estivale. Ils descendaient le foin en période hivernale en faisant glisser des traîneaux dans les combes enneigées des ruisseaux et cela constituait un moment fort de convivialité. Une autre particularité du village est le morcellement des terres. Ce morcellement se produisit bien avant la suppression du droit d’aînesse. La raison en fut que le sol n’étant pas guère productif et n’enrichissant pas ses propriétaires, ceux-ci grevèrent souvent leur patrimoine de lourdes dettes et durent l’aliéner en partie pour les acquitter. Ne trouvant pas d’acquéreur assez fortuné pour vendre en bloc, ils morcelèrent leur patrimoine selon le pouvoir d’achat des acheteurs. Il s’ensuivit de ce morcellement, un nombre important de procès portant sur les servitudes pour accéder à ces terres. Pour la petite histoire, le village n’avait pas de cimetière jusqu’au début du XIXe siècle.

Mais à cette époque et plus exactement en 1859, une épidémie de choléra décima une grande partie des habitants. La légende dit qu’en descendant les défunts au cimetière d’Allemont, les gens mouraient en chemin. Et c’est pour cette raison que l’on décida de construire un cimetière au Rivier. Jusqu'à l’annexion définitive de la Savoie par la France en 1860, le Rivier possédait un poste de douane qui devait se trouver près du ruisseau des villages car lors d’un hiver très enneigé, l’avalanche emporta le poste et deux douaniers périrent. Il existe un chemin appelé encore de nos jours « chemin des Contrebandiers » en souvenir de cette période où le village étant frontière, la contrebande était florissante. La vie du village essentiellement rurale et faite aussi de colportage (en hiver) vers le massif central et le Jura, avait peu changé jusqu’au début du XXe siècle. À cette époque, la houille blanche, allait révolutionner toute la région. Une usine hydroélectrique fut construite en 1918 et il en résulta une forte demande de main-d’œuvre. Il y eut donc une génération d’agriculteurs-ouvriers qui abandonna le colportage, et malheureusement, la seconde génération qui suivit abandonna les champs pour rentrer à l’EDF. De nos jours, le village ne compte pratiquement plus que quelques retraités parmi les résidents et beaucoup de maisons ne s’ouvrent que pour les week-ends et les vacances scolaires.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 mars 2001 Michel Roch SE -
mars 2001 en cours Alain Ginies SE Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 001 habitants, en augmentation de 14,14 % par rapport à 2009 (Isère : 3,74 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 012 1 169 1 184 1 017 1 275 1 353 1 546 1 527 1 555
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 346 1 225 1 216 1 240 1 188 1 245 1 254 1 189 1 113
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 102 1 146 970 954 826 804 737 654 587
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
530 514 544 958 600 765 880 999 1 001
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Foire de l'Avent Goût (décembre)
  • Marché le lundi

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la commune[4] :

  • Anciennement, fonderie qui fondait le minerai de la mine d'argent des Chalanches
  • houille blanche
  • Tourisme : chambres d'hôtes, restaurants, hôtels, gîtes et campings
  • Pôle médical
  • vente directe de fromage en ferme
  • commerces et services de proximité

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Nizier, du XIXe siècle, avec sa cloche du 1657
  • La chapelle de Baton

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

  • Barrage de Grand'Maison
  • Four banal des Faure
  • Fonderie royale d'Allemont
  • La tour de Rochechinard
  • La centrale EDF de Baton, centrale électrique datant du début du XXe siècle ; hauteur de chute : 1 300 mètres.
  • Le vieux moulin
  • L'aiguille de l'Eau d'Olle, mur d’escalade de 30 mètres, le plus haut d'Europe
  • à Rivier d'Allemont, maisons typiques

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Musée du Rivier - Espace York Mallory.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

  • cascade de Maupas
  • forêts

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Johann-Gottfried Schreiber (1746-1827), ingénieur qui a donné impulsion à l'exploitation de la mine d'argent[4]
  • Sir Trafford Leigh-Mallory, (1892-1944) militaire britannique, pilote au sein du Royal Flying Corps durant la Première Guerre mondiale puis commandant de la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale.

Jumelages[modifier | modifier le code]

  • En 2015, la commune n'est pas jumelée avec une autre.

Sports[modifier | modifier le code]

  • Base nautique du Lac du Verney[9].
  • Pour les sports d'hiver, Allemond est au pied du domaine skiable d'Alpe d'Huez
  • randonnées, raquette

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Allemond sur le site de l'insee
  2. Site officiel du village d'Allemont
  3. Inventaire du patrimoine géologique : résultats, Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer - DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, 24 janvier 2014 (mis à jour le 31 mars 2015), accès le 23 septembre 2016.
  4. a, b et c Daniel Delattre et al., L'Isère - les 533 communes. Grandvilliers : Éditions Delattre, 2008. (ISBN 2-915907-40-4) EAN 9782915907407.
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. Base nautique du Lac du Verney sur le site Isère Tourisme

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :