Alexandre Men

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Alexandre Men
Lev and Ksenia Pokrovsky with Fr. Alexander Men.jpg
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Religion

Alexandre Vladimirovitch Men, né le à Moscou et mort assassiné le à Serguiev Possad (Russie), est un prêtre orthodoxe et théologien russe, prédicateur, auteur de livres sur la théologie et l'histoire du christianisme et des autres religions. Son meurtre reste à ce jour (2017) impuni[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandre Men est né en 1935 d'un père juif non croyant, ingénieur. Sa mère, juive également, se convertit au christianisme et est baptisée dans l'Église orthodoxe en même temps que son fils, quelques mois après la naissance de celui-ci. Après avoir terminé ses études à l'école de Moscou en 1953, il entre à l'Institut de chasse d'Irkoutsk. Il est ordonné prêtre dans la tradition orthodoxe.

Bien avant d’accéder à la renommée nationale Alexandre Men apparait dans Aimer, un film réalisé par Mikhaïl Kalik et Inna Toumanian en 1968.

Alexandre Men a été le premier prêtre autorisé à enseigner la religion dans un lycée de l'état soviétique. Il compose dans la clandestinité des manuels de catéchèse pour un monde déchristianisé[3]. Le 9 septembre 1990, il est tué à coups de hache[4] par des inconnus alors qu'il se rendait à son église. Il avait cinquante-cinq ans[5].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Bibliste éminent, Alexandre Men commence dans les années soixante à rédiger une histoire des religions en plusieurs volumes. Puis il dirige la réalisation d'une encyclopédie biblique et il écrit divers livres de vulgarisation sur l’Écriture sainte ainsi que sur l’Église et la liturgie orthodoxes. Enfin il compose une biographie de Jésus, Jésus, le Maître de Nazareth, qui ramèneront à la foi chrétienne des milliers de Soviétiques[6]. Ces ouvrages circulent d'abord clandestinement, écrits à la main ou tappés à la machine. Puis ils sont rédigés en langue russe à Bruxelles et sont réintroduits en Union soviétique par les voies les plus inattendues.

Le père Alexandre est ouvert à une vraie fraternité avec toutes les autres traditions chrétiennes, avec le judaïsme et les autres grandes religions. Déjà sous le régime communiste, il établit des relations d’amitié profonde avec des communautés à caractère œcuménique et spirituel venues d'Europe occidentale : la Communauté des Béatitudes, la Communauté de Taizé, le Mouvement des Focolari, Communion et Libération, la Communauté de l'Emmanuel, les Petites Sœurs de Foucauld, Jean Vanier, Jeunesse-Lumière du père Daniel-Ange.

Il tente également de réconcilier la foi chrétienne et les sciences naturelles[2].

À l'aube de la perestroïka, il est le premier prêtre orthodoxe à franchir le seuil d'un Lycée d'État pour y donner des cours de religion. En dialogue ouvert avec le monde laïc et athée, il est invité de plus en plus souvent, par l'Union des cinéastes, des artistes, des écrivains, etc., à participer à des conférences et des débats ou tout simplement à « parler de Dieu ». Au cours des dernières années de sa vie, il intervient plusieurs fois par semaine dans des cinémas, des écoles, des universités, à Moscou et dans tout le pays, et même à la télévision d'état.

Un grand souci de simplicité

De 1970 à sa mort, il servira la paroisse de Semkhoz[7] avec chaleur, bonté et un grand souci de simplicité. Son travail pastoral, qualifié par le patriarche Cyrille de Moscou de véritable exploit spirituel, plein de courage, le mène à un apostolat grandissant qui inquiète le KGB et l'oblige à travailler dans une semi-clandestinité. Pour rendre accessible le message chrétien, Alexandre Men brave les autorités. Sa pensée très œcuménique, sa grande ouverture et sa capacité de dialogue avec tous déplaisent à l'Église orthodoxe.

Alexandre Men catéchise tout un peuple avide de retrouver la foi. Sa parole simple, directe, profondément spirituelle traverse les frontières. Se sentant épié, menacé, il continue jusqu'au bout son dur labeur d'évangélisation. Il est aujourd'hui reconnu comme une grande figure de l'Église orthodoxe russe[8].

Écrits[modifier | modifier le code]

Ce qui est révélé aux tout-petits

« Ce qui reste du Christ, ce n'est pas le souvenir de quelqu'un qui a été, mais sa présence en ce monde et le contact avec lui ; non pas des idées, non pas quelques pensées abstraites, mais lui comme tel, sa personnalité, sa chair et son sang. Sa chair et son sang, cela veut dire, lui-même, vivant. Et lui, vivant, partage avec nous nos douleurs et la pesanteur du monde. Et comme il est entré dans l'épaisseur du monde, il est en quelque sorte ligoté par les liens de nos péchés, qui ont enlacé le monde entier.
Mais lui, libre de ces péchés, entre volontairement dans le sombre marais de l'humanité, pour nous élever en même temps que lui. Au sens strict, lorsque nous nous tournons vers lui, nous pouvons pour la première fois prier en toutes vérités, sans nous faire des idoles.
Le visage de Dieu se révèle dans le visage humain du Christ. Et la prière cesse d'être une prière au Principe cosmique écrasant l'homme ou à l'idole que nous façonnons nous-même par nos propres efforts. Et Dieu nous devient commensurable ; il le devient non parce que nous l'avons saisi et simplement adapté à notre entendement, mais parce que lui-même nous est apparu sous cette figure. Énorme différence. Il est apparu à travers une personne vivante et historique, dont se sont conservés les paroles et le souvenir. En même temps, c'est une personne qui a accompli en ce monde une chose stupéfiante : elle vainc la mort et demeure en ce monde. »

— Alexandre Men. Dire le Christ en temps de persécution, Paris, Lessius, 2016, p. 29-30.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christ est ressuscité !, Editions Le Livre Ouvert, coll. « Paroles de vie », , 61 p. (ISBN 978-2907429214)
  • Les sources de la religion, Desclée, coll. « Divers Doctrine », , 274 p. (ISBN 978-2718905570)
  • Manuel pratique de prières, Cerf, coll. « Épiphanie », , 147 p. (ISBN 978-2204060257)
  • À la recherche de la voie, de la vérité et de la vie (sept volumes), inédit en France.
  • Jésus, le maître de Nazareth, Nouvelle Cité, coll. « H.C. 2e éd », , 399 p. (ISBN 978-2853133548)
  • Alexandre men prêtre orthodoxe écrivain actes du colloque, Nouvelle Cité, coll. « Racines », (ISBN 978-2853133944)
  • Au fil de l'Apocalypse, Cerf, coll. « Spiritualité », , 213 p. (ISBN 978-2204073462)
  • Le christianisme ne fait que commencer, Cerf, coll. « Spiritualité », , 284 p. (ISBN 978-2204076661)
  • Prier 15 jours avec Alexandre Men, Nouvelle Cité, , 126 p. (ISBN 978-2853136068)
  • Jesus, le Maitre de Nazareth (ned), Nouvelle Cité, coll. « Spiritualité. Revue et augmentée », , 396 p. (ISBN 978-2853136006)
  • Dire le Christ en temps de persécution, Lessius, coll. « Au singulier », , 208 p. (ISBN 978-2872992973)
Autres

Source[modifier | modifier le code]

  • Giovanni Guaïta dans son Introduction du livre Jésus, le Maître de Nazareth de Alexandre Men (pages 7 à 14).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Model, "Pastoralia. Bulletin de l’Archevêché (catholique) de Malines-Bruxelles", n°1, janvier 2011, p. 14-15., « 81 ans de la naissance du père Alexandre Men (1935-1990) “Le Christianisme ne fait que commencer” », sur egliserusse.eu, (consulté le 25 juin 2016)
  2. a et b Vsevolod Tchapline, « A la mémoire du père Alexandre Men. », sur egliserusse.eu, (consulté le 17 novembre 2015)
  3. Dixit Giovanni Guaita, son traducteur, très lié au père Men de son vivant.
  4. Alexandre Men ( 1935 - 1990 ) 20e siècle
  5. Il y a 28 ans le père Alexandre Men était assassiné.
  6. Jésus, le Maître de Nazareth est un best-seller en Russie avec plus de quatre millions d'exemplaires vendus jusqu'en 1999. Il fut le premier ouvrage d'évangélisation' à grand titrage dans l'Union soviétique
  7. Semkhoz, Serguiev Possad, Oblast de Moscou, Russie.
  8. “Le Christianisme ne fait que commencer”..

Liens externes[modifier | modifier le code]