Walter Rodney

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Walter Rodney
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Biographie
Naissance
Décès
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GeorgetownVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
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A travaillé pour
Parti politique
Working People's Alliance (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Walter Rodney, né le et mort assassiné le à Georgetown, est un militant de la cause noire, un historien et un homme politique guyanien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rodney est surtout connu pour son œuvre How Europe Underdeveloped Africa (Comment l'Europe sous-développa l'Afrique : analyse historique et politique du sous-développement), un livre sur l'histoire de l'Afrique selon la grille de lecture du matérialisme historique[1] écrit en 1972.

Il a beaucoup voyagé et est devenu célèbre comme militant panafricaniste. Il a étudié à l'École des études orientales et africaines de l'université de Londres. Il a enseigné dans les années (1966-1967 et 1969-1974) à Dar es Salaam, Tanzanie.

Rodney en Jamaïque[2][modifier | modifier le code]

En 1968 il enseigne l'histoire africaine à l'Université des Indes occidentales (UWI) dans le quartier de Mona à Kingston en Jamaïque. Il organise par ailleurs régulièrement des conférences informelles au cœur des différents ghettos de Kingston-ouest, au cours desquelles il diffuse ses idées panafricanistes, anti-colonialistes et marxistes auprès de la population. Ses débats et échanges avec les adeptes rastafariens lui inspirent l'écriture du livre The Gounding with my Brother qui devient un ouvrage de référence du mouvement Black Power caribéen. Dans ce livre, Walter Rodney dénonce notamment l'attitude du gouvernement jamaïcain qui, d'après lui, sert les intérêts des États capitalistes occidentaux au détriment de la population noire de l'île.

En octobre 1968, le premier ministre Hugh Shearer profite du voyage de Walter Rodney au Canada ou il doit participer au Congrès des écrivains noirs, pour émettre à son encontre une interdiction de séjour en Jamaïque. Apprenant la nouvelle, les étudiants du campus de l'Université à Mona organisent une manifestation de protestation et se dirigent vers le centre-ville, rejoints en chemin par des milliers de personnes. La foule est stoppée par des hommes armés du BITU qui, de leur QG de Duke Street, tirent sur les manifestants. Les émeutes qui s'ensuivent, appelées Rodney riots, font trois morts, de nombreux blessés et provoquent de nombreux incendies[3].

Il part pour la Tanzanie, où il est notamment proche de C.L.R. James. Il poursuit son militantisme panafricain et, analysant les causes du sous-développement du continent, publie en 1972 How Europe Underdeveloped Africa. Dans la perspective du Congrès panafricain de 1974, il prépare un texte portant sur la « lutte des classes internationale en Afrique, dans les Caraïbes et en Amérique ». Il y dénonce les dirigeants qui, à l'instar de Félix Houphouët-Boigny, Jean-Claude Duvalier, Idi Amin Dada ou encore Joseph Mobutu, versent dans le tribalisme sous couvert de « négritude »[4].

Retour en Guyana[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1970, Walter Rodney, rentre dans sa Guyana natale où il fonde la Working People Alliance avec laquelle il s'oppose farouchement au pouvoir dictatorial en place. Il est assassiné, sans doute avec la complicité de la CIA[réf. nécessaire], le , à Georgetown.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le dub-poet Linton Kwesi Johnson a rendu hommage à Walter Rodney dans le titre Reggae Fi Radni (Rodney en créole jamaïquain) une chanson de reggae mélancolique sur lequel il dit un texte dénonçant l'assassinat de Rodney comme un acte de haine raciale et rendant hommage à son travail et de son engagement.

Le deejay Jamaïcain Louie Lepkie rend un pareil hommage en évoquant un assassinat par bombe dans la composition Walter Rodney en rattachant son assassinat à ceux de Malcolm X, Bob Marley et Marcus Garvey (d'après, pour ces derniers, des théories parfois évoquées sur le caractère non naturel de leurs decès).

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Michel Vernochet, Walter Rodney. Et l'Europe sous-développa l'Afrique (compte-rendu), Politique étrangère, Année 1986, 51-3, pp. 844-845
  2. voir le livre de Jérémie Kroubo Dagnini, Les origines du reggae : retour aux sources : mento, ska, rocksteady, early reggae, Paris, L'Harmattan, coll. « Univers musical », (ISBN 978-2-296-06252-8), p. 154-155
  3. Hélène Lee, Voir Trench Town et mourir : les années Bob Marley, Paris, Flammarion, (ISBN 978-2-080-68405-9), p. 138-139
  4. Amzat Boukari-Yabara, Une histoire du panafricanisme, La Découverte, , p. 270-271

Liens externes[modifier | modifier le code]