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Joseph Anténor Firmin

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Joseph Anténor Firmin
Illustration.
Fonctions
Secrétaire d’État des Finances, du Commerce et des Relations extérieures

(7 mois et 9 jours)
Président Tirésias Simon Sam
Prédécesseur Callisthène Fouchard (Finances et Commerce)
Pourcely Faine (Relations extérieures)
Successeur Solon Ménos

(1 an, 6 mois et 4 jours)
Président Florvil Hyppolite
Prédécesseur Saint-Martin Dupuy (Finances et Commerce)
Lui-même (Relations extérieures)
Successeur Hugon Lechaud
Secrétaire d'État des Relations extérieures, de l'Agriculture et des Cultes

(2 mois et 7 jours)
Président Florvil Hyppolite
Prédécesseur Saint-Martin Dupuy (Relations extérieures)
Néré Numa (Agriculture)
Maximilien Laforest (Cultes)
Successeur Lui-même (Relations extérieures)
Clément Haentjens (Agriculture)
Léger Cauvin (Cultes)
Membre du Gouvernement provisoire de la République d'Haïti

(1 mois et 17 jours)
Biographie
Nom de naissance Joseph Auguste Anténor Firmin
Date de naissance
Lieu de naissance Cap-Haïtien (Haïti)
Date de décès (à 60 ans)
Lieu de décès Saint-Thomas (Indes occidentales danoises)
Nationalité haïtienne
Parti politique Parti Libéral
Conjoint Marie Louise Victoria Rosa Salnave
Enfants Anne-Marie Firmin
Georges Anténor Firmin
Profession Avocat, enseignant, journaliste

Signature de Joseph Anténor Firmin

Joseph Auguste Anténor Firmin ou Anténor Firmin, né le à Cap-Haïtien (Haïti) et mort le à Saint-Thomas (États-Unis), est un homme politique, anthropologue, économiste et intellectuel haïtien. Il est notamment connu pour avoir défié les thèses raciales de Arthur de Gobineau avec son ouvrage De l’égalité des races humaines. Anthropologie positive (1885), et pour son opposition à l'impérialisme américain en Haïti.

Issu d'une famille modeste du Cap-Haïtien, à Haïti, Anténor Firmin effectue ses études secondaires au lycée Philippe-Guerrier[1], dans sa ville natale, et commence à enseigner dès l'âge de dix-sept ans. Il travaille comme employé d'une maison de commerce, professeur, puis inspecteur des écoles. Passionné de politique, il fonde au Cap-Haïtien le journal Le Messager du Nord. Candidat malheureux en 1879 à la députation, il est envoyé à Caracas en 1883 comme représentant d'Haïti aux fêtes du centenaire de Simón Bolívar. Refusant un poste de ministre sous la présidence de Lysius Félicité Salomon, il s'exile à Saint-Thomas puis à Paris (1885), où il rencontre Louis-Joseph Janvier et est admis le à la Société d'anthropologie de Paris.

En 1889, il est nommé par le président Florvil Hyppolite ministre des Finances et des Relations extérieures. Il quitte son cabinet en 1891 ; dans la foulée, il s'installe en France. Il est nommé en 1900 ambassadeur d'Haïti en France.

Paris, 1885 : la réfutation de Gobineau

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En 1885, Anténor Firmin publie De l’égalité des races humaines. Anthropologie positive, une réfutation des thèses raciales de Arthur de Gobineau, qui avait figé les races dans une hiérarchie pseudo-scientifique. Il y développe une méthode qu'il baptise « anthropologie positive », opposant aux théories raciales des faits historiques et des preuves de la grandeur des civilisations africaines et haïtiennes. Il affirme que l'infériorité n'est pas naturelle, mais historique et sociale, et que toutes les races humaines sont égales en dignité et en capacité. Ce livre est à la fois un traité scientifique (les thèses de Broca sont réduites en miettes[2]) et un manifeste diplomatique, visant à armer les peuples contre l'idéologie coloniale[1].

L'opposition au Môle Saint-Nicolas

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En 1891, les États-Unis exigent d'installer une base navale au Môle-Saint-Nicolas, point stratégique au nord-ouest d'Haïti. Anténor Firmin, alors ministre des Affaires étrangères, s'oppose fermement à cette demande, considérant qu'accepter serait trahir l'héritage de 1804. Il mobilise ses réseaux et rédige des notes diplomatiques fermes, refusant de céder à la pression américaine. Cet épisode reste comme l'un des rares moments où Haïti a dit non à une grande puissance.

La dénonciation de l'impérialisme américain

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En 1905, Anténor Firmin publie M. Roosevelt, président des États-Unis et la République d'Haïti, où il dénonce le « corollaire Roosevelt » à la doctrine Monroe, qui justifie l'intervention américaine dans les Amériques. Il accuse Washington de vouloir transformer les nations caribéennes en protectorats et rappelle que la République noire née en 1804 n'a de comptes à rendre à personne. Il prédit une intervention américaine en Haïti, qui se réalise en 1915 avec le débarquement des Marines.

Le projet d'une Ligue antillaise

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Dans ses Lettres de Saint-Thomas (1910), Anténor Firmin esquisse le projet d'une Confédération antillaise, une fédération des grandes Antilles (Haïti, Cuba, Porto Rico, République dominicaine, Jamaïque) capable de résister aux impérialismes. Ce projet s'inscrit dans la lignée des rêves fédératifs de Bolívar, Betances et Luperón, et montre sa vision stratégique de l'unité régionale comme moyen de résistance.

L'héritage d'Anténor Firmin

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Anténor Firmin meurt en 1911 à Saint-Thomas, mais son héritage intellectuel et politique perdure. Son œuvre, longtemps occultée, est redécouverte comme une contribution majeure à la critique du racisme scientifique et à la défense de la souveraineté haïtienne. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des premiers grands théoriciens de l'égalité universelle et un précurseur des études postcoloniales.

Frontispice et page de titre de l'édition de 1885 (éd. F. Pichon).
  • Joseph Anténor Firmin, De l'égalité des races humaines. Anthropologie positive (œuvre littéraire), Librairie Cotillon et F. Pichon, , [lire en ligne].Voir et modifier les données sur Wikidata
  • Joseph Anténor Firmin, Haïti au point de vue politique, administratif et économique : conférence faite au Grand cercle de Paris, le 8 décembre 1891, Paris, F. Pichon,
  • Diplomate et diplomatie : lettre ouverte à M. Solon Ménos, Cap-Haïtien, Imprimerie du Progrès,
  • Joseph Anténor Firmin, Lettre ouverte aux membres de la Société de Législation de Port-au-Prince, Basse-Terre, Guadeloupe, Imp. Ouvrière, (lire en ligne)
  • Joseph Anténor Firmin, M. Roosevelt, président des États-Unis et la République d'Haïti, New York, Hamilton Bank Note Engraving and Printing Company ; Paris, F. Pichon et Durand-Auzias, (lire en ligne)
  • Joseph Anténor Firmin, Études sociologiques, historiques et littéraires, Paris, V. Girard & E. Brière,
  • Joseph Anténor Firmin, L'effort dans le mal, Port-au-Prince, Imprimerie H. Chauvet,
  • Joseph Anténor Firmin, Lettres de Saint-Thomas : études sociologiques, historiques et littéraires, Paris, V. Giard & E. Brière,

Postérité

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  • Située à l'angle de la rue 4 L et 4 F au Cap-Haïtien, la maison de naissance d'Anténor Firmin est modeste et discrète. Une plaque commémorative posée en 1950 dit : « SOUVENIR DE CENTENAIRE. 18 OCT:1850-18 OCT:1950. LIEU DE NAISSANCE DE ANTENOR FIRMIN »[3]
  • Créé en 1952, un lycée d'Haïti porte son nom, le Lycée Anténor-Firmin[4],[5].
  • Créée en 2007, une université privée, à but non lucratif, porte son nom, l'Université Anténor-Firmin (UNAF) à Cap-Haïtien[6].
  • En 2012, la ville de Fort-de-France crée une Allée Anténor-Firmin[7].
  • En 2020, l’Ambassade de France en Haïti, l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et la Banque de la République d’Haïti (BRH) lancent des bourses de mobilité doctorale Anténor-Firmin, en hommage à l’auteur de l’essai De l’égalité des races humaines[8].
  • En 2023, à l’occasion du 112e anniversaire de sa mort, une journée est organisée à Haïti pour discuter de la lutte pour le respect des droits de l'homme intitulée : « Marchons sur les traces d'Anténor Firmin, le défenseur de l'égalité des races humaines ! ». Le représentant du Bureau de l'organisation des jeunes pour les Nations-Unies d'Afrique en Haïti (BOJNUAH), Amos Cincir y rappelle le travail qu'a effectué Anténor Firmin au niveau national et international pour défendre et valoriser les gens de peau noire[2].
  • En 2024, la vie d'Anténor Firmin fait l'objet d'un documentaire de long-métrage : Anténor Firmin entre l’épée et la plume ou de l’égalité des races humaines, par Arnold Antonin (durée : 1 h 18 min)[9],[10].
  • En , la Mairie de Paris propose d'apposer une plaque commémorative au no 5 de la rue des Feuillantines (Paris Ve) dont le texte est : « ANTÉNOR FIRMIN, 1850-1911. ÉCRIVAIN ET HOMME POLITIQUE HAÏTIEN, AUTEUR DE L’OUVRAGE DE L’ÉGALITÉ DES RACES HUMAINES. ANTHROPOLOGIE POSITIVE, MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ D’ANTHROPOLOGIE DE PARIS, PRÉCURSEUR DE LA LUTTE CONTRE LE RACISME, HABITA CET IMMEUBLE EN 1885 ET 1886 »[11].
  • En , à l’occasion des Semaines de l’Amérique latine et des Caraïbes, l’Ambassade d’Haïti en France organise une soirée hommage à Anténor Firmin, à l’occasion du 140e anniversaire de la publication de son ouvrage De l’égalité des races humaines (1885)[12].

Notes et références

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  1. a et b « Anténor Firmin, l’anthropologue qui pulvérisa Gobineau », sur www.nofi.media, (consulté le )
  2. a et b « Anténor Firmin | Biographie | Fondation pour la memoire de l'esclavage », sur memoire-esclavage.org (consulté le )
  3. « La maison de naissance d'Anténor Firmin : Un joyau historique méconnu du Cap-Haïtien », sur Caphaitiennews.com, (consulté le )
  4. « Lycée Anténor Firmin, 60 ans au service de l'éducation », sur lenouvelliste.com (consulté le )
  5. DirTIC, « Réhabilitation du Lycée Anténor Firmin : le Gouvernement réaffirme son engagement pour le droit à l’éducation », sur Gouvernement de la République d'Haïti, (consulté le )
  6. « Université Antenor Firmin », sur www.unafhaiti.net (consulté le )
  7. « La Savane honore la cause noire », sur martinique.franceantilles.fr, (consulté le )
  8. « Haïti - France : Bourses de mobilité doctorale Anténor-Firmin, appel à candidatures », sur HaitiLibre.com (consulté le )
  9. « Koze kilti - Anténor Firmin entre l’épée et la plume », sur RFI, (consulté le )
  10. (en) « Anténor Firmin: Between the sword and the pen or on the equality of human races », sur arnold-antonin-films.myshopify.com (consulté le )
  11. « 2025 DAC 290 Apposition d’une plaque commémorative en hommage à Anténor Firmin au 5, rue des Feuillantines, à Paris 5e », sur paris.fr
  12. (en-US) Vantbefinfo, « Anténor Firmin à l'honneur à Paris : l’Ambassade d’Haïti célèbre les 140 ans d’un manifeste pour l’égalité », sur Vant Bèf Info (VBI), (consulté le )

Bibliographie

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  • (en) Fluehr–Lobban, Carolyn. A 19th Century Haitian Pioneering Anthropologist: An Intellectual Biography of Anténor Firmin, in Bérose - Encyclopédie internationale des histoires de l'anthropologie, Paris, 2018.
  • Jean Price-Mars, Joseph Anténor Firmin. Port-au-Prince, Imprimerie du Séminaire Adventiste, 1978.
  • Radio France internationale, Elikia M'Bokolo, Martial Ze Belinga, Défenseur de la race noire : Anténor Firmin (1850-1911) (émission de radio), .Voir et modifier les données sur Wikidata
  • Bastien Craipain, « Anténor Firmin et l’anthropologie fin de siècle - Itinéraire d’un intellectuel antiraciste », Revue RevueAlarmer,‎ (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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