À mort l'arbitre

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À mort l'arbitre
Réalisation Jean-Pierre Mocky
Scénario Jacques Dreux
Jean-Pierre Mocky
Alfred Draper (roman)
Acteurs principaux
Sociétés de production Lira-Eléphant
R.T.Z. Production
TF1 Films Production
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 82 minutes
Sortie 1984

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

À mort l'arbitre est un film dramatique français réalisé par Jean-Pierre Mocky, sorti en 1984. Il est l'adaptation du roman éponyme de l'écrivain britannique Alfred Draper, édité en 1972.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Pour avoir sifflé un penalty entraînant la défaite de l'équipe locale, un arbitre est poursuivi par une bande de supporters de l'équipe perdante.

Résumé[modifier | modifier le code]

À l'approche d'un match de football important, un dispositif de police, dirigé par l'inspecteur Granowski, aidé par la jeune stagiaire Philippon, est mis en place pour éviter tout débordement. Les supporters des « jaunes et noirs », déchaînés et racistes, menés par Rico, le leader, arrivent au stade. Le match commence assez bien, lorsque l'arbitre, Maurice Bruno (dont la petite amie, Martine, journaliste, assiste à la rencontre dans les tribunes, aux côtés de Rico et sa bande) siffle un penalty entraînant la défaite des « jaunes et noirs », entraînant ainsi une bagarre entre les supporters des deux camps.

Tandis que les supporters vaincus attendent l'arbitre, Maurice et Martine parviennent à sortir du stade grâce au masseur-kinésithérapeute de l'équipe qui les fait sortir discrètement à bord d'un camion. Le couple arrive au studio du FR3 (l'actuel France 3) local pour lequel Maurice participe à une table ronde concernant le football, quand Rico et sa bande arrivent dans une pizzéria et aperçoivent à la télévision celui qu'ils qualifient de « pourri », en la personne de Maurice, et décident de se rendre au studio pour trouver ce dernier.

L'arbitre et sa compagne arrivent à s'enfuir jusqu'à un centre commercial afin d'échapper aux « excités du stade ». Alors que ses coéquipiers sont munis d'un signal d'alarme pour repérer où se trouve la bande, Rico tue involontairement Béru, chauffeur de bus et membre de la bande, à l'insu de ses amis, qui ne s'est pas annoncé et fait endosser le meurtre à l'arbitre. Bien décidés à venger leur ami, Rico et sa bande saccagent l'entrée du stade afin de retrouver la trace de l'arbitre afin de l'éliminer, ce qui les mènera au domicile de Martine.

Quand ils retrouvent le couple, la bande coupe le courant, décide d'entrer par tous les moyens, Rico attaquant la porte au chalumeau. Martine, qui après avoir appelé ses voisins à l'aide et blessé Rico à la main, réussit à s'enfuir de l'immeuble avec Maurice, qui a stoppé l'arrivée de deux de la bande, en escaladant l'immeuble.

Mais le lynchage ne s'arrête pas là : la sœur de Martine est attaquée puis sauvée par Maurice ; un des supporters, Albert, meurt des suites d'une chute après avoir compris que c'est Rico le responsable de la mort de Béru, et non l'arbitre ; certains appartements sont saccagés, les voisins sont agressés. La poursuite continue dans une usine où un vigile est roué de coups par notre joyeuse bande et où l'arbitre se débarrasse de deux supporters.

Mais Rico les retrouve et les menace avec une hache. Granowski, qui a réussi à retrouver leur trace, arrive pour stopper le lynchage. Mayor, l'un des supporters qui a pris un fusil, tire sur Maurice, refuse de se rendre à la police et se fait tuer par Granowski. Le couple croyant être sauvé, s'enfuit en voiture, bientôt rattrapé par Rico et son bus qui les fera tomber d'un précipice dans la carrière d'un chantier en construction entraînant la mort du couple, sous les yeux de Granowski.

Rico, fier de sa mission accomplie déambule dans le chantier en montrant sa joie et en criant sa haine des autres. Mais Granowski le suit à bord de sa voiture.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

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Jean-Pierre Mocky signe ici une œuvre brossant un portrait sans complaisance du monde du football. Le réalisateur fait le récit du basculement dans une folie vengeresse d'un groupe de supporters; pour un penalty sifflé par l'arbitre, le groupe va mener une véritable vendetta et particulièrement le meneur de la bande (Michel Serrault) qui commettra l'irréparable envers l'arbitre (Eddy Mitchell) et sa compagne (Carole Laure).

De plus, Mocky fait le portrait humain de la bêtise humaine, la veulerie et la peur de l'autre à travers Rico, personnage au comportement ignoble et répugnant.

Cependant, l'effroi qui s'installe peu à peu provient autant de la veulerie des supporters que de la caricaturale inefficacité des forces de police, impassibles face au carnage, et de l'insouciance du couple poursuivi. Par ailleurs, le propos du film se retrouve à travers drame du Heysel survennu un an après sa sortie.

Distribution[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Mocky s'est donné le rôle de l'inspecteur Granowski. Ce n'est pas la première fois qu'il se donne un rôle dans l'une de ses réalisations (entre autres avec Solo, Un linceul n'a pas de poches, puis en 1982 avec Litan). Il signe une nouvelle collaboration entre Jean-Pierre Mocky et Michel Serrault après Le Roi des bricoleurs en 1977.

Michel Serrault et Eddy Mitchell se retrouveront en 1991 dans Ville à vendre (réalisé par Mocky) et en 1995 dans Le bonheur est dans le pré.

Le club des supporters du F.C Rouen a fourni l'essentiel de la figuration[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné sur le stade Robert-Diochon à Rouen en Seine-Maritime et les scènes de l'immeuble blockhaus de Martine dans le quartier du Mont d'Est de Noisy-le-Grand[4].

Les scènes du centre commercial ont été tournées à Créteil dans le Val-de-Marne[4]. Plusieurs scènes du film sont situées à Neuilly-sur-Marne dans l'usine de traitement d'eau potable du SEDIF, en particulier la scène de noyade d'un supporter dans un bassin de filtration. À cette occasion, des salariés de l'usine y font de la figuration. Le site choisi pour le studio de FR3 est, quant à lui, le bâtiment de traitement de l'eau par l'ozone de cette même usine (architecte Alexis Josic), qui peut éventuellement servir de lieu de réception.

Dans la scène où l'arbitre et sa compagne sont dans l'appartement de cette dernière et que des voisins entendent les cris d'affolement de Martine (incarnée par Carole Laure), on peut entendre un titre d'Alain Chamfort, Rendez-vous, sorti l'année de tournage du film sur l'album Secrets glacés.

Bande originale[modifier | modifier le code]

La bande son du film est composée par Alain Chamfort. Le titre Backdoor Man est interprété par Viktor Lazlo.

Accueil[modifier | modifier le code]

Lors de sa sortie en salles, À mort l'arbitre n'a pas rencontré le succès public espéré (359 972 entrées en France, dont 103 804 entrées à Paris[5]), mais a reçu dans l'ensemble des critiques favorables, notamment au sujet de la prestation de Michel Serrault, que Jacques Morice, dans Télérama, trouve « impeccable en beauf teigneux, fait froid dans le dos »[5] ». Il fallut attendre un succès tardif à la télévision, notamment grâce à une diffusion dans le cadre des Dossiers de l'écran en 1989 (après la tragédie de Hillsborough et le drame du Heysel), vue par 17 millions de spectateurs[6], pour qu'À mort l'arbitre devienne petit à petit un film culte du cinéma et un des classiques de Mocky.

Plus de vingt ans après sa sortie en salles, Samuel Douhaire dans Libération du 29 septembre 2006 qualifie le film de « satire vraiment flippante – et toujours d’actualité – du fanatisme des supporteurs qui confirme que, quand on en lui donne les moyens, Mocky est l’un des rares réalisateurs français capable d’exceller dans le registre casse-cou du fantastique social. »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]