12,8 cm Selbstfahrlafette auf VK3001(H)

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12,8-cm Selbstfahrlafette auf VK3001(H)
« Sturer Emil »
Image illustrative de l'article 12,8 cm Selbstfahrlafette auf VK3001(H)
Le dernier exemplaire de 12,8-cm Selbstfahrlafette, exposé au Musée des blindés de Kubinka (Russie).
Caractéristiques de service
Type Chasseur de chars lourd (prototype)
Service 1942-1943
Utilisateurs Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Conflits Seconde Guerre mondiale
Production
Année de conception 1941
Constructeur Henschel (Caisse)
Rheinmetall (Canon)
Production 1942
Unités produites 2
Caractéristiques générales
Équipage 5 (conducteur, opérateur radio, pourvoyeur, chef de char, tireur)
Longueur 9,70 m
Largeur 3,16 m
Hauteur 2,70 m
Masse au combat 35 t
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type Plaques
Frontal (caisse) 50 mm / 13.5°
Latéral (caisse) 30 mm / 0°
Arrière (caisse) 30 mm / 45°
Dessus (caisse) 15 mm / 90°
Plancher (caisse) 15 mm / 90°
Frontal (tourelle) 50 mm / 8 à 14.5°
Latéral (tourelle) 15 mm / 0°
Arrière (tourelle) 15 mm / 45°
Haut (tourelle) ouverte
Armement
Armement principal 1 canon 12,8-cm-Pak 40 L/61 (18 obus)
Armement secondaire 1 mitrailleuse MG 34 de 7,92 mm (600 coups)
Mobilité
Moteur Maybach HL 116 à refroidissement à eau (six cylindres)
Puissance 300 ch
Vitesse sur route 25 km/h
Puissance massique 8.57 ch/t
Autonomie

Le 12,8-cm Selbstfahrlafette auf VK3001(H) « Sturer Emil » (littéralement « Emil le têtu ») ou Panzer-Selbstfahrlafette V (Pz.Sfl. V) est un prototype de chasseur de chars lourd allemand de la Seconde Guerre mondiale.

Développement et conception[modifier | modifier le code]

Profil du Sturer Emil.

Après le déclenchement de l'opération Barbarossa en juillet 1941, les blindés et les artilleurs allemands font face à des chars russes lourdement blindés, comme le KV-1 (75 mm de blindage), KV-85 (75 mm) et JS-1 (100 mm). Le commandement allemand, du fait des performances insuffisantes des blindés alors disponibles, demanda par conséquent le lancement d'un programme de développement pour un chasseur de chars utilisant le canon antichar 12,8-cm-Pak 40.

La conception du Pz.Sfl. V suit la logique des chasseurs de chars de l'époque, à savoir prendre un châssis existant et l'armer avec un canon antichar efficace (comme la série des Marder). Cela permet d'assurer une conception rapide en recyclant des châssis existants ou obsolètes, une production normalisée et surtout la possibilité d'avoir pièces, du carburant et munitions en commun sur le front. Le choix se porta donc sur le châssis du prototype VK3001 (H) développé par Henschel, candidat malheureux face au châssis VK3001 (P) proposé par Porsche dans le cadre d'un programme de char lourd, qui aboutira lui au Panzer VI « Tiger »[réf. souhaitée].

Ce châssis fut légèrement allongé vers l'arrière en ajoutant un galet supplémentaire de chaque côté, permettant de mieux répartir le poids du véhicule (essentiel pour la mobilité en terrain meuble). Au total, chaque chenille avait huit galets. Le barbotin (pignon d'entraînement) était situé à l'avant et le retour était assuré, de façon classique, par trois galets supérieurs.

Le pilote était positionné dans une casemate à l'avant gauche du châssis et était séparé de l'équipe de tir. La superstructure blindée en casemate, abritant les quatre autres membres d'équipage, était fixe avec un toit ouvert. Cette absence de protection était nécessaire pour assurer une certaine liberté de mouvement aux artilleurs, même si cela les exposait aux dangers du champ de bataille et aux facteurs environnementaux. Bien que la superstructure fût fixe, le canon principal avait une traverse possible de 7° vers la droite ou la gauche ainsi qu'une élévation allant de -15° à 10°. Lors des combats, il fallait donc que le véhicule pointe principalement en direction de son objectif, représentant un certain désavantage tactique.

L'armement principal était constitué de l'imposant Rheinmetall 12,8-cm-Pak 40 L/61 (version antichar du canon antiaérien 12,8-cm-Flak 40), pesant à lui seul près de 7 tonnes. L'emport possible en munitions était limité à dix-huit obus antichar Panzergranate 39. Ce faible stock était largement compensé par la capacité de pénétration du canon (de 200 mm de blindage à 100 m jusqu'à 120 mm à 1 200 m). Une mitrailleuse MG34, utilisable par un des servants d'artillerie, assurait la défense rapprochée contre l'infanterie.

Deux châssis de VK3001 (H) furent livrés par Henschel en mars 1941. La conversion (allongement châssis, mise en place armement) en Pz.Sfl. V fut confiée à l'usine Rheinmetall-Borsig de Düsseldorf entre août 1941 et mars 1942. Les deux prototypes furent nommés « Max » et « Moritz » d'après les célèbres personnages de Wilhelm Busch. Chaque véhicule avait une masse au combat de 40 tonnes avec un blindage frontal de 50 mm (15 mm pour les côtés). Le moteur V6 Maybach HL 116 à refroidissement liquide développant 300 ch, permettait de mouvoir l'ensemble à une vitesse de 25 km/h. Bien que le Sturer Emil semblât lent et pataud, cela était largement compensé par le mordant de son canon de 128 mm.

Au combat[modifier | modifier le code]

À la mi-1942, les deux exemplaires furent envoyés pour évaluation sur le terrain, sur le front de l'Est, l'un dans la 521e schwere Panzerjaeger Abteilung et l'autre dans la 2e Panzerdivision, où ils se virent attribuer le surnom de « Sturer Emil » (Emile le têtu). Les Pz.Sfl. V montrèrent néanmoins leurs performances, mais le modèle n'entra jamais en production du fait de l'abandon du projet en faveur du "Tiger I"[réf. souhaitée].

L'exemplaire de la 2e Panzerivision fut détruit par l'aviation soviétique en 1944 tandis que celui de la 521e fut capturé, intact avec vingt-deux victoires peintes sur le canon, par les troupes russes lors de la bataille de Stalingrad en janvier 1943. Ce véhicule fut alors exposé, avec tous les autres véhicules pris à l'ennemi dans le parc Gorki de Moscou entre 1943 et 1944, avant d'être transféré au musée des blindés de Koubinka où il est encore visible actuellement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Références et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Peter Chamberlain et Hilary L. Doyle. Thomas L. Jentz (Technical Editor). Encyclopedia of German Tanks of World War Two: A Complete Illustrated Directory of German Battle Tanks, Armoured Cars, Self-propelled Guns, and Semi-tracked Vehicles, 1933–1945. Londres, Arms and Armour Press, 1978 (édition révisée de 1993). (ISBN 1-85409-214-6)

Lien externe[modifier | modifier le code]