2e Panzerdivision

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2. Panzer-Division
2e division blindée
Création 15 octobre 1935
Dissolution Mai 1945
Pays Flag of German Reich (1935–1945).svg Allemagne
Branche Wehrmacht
Type Division blindée
Fait partie de Wehrkreis XIII, puis Wehrkreis XVII
Guerres Seconde Guerre mondiale

La 2e division blindée (allemand : 2. Panzer-Division) est une division blindée d'active du temps de paix de la Wehrmacht Heer. Elle est créée en octobre 1935 et participe à toute la Seconde Guerre mondiale.

Elle combat ainsi en Pologne, participe à la campagne de l'Ouest en 1940 et à celle des Balkans au printemps 1941, puis à l'invasion de l'URSS. Elle est engagée dans l'offensive contre Moscou et dans les combats défensifs qui suivent et demeure dans la région centrale du front de l'Est (saillant de Rjev, etc.) jusqu'à la fin du printemps 1943. Elle prend part sur la pince nord à l'offensive contre Koursk puis aux combats défensifs au centre puis en Ukraine jusqu'en janvier 1944. Elle gagne alors le nord de la France pour reconstituer ses forces et se trouve ainsi employée en juin 1944 contre le débarquement allié en Normandie ; après la retraite elle participe à la fin de l'année à l'offensive des Ardennes puis combat défensivement sur le front de l'Ouest jusqu'à la fin de la guerre.

Emblèmes divisionnaires[modifier | modifier le code]

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Histoire[modifier | modifier le code]

Création, Autriche et Tchécoslovaquie[modifier | modifier le code]

La 2. Panzer-Division est créée le 15 octobre 1935 à Würzburg, dans le Wehrkreis XIII, sous le commandement de Heinz Guderian[1]. Le 12 mars 1938 la division participe à l'Anschluss ; elle parcourt 700 km en 48 heures sans combats mais accusant la perte d'un tiers de ses chars pour des causes mécaniques[2]. La division change de garnison pour Vienne (Wehrkreis XVII)[1]. La division prend ensuite part à l'annexion des Sudètes puis en mars 1939 à l'invasion du reste de la Tchécoslovaquie[1].

Campagne de Pologne[modifier | modifier le code]

En septembre 1939, elle participe à l'invasion de la Pologne en étant rattachée au XVIIIe corps d'armée (14e armée, groupe d'armées sud). Elle subit de lourdes pertes comparativement aux autres divisions blindées et au début de l'année 1940, elle part se reconstituer dans l'Eifel[3].

Campagne de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Article connexe : plan Jaune.

Dans le plan d'offensive à l'Ouest, la 2e division blindée fait partie avec les 1re et 10e divisions blindées du XIXe corps d'armée (Guderian). Ce corps est placé en premier échelon de la Panzergruppe von Kleist qui doit percer les fortifications de la frontière belgo-luxembourgeoise et ensuite le front français à Sedan en traversant la Meuse le 4e jour[4]. Pour des raisons de camouflage, la 2e division blindée est déployée depuis le mars dans la région de Daun à une soixantaine du kilomètre du Luxembourg ; pendant le printemps la division s'exerce pour la mission qu'elle aura à accomplir (franchissements, etc.)[5].

Effectifs en chars de la division le 10 mai 1940[6] :
Panzer I Panzer II Pz.Befehlswagen Total chars légers Panzer III Panzer IV Total chars moyens et lourds Total
Panzer-Regiment 3 22 55 8 85 29 16 45 130
Panzer-Regiment 4 23 60 8 91 29 16 45 136
Total pour la division 45 115 16 176 58 32 90 266

Au cours de la Bataille de la France de mai 1940, la division participe à l'encerclement des forces franco-britanniques dans la poche de Dunkerque. Ce sont des éléments de la 2e PzD qui atteignent en premiers la Manche le 20 mai 1940. Au moment de l'armistice, elle est aux portes de la Suisse.

De retour en Pologne fin 1940 pour des missions de maintien de l’ordre, elle est ré-équipée et restructurée en perdant le Panzer-Regiment 4 au profit de la nouvelle 13e Panzerdivision.

Campagne des Balkans[modifier | modifier le code]

En avril 1941, lors de l’opération Marita, elle participe à la Campagne des Balkans pour venir au secours de l'armée italienne. Elle est déplacée vers la Roumanie, d'où elle s'empare d'Athènes et de la Croatie.

En plus des effets de la campagne dans les Balkans, la division subit de lourdes pertes matérielles lors de son transfert depuis la Grèce vers l'Italie. Le 21 mai 1941, les navires de transport allemands Marburg et Kybfels sont coulés entre Patras et Tarente par des mines alliées mouillées peu auparavant, et l'unité perd une grande partie de son équipement lourd. La 2e PzD ne peut donc pas participer aux premiers combats de l'opération Barbarossa, l'invasion allemande sur l'Union soviétique, et doit se reconstituer. Elle est finalement envoyée en Russie, arrivant au front en octobre 1941.

Front de l'Est[modifier | modifier le code]

Dès son déploiement la division prend part à la bataille de Moscou au sein du XL PanzerKorps du Panzergruppe 4 (groupe d'armées centre) où elle arrive dans les faubourgs de la capitale après avoir combattu à Roslav et à Vyazma. Elle subit la contre-offensive russe pendant l'hiver 1941-1942 et bat en retraite.

Pendant l'année 1942, elle prend part à divers combats défensifs avec le groupe d'armées centre au sein du XLI et XLVI PanzerKorps des 3e Panzer Armee et 9e Armée dans les régions de Karmanowo, du saillant de Rjev et de Byeloye.

Au printemps 1943, la division est mise en réserve dans la région de Smolensk avant de participer en juillet à l'opération Zitadelle au sein du XLVII PanzerKorps de la 9e Armée du général Model du groupe d'armées centre. La 2e Panzerdivision participe à la bataille de Koursk, mais est rapidement stoppée par les forces russes en ne réussissant à progresser que d'une vingtaine de kilomètres. Après la contre-attaque soviétique à Koursk, elle est durement éprouvée dans une succession de batailles dans la région de Kiev et sur le Dniepr. Elle finit l'année dans la région de Gomel où elle est mise en réserve de la 2e Armée.

Front de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1944, la division est retirée du front et se retrouve dans la région d'Amiens pour se reconstituer, puis est mise en réserve en Aquitaine[7] jusqu'au début juin. Suite au débarquement allié en Normandie, la division est envoyée en Normandie, rattachée au XLVII Panzer-Korps du Panzergruppe West (groupe d'armées B) où elle met une semaine pour atteindre le front. Subissant des pertes dans la région de Villers-Bocage, elle prend part à une attaque offensive avortée à Mortain et finit par être piégée dans la poche de Falaise où elle est décimée avant de s'en extraire.

Bataille des Ardennes[modifier | modifier le code]

En septembre, elle est renvoyée en Allemagne à Wittlich dans l'Eifel pour se reconstituer et se rééquiper. Rattachée au LVIII Armee-Korps de la 5e Panzerarmee du groupe d'armées B, elle participe en décembre à la contre offensive des Ardennes où elle occupe une position en pointe, manquant de peu d'atteindre la Meuse tout en subissant de lourdes pertes, notamment du fait des attaques aériennes.

Après l'échec de l'offensive des Ardennes, en mars 1945, elle est rattachée au XIII Armee-Korps de la 7e Armée et se replie avec seulement 4 chars et 200 hommes sur la région de la Moselle, puis sur les bords du Rhin et de Fulda avant de se rendre aux forces américaines à Plauen en mai.

Crimes de guerre[modifier | modifier le code]

Au cours de la Campagne de Pologne, en septembre 1939, des soldats de la division ont pris part à des atrocités contre les ressortissants polonais. Le 5 septembre 1939, près du village de Toporzysko-Bystra, un soldat polonais séparé de son unité se rend, mais des soldats de la 2e Panzerdivision lui ordonnent de courir, puis l'abattent sous prétexte de « tentative d'évasion »[8].

Commandants[modifier | modifier le code]

Début Fin Grade Nom
15 octobre 1935 4 février 1938 Oberst Heinz Guderian
1er mars 1938 16 février 1942 Generalmajor Rudolf Veiel
17 février 1942 31 mai 1942 Generalmajor Hans-Karl Freiherr von Esebeck
1er juin 1942 4 septembre 1942 Generalmajor Arno von Lenski
5 septembre 1942 31 janvier 1944 Oberst, puis Generalmajor Vollrath Lübbe
1er février 1944 4 mai 1944 Generalleutnant Heinrich von Lüttwitz
5 mai 1944 27 mai 1944 Generalleutnant Franz Westhoven
27 mai 1944 31 août 1944 Generalleutnant Heinrich von Lüttwitz
1er septembre 1944 20 septembre 1944 Oberst Gustaf-Adolf von Nostitz-Wallwitz
21 septembre 1944 14 décembre 1944 Oberst, puis Generalmajor Henning Schonfeld
15 décembre 1944 19 mars 1945 Oberst, puis Generalmajor Meinrad von Lauchert
20 mars 1945 31 mars 1945 Generalmajor Oskar Munzel
1er avril 1945 7 mai 1945 Oberst Carl Stollbrock

Ordres de bataille[modifier | modifier le code]

Composition en octobre 1935[modifier | modifier le code]

  • Schützen-Brigade 2
    • Schützen-Regiment 2
    • Kradschützen-Bataillon 2
  • Panzer-Brigade 2
    • Panzer-Regiment 3
    • Panzer-Regiment 4
  • Panzerjäger-Abteilung 38
  • Pionier-Abteilung 38
  • Artillerie-Regiment 74
  • Nachrichten-Abteilung 38
  • Versorgungsdienste 82

Composition en août 1939[modifier | modifier le code]

  • Schützen-Brigade 2
    • Schützen-Regiment 2
    • Kradschützen-Bataillon 2
  • Panzer-Brigade 2
    • Panzer-Regiment 3
    • Panzer-Regiment 4
  • Panzerjäger-Abteilung 38
  • Pionier-Abteilung 38
  • Artillerie-Regiment 74
  • Artillerie-Regiment 110
  • Nachrichten-Abteilung 38
  • Versorgungsdienste 82

Composition pendant la campagne de l'Ouest de 1940[modifier | modifier le code]

Source : Lexikon-der-Wehrmacht[1]

  • Panzer-Brigade 2
    • Panzer-Regiment 3
    • Panzer-Regiment 4
  • Schützen-Brigade 2
    • Schützen-Regiment 2
    • Kradschützen-Bataillon 2
    • schwere Infanterie-Geschütz-Kompanie 703
  • Panzer-Aufklärungs-Abteilung 5 (nom depuis le 1er mars 1940, anciennement Aufklärungs-Abteilung 5[9])
  • Artillerie-Regiment 74
  • Panzerjäger-Abteilung 38
  • Pionier-Bataillon 38
  • Nachrichten-Abteilung 38
  • Nachschubtruppen 82

Composition en septembre 1940[modifier | modifier le code]

  • Schützen-Brigade 2
    • Schützen-Regiment 2
    • Schützen-Regiment 304
  • Kradschützen-Bataillon 2
  • Panzer-Regiment 3
    • Panzer-Abteilung I
    • Panzer-Abteilung II
  • Panzerjäger-Abteilung 38
  • Pionier-Abteilung 38
  • Artillerie-Regiment 74
    • Artillerie-Abteilung I
    • Artillerie-Abteilung II
    • Artillerie-Abteilung III
  • Naschr-Abteilung 38
  • Versorgungsdienste 82

Composition en août 1943[modifier | modifier le code]

  • Panzer-Grenadier-Regiment 2
  • Panzer-Grenadier-Regiment 304
  • Panzer-Regiment 3
    • Panzer-Abteilung II
  • Panzer-Aufklärung Abteilung 2
  • Panzerjäger-Abteilung 38
  • Pionier-Abteilung 38
  • Artillerie-Regiment 74
    • Artillerie-Abteilung I
    • Artillerie-Abteilung II
    • Artillerie-Abteilung III
  • Flak-Artillerie-Abteilung 273
  • Naschr-Abteilung 38
  • Feldersatz-Abteilung 82
  • Versorgungsdienste 82

Théâtres d'opérations[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (de) « 2. Panzer-Division », sur Lexikon der Wehrmacht.
  2. Rosado et Bishop 2007, p. 23.
  3. Rosado et Bishop 2007, p. 24.
  4. Karl-Heinz Frieser (trad. de l'allemand par Nicole Thiers, préf. Werner Rhan), Le mythe de la guerre-éclair : La campagne de l'Ouest de 1940 [« Blitzkrieg-Legende : der Westfeldzug 1940 »], Paris, Belin,‎ , 2e éd., 479 p. (ISBN 978-2-7011-2689-0), p. 127 et 129.
  5. Mary 2009, p. 13 et 16.
  6. Rosado et Bishop 2007, p. 25.
  7. Dominique Lormier, La Libération de la France : Aquitaine, Auvergne, Charentes, Limousin, Midi-Pyrénées, Éditions Lucien Sourny, ISBN 978-2-84886-065-7, p. 15
  8. Zbrodnie Wehrmachtu na jeńcach wojennych w II Wojnie Światowej Szymon Datner Warszawa, 1961.
  9. (de) « Divisionseinheiten der 2. Panzer-Division », sur Lexikon der Wehrmacht.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Yves Mary, Le corridor des Panzers : Par delà la Meuse 10 - 15 mai 1940, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ , 462 p. (ISBN 2-84048-270-3)
  • George Rosado et Chris Bishop (trad. de l'anglais par Christian Muguet), Le guide d'identification des blindés : Les divisions blindés de la Wehrmacht 1939-1945 [« The essential tank identification guide : Wehrmacht Panzer Divisions 1939-45 »], Paris, Éditions de Lodi,‎ , 192 p. (ISBN 978-2-84690-287-8)
  • Georges Bernage, , L'échec des Panzers: 2- 13 juin au 20 juillet 1944 : Villers-Bocage, Tilly/Seulles, l'Odon, Cote 112, Caen, Pont-Hébert, hors série Historica no 60, Magazine 39-45, 1999
  • François de Lannoy, L'invasion de la Grèce : Marita 6 avril - 3 mai 1941, hors série Historica no 58, Magazine 39-45, 1999
  • François de Lannoy, Koursk 5-13 juillet 1943 : La plus grande bataille de chars de l'histoire, hors série Historica no 56, Magazine 39-45, 1998
  • Francois de Lannoy, Josef Charita, Panzertruppen : Les troupes blindées allemandes / German Armored Troops 1935-1945, Editions Heimdal, 2001 (ISBN 978-2-84048-151-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]