Élections générales italiennes de 1972

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Élections générales italiennes de 1972
630 sièges à la Chambre des députés
Majorité absolue : 316 sièges
315 sièges au Sénat de la République
Majorité absolue : 158 sièges
et
Type d’élection élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 37 049 351
Votants 34 525 687
93,19 %  +0,4
Votes exprimés 33 403 548
Votes blancs et nuls 1 122 139
Arnaldo Forlani 1972.jpg DC – Arnaldo Forlani
Voix 12 912 466
38,66 %
 −0,5
Députés élus 266  0
Sénateurs élus 135  0
Enrico Berlinguer.jpg PCI – Enrico Berlinguer
Voix 9 068 961
27,15 %
 +0,3
Députés élus 179  +2
Sénateurs élus 74  −3
Giacomo Mancini.jpg PSI – Giacomo Mancini
Voix 3 208 497
9,61 %
Députés élus 61  −1
Sénateurs élus 33  −3
Parti arrivé en tête par province.
Carte
Composition de la Chambre des députés.
Diagramme
Composition du Sénat de la République.
Diagramme2
Président du Conseil des ministres
Sortant Élu
Giulio Andreotti
DC
Giulio Andreotti
DC
elezionistorico Camera
elezionistorico Senato

Les élections générales italiennes de (en italien : Elezioni politiche italiane del 1972) se tiennent les dimanche et lundi , afin d'élire les 630 députés et les 315 sénateurs de la VIe législature de la Chambre des députés et du Sénat de la République.

Anticipé d'un an par rapport au terme normal de la Ve législature, ce scrutin fait suite au refus du Sénat d'accorder sa confiance au gouvernement minoritaire de Giulio Andreotti en . Le président Giovanni Leone — en fonction depuis moins de trois mois — prononce alors la dissolution du Parlement, pour la première fois depuis la proclamation de la République.

Ces élections interviennent à l'issue d'une législature particulièrement chaotique, qui a vu six cabinets et quatre présidents du Conseil se succéder en trois ans et demi. Cela n'a pas empêché les parlementaires d'approuver en deux législations progressistes, la loi sur le divorce et la loi sur le statut des travailleurs. Cette même année voit la tenue des premières élections régionales dans les 15 Régions ordinaires, dont la DC sort vainqueur en s'imposant dans 12 d'entre elles, tandis que le Parti communiste italien (PCI) l'emporte dans ses bastions du nord-ouest.

Les élections anticipées de voient une nouvelle fois la DC s'imposer avec près de 40 % des voix, devançant le PCI de 11 points dans les deux chambres. Désormais séparé du Parti socialiste démocrate italien (PSDI), le Parti socialiste italien (PSI) échoue à retrouver son niveau des années , quand il flirtait avec les 15 %.

Le chef de l'État charge ensuite Andreotti de former un nouvel exécutif au début du mois de . Associé avec le PSDI et le Parti libéral italien (PLI), il bénéficie du soutien sans participation du Parti républicain italien (PRI) et remporte la confiance des chambres au cours du mois de . Il est ainsi le second et dernier président du Conseil reconduit à la suite des élections générales.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les résultats de 1968 : la chute des socialistes[modifier | modifier le code]

Aux élections générales de , la Démocratie chrétienne (DC) — alors au pouvoir depuis 20 ans — confirme sa position de premier parti d'Italie. Elle rassemble 39,1 % des voix à la Chambre des députés, où elle l'emporte dans 26 circonscriptions sur 32, et 38,3 % au Sénat de la République, s'imposant dans 16 Régions sur 20.

Son plus proche concurrent est le Parti communiste italien (PCI), première force de l'opposition parlementaire depuis la proclamation de la République. Réunissant 26,9 % des suffrages exprimés à la Chambre, et 30 % au Sénat en coalition avec le Parti socialiste italien d'unité prolétarienne (PSIUP), il vire en tête dans ses fiefs d'Émilie-Romagne, Ombrie et Toscane, ainsi qu'en Ligurie pour le Sénat. Avec 14,5 % à la chambre basse et 15,2 % à la chambre haute, le Parti socialiste unifié (PSU, alliance du PSI et du PSDI) confirme sa troisième place mais échoue à disputer au PCI sa position de leader de la gauche italienne en perdant un quart de sa représentation.

Le Parti libéral italien (PLI) est lui aussi en repli, quoique moins important, puisque avec 5,8 % des exprimés à la Chambre des députés et 6,8 % au Sénat de la République, il reste devant le Mouvement social italien (MSI), qui perd également quelques parlementaires après avoir rassemblé 4,5 % des voix à la Chambre et 4,6 % au Sénat.

La courte expérience minoritaire de Leone[modifier | modifier le code]

À l'ouverture de la Ve législature le , le député socialiste de Gênes Sandro Pertini est élu président de la Chambre des députés par 364 voix favorables et 215 votes blancs. C'est alors la première fois que la présidence d'une assemblée parlementaire ne revient pas à la DC. Le même jour, le sénateur démocrate chrétien de Toscane Amintore Fanfani est désigné président du Sénat de la République par 181 voix pour et 127 bulletins blancs.

Le président de la République Giuseppe Saragat confie cinq jours plus tard un mandat de formation du gouvernement à Mariano Rumor, secrétaire de la DC et ancien ministre. Il y renonce au bout de deux jours, et le chef de l'État attend le pour choisir l'ancien président du Conseil Giovanni Leone comme nouveau mandataire présidentiel. Celui-ci parvient à dégager les conditions pour gouverner en s'assurant de l'abstention du PSI-PSDI et du Parti républicain italien (PRI). Son cabinet minoritaire est assermenté cinq jours après et obtient la confiance des chambres le .

Dès le , Leone remet sa démission après que la DC, le Parti socialiste italien (PSI) — nom adopté par le Parti socialiste unifié le mois précédent — et le PRI se sont dit prêts à discuter d'un élargissement de la majorité parlementaire.

Les trois gouvernements Rumor en 18 mois[modifier | modifier le code]

Mariano Rumor forme trois gouvernements dont deux coalition entre et .

Avant de confier une quelconque mission de formation, le président Saragat appelle son ami Sandro Pertini à mener un mandat exploratoire pour s'assurer de la possibilité de constituer un nouvel exécutif. La conclusion positive de ces entretiens conduit le chef de l'État à demander à Mariano Rumor de constituer le prochain cabinet. Constituant une coalition entre la DC, le PSI et le PRI, lui et son premier gouvernement sont assermentés le . Les chambres accordent leur confiance dans les dix jours qui suivent.

Sa majorité s'écroule dès le , lorsque les ministres socialistes démissionnent en raison de la scission d'une partie des groupes parlementaires du PSI en vue de constituer le Parti socialiste unitaire (PSU). Actant la dislocation de sa coalition, Rumor démissionne le . Une semaine plus tard, Giuseppe Saragat le confirme dans ses fonctions.

Il présente un cabinet minoritaire monocolore le , en attendant de voir s'il est possible de reconstituer une alliance de centre gauche. Il remporte la confiance des chambres dans les jours qui suivent grâce au soutien du PSI, du PSU, et à l'abstention du PRI.

Le , la ville de Milan est frappée par l'attentat de la piazza Fontana, qui cause 16 morts et 88 blessés. Attribuée à l'extrême gauche, l'attaque est également présumée être le fait de l'extrême droite, éventuellement manipulée par les services secrets occidentaux et/ou des factions conservatrices des forces armées en vue de l'établissement d'un régime autoritaire semblable à la dictature des colonels[N 1].

La deuxième démission de Mariano Rumor intervient deux mois plus tard, le , en conséquence des divergences au sein de sa majorité concernant la loi sur le divorce, en cours de discussion au Parlement. Alors que la DC y est fortement opposée, les autres partis s'y montrent favorables.

Chargé de constituer son troisième exécutif consécutif le , Rumor renonce à son mandat le . Le président de la République fait donc appel au ministre des Affaires étrangères Aldo Moro, figure de l'aile gauche de la Démocratie chrétienne, le suivant. Il rend sa mission au bout de huit jours sur un constat d'échec, aussi le Giuseppe Saragat donne mandat exploratoire au président du Sénat de la République Amintore Fanfani qui abandonne au bout d'une semaine. Ce mandat est transmis à Rumor le et celui-ci parvient à rassembler une majorité de centre gauche avec le Parti socialiste, le Parti socialiste unitaire et le Parti républicain.

Le gouvernement Rumor III, assermenté le , reçoit la confiance du Parlement dans la première moitié du mois d'.

Moins de deux mois plus tard se tiennent les et les premières élections régionales dans les 15 Régions à statut ordinaire. La DC et le Parti communiste italien continuent de dominer le paysage politique avec respectivement 37,8 % et 27,9 % des voix. Le PSI confirme sa troisième place avec 10,4 %, devant le PSU qui pointe à 7 %. Les deux forces socialistes cumulent ainsi 17,4 %, trois points de mieux qu'aux élections générales. Le PCI l'emporte dans ses bastions habituels, ratant de peu la majorité absolue en Émilie-Romagne. Les démocrates chrétiens s'imposent ainsi dans 12 Régions.

Arguant des polémiques entre les partis du centre gauche, Mariano Rumor annonce le la démission du cabinet, une décision soutenue par le PSU et le PRI, mais critiquée par le PSI et l'aile gauche de la DC.

Emilio Colombo, une période de stabilité[modifier | modifier le code]

Pendant 18 mois, Emilio Colombo mène une stable majorité de centre gauche.

Faisant face à sa quatrième crise ministérielle en 18 mois, le président de la République Giuseppe Saragat charge le l'ancien ministre de l'Industrie Giulio Andreotti de reconstituer une majorité de centre gauche. Il renonce à sa mission au bout de 14 jours et elle se trouve confiée au ministre du Trésor Emilio Colombo. Ce dernier parvient à reformer une alliance entre la DC, le Parti socialiste italien, le Parti socialiste unitaire et le Parti républicain italien.

Assermenté le avec ses ministres, Colombo est le premier président du Conseil à ne jamais avoir dirigé de gouvernement par le passé depuis Adone Zoli en . Il remporte en une semaine l'investiture de la Chambre des députés et du Sénat de la République.

Le , après une adoption contre l'avis de la DC et du Mouvement social italien, la loi sur le divorce entre en vigueur. Dès le lendemain est constitué un comité cherchant à convoquer un référendum abrogatif à l'encontre de ce texte. Une tentative de coup d'État néofasciste mené par Junio Valerio Borghese a lieu à Rome une semaine plus tard mais échoue. Le public n'en sera informé que trois mois plus tard.

Tandis que le PSU redevient le Parti socialiste démocrate (PSDI) le , le PRI se retire de la coalition gouvernementale le et indique qu'il passe à une posture de soutien sans participation. L'exécutif se soumet aussitôt à un vote de confiance dans chaque chambre, qu'il remporte nettement.

Puisque que le mandat du président Saragat arrive à terme, le président de la Chambre des députés Sandro Pertini convoque le collège électoral au palais Montecitorio le pour la tenue de l'élection présidentielle. Les démocrates chrétiens choisissent d'appuyer le président du Sénat Amintore Fanfani, tandis que la gauche se rassemble autour du secrétaire du PSI Francesco De Martino. Les deux s'affrontent jusqu'au 7e tour à l'avantage de De Martino, puis de nouveau au 11e tour. À l'occasion du 22e tour, la DC opte pour Giovanni Leone tandis que la gauche propose le sénateur à vie Pietro Nenni. Leone rate la majorité requise d'une seule voix, mais la franchit lors du 23e tour. Conclue le , cette élection est le plus long scrutin présidentiel de l'histoire italienne.

Moins d'une semaine après, la majorité se disloque avec la décision le du Parti républicain de retirer son appui extérieur au gouvernement. Le président du Conseil remet ainsi sa démission le , après que le secrétaire du PRI Ugo La Malfa lui a indiqué que la décision de son parti était irrévocable.

Andreotti et la première dissolution républicaine[modifier | modifier le code]

L'échec de Giulio Andreotti à obtenir la confiance du Sénat mène à des élections anticipées.

En fonction depuis à peine huit jours, le président Leone fait donc face à sa première crise politique. Après deux semaines de consultation, il demande le à Emilio Colombo de reconstituer un cabinet. Ce dernier, constatant la forte division interne à la DC, renonce à sa mission le .

Le chef de l'État appelle alors le président du groupe parlementaire de la Démocratie chrétienne à la Chambre des députés Giulio Andreotti. Il tente d'abord de convaincre le PSI et le PRI de soutenir un exécutif minoritaire rassemblant la DC, le PSDI et bénéficiant également de l'appui extérieur du Parti libéral italien. Face au refus des socialistes et des républicains, le mandataire présidentiel se replie sur la mise en place d'un gouvernement monocolore, qui est assermenté par Giovanni Leone le .

Il présent son programme aux deux chambres le , mais le lendemain le Sénat refuse de lui accorder sa confiance par 158 suffrages contre et 151 voix pour. Seuls la DC, le PLI ainsi que le Parti populaire du Sud Tyrol (SVP) et deux sénateurs à vie lui apportent leur soutien. En conséquence, Andreotti remet sa démission et le chef de l'État le charge de la gestion des affaires courantes.

Estimant qu'aucune majorité parlementaire ne peut plus se dégager du Parlement issu des élections de , le président de la République annonce le qu'il prononce la dissolution des deux chambres. Les premières élections générales anticipées depuis la proclamation de la République sont convoquées dix semaines plus tard.

Moins de trois semaines après la décision du chef de l'État, le PCI organise son XIIIe congrès à Milan. Le vice-secrétaire général Enrico Berlinguer, député de Rome âgé de 49 ans, prend le relais de Luigi Longo, diminué depuis des trois ans des suites d'un accident vasculaire cérébral, au secrétariat général.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loi électorale italienne de 1946.

Pour la Chambre des députés[modifier | modifier le code]

La Chambre des députés (en italien : Camera dei Deputati) est élue au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans.

Le territoire italien est divisé en 32 circonscriptions, 31 plurinominales — qui comprennent toutes au moins deux provinces, sauf celles de Trieste — et la Vallée d'Aoste, qui n'élit qu'un représentant selon le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Il n'y a pas de seuil électoral.

Le jour du vote, chaque électeur choisit dans sa circonscription une liste de candidats, et peut émettre jusqu'à quatre votes de préférence. À l'issue du scrutin, les sièges sont répartis à la proportionnelle d'Impériali et attribués en priorité aux candidats ayant reçu le plus grand nombre de voix préférentielles.

Les sièges qui n'ont pas été attribués et les voix qui n'ont pas été utilisées sont ensuite rassemblés au niveau national et distribués à la proportionnelle de Hare entre les formations politiques qui ont obtenu un député de circonscription ou 300 000 voix nationalement. Ces mandats de députés sont ensuite attribués, pour les partis qui en bénéficient, dans les circonscriptions où ils comptent le plus de votes résiduels.

Pour le Sénat de la République[modifier | modifier le code]

Le Sénat de la République (en italien : Senato della Repubblica) est élu au scrutin proportionnel plurinominal pour un mandat de cinq ans par les Italiens âgés d'au moins 25 ans.

Le territoire italien est divisé en 20 circonscriptions qui correspondent aux régions, 19 plurinominales et la Vallée d'Aoste, qui n'élit qu'un parlementaire selon le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Conformément à l'article 57 de la Constitution de , chaque région dispose d'au moins sept sénateurs, sauf le Molise qui en a deux. Il n'y a pas de seuil électoral.

Les circonscriptions sont divisées en un certain nombre de collèges électoraux (238 au total). Pour l'emporter dans un collège, un candidat doit réunir un nombre de suffrages équivalent à 65 % des votants au moins. Pour les collèges où ce seuil n'est pas atteint (313 sur 315 en ), les voix de chaque candidat sont regroupées par parti, au niveau régional, et les sièges à pourvoir sont distribués à la proportionnelle d'Hondt. Les mandats sont attribués, pour chaque parti, aux candidats ayant le plus fort quotient individuel (qui correspond au ratio entre les suffrages obtenus et le nombre de votants dans les différents collèges électoraux).

Campagne[modifier | modifier le code]

Principales forces politiques[modifier | modifier le code]

Parti Idéologie Secrétaire
Démocratie chrétienne
Democrazia Cristiana
Centre
Démocratie chrétienne, antifascisme, anticommunisme
Arnaldo Forlani
Parti communiste italien
Partito Comunista Italiano
Gauche
Communisme, eurocommunisme, marxisme-léninisme
Enrico Berlinguer
Parti socialiste italien
Partito Socialista Italiano
Gauche
Socialisme, réformisme, marxisme
Giacomo Mancini
Parti socialiste démocrate italien
Partito Socialista Democratico Italiano
Centre gauche
Social-démocratie, socialisme
Flavio Orlandi
Parti libéral italien
Partito Liberale Italiano
Centre droit
Libéralisme, libérisme
Giovanni Malagodi
Parti socialiste italien d'unité prolétarienne
Partito Socialista Italiano di Unità Proletaria
Gauche
Socialisme maximaliste
Dario Valori
Mouvement social italien
Movimento Sociale Italiano
Extrême droite
Néofascisme, nationalisme, anticommunisme
Giorgio Almirante

Résultats[modifier | modifier le code]

Chambre des députés[modifier | modifier le code]

Parti Suffrages Sièges
Voix % Députés +/-
Démocratie chrétienne (DC) 12 912 466 38,66 266 en stagnation
Parti communiste italien (PCI) 9 068 961 27,15 177 en augmentation 2
Parti socialiste italien (PSI) 3 208 497 9,61 61 en diminution 2
Mouvement social italien (MSI) 2 894 722 8,67 56 en augmentation 32
Parti socialiste démocrate italien (PSDI) 1 718 142 5,14 29 en stagnation
Parti libéral italien (PLI) 1 300 439 3,89 20 en diminution 11
Parti républicain italien (PRI) 954 357 2,86 15 en augmentation 6
Parti socialiste italien d'unité prolétarienne (PSIUP) 648 591 1,94 0 en diminution 23
Autres 697 373 2,09 4 en diminution 4
Votes valides 33 403 548 96,75
Votes blancs et nuls 1 122 139 3,25
Total 34 525 687 100,00 630 en stagnation
Abstention 2 523 664 6,81
Inscrits / participation 37 049 351 93,19

Sénat de la République[modifier | modifier le code]

Parti Suffrages Sièges
Voix % Sénateurs +/-
Démocratie chrétienne (DC) 11 465 529 38,07 135 en stagnation
Parti communiste italien (PCI) 8 502 362 28,23 74 en diminution 3
Parti socialiste italien d'unité prolétarienne (PSIUP) 11 en diminution 2
Parti sarde d'action (PSdAz) et autres 9 en diminution 2
Parti socialiste italien (PSI) 3 225 707 10,71 33 en diminution 3
Mouvement social italien (MSI) 2 766 986 9,19 26 en augmentation 15
Parti socialiste démocrate italien (PSDI) 1 613 810 5,36 11 en augmentation 1
Parti libéral italien (PLI) 1 319 175 4,38 8 en diminution 8
Parti républicain italien (PRI) 918 440 3,05 5 en augmentation 3
Autres 304 048 1,01 3 en diminution 1
Votes valides 30 116 057 95,65
Votes blancs et nuls 1 370 342 4,35
Total 31 486 399 100,00 315[N 2] en stagnation
Abstention 3 623 535 6,68
Inscrits / participation 33 739 592 93,32

Analyse[modifier | modifier le code]

Alors que le taux de participation repasse au-dessus des 93 % des inscrits, les deux principaux partis du pays — la DC et le PCI — demeurent extrêmement stables : la Démocratie chrétienne conserve exactement le même nombre d'élus dans chaque chambre, tandis que le Parti communiste en perd un seul. Le PCI reste ainsi fort dans le nord-ouest, dominant les « Régions rouges » d'Émilie-Romagne, d'Ombrie et de Toscane, ainsi que la Ligurie au Sénat de la République. Que cela soit au niveau régional, des circonscriptions à la Chambre des députés, ou provincial, le rapport de forces entre les deux formations est rigoureusement identique.

Séparés après une coalition lors des élections précédentes, le PSI et le PSDI — les deux principaux partis responsables de la chute du gouvernement sortant d'Andreotti avec le PCI — n'engrangent pas de gain significatif et conservent une représentation similaire à la Ve législature. Ce résultat est un échec pour le Parti socialiste, qui totalise 9,6 % des voix à la Chambre contre 13,8 % en .

La principale réussite de ce scrutin revient en effet au MSI, qui parvient à plus que doubler sa représentation dans les deux chambres. En passant de la sixième à la quatrième place, il talonne le PSI avec à peine 314 000 voix de retard sur plus de 33 403 000 suffrages exprimés. L'autre succès de ces élections réside dans le résultat du petit PRI, dont le groupe à la Chambre croît de 40 % alors que sa représentation sénatoriale est multipliée par deux. C'est à cette époque son meilleur résultat depuis la proclamation de la République.

C'est exactement l'inverse que subissent en revanche le PLI, ainsi que le PSIUP à la Chambre des députés. Tandis que le second disparaît totalement de la chambre basse et ne doit son maintien à la chambre haute que grâce à sa coalition électorale avec le PCI, le Parti libéral abandonne lui un tiers de ses députés et la moitié de ses sénateurs, ce qui le fait chuter de la quatrième à la sixième place parmi les forces parlementaires.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La mésentente entre les démocrates chrétiens et les socialistes empêche le retour d'une formule de centre gauche au pouvoir, aussi la Démocratie chrétienne doit-elle chercher l'appui des forces plus centristes que sont le PSDI, le PLI et le PRI pour former une nouvelle majorité.

À l'ouverture de la VIe législature le , les présidents des deux assemblées sont reconduits. Le député socialiste de Gênes Sandro Pertini est en effet réélu président de la Chambre des députés par 519 voix pour et 93 bulletins blancs, tandis que le sénateur à vie Amintore Fanfani est à nouveau désigné président du Sénat de la République avec 212 suffrages favorables et 102 votes blancs.

Le , le président de la République Giovanni Leone confie un mandat exploratoire au président du Conseil des ministres Giulio Andreotti en vue de former un nouveau cabinet. Ce dernier contourne le PSI en constituant une coalition gouvernementale entre la DC, le PSDI et le PLI, qui bénéficie du soutien sans participation du PRI.

Le gouvernement Andreotti II est assermenté devant le chef de l'État le . Il remporte la confiance des deux chambres dans la première moitié du mois de . Après Alcide De Gasperi, son mentor, il est le second et dernier chef du gouvernement de l'Italie républicaine reconduit à l'issue des élections générales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Aucune responsabilité n'a jamais été officiellement établie au sujet de cet attentat ni aucun coupable identifié. Plusieurs théories tournant autour de la stratégie de la tension ont ainsi émergé.
  2. Ainsi que huit sénateurs à vie, dont les anciens présidents de la République Giovanni Gronchi, Antonio Segni et Giuseppe Saragat.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]