Église Saint-Martin de Pont-à-Mousson

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Église Saint-Martin
Image illustrative de l’article Église Saint-Martin de Pont-à-Mousson
Présentation
Nom local Saint-Martin
Culte Catholique romain
Type Collégiale-église paroissiale
Rattachement Diocèse de Nancy-Toul
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XVIIe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840) (première liste de 1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Ville Pont-à-Mousson
Coordonnées 48° 54′ 19″ nord, 6° 03′ 31″ est
Géolocalisation sur la carte : Lorraine
(Voir situation sur carte : Lorraine)
Église Saint-Martin
Géolocalisation sur la carte : Meurthe-et-Moselle
(Voir situation sur carte : Meurthe-et-Moselle)
Église Saint-Martin

L’église Saint-Martin est située sur la commune française de Pont-à-Mousson dans le département de Meurthe-et-Moselle et la région Lorraine. Elle a été construite du XIIIe au XVe siècles et a été classée Monument historique par la liste de 1840[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Cette église conventuelle de l'ordre des Antonins est édifiée à la fin du XIIIe siècle sous le vocable de Saint-Antoine en complément d'une maladrerie qui existait déjà dans la ville. Elle est consacrée par le vicaire général de l'évêque de Metz, Adhémar de Monteil.

À la suite de la création de l'université en 1572 par le pape Grégoire XIII, l'église est attribuée, en 1574, aux jésuites qui l'utilisèrent jusqu'en 1768, date de leur expulsion du duché de Lorraine.

En 1776 elle est rattachée à l'ordre des chanoines réguliers, qui en font la chapelle du collège et de l'École royale militaire

Le elle remplace l'église paroissiale du quartier de la rive droite de la Moselle, sous le vocable Saint-Martin, après de nombreuses années de tractations entre les habitants de la paroisse, les magistrats de la ville, les chanoines et l'évêque de Toul.

Architecture[modifier | modifier le code]

Façade[modifier | modifier le code]

Les tours de l'église reprennent la forme octogonale, en proportions plus réduites, des tours de la cathédrale Saint-Étienne de Toul, ce qui explique la richesse de leur décor comparé au soubassement des tours d'un gothique plus ancien. Ces tours serviront de modèle à l'extraordinaire façade flamboyante de la cathédrale de Toul. La rosace et la verrière qui la soutient renvoient plutôt à la fameuse verrière d'Hermann de Münster sur la façade de la cathédrale de Metz. On peut également admirer le portail richement décoré, cette fois encore inspirée de la cathédrale de Toul, mais dont la statuaire fut refaite au XIXe siècle d'après les originaux détruits à la Révolution. On trouve un transept non-saillant, mais nettement visible en élévation, comme souvent dans la tradition Lorraine, c'est à cet emplacement que se trouvait le jubé, réutilisé au XVII° comme tribune d'orgue.

Intérieur[modifier | modifier le code]

La sobriété du chœur gothique du XIIIe siècle et l'élégance de la nef du XVe siècle tranche avec les éléments décoratifs du XVIIIe, de style classique, et intégrés dans le respect de l'édifice médiéval. L'ancien jubé, l'un des rares jubés de Lorraine à être conservé, sert de tribune d'orgue[2] et témoigne de la finesse d'un gothique flamboyant, encore très en vogue dans la Lorraine jusqu'au XVIe siècle.

Tous les éléments classiques sont des apports dû aux jésuites, actifs dans l'université de Pont-à-Mousson, face à l'église :

  • ainsi, le maître-autel[3] et les décorations du chœur furent intelligemment mis en place dans une configuration qui rappelle encore la cathédrale de Toul. Les tableaux sont surmontés d'une corniche supportant des reliquaires en bois doré et des statues de saints ;
  • la chapelle Saint-Pierre-Fourier est décorée dans un style très italien utilisant marbre noir et pierre blanche[4] ;
  • la chapelle Saint-François-Xavier[5] est représentative du style baroque, peu fréquent en Lorraine.

Au Moyen Âge il eut un mur séparant le peuple et les antonistes. Le peuple venait se faire soigner.

Œuvres d'art[modifier | modifier le code]

Le « Sépulcre de Pont-à-Mousson »[modifier | modifier le code]

Mise au tombeau à treize personnages[6], réalisée vers 1420 par le Maître de Pont-à-Mousson dans lequel l'influence allemande du « Heilige Grab », et la finesse des écoles champenoises et flamandes, aurait été commandé par Baldemar-Johannis de Biebelnheim, qui dirigea la maison des Antonistes de Pont-à-Mousson de 1415 à 1430. Toutefois les recherches récentes mettent en avant le mécénat de Robert Ier de Bar. C'est un des plus anciens monuments de ce genre en Lorraine[7] qui de part la profusion des personnages et influencera toutes les mises au tombeau successives de Champagne et de Lorraine, en partie les œuvres de Ligier Richier notamment son fameux Sépulcre.

  • Quelques gisants médiévaux d'un chevalier et d'une princesse de Bar y sont également remarquables, sous un enfeu plus récent ;
  • tombeau armorié de Geoffroi de Kaysersberg, mort en 1358, dans le bas-côté sud, à gauche du Sépulcre ;
  • monument funéraire mural d'Esther d'Aspremont, morte en 1592[8], du côté nord.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Lallemand, Pont-à-Mousson, éd. Pierron, 1994 (ISBN 2-7085-0130-5).
  • Georges Fréchet, La Mise au tombeau de l'église Saint-Martin de Pont-à-Mousson, Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 1991.
  • Georges Fréchet, L'église Saint-Martin de Pont-à-Mousson, dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 255-271, Société française d'archéologie, Paris, 1995.

Articles connexes[modifier | modifier le code]