Abbaye d'Écurey

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Abbaye d'Écurey
image de l'abbaye
Gisant de Guy de Sailly, XIIIe siècle provenant de l'abbaye, Musée barrois

Nom local Escurey
Diocèse Diocèse de Toul
Patronage Sainte Marie
Numéro d'ordre (selon Janauschek) CXCVI (196)[1]
Fondation 28 septembre 1144
Fin construction XVIIIe siècle
Dissolution 1791
Abbaye-mère Vaux en Ornois
Lignée de Morimond
Abbayes-filles Aucune
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style
Protection  Inscrit MH (1993)[2]

Coordonnées 48° 33′ 30″ nord, 5° 16′ 09″ est[3]
Pays Drapeau de la France France
Région historique Duché de Lorraine
Région Lorraine
Département Meuse
Commune Montiers-sur-Saulx

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Abbaye d'Écurey

L’abbaye d'Écurey (ou d’Escurey) est une ancienne abbaye cistercienne, fondée au XIIe siècle par les moines de l'abbaye des Vaux, et qui était située le long de la Saulx, sur le territoire de la commune de Montiers-sur-Saulx, dans la Meuse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant les cisterciens[modifier | modifier le code]

Le site, nommé dans la charte de fondation et les documents d'époque, est nommé Escuraium ou Escureium, ce qui tendrait à prouver une occupation antérieure, sans doute gallo-romaine. Un premier monastère, bénédictin, avait été bâti au VIe siècle sur la paroisse de Montiers-sur-Saulx, et avait donné son nom au village (Montiers vient de Monasterium). Ce premier monastère avait été détruit par les invasions « hongroises »[4].

Fondation[modifier | modifier le code]

L'abbaye est fondée en 1144 par Geoffroy III de Joinville (parfois nommé Georges[5],[6] ou Godefroi[7]). La charte de fondation est scellée par le propre frère de Geoffroy, Guy II de Pierrepont, évêque de Châlons[4]. La communauté cistercienne qui vit dans cette abbaye vient des Vaux en Ornois[3].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'abbaye, durant le premier siècle de son existence, reste très soutenue par la famille du fondateur. Si le fils et le petit-fils de ce dernier meurent en croisade, et qu'un autre de ses petits-fils, Guillaume de Joinville, devient évêque de Langres puis archevêque de Reims, un troisième, Simon, fait de nombreux dons à l'abbaye entre 1205 et 1220, en particulier de terres que mettaient en valeur et cultivaient les cisterciens. Son fils Jean (le biographe de Saint Louis) fut également généreux[8], mais aussi exigeant, entrant en procès avec les moines. Par ailleurs, l'abbaye a d'autres bienfaiteurs, en particulier la famille de Clefmont (à partir du XIIIe siècle[4].

Au XIVe siècle, l'abbé d'Écurey est particulièrement renommé et son avis est souvent requis. Ainsi, en 1344, l'abbaye de Saint-Benoît-en-Woëvre est endettée, c'est lui qui est mandé par l'ordre pour enquêter et proposer des solutions[4]. Au XVe siècle, les moines d'Écurey développent des techniques métallurgiques d'extraction et de traitement du fer[9].

Les conflits[modifier | modifier le code]

L'abbaye souffre des alliances et luttes entre seigneurs féodaux. Ainsi, les Joinville ayant fait construire une forteresse à Montiers, celle-ci est assiégée par leur ennemi Henri II de Bar, siège dont souffrent les domaines de l'abbaye, pillés ou détruits. À cette époque, un conflit moins destructeur mais plus long envenime les relations entre Écurey et son abbaye-mère, qui cherche à transformer sa fondation (autonome) en un prieuré totalement dépendant de son autorité, ce qui est contraire aux usages cistercien. Le chapitre général doit intervenir pour sauvegarder l'indépendance d'Écurey. Aux siècles suivants, l'abbaye est endommagée par les pillages de la guerre de Cent Ans, en particulier en 1359 par Henri V de Vaudémont[4].

À la Renaissance et sous l'absolutisme[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle, l'abbaye est très fortement appauvrie, au point que l'abbé ne peut se rendre en 1435 au chapitre général, pourtant situé à l'abbaye de Cîteaux peu éloignée ; elle est alors placée sous la surveillance directe de l'abbaye de Morimond, surveillance qui se prolonge au XVIe siècle[4].

Au XVIIIe siècle, l'abbaye, comme la plupart des fondations religieuses, est rebâtie dans le style de l'époque[5].

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

À la Révolution, l'abbaye, vendue comme bien national, est en grande partie détruite ; seul demeurent le logis de l'abbé commendataire, l'hôtellerie et la ferme[10]. Des éléments de boiseries sont remontés dans le salon de musique du Château de Montaigu.

Au XIXe siècle, une fonderie assez importante est construite entre 1842 et 1901 sur le site de l'abbaye ; on y fond de la fonte d'ornement ; cette fonderie cesse son activité en 1986[5].

En 2011 est implanté un pôle d'excellence rurale dans l'ancienne abbaye[9]. Il est spécialisé dans les projets concernant la transition énergétique et l'écoconstruction. En 2015, le pôle est complété par un « centre d'expérimentation du bien vivre en milieu rural », nommé Écurey Pôles d'avenir. Y sont notamment étudiés les vertus de l'ortie et l'éco-rénovation[11],[12],[13]. Lors des six premières sessions de formation, 95 entrepreneurs, salariés et travailleurs en insertion se forment sur les techniques d'éco-rénovation[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, Vindobonae, , 491 p. (lire en ligne), p. 172.
  2. Notice no PA00125531, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. a et b « Écurey-en-Barrois », sur http://www.cistercensi.info/, Ordre cistercien (consulté le 17 décembre 2013).
  4. a b c d e et f « Fondation de l’abbaye cistercienne d’Écurey (Meuse) », sur http://metreya.blog.lemonde.fr/, Bisogna Morire : le monde tel qu'il est (consulté le 17 décembre 2013).
  5. a b et c Anthony Koenig, « Abbaye cistercienne et Fonderie d'Ecurey à Montiers-sur-Saulx (Meuse) », sur http://la-lorraine-se-devoile.blogspot.fr/, La Lorraine se dévoile, (consulté le 17 décembre 2013).
  6. Laurent Veyssière, « La tombe découverte à l’abbaye de Clairvaux en 1820 est-elle celle de Guillaume de Joinville, archevêque de Reims († 1226) ? », Bibliothèque de l'école des chartes, Persée, vol. 164, no 1,‎ , p. 34 (DOI 10.3406/bec.2006.463656, lire en ligne).
  7. Nicolas-Luton Durival, Description de la Lorraine et du Barrois, Nancy, Veuve Leclerc, , 405 p. (lire en ligne), p. 362.
  8. Natalis de Wailly, « Recueil de chartes originales de Joinville en langue vulgaire. », Bibliothèque de l'école des chartes, Persée, vol. 28, no 1,‎ , p. 575-577 (DOI 10.3406/bec.1867.446199, lire en ligne).
  9. a et b « L'enjeu d'une réindustrialisation écologique », Archipel des régions - L'encyclopédie du développement durable, Dossiers et Débats pour le Développement Durable, no 6,‎ , p. 8 (lire en ligne).
  10. Simone Collin-Roset, Catherine Durepaire et Pascal Thiébaut, « L’abbaye et la fonderie d’Ecurey », sur http://www.culture.gouv.fr/, Ministère de la Culture, (consulté le 17 décembre 2013).
  11. Anne-Sophie, « Le bien vivre s'installe dans la Meuse ! - Montiers-sur-Saulx », sur My lorraine, (consulté le 2 décembre 2016).
  12. « Meuse : l’ortie dans tous ses états », L'Est républicain,‎ (ISSN 0240-4958, lire en ligne).
  13. « Apprendre à rénover », L'Est républicain,‎ (ISSN 0240-4958, lire en ligne).
  14. Christian Robischon, « L’abbaye d’Écurey devient un pôle d’écorénovation », Le Moniteur, no 5898,‎ , p. 51 (ISSN 0026-9700, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]