Abbaye de Haute-Seille

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Abbaye de Haute-Seille
image de l'abbaye
Restes de la façade de l'église de l'abbaye de Haute-Seille

Nom local Altasilva
Diocèse Diocèse de Nancy-Toul
Patronage Notre-Dame
Numéro d'ordre (selon Janauschek) CXLVI (146)[1]
Fondation 26 mai 1140
Dissolution 1791
Abbaye-mère Abbaye de Morimond
Lignée de Abbaye de Morimond
Abbayes-filles Aucune
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style
Protection  Inscrit MH (1927)[2]

Coordonnées 48° 35′ 21″ nord, 6° 55′ 35″ est[3]
Pays Drapeau de la France France
Province Comté de Bourgogne
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Commune Cirey-sur-Vezouze

Géolocalisation sur la carte : France

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Abbaye de Haute-Seille

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(Voir situation sur carte : Lorraine)
Abbaye de Haute-Seille

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(Voir situation sur carte : Meurthe-et-Moselle)
Abbaye de Haute-Seille

L'abbaye de Haute-Seille (autrefois de Haute-Selve, du latin, Alta Silva, « Haute Forêt », sans rapport avec la Seille lorraine) est une fondation cistercienne en Lorraine, sur l'actuelle commune de Cirey-sur-Vezouze (Meurthe-et-Moselle, France).

Historique[modifier | modifier le code]

Des moines bénédictins de l'abbaye de Saint-Sauveur en Vosges auraient les premiers occupé les lieux. L'abbaye cistercienne, quant à elle, fut fondée en 1140 après une donation faite par la comtesse Agnès de Langenstein, veuve d'Hermann II de Salm, à l'ordre de Cîteaux. Cette création a probablement été influencé par saint Bernard qui avait de bonnes relations avec Étienne de Bar, évêque de Metz. Une dizaine de religieux de l'abbaye de Theuley s'y établirent.

Le site se trouve en plaine, non loin de la Vezouze, au sortir de Cirey dont il forme un écart.

Si le domaine de l'abbaye ne comprenait à ses débuts que le village de Tanconville, il s'est agrandi par échange et acquisition du village de Hesse près de Lorquin où se trouvait un prieuré qui avait été consacré par le pape Léon IX et rattaché à l'abbaye en 1504, les dîmes de Blémerey, de Domjevin, de Fréménil et de Vého, ainsi que les cures de Parux, Bertrambois, Hattigny, Lafrimbolle, Landange, Aspach, Niderhoff, Fraquelfing, Neufmoulins, Languimberg, Fribourg, ... avec une concentration des biens autour de Lorquin.

Dès 1147, l'évêque de Metz a dû intervenir pour protéger l'abbaye des actions des familles donatrices de Salm et de Turquestein en obtenant de leur part la résignation de tous leurs droits. Mais, dès 1184, Henri de Salm essayait de prendre le contrôle du contrôle du canal de dérivation de la Vezouze dans l'enclos de l'abbaye et reprendre les concessions faites à l'abbaye par ses ancêtres. Il a trouvé contre lui les évêques de Metz et de Toul. Pour se protéger, les moines ont cherché l'appui des seigneurs de Blâmont, puis, en 1267, celui des ducs de Lorraine. Pendant toute son histoire, les moines de l'abbaye ont lutté pour leur indépendance successivement contre les comtes de Salm, puis les ducs de Lorraine et les rois de France.

L'église fut consacrée en 1176 par Pierre de Brixey, évêque de Toul.

En 1400, l'abbaye est ravagée pendant une guerre entre Metz et Blâmont. Pendant les guerres de religion, les comtes de Salm se sont convertis au protestantisme. L'abbaye est dévastée en 1556. Elle le fut encore pendant les guerres de Charles IV de Lorraine. En 1692, il n'y a plus que le prieur, huit religieux avec trois frères et l'organiste.

En 1600, à la mort de Jean IX, le dernier descendant mâle d'Hermann II de Salm, le comté de Salm est passé à sa fille Christine de Salm mariée à François II de Lorraine, comte de Vaudémont, puis duc de Lorraine. Les prétentions des abbés de Haute-Seille ont alors été combattues par les ducs de Lorraine.

L'abbaye de Haute-Seille fut presque totalement reconstruite au XVIIIe siècle.

Le 1er août 1789, les bâtiments furent saccagés par les habitants des environs. Le dernier prieur, Antoine Combette, s'est retiré à Strasbourg où il est mort en 1830.

Architecture[modifier | modifier le code]

De cette prestigieuse abbaye ne se voient plus aujourd'hui, à part quelques bâtiments ruinés ou défigurés, que :

  • l'ancien portail du XVIIIe siècle, de style classique, transformé en habitation;
  • une partie de la façade de l'église abbatiale, d'époque romane, très belle par sa sobre symétrie, mais inaccessible à la visite.

L'ensemble du site a été converti en exploitations agricoles et forme un hameau.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Ces deux illustrations proviennent de : Edmond de Martimprey de Romécourt, « l'Abbaye de Haute-Seille », Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, 1887, p. 86-136.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Jean de Haute-Selve, ou de Haute-Seille (Johannis de Alta Silva), moine de l'abbaye à la fin du XIIe siècle, auteur du (la) Dolopathos, sive de rege et septem sapientibus, dont s'est ensuite inspiré le trouvère Herbert pour sa version en ancien français[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, , 491 p. (lire en ligne), p. 153.
  2. Notice no PA00106010, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. « Hauteseille », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 1er avril 2014).
  4. Texte en ligne sur Gallica (édition de 1856).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edmond de Martimprey de Romécourt, L’Abbaye de Haute-Seille, Mémoires de la Société d'archéologie lorraine, 1887, p. 86-136 (lire en ligne)
  • A. Benoît, « L'Abbaye de Haute-Seille, dans le comté de Salm », dans Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 23e année, 1897-1898, p. 41-76 avec deux planches (lire en ligne)
  • Émile Ambroise, « Les vieux châteaux de la Vesouze. Chapitre IX. Haute-Seille et les comtes de Salm. - Prétentions des abbés. - Sac de l'abbaye », dans Le Pays lorrain, 6e année, 1909, p. 101-107 (lire en ligne)
  • Abbé Jacques Choux, « Deux plans d'églises cisterciennes lorraines » (Beaupré et Haute-Seille), dans Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France 1958, 1959, p. 118-124 (lire en ligne)
  • Thierry de Morembert, « Haute-Seille » dans Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, vol. XXIII. (Haegy - Herlemundus), Paris, Librairie Letouzey et Ané, (ISBN 2-7063-0173-2) , col. 582-3
  • Nicole Schieber, L’abbaye de Haute Seille : reconstruction au XVIIIe siècle d’une abbaye cistercienne médiévale, Pays lorrain, vol. 88, septembre 2007, p. 153-160

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]