Histoire des universités lorraines

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L’histoire des universités lorraines débute en 1558, à Verdun, puis avec la création d'une université à Pont-à-Mousson en 1572, transférée à Nancy en 1768. En 1968, la loi Faure créé l'université Nancy-I, l'université Nancy 2 et l'Institut national polytechnique de Lorraine. Ces trois universités fusionnent avec l'université Paul-Verlaine de Metz en 2012, pour créer l'actuelle université de Lorraine.

Sous l'ancien régime : l'université de Pont-à-Mousson[modifier | modifier le code]

Une ébauche à Verdun en 1558[modifier | modifier le code]

Nicolas Psaume, évêque de Verdun et participant au concile de Trente, crée à Verdun en 1558 l'« Orphanotrophe », ainsi nommé parce que 24 places y sont réservées à des orphelins. Certains la présentent comme une université[1], d'autres comme une « université en miniature »[2], certains posant directement la question de l'appellation à lui donner[3]. Le projet est ambitieux, on y enseigne la théologie, la philosophie, les belles-lettres, le droit, la médecine.

Mais l'expérience tourne court : faute de ressources, l'enseignement s'interrompt dès 1564. Elle est relayée en 1570 par la création, toujours à Verdun, d’un collège ouvert à tous[4].

1572 : une université à Pont-à-Mousson[modifier | modifier le code]

Université de Pont-à-Mousson

L'idée est reprise, quelques années plus tard, par le duc Charles III et son cousin Charles de Lorraine, cardinal de Lorraine-Guise. Leur projet répond à plusieurs objectifs, le premier étant de créer un centre intellectuel pour limiter la fuite de la noblesse qui va parfaire ses études dans les pays voisins (les universités de Paris, Cologne, et Bologne attirent un grand nombre d'étudiants lorrains). Mais leurs motivations sont également d'ordre religieux, l'université de Pont-à-Mousson devant constituer un noyau de résistance contre l'avancée protestante venant des terres voisines, et contribuer à faire appliquer les principes du concile de Trente (1542-1563), qui prône une meilleure formation pour les prêtres et réfute les thèses protestantes. L'opposition entre catholiques et protestants est en effet extrêmement violente : en août de la même année, les massacres de la Saint-Barthélemy font plusieurs milliers de morts en France parmi les protestants.

Ce projet prend corps dans un contexte particulièrement favorable. D'une part, de nombreuses universités voient le jour à cette époque-là : l'université de Reims, en 1548 — grâce à l'intervention, déjà, du cardinal Charles de Lorraine, alors cardinal de Guise et archevêque de Reims —, l'université de Douai en 1559, etc. D'autre part, la Lorraine est directement au cœur de l'affrontement que se livrent catholiques et protestants : en effet, depuis 1552, les trois évêchés (Metz, Toul et Verdun) sont contrôlés par la France, aux termes du traité de Chambord, par lequel le roi de France, Henri II, confirme son soutien financier et militaire aux princes protestants allemands contre Charles Quint[5]. Cette prise de possession par le Royaume de France, officieuse, ne sera officialisée qu'en 1648, par les traités de Westphalie qui marquent la fin de la guerre de Trente Ans et de la guerre de Quatre-Vingts Ans.

Stratégiquement, le lieu le plus adapté pour la nouvelle université semble être Pont-à-Mousson, ville animée à l'époque du fait de sa situation sur les rives de la Moselle, canal commercial important, et à égale distance des trois cités épiscopales (Metz, Toul, Verdun) et de la cité ducale de Nancy. Soucieux de reconnaissance, le duc et le cardinal font le siège de Rome, et finissent par obtenir, le , que le pape Grégoire XIII, dans sa bulle In supereminenti, crée aux frontières de l'Allemagne protestante, dans le duché de Bar, l'université de Pont-à-Mousson. Confiée aux Jésuites, elle se voit attribuer la mission de « dissiper le brouillard ténébreux de l'ignorance et la peste des hérésies »[6].

La bulle In supereminenti fixe précisément les détails du fonctionnement de l'université de Pont-à-Mousson, et précise notamment qu'elle doit être composée de quatre facultés : une faculté des arts, une faculté de théologie, une faculté de médecine, et une faculté de droit. Les deux premières, qui sont confiées à des religieux, sont en place dès 1575. En revanche, les deux autres facultés, dont la bulle précise qu'elles doivent être confiées à des laïcs, prennent davantage de temps, notamment parce que les Jésuites n'en acceptent pas bien l'idée[7]. Le collège-université est installé dans les bâtiments d’une ancienne commanderie]. Le 22 novembre 1574 les cours sont inaugurés par une exhortation solennelle donnée au premier groupe de 60 étudiants dans des installations pas encore achevées. Le 2 janvier 1578 le grade de ‘maître ès arts’ est conféré à 10 étudiants, dont le jésuite Jacques Salès[8]. La même année Maldonado visite le collège au nom du Supérieur général. Les jésuites sont 18 prêtres et 11 ‘enseignants’. Cela nécessite l’ouverture de ‘pensionnats’ et l’octroi de pouvoirs supplémentaires aux pères pour faire exercer la discipline... Le premier cours de droit n'est donné qu'en 1578, et ce n'est qu'en 1582 que l'École doctrinale de droit public[9] est enfin mise en place par Pierre Grégoire. Concernant la faculté de médecine, il faut attendre que le célèbre Charles Le Pois (ou Lepois, selon les graphies), docteur régent de la faculté de médecine de Paris[10] accepte finalement de s'en charger. Les premiers cours, et le jardin botanique, sont mis en place à partir de 1592. En octobre 1592 les premiers cours de médecine sont donnés et la faculté de Médecine est érigée en 1597. Le nombre d’étudiants augmente rapidement : de 400 en 1575, et 800 en 1587, ils seront 900 en 1594.

La « période de splendeur »[modifier | modifier le code]

Convaincus qu'il s'agit d'un facteur essentiel de réussite pour la nouvelle université, le duc et son cousin s'attachent à attirer à Pont-à-Mousson des enseignants à forte notoriété. Au nombre de ceux-ci, Pierre Grégoire, Jean Hay, Fronton du Duc (auteur de la première pièce en vers français sur Jeanne d'Arc)[11], Léonard Perrin[12]. Des séances dramatiques s’ouvrent au public à partir de 1577 et suscitent l’enthousiasme du public mussipontain. En octobre 1579 l’évêque de Toul y envoie six boursiers, considérant ‘de facto’ le collège comme étant son séminaire diocésain. En 1581 Marie Stuart le choisit pour la formation de jeunes écossais et irlandais qui, une fois prêtres, rentreraient pour un service pastoral clandestin. À partir de 1616 le collège-université devient également la maison d’études des Jésuites de la province de Champagne.

Et, en effet, le nombre d'étudiants progresse rapidement, ainsi que le montrent les effectifs présents aux processions annuelles, pour atteindre 2000 en 1607[13]. Ce ne sont d'ailleurs pas uniquement les élites lorraines que l'on retrouve désormais à Pont-à-Mousson, mais également de nombreux étudiants étrangers, belges, hollandais, allemands, écossais, irlandais viennent grossir les rangs des étudiants[10]. L'université de Pont-à-Mousson, à ses plus belles heures, fait concurrence à la Sorbonne, qui souffre de nouvelles concurrences, après avoir été la référence des universités au Moyen Âge[14].

À la fin du XVIe siècle, l’université a son imprimerie (comme le voulaient les lettres patentes de fondation). Un graveur et un peintre (en 1616) sont également des ‘officiels’ de l’université. Ne sont imprimés que les livres approuvés par le recteur de l’université.

L’université atteint son apogée durant le rectorat de Jean Bouvet, d’avril 1607 à 1615. Les capucins installent à Pont-à-Mousson leur maison d’études. Les Prémontrés et Augustins sont également présents. Les étudiants proviennent d’Allemagne, de Flandre et du Hainaut, de Hollande, d’Écosse, de Pologne et d’ailleurs. La communauté jésuite compte 75 religieux. En 1609 Charles Malapert, jésuite belge, a 150 étudiants dans son auditoire. Le collège, avec les Arts et la Théologie, compte 1600 étudiants en 1605 et les deux facultés de Droit et Médecine: 400. Construire de nouveaux bâtiments s’impose. Au cours de l’année 1610 les nouveaux locaux sont occupés. Ni l’incendie d’une partie des bâtiments (en 1613) ni les épidémies occasionnelles de peste n’en retardent le progrès. Une forte culture scientifique est attestée avec l’arrivée du père Louis Lallemant à la chaire de mathématiques en 1612. Les publications scientifiques commencent peu après.

Culture et formation religieuses ne sont pas négligées, avec des exhortations dominicales, en latin ou français suivant les niveaux d’étude, et la présence d’actives congrégations mariales, pour les humanistes et les théologiens, sans parler des représentations dramatiques annuelles dont les thèmes sont inspirés par les grandes figures de la Bible. Fêtes et célébrations religieuses solennelles à l’occasion de canonisations.

Formation et discipline religieuse contribuent grandement à introduire en profondeur les réformes du concile de Trente dans la Lorraine et au-delà. Au début du XVIIe siècle plusieurs réformateurs d’ordres religieux sortent du collège de Pont-à-Mousson, le mieux connu d’entre eux est saint Pierre Fourier réformateur des Augustins. Mais également Philippe Thibault (des Carmes), Servais de Lairuelz (des Prémontrés), Didier de la Cour (des Bénédictins). L’église est très fréquentée et renommée pour ses sermons. Des pères sont ‘missionnaires des campagnes’ et visitent systématiquement les paroisses rurales y contribuant à la réforme des mœurs du clergé.

Un coup d'arrêt au développement[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, le développement de l'université de Pont-à-Mousson connait un coup d'arrêt. Trois principales raisons expliquent ces difficultés : une forte concurrence, d'une part, la maladie (résurgence de la peste) ensuite, et, enfin, la position stratégique de la Lorraine, qui se traduit alors par le fait qu'elle est un terrain d'opposition armée entre les puissances en présence (le royaume de France et le Saint-Empire romain germanique).

L'université de Pont-à-Mousson est d'abord victime de son propre succès. Les Jésuites, encouragés par la renommée de l'université, développent en parallèle un réseau dense de collèges, à Molsheim (1580), Haguenau (1607), Sélestat (1615), Ensisheim (1615), Nancy (1616), Metz (1622)[15], à Saint-Nicolas-de-Port (1630)[16] et Épinal (1632)[17]. Elle souffre également de la concurrence des universités de Strasbourg, de Reims et de Paris.

Depuis 1347 et la grande épidémie de peste noire qui a décimé l'Europe, la maladie reste endémique en Lorraine. Plusieurs phases de résurgence de la maladie sont connues tout au long du XVIe siècle (1517-1519, 1523-1527, 1545-1552, 1576-1589). Une nouvelle crise aigüe survient en 1610, avant que la situation ne redevienne épidémique, avec une première phase de recrudescence, de 1621 à 1625 (Pays messin, Verdunois, bailliage de Mirecourt), l'épidémie proprement dite se déclarant en 1627. De 1627 à 1636, elle s'installe, concourant à « la plus grande catastrophe démographique de l'histoire lorraine ». Du printemps 1630 jusqu'à 1634, l'enseignement à l'université de Pont-à-Mousson est interrompu[18]. « La peste, la famine et la guerre devaient s'unir pour faire un désert du plus beau pays de l'Europe »[19], écrit Auguste Digot.

En effet, la guerre aussi joue son rôle. La Lorraine est le théâtre de l'affrontement entre différentes puissances, et diverses ambitions. Le royaume de France veut déplacer ses frontières vers l'Est, le Saint-Empire romain germanique se soucie de sa propre stabilité, et le Duc de Lorraine, entre les deux, essaie de jouer la carte des alliances. Charles IV, qui a succédé à Henri II à la mort de ce dernier en 1624, cherche le soutien de Ferdinand II, de l'Espagne, de l'Angleterre, du duc de Savoie. Ce faisant, il se met à dos le cardinal de Richelieu. Tout cela se cristallise au travers de la guerre de Trente Ans (1618-1648). Les traités de Westphalie qui en marquent le terme officialisent notamment l'annexion par la France des Trois-Évêchés et de la Haute-Alsace : l'espace lorrain est de plus en plus clairement sous la coupe du roi de France. En 1632 les troupes françaises occupent Pont-à-Mousson. Les pères de l'université ne sont plus que 36. La rentrée académique de 1633 se fait sans solennité. Expulsions des pères lorrains, nombreux décès dus à la pénurie et aux épidémies et manque général d’enseignants font que la rentrée de 1637 se fait avec 200 élèves seulement. Mais les cours ne furent jamais totalement interrompus.

Une renaissance s’ébauche à partir de 1642. Le père Pierre l'Escalopier, professeur de rhétorique, tente de convaincre à la rentrée de 1643 : « L’étude n’est jamais plus nécessaire qu’en temps de calamites publiques ». Les privilèges de l’université sont confirmés par Louis XIV en août 1644, mais le régime est clairement celui de ‘liberté contrôlée’. La Lorraine retrouve son indépendance en 1559 et le duc revient en 1663, triomphalement reçu aux portes de Pont-à-Mousson par les magistrats, le clergé et l’université au grand complet. Le nombre d’élèves remonte à 500 en 1669 et les traditions anciennes sont progressivement rétablies. Mais l’institution ne retrouvera plus le nombre d’étudiants et la gloire d’antan.

Nouveaux troubles politiques causés par le roi Louis XIV. La Lorraine est à nouveau occupée par les français en 1678. Louis XIV compte bien y exercer les droits des ducs. Mais indépendamment d’une perte partielle de son indépendance, l’université perdait de son influence, et le nombre d’étudiants baissait à la fin du XVIIe siècle. Les ordres religieux importants (Carmes, Prémontrés, Augustins, Bénédictins) ayant créé ailleurs leur propre maison d’études se désintéressaient de Pont-à-Mousson : ils y envoyaient de moins en moins d’étudiants, et les diocèses de Lorraine, les uns après les autres ouvraient leur propre séminaire. Même les Jésuites étaient moins fidèles à l’institution.

Si le traité de Ryswick, en 1697, redonne au duc Léopold Ier de Lorraine la direction de ses États (même si, en réalité, la neutralité imposée au duché le prive d'un réel pouvoir). C’est l’occasion d’une séance académique solennelle avec procession, soutenances de thèse, panégyriques et pièce de théâtre. Le père Pierre-Antoine Modo, nancéien, revient d’exil et est nommé recteur. Le frère du duc est confié au père de la Ruelle. Mais cela ne suffit pas pour que l'université retrouve sa place et sa réputation. L'édit du 6 janvier 1699[20] est explicite :

« Le relachement que le désordre des guerres passées a fait naitre dans la discipline de notre université de Pont-à-Mousson, l'ayant fait décheoir de la réputation qu'elle s'étoit acquise chez les étrangers qui y accouroient de toutes parts […] Nous avons cru qu'il étoit digne de nos soins de tâcher de la remettre dans son ancienne splendeur, en rétablissant la pureté de ses exercices suivant ses anciens statuts […] Ce qui nous fait espérer, non seulement de la voir refleurir comme auparavant, par sa renommée dans toute l'Europe, mais encore qu'elle donnera à l'église et à l'état des sujets dignes des emplois les plus importans »[21].

Mais le mal est fait : « Jamais elle ne put recouvrer entièrement son ancienne splendeur »[22].

Le nombre d’étudiants de 300 au tournant du siècle (1700) diminue et reste aux environs de 220 jusqu’en 1720, surtout étudiants de théologie ou philosophie. L’influence janséniste se fait sentir dans la faculté de Droit. Des conflits en surgissent lorsque, leur refusant de faire la profession de foi, les recteurs jésuites tentent d’écarter certains professeurs. Cela entraine le mécontentement d’évêques favorables au jansénisme (Mgr de Coislin à Metz). Cela s’aggrave lors de la publication de la bulle Unigenitus condamnant le jansénisme (1713). Un autre conflit avec la France fait que pendant un certain nombre d’années les diplômes de Pont-à-Mousson n’y sont plus reconnus. Cela entraîne une nouvelle perte d’élèves étrangers.

Nancy veut son université[modifier | modifier le code]

Collège des médecins de Nancy (devenu musée des beaux-arts)

Au début du XVIIIe siècle, Nancy, la cité ducale, connait un développement rapide, et se verrait bien accueillir le centre universitaire lorrain. Diverses intrigues se mettent en place, qui visent à obtenir le déplacement vers Nancy au moins des facultés de droit et de médecine. Tout est fait pour discréditer l'enseignement délivré à Pont-à-Mousson, et les désordres estudiantins sont montés en épingle. En 1721, Dominique Mathieu-de-Moulon, avocat nancéien, s'empare d'une querelle de préséance pour réclamer la séparation des partis, les Jésuites et leurs élèves à Pont-à-Mousson, le droit et la médecine à Nancy[23]. Mais le duc Léopold Ier de Lorraine reste sourd aux rumeurs et insinuations, jusqu'à sa mort en 1729.

En 1737, François III de Lorraine, duc de Lorraine et de Bar, mais surtout futur empereur du Saint-Empire, cède, au terme d'un jeu de stratégie complexe entre France et Saint-Empire officialisé par le traité de Vienne, ses possessions lorraines en échange du grand-duché de Toscane. La Lorraine revient alors au beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczyński, qui, lui, renonce dans le même temps au trône de Pologne. Mesure prise pour qu’inéluctablement le duché revienne à la France à la mort de Stanislas, sans enfant.

Avec l'arrivée de Stanislas, qui leur est favorable, les Jésuites de Pont-à-Mousson pensent que leur avenir est assuré. Et, en effet, celui-ci ne se laisse fléchir par aucun argument, malgré plusieurs campagnes de dénigrement orchestrées depuis Nancy. Stanislas, pourtant, maintient l'université à Pont-à-Mousson. Cependant, sous la pression, notamment, de Charles Bagard, son propre médecin, il accepte la création, le 15 mai 1752, du Collège royal des médecins de Nancy[24], installé dans l'actuel musée des beaux-arts de Nancy.

1768, l'année du basculement[modifier | modifier le code]

Université de Nancy avant la Révolution (devenue bibliothèque municipale)

Les pressions nancéiennes se poursuivent, la municipalité propose des locaux provisoires et promet même la construction d'un bâtiment dédié.

Lorsque les jésuites sont bannis du royaume de France, le pape Clément XIII écrit au roi Stanislas recommandant les jésuites de ses états à sa bienveillance. Mais le 23 février 1766, Stanislas Leszczyński disparaît. Aux termes du traité de Vienne qui lui donnait le duché de Lorraine, à sa mort, elle se retrouve définitivement rattachée au royaume de France. C'est le tournant : privée de Stanislas, son ultime défenseur, la cause de Pont-à-Mousson est perdue, Nancy va avoir son université.

Le 1er juillet 1768, un édit royal supprime la Compagnie en Lorraine (la même décision avait déjà été appliquée par Louis XV en 1763-1764 dans le royaume de France). Et le 3 août 1768, le transfert de l'université de Pont-à-Mousson à Nancy est officiel[25].

Malgré les promesses, Nancy ne dispose pas des bâtiments nécessaires à l'installation d'une université. Les quatre facultés se retrouvent séparées. L'architecte Charles-Louis de Montluisant se voit confier la conception et la construction du palais de l'Université (l'actuelle bibliothèque municipale de Nancy), vaste bâtiment conçu pour accueillir la faculté de médecine et la faculté de droit, ainsi que les ouvrages de la bibliothèque que Stanislas a créé en 1750[26]. Mais le chantier ne sera terminé qu'en 1778.

Quelques personnalités passées par l'université de Pont-à-Mousson[modifier | modifier le code]

Parmi les grands noms qui ont enseigné ou qui ont été, pour tout ou partie, formés à l'université de Pont-à-Mousson, figurent : Jean Barclay, Antoine-Henri de Bérault-Bercastel, Dom Calmet, Didier de La Cour, Pierre Fourier, Henri de Gondi, Jean L'Hoste, Valentin Jamerey-Duval, Louis Lallemant, Juan Maldonado, Jacques Marquette, Charles Palissot de Montenoy, Denis Pétau, Louis Richeome, Jean-François de Saint-Lambert, Jacques Sirmond.

La Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

Suppression des universités : faire table rase[modifier | modifier le code]

La Révolution française, dans sa volonté de construire un nouveau système sur les ruines de l'Ancien Régime qu'elle vient d'abattre, se soucie notamment de la façon dont l'État peut et doit assurer l'instruction du Peuple. L'idée directrice est que l'instruction doit être mise par la société à la portée de tous, et que, par conséquent, elle doit former un service public. La constitution de 1791 est explicite : « Il sera créé et organisé une instruction publique, commune à tous les citoyens, gratuite à l'égard des parties d'enseignement indispensables pour tous les hommes, et dont les établissements seront distribués graduellement, dans un rapport combiné avec la division du royaume »[27]. Un débat ardent s'engage entre les tenants de l'instruction publique et ceux de l'éducation nationale[28]. Le Comité d'instruction publique, créé en 1791 par la Législative, est le lieu de nombreux échanges, de nombreuses communications lui étant présentées (on peut citer, au nombre des intervenants, Nicolas de Condorcet, Jeanbon Saint-André, Le Peletier de Saint-Fargeau, Pierre Daunou).

À la fin de l'année 1793, la Convention supprime toutes les universités françaises, dont l'université de Nancy. L'ancien système, aux termes du décret du 29 fructidor an I (le 15 septembre 1793), devait être remplacé par quatre degrés progressifs d'instruction, correspondant aux écoles primaires, secondaires, aux instituts et aux lycées du plan de Condorcet, mais ce décret est suspendu dès le lendemain. Les travaux du Comité d'instruction publique aboutissent finalement, le 7 ventôse an III (le 25 février 1795), au décret instituant les écoles centrales, à raison d'une par département pour les élèves de onze à dix-huit ans. L'article 3 de ce décret stipule que « en conséquence de la présente loi, tous les anciens établissements consacrés à l'instruction publique sous le nom de collèges, et salariés par la nation, sont et demeurent supprimés dans toute l’étendue de la République ». Mais il faut attendre juillet 1794 pour que l'enseignement supérieur revienne en débat, alors que la France « manque cruellement d'ingénieurs et de cadres supérieurs »[29]. Le 9 brumaire de l'an III (le 30 octobre 1794), l'École normale (dite « de l'an III »), est créée : son existence sera éphémère, quelques mois seulement, mais elle préfigure ce que deviendront les Écoles normales supérieures créées ultérieurement. La Convention officialise, par le décret du 3 brumaire an IV (le 24 octobre 1795)[30] la place des grandes écoles spéciales, au nombre desquelles on compte l'École centrale des travaux publics (qui deviendra par la suite l'École polytechnique), le Conservatoire national des arts et métiers (le 19 vendémiaire an III / 10 octobre 1794), l'École spéciale des langues orientales (décret-loi du 10 germinal an III / 30 mars 1795)[31]. Sont également créées, durant la Révolution française, l'Institut national des sciences et des arts (décret du 3 brumaire an IV / 24 octobre 1795) ou l'École de Mars (le 13 prairial an II / 1er juin 1794).

La situation de l'enseignement médical est un petit peu différent. Le 14 brumaire an IV (le 5 novembre 1795), sont créées trois écoles de santé, à Paris, Montpellier et Strasbourg, censées couvrir tout le territoire national. Nancy enregistre, avec la suppression de sa faculté de médecine, du Collège royal de médecine et du collège royal de chirurgie[32], une diminution sensible de sa population de médecins et de chirurgiens, alors que le nombre de charlatans s'accroit. Mais les initiatives, notamment dans le domaine de la santé, se concurrencent entre elles. Ainsi, les médecins de Nancy créent, le 28 nivôse An IV (le 19 janvier 1796), la Société de santé de la commune de Nancy, qui se fixe trois grands objectifs : reprendre l'enseignement de l'art de guérir, faciliter les échanges de connaissances entre médecins, assurer des consultations pour les malades indigents. Un programme de cours sur trois ans est mis en place, l'enseignement étant entièrement gratuit (mais il ne permet pas d'accéder au titre de médecin, uniquement d'obtenir un certificat d'aptitude)[33]. Parallèlement, le 11 frimaire an XI (le 2 décembre 1802), le Cours d'instruction médicale est créé ; fusionné avec des cours privés mis en place dès 1790, il donne naissance à une École libre de médecine, qui deviendra, en 1822, l'école secondaire de médecine de Nancy[34].

La renaissance de l'université : l'Université impériale[modifier | modifier le code]

Article connexe : Université de France.

Napoléon Ier, reconnu comme « le bâtisseur d'une œuvre civile sans précédent »[35], a l'ambition de créer un système éducatif radicalement nouveau. Le décret-loi du 10 mai 1806[36], un texte bref (3 articles) et peu précis, instaure l'Université impériale. Il est complété par le décret du 17 mars 1808[37], qui en précise l'organisation et le fonctionnement.

L'Université impériale place de fait sous l'autorité de l'État tous les établissements d'instruction, qu'ils soient publics ou privés. À ce titre, elle est avant tout un instrument du pouvoir central. « L'Université impériale peut se définir comme une corporation composée de l'ensemble des enseignants. On ne peut plus enseigner en France si l'on n'appartient pas à cette corporation, elle-même placée sous la tutelle de l'État. C'est ainsi que naît le monopole de l'État, par l'intermédiaire de l'Université, sur l'enseignement »[38].

Placée sous l'égide du grand-maître (Jean-Pierre Louis de Fontanes), nommé et révoqué par l'Empereur, cette institution unique décide seule de l'implantation des facultés pour la France entière. C'est ainsi que Nancy se voit attribuer une faculté des lettres, et Metz une faculté des sciences[39].

Cependant, les soubresauts de l'histoire n'épargnent pas l'université. Napoléon Ier abdique le 6 avril 1814, laissant la place à Louis XVIII, qui choisit de supprimer l'Université impériale et de lui substituer dix-sept universités provinciales indépendantes, par l'ordonnance du 17 février 1815[40]. Mais le chassé-croisé se poursuit, avec le retour de Napoléon Ier à l'occasion des Cent-Jours, à peine quelques jours plus tard, le 1er mars : d'un trait de plume, celui-ci rétablit « son » Université[41]. Mais, le 22 juin 1815, Napoléon Ier, battu à Waterloo, abdique une seconde et ultime fois, laissant la place à la Commission Napoléon II, jusqu'au retour de Louis XVIII, le 8 juillet. Les mêmes auteurs du projet avorté du mois de février, à la lumière des difficultés financières du royaume, révisent leur copie. L'ordonnance du 15 août 1815 supprime ce qui peut l'être : dix-sept facultés des lettres, dont celle de Nancy, et trois facultés des sciences, dont celle de Metz[42].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Avant la guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Palais de l'Université de Nancy

À la chute de l'Empire, il ne reste donc plus rien en Lorraine en termes d'enseignement supérieur. La monarchie de Juillet travaille à reconstruire un réseau de facultés, mais la Lorraine fait partie des régions oubliées. L'École préparatoire de médecine et de pharmacie, créée par l'ordonnance royale du 17 octobre 1843[43] est donc la seule institution lorraine d'enseignement supérieure à cette période.

En 1843, Prosper Guerrier de Dumast[44] sollicite les citoyens, leur propose de signer une pétition, aux termes de laquelle il demande la (re)création d'une faculté de droit à Nancy[45]. Mais il se voit opposer un refus, notamment parce qu'un plan prévoit de modifier la carte des académies : des 29 académies initialement créées par Napoléon Ier en 1808, on ne veut en garder que quinze, au nombre desquelles Nancy ne figure pas. Il faut les « revendications incessantes, [les] démarches infatigables »[46] de Guerrier de Dumast pour que, finalement, Nancy obtienne « en 1852, le rétablissement définitif de son ancienne université »[47] et conserve « son » académie aux termes de l'arrêté du 7 septembre 1848. La faculté des sciences et celle de lettres sont établies en avril 1854, la faculté de droit en janvier 1864[48].

Afin d'accueillir dans de bonnes conditions enseignants et étudiants, l'architecte Prosper Morey se voit chargé de construire ce qui sera le Palais de l'Académie (dans lequel la faculté de droit est encore installée aujourd'hui). Le bâtiment est inauguré en mai 1862 sur la place de Grève (devenue la place Carnot)[49].

La guerre franco-allemande de 1870 et ses conséquences[modifier | modifier le code]

Abusée par la dépêche d'Ems, la France tombe dans le piège que lui tend Bismarck, et déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870[50]. Mais c'est, surtout, la conclusion des tensions qui parcourent toute l'Europe depuis 1815[51].

Au-delà des perturbations directement liées à la guerre (mobilisation, occupation par la Prusse de territoires français…), la principale conséquence de la guerre de 1870 sur le monde universitaire est liée à l'annexion par l'Empire allemand de l'Alsace-Lorraine, à l'issue de la défaite française, sanctionnée par le traité de Francfort signé le 10 mai 1871. En effet, l'université de Strasbourg constituait l'un des pôles universitaires importants en France, avec, notamment, l'une des trois facultés de médecine créées en 1795, mais également de l'École supérieure de pharmacie. Du côté allemand, des manifestes demandent la création d'une grande université allemande à Strasbourg. Côté français, le député de la Meurthe, Henri Varroy, dépose à l'Assemblée, le 30 mai 1871, une proposition de transfert de l'université de Strasbourg à Nancy, mais la ville de Lyon, par la voix des responsables de son École préparatoire de médecine et de pharmacie, se positionne également pour accueillir une faculté de médecine. Mais cette dernière candidature se heurte à la fois à des divisions internes (un conflit entre les autorités municipales et la direction de l'école) et à une opposition résolue de la faculté de médecine de Montpellier. Tout cela joue en faveur du dossier nancéien. Et, finalement, le 19 mars 1872, l'Assemblée est appelée à valider le choix par le gouvernement de Nancy pour accueillir la faculté de médecine transférée depuis Strasbourg[52]. À Strasbourg, pratiquement en même temps, la Kaiser-Wilhelms-Universität de Strasbourg est inaugurée les 1er et 2 mai 1872[53].

Parmi les professeurs exerçant à Strasbourg, un certain nombre choisissent de rester à Strasbourg, d'autres de suivre le déplacement vers Nancy. Au nombre des derniers, on peut citer Hippolyte Bernheim et Henri-Étienne Beaunis, qui contribuent à créer l'école d'hypnologie de Nancy (ou école de la suggestion), l'une des deux grandes écoles d'hypnose en France, avec celle de la Salpétrière, dirigée par Jean-Martin Charcot.

« Nancy se trouva ainsi la seule ville de province qui possédât quatre facultés »[54], auxquelles s'ajoute l'École supérieure de pharmacie[55], qui devient finalement la cinquième faculté nancéienne en 1920[56]. En décembre 1881, le Recteur Mourin est enthousiaste, bien que les débuts soient encore modestes, avec seulement 523 étudiants répartis entre les cinq institutions[57]. Un hôpital civil (en 1882) et deux Instituts (l'Institut chimique, inauguré par Sadi Carnot en 1892, et l'Institut d'anatomie, ouvert en 1894) viennent compléter le dispositif[58]. La dynamique est lancée, et ce avant même que l'université de Nancy soit finalement officiellement recréée, par la Loi du 10 juillet 1896 relative à la constitution des universités, donnant une reconnaissance légale à une situation déjà installée[59]. Et le mouvement se poursuit encore, avec la création de nouveaux instituts : l'Institut électrotechnique (en 1900), l'Institut dentaire (en 1901), l'Institut de géologie (en 1908), pour n'en citer que quelques-uns. Ces instituts préfigurent les futures écoles nationales supérieures d’ingénieurs, qui seront créées en 1947[60].

Le nombre d'étudiants ne cesse de progresser : on passe d'un petit peu moins de 1 100 étudiants en 1900 à presque 2500 en 1912, le point culminant sur la période[61].

La Guerre 1914-18[modifier | modifier le code]

Le conflit marque naturellement un nouveau coup d'arrêt, avec la mobilisation de nombreux professeurs et étudiants. Reprenant le mot d'Emmanuel-Joseph Sieyès[62], Charles Bruneau indique que, « pendant la guerre de 1914-1918, l'université de Nancy a vécu », décrivant notamment la mobilisation des doyens, mais dans une université qui est « une ombre vaine, et comme un cadre vide, un semblant de cadre, attendant que la jeunesse vînt y prendre place », selon l'expression du Recteur Adam. Seules les facultés de médecine et de pharmacie poursuivent leur activité universitaire : professeurs et élèves se retrouvaient aussi bien dans les salles de classe qu'au chevet des nombreux blessés. Témoins de cette double activité, plusieurs thèses ont été soutenues pendant la période[63]. Cela a été officiellement reconnu à l'occasion de la citation de la faculté de Médecine de Nancy à l'Ordre de la Nation pour « belle conduite »[64], mais également par l'attribution à l'université de Nancy de la Croix de Guerre[65] et de la Légion d'honneur[66].

Le traité de Versailles qui marque la fin de la guerre et la défaite de l'Allemagne, consacre, entre autres décisions, le retour de l'Alsace-Moselle dans le giron de la France. Strasbourg retrouve son université, et Nancy une situation de concurrence. Le redémarrage est difficile, entre destructions, démobilisation, difficulté à trouver des professeurs capables d'assurer les enseignements…

Un Institut métallurgique et minier est créé en 1919, renommé, un an plus tard, École de la métallurgie et des mines[67].

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Jean Prouvé, escalier de la bibliothèque universitaire de Nancy

Il faut plusieurs années à l'université de Nancy pour retrouver ne serait-ce que des chiffres de fréquentation comparables à ceux de 1912 : c'est chose faite en 1924. Mais les inquiétudes suscitées par la reconstruction d'une université concurrente à Strasbourg se montrent exagérées : l'université de Nancy explose littéralement. Entre 1924 et 1931, le nombre d'étudiants double pratiquement, passant de presque 2300 à pratiquement 4300 inscrits. Du coup, elle se retrouve confrontée à une véritable crise de croissance, les locaux sont terriblement insuffisants, donnant lieu au lancement d'un vaste plan immobilier, à l'occasion duquel seront construits la Cité universitaire, une bibliothèque pour la faculté de médecine, un Institut de zoologie (qui héberge désormais le Muséum-Aquarium de Nancy), un Institut agricole, un Institut colonial, une clinique dentaire, un Institut de minéralogie[68]...

La Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Une fois encore, « l'université de Nancy versa son tribut au conflit »[69]. Arrestations, emprisonnements, déportations, sans retour pour certains, tandis que d'autres, à la Libération, sont inquiétés ou condamnés pour faits de collaboration. Des témoignages[70] sur cette période en donnent des éclairages individuels.

De 1945 à 1968[modifier | modifier le code]

L'université de Nancy reprend sa marche en avant, sous l'influence de fortes personnalités, à l'image du Doyen de la faculté de Médecine de 1949 à 1955, Jacques Parisot, reconnu internationalement pour son rôle, notamment, dans la création de l'Organisation mondiale de la santé. « Dans bien des matières, [d'autres exemples] montreraient qu'une insertion forte à Nancy n'était pas un obstacle à une reconnaissance internationale. La recherche régionale était d'ailleurs valorisée par les Annales de l'Est, renaissant en 1950, et la toute nouvelle Revue géographique de l'Est »[71].

1968 : la loi d'orientation de l'enseignement supérieur (loi Faure)[modifier | modifier le code]

Campus de l'université Nancy I - Henri Poincaré à Vandœuvre-lès-Nancy

Après les événements de Mai 68, chacun ressent la nécessité de réformer le système universitaire. Celui qui a pris en main le ministère de l'Éducation nationale, Edgar Faure, parvient cependant à surprendre, en proposant une loi d'orientation de l'enseignement supérieur[72] dès le mois de novembre, votée largement par la représentation nationale (seuls les communistes s'abstenant). Cette loi consacre trois principes issus des revendications de 1968 : autonomie (statuts, organisation, choix pédagogiques, finances), participation et pluridisciplinarité, dans le cadre du statut d'Établissement public à caractère scientifique et culturel (EPCSC).

À partir de cette loi, s'organisent en Lorraine quatre pôles qui obtiennent le statut d'Établissement public à caractère scientifique et culturel :

En 2012, ces quatre établissements publics fusionnent en une seule Université de Lorraine, qui a le statut de grand établissement.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Catherine Vignal Souleyreau, « Religion et politique en Lorraine au tournant des XVIe et XVIIe siècles » », Europa Moderna, no 1/2010,‎ , p. 54 (lire en ligne).
  2. Bernard Ardura, « Un précurseur de la réforme catholique en Lorraine. Nicolas Psaume évêque et comte de Verdun (1548-1575) », Revue d'histoire de l'Église de France, Tome 75, no 194, 1989, p. 39.
  3. Simonne Guenée, « Nicolas Psaume a-t-il fondé une université à Verdun au XVIe siècle ? », Mélanges de la Bibliothèque de la Sorbonne offerts à André Tuilier, 1998, Paris, p. 158-182.
  4. Op. cit., Marie-Catherine Vignal Souleyreau, p. 54.
  5. Voir, sur le site du Ministère de la Culture, la présentation par Joël Cornette, professeur à l'université Paris-VIII.
  6. Op. cit., Marie-Catherine Vignal Souleyreau, p. 56. Dans cet article, elle utilise cette citation en l'attribuant à Henri Tribout de Morembert, « L'Université de Pont-à-Mousson et la controverse protestante », p. 121, dans « L'Université de Pont-à-Mousson et les problèmes de son temps. Actes du colloque de Nancy des 16-19 octobre 1972 », organisé par l'Institut de recherche régionale en sciences sociales, humaines et économiques de l'université de Nancy II, Nancy, Annales de l'Est Mémoire no 47, 1974.
  7. Antoine Beau, « Coup d'œil sur l'histoire de l'enseignement de la médecine en Lorraine », p. 174 conférence donnée à l'occasion de la séance des 27 et 28 mai 1989 à la Société française d'histoire de la médecine.
  8. Son futur compagnon de martyre le frère Guillaume Saultemouche était également à Pont-à-Mousson, comme portier
  9. Claude Collot, L'école doctrinale de droit public de Pont-à-Mousson (Pierre Grégoire de Toulouse et Guillaume Barclay) à la fin du XVIe siècle, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1965, 357 p.
  10. a et b Op. cit., Antoine Beau, p. 174.
  11. Op. cit., Eugène Martin, p. 174.
  12. Jésuite, il a été professeur de théologie scolastique, puis d'interprétation des livres saints, avant d'être chancelier puis recteur de l'université de Pont-à-Mousson. Voir, à ce sujet (y compris les variations d'orthographe du nom, et le flou sur le lieu de naissance) :
    • la page 580 de l'ouvrage Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, tome 4, par Augustin et Alois de Backer, Imprimerie de L. Grandmont-Donders, Liège, 1836, 775 p.
    • la page 267 du Dictionnaire universel, géographique, statistique, historique et politique de la France, Volume 2, par Louis-Marie Prudhomme, Édition Baudouin, 1804.
  13. Martin 1934, p. 12-15
  14. Laurence W.B. Brockliss, « Patterns of Attendance at the University of Paris, 1400-1800 », The Historical Journal, Vol. 21, No. 3 (Sep., 1978), p. 503-544. Consultable sur Jstor.org.
  15. Op. cit., Marie-Catherine Vignal Souleyreau, p. 57. Consultable en ligne.
  16. Henri Fouqueray, Histoire de la Compagnie de Jésus en France : des origines à la suppression (1528-1762), Tome V, Paris, 1925, p. 124-125. Consultable en ligne sur archive.org.
  17. Archives départementales d'Épinal, série H, fonds XXXVI H, voir le descriptif.
  18. Gérard Michaux, « Les épidémies de peste en Lorraine au XVIIe siècle », La lettre du musée, Association des amis du musée de la Faculté de médecine de Nancy, 1999, no 7, p. 2-4.
  19. Auguste Digot, Histoire de Lorraine, Tome V, Nancy, 1856, p. 172. Consultable en ligne.
  20. Cet édit, « portant Règlement pour les Études & Promotions aux Dégrez publics en son Université de Pont-à-Mousson », est signalé et décrit par Jean-Nicolas Beaupré, Nouvelles recherches de bibliographie lorraine, Chapitre IV (1635-1700), 1856, Nancy, p. 56-57. Consultable en ligne. L'auteur précise que le document en question, imprimé à Pont-à-Mousson par Fr. Maret Imprimeur, est un In-4 de 20 pp., titre compris, et qu'il est complété par l'ordonnance du 18 février 1702 portant règlement pour l'ordre et discipline de l'université de Pont-à-Mousson.
  21. Ibid., extraits du préambule.
  22. Ibid.
  23. Martin 1934, p. 15
  24. Lettres patentes portant établissement d'un collège royal de médecine, à Nancy, Nancy, 1752. Consultable en ligne.
  25. Recueil des ordonnances et règlements de Lorraine, tome XI, p. 370.
  26. Martin 1934, p. 20
  27. Article « Instruction publique » du Nouveau dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, Ferdinand Buisson (Dir.), 1911, Librairie Hachette, Paris. Consultable en ligne sur le site de l'Institut français de l'éducation, une composante de l'École normale supérieure de Lyon.
  28. Pierre-Eugène Muller, « De l'instruction publique à l'éducation nationale », In : Mots, décembre 1999, no 61. L'École en débats. p. 151-153. [url : /web/revues/home/prescript/article/mots_0243-6450_1999_num_61_1_2575 Consultable en ligne].
  29. Michel Nusimovici, « Les écoles de l'an III », Le ruban bleu, bulletin de l’ANMONM 35, décembre 2010. Consultable en ligne.
  30. Décret du 3 brumaire an IV portant sur l'organisation de l'instruction publique. Consultable en ligne.
  31. Op. cit., Michel Nusimovici.
  32. Op. cit., Antoine Beau, p. 177.
  33. Sandra Giuriato, Histoire de la Société de santé de Nancy (1796 - 1806), thèse de médecine, 2005, p. 35, 55. Consultable en ligne (en pdf).
  34. Pierre Labrude, « La participation des pharmaciens à la création et aux activités de la "Société de santé de la commune de Nancy" (1796-1806) », Revue d'histoire de la pharmacie, no 354, 2007, p. 220, 228. Consultable en ligne.
  35. Jacques-Olivier Boudon, Napoléon organisateur de l'Université, sur le site Napoléon.org. Consultable en ligne.
  36. Le texte du décret est consultable en ligne sur le site du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes.
  37. Emmanuelle Papot, Création de l'Université impériale le 10 mai 1806 : quelques points de repère, sur le site Napoléon.org. Consultable en ligne.
  38. Op. cit., Jacques-Olivier Boudon.
  39. Site des Archives 54 : « Nancy reçoit une faculté qui dispense trois enseignements : les belles lettres, la philosophie et l’histoire. Metz, de son côté, obtient une faculté des sciences. ». Consultable en ligne.
  40. Article « Louis XVIII » du Nouveau dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire, Ferdinand Buisson (Dir.), 1911, Librairie Hachette, Paris. Consultable en ligne sur le site de l'Institut français de l'éducation, une composante de l'École normale supérieure de Lyon.
  41. Louis Liard, L'Enseignement supérieur en France, 1789-1893, tome II, Armand Colin, Paris, 1894, p. 132. Consultable en ligne sur Gallica.
  42. Op. cit., Louis Liard, p. 136, et Ambroise Rendu, Code universitaire ou lois, statuts et règlemens de l'université royale de France, Librairie classique et élémentaire de L Hachette, 1835, p. 109 (Facultés des sciences) et 110 (Facultés des lettres). Consultable en ligne.
  43. Bulletin universitaire contenant les ordonnances, règlements et arrêtés relatifs à l'instruction publique, Tome XII, Paris, 1844, p. 184-185. Consultable en ligne.
  44. Claude Rétat, « Initiations, initiatives. Prosper Guerrier de Dumast dans les "Mines de l'Orient" », Chroniques d'histoire maçonnique lorraine, Institut lorrain d'études et de recherches maçonniques, no 10, mai 2000, p. 8-54. Consultable en ligne.
  45. Fabienne Henryot, « Les ephemera au temps de la lutte pour la liberté de l'enseignement. La Malgrange, 1836-1901 », dans Philippe Martin, Ephemera catholiques. L'imprimé au service de la religion (XVIe – XXIe siècle), Beauchesne, Paris, Beauchesne, Bibliothèque historique, 2012, p. 262. <hal-00836560v1>. Consultable en ligne.
  46. Notice nécrologique de Prosper Guerrier de Dumast dans Le Progrès de l'Est, 27 janvier 1883, citée dans Auguste-Prosper-François, Bon Guerrier de Dumast. (1796-1883), Imprimerie de Berger-Levrault, Nancy, 1883, p. 6. Consultable en ligne sur gallica.bnf.fr.
  47. Ibid., p. 7.
  48. Paul Sadoul, Le Régionalisme Lorrain de 1830 à 1914, communication à l'Académie de Stanislas, 4 mai 2001, Metz, p. 398. Consultable en ligne.
  49. La présentation du Palais de l'Académie sur le site Histoire des institutions scientifiques et éducatives de Nancy (HISE).
  50. Pierre Milza, L'année terrible - La guerre franco-prussienne septembre 1870 - mars 1871, Éditions Perrin, 2009.
  51. Amédée le Faure, Désiré Lacroix, Histoire de la guerre franco-allemande, 1870-71, tome I, Garnier Frères, Paris, 1886, p. 11 à 14.
  52. Pierre Labrude, Stéphanie Alexandra Strohl, « Le transfèrement depuis Strasbourg, et les dix premières années de l'École supérieure de pharmacie de Nancy (1872-1882). Un exemple de la difficulté à créer un établissement d'enseignement supérieur presque ex nihilo et dans l'urgence.... », dans Revue d'histoire de la pharmacie, 94e année, no 353, 2007, p. 26-27.
  53. François Uberfill, La Kaiser-Wilhelms-Universität ou l'Université impériale de Strasbourg (1872-1918), publié le 13 juillet 2011 sur la Base numérique du patrimoine d'Alsace. Consultable en ligne.
  54. Gain 1934, p. 37
  55. Gain 1934, p. 150-151
  56. Le décret du 14 mai 1920 consacre la transformation des quatre Écoles supérieures de pharmacie de Paris, Montpellier, Nancy et Strasbourg, en facultés de pharmacie.
  57. Gain 1934, p. 38
  58. Gain 1934, p. 39
  59. Gain 1934, p. 42
  60. Aux termes de l'article 1er du décret no 47-204 du 16 janvier 1947 relatifs aux écoles nationales supérieures d’ingénieurs, « Les instituts de faculté ou d'université ainsi que les établissements rattachés à une université qui donnent un enseignement supérieur sanctionné par un diplôme d'ingénieur sont transformés en écoles nationales supérieures d'ingénieurs […] ».
  61. Graphique « Statistiques des étudiants », dans L'Université de Nancy (1572-1934), Éditions du "Pays lorrain", Nancy, 1934, p. 197.
  62. Rapide biographie de Sieyès sur le site du Sénat, citant la réplique attribuée à Sieyès :
    « - Qu'avez-vous fait pendant la Terreur ?
    - J'ai vécu. ».
  63. Bruneau 1934, p. 167
  64. Journal officiel de la République française, 16 avril 1920, p. 6034. Consultable en ligne.
  65. David Vodisek, Le Recteur Charles Adam, dans l'ouvrage publié à l'occasion du Bicentenaire de la fonction de recteur, 2008, Académie de Nancy-Metz, p. 56. Consultable en ligne.
  66. La Croix du 8 novembre 1932, p. 2. Consultable en ligne.
  67. Françoise Birck, « De l'Institut électrotechnique de Nancy à l'École nationale supérieure d'électricité et de mécanique (1900 - 1960) », dans Françoise Birck, Un siècle de formation des ingénieurs électriciens : Ancrage local et dynamique européenne, l'exemple de Nancy, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2006, p. 49. Consultable en ligne.
  68. Bruneau 1934, p. 193-194
  69. Philippe Martin, « L'Université face à de nouveaux défis (1914-1972) », dans Le pays lorrain, Paul Sadoul(dir.), n° hors série (Les universités de Nancy), mai 2003, p. 30.
  70. On peut consulter le témoignage du Dr Kiril Bozgounov, étudiant à Nancy de 1938 à 1945, dans la lettre adressée au Doyen de la faculté de chirurgie dentaire le le 11 mars 2009.
  71. Op. cit., Philippe Martin, p. 30-31.
  72. « Loi no 68-978 du 12 novembre 1968 d'orientation de l'enseignement supérieur », sur Légifrance
  73. Décret no  69-930 du 14 octobre 1969 portant application aux instituts de facultés ou d’université préparant à un diplôme d’ingénieur de la loi no  68-978 du 12 novembre 1968
  74. Décret no 70-1174 du 17 décembre 1970 portant érection en établissements publics à caractères scientifique et culturel d’universités et centres universitaires
  75. Historique de la constitution de l'université de Metz dans le rapport d'évaluation du Comité national d'évaluation des EPCSCS en 2005, p. 3. Consultable en ligne.
  76. Les différentes disciplines n'ont pas été traitées simultanément :
  77. Décret du 23 décembre 1970 portant érection d’universités et instituts nationaux polytechniques en établissements publics à caractère scientifique et culturel

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de l'université et du collège de Pont-à-Mousson, de sa fondation en 1572 jusqu'en 1650, par le père Nicolas Abram. Manuscrit 32 P/R conservé au sein du réseau des bibliothèques multimédia intercommunales de la Communauté d’agglomération d’Épinal, disponible en ligne
  • Abbé Eugène Martin, L’université de Pont-à-Mousson (1572-1768), Paris-Nancy, 1891.
  • Pierre Delattre (et al.) : Les établissements jésuites en France depuis quatre siècles, vol IV, Wetteren, Imprimerie De Meester, 1956, colonnes 79-180.
  • G. Gavet, Diarium universitatis Mussipontanae (1572-1764), Paris-Nancy, 1911, 747 pages.
  • André Gain, « L'enseignement supérieur à Nancy de 1789 à 1896 », dans L'Université de Nancy (1572-1934), Éditions du Pays lorrain,
  • Eugène Martin, « L'université de Pont-à-Mousson », dans L'Université de Nancy (1572-1934), Éditions du Pays lorrain,
  • Pierre Seyot, « La Faculté de Pharmacie », dans L'Université de Nancy (1572-1934), Éditions du Pays lorrain,
  • Charles Bruneau, « L'Université de Nancy pendant la guerre de 1914-1918 », dans L'Université de Nancy (1572-1934), Éditions du Pays lorrain,
  • L’Université de Pont-à-Mousson et les problèmes de son temps, actes du colloque organisé par l’Institut de recherche régionale en sciences sociales, humaines et économiques de l’université de Nancy II, Nancy, 1974, 402 pages.