Yoruba (peuple)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le peuple Yoruba. Pour la langue, voir Yoruba (langue). Pour la religion, voir Yoruba (religion).

Yorubas
Yorùbá

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Un marchand yoruba musulman (1890-93)

Populations significatives par région
Drapeau du Nigeria Nigeria 32 000 000 (2010)[1]
Drapeau du Bénin Bénin 1 100 000 (2010)[1]
Drapeau du Ghana Ghana 350 000
Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 100 000
Drapeau du Togo Togo 100 000
Population totale 33,5 millions
Autres
Régions d’origine

Afrique de l'Ouest

Langues

Yoruba

Religions

Islam (50 %), Christianisme (40 %), orisha (10 %) [2]

Ethnies liées

Edos, Nupe, Igalas

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Carte de répartition

Tête en bronze en provenance d'Ife (XIIe siècle)

Les Yorubas ou Yoroubas (Yorùbá) sont un grand groupe ethnique d'Afrique, surtout présent au Nigeria, sur la rive droite du fleuve Niger, mais également au Bénin, au Ghana, en Côte d'Ivoire où ils sont appelés Anango, et au Togo.

Ethnonyme[modifier | modifier le code]

Le terme Yorouba apparaît au début du XVIe siècle sous la plume d'Ahmed Baba pour désigner le seul Royaume d'Oyo. C'est un exonyme haoussa, présent également dans le lexique fulfuldé, qui signifie rusés[3]. Plus qu'un hommage à la diplomatie d'Oyo, il s'agit peut être d'une allusion à la ruse honorée en la divinité Eshu, voire une diabolisation.

Son intégration au lexique yorouba pour désigner les descendants du mythique Oduduwa (en) habitant les seize cités états et leurs multiples subdivisions qui reconnaissent pour métropole Ifé et partagent la langue de la chancellerie de l'Alafin (en) date de la fin du XIXe siècle. Ce choix lexical est le fait de l'esclave yorouba devenu évêque anglican Samuel Ajayi Crowther, premier traducteur de la Bible. Le morcellement politique des Yorouba n'a pas laissé d'endonyme propre à la langue yorouba.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume d'Oyo.

À la différence de bien d'autres peuples d'Afrique noire, les Yorubas élaborent très tôt une civilisation urbaine. Lors de son expédition dans la région en 1826[4], l'explorateur écossais Hugh Clapperton dénombre des dizaines de cités florissantes[5] pour le seul Empire d'Oyo. Selon son témoignage, plusieurs villes yoruba ont alors une population supérieure à 20 000 habitants.

Les Yorubas ont payé un lourd tribut aux traites négrières, c'est pourquoi on trouve une importante diaspora[6] outre-Atlantique (États-Unis[7], Cuba[8], Brésil...).

Population[modifier | modifier le code]

Compte tenu de l'explosion démographique dans cette sous-région et de l'existence d'une importante diaspora, le nombre de Yorubas est difficile à chiffrer avec précision. Lors d’un colloque organisé en 1971, le Pr Wande Abimbola avançait[9] les chiffres suivants : 14 millions de Yorubas, dont 13 au Nigeria et 0,5 million au Dahomey (sur une population de 2 millions). En 1993, selon d'autres sources[10], le nombre total de Yorubas se serait élevé à 19 327 000, dont 18 850 000 au Nigeria. D'après des chiffres de juillet 2008, sur une population totale estimée à 146 255 323, les Yorubas du Nigeria représenteraient 21 %[11]. Le nombre de Yorubas pourrait donc aujourd'hui dépasser les 30 millions.

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : yoruba (langue).

La majorité de cette ethnie parle la langue yoruba.

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : yoruba (religion).

Personnalités[modifier | modifier le code]

L'ancien président de la République du Nigeria Olusegun Obasanjo, l'actuel président du Bénin Yayi Boni, l'écrivain Wole Soyinka, les chanteurs Dele Sosimi, King Sunny Adé, Fela Kuti, Sikiru Ayinde Barrister, Sade Adu, Keziah Jones, l'évêque anglican Peter Akinola sont d'origine yoruba.

Culture[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ni.html
  2. (en) « Nigeria Human Rights Report - Freedom of Religion »
  3. P. C. Lloyd, trad. Les Yorouba, in Peuples du monde, II, p. 58, Grammont, Lausanne, 1975, (ISBN 2-8270-0469-0).
  4. (en) Journal of a second expedition into the interior of Africa, from the Bight of Benin to Soccatoo, By the late Commander Clapperton of the Royal Navy. To which is added, the journal of Richard Lander from Kano to the sea-coast, partly by a more eastern route. With a portrait of Captain Clapperton, and a map of the route, chiefly laid down from actual observations for latitude and longitude, John Murray, Londres, 1829
  5. (fr) Ogunsola John Igue, Les villes précoloniales d'Afrique noire, Karthala, Paris, 2008, p. 10 (ISBN 9782811100032)
  6. (en) Toyin Falola et Matt D. Childs, The Yoruba Diaspora in the Atlantic World: methodology and research, Indiana University Press, 2004, 455 p.(ISBN 9780253217165)
  7. (fr) Stefania Capone, Les Yoruba du nouveau monde : religion, ethnicité et nationalisme noir aux États-Unis, Karthala, 2005, 395 p. (ISBN 9782845867031)
  8. (es) Lydia Cabrera, Anagó : Vocabulario lucumí (el Yoruba que se habla en Cuba), Cabrera y Rojas, 1970, 326 p.
  9. (en) « The Yoruba concept of human personality », La notion de personne en Afrique noire, CNRS Paris, 1973, p. 73 (Actes du colloque organisé par Germaine Dieterlen en 1971)
  10. (en) Johnstone, 1993, cité par Ethnologue [1]
  11. (en) World Factook, CIA [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Amrouche, Ibedji : le culte des jumeaux en pays Yoruba, Galerie Flak, 2001, 86 p. (ISBN 9782912646101)
  • Simi Bedford et Christelle Bécant, La danse yoruba, École des loisirs-Médium club, 1992 (ISBN 9782211015851)
  • Stefania Capone, Les Yoruba du nouveau monde : religion, ethnicité et nationalisme noir aux États-Unis, Karthala, 2005, 395 p. (ISBN 9782845867031)
  • Lucien Hounkpatin, Psychopathologie Yoruba, A.N.R.T, Université de Lille III, 1999
  • Ogunsola John Igue, Le rôle de l'igname dans la civilisation agraire des populations yoruba, 1974, 110 p.
  • Ogunsola John Igue, Contribution à l'étude de la civilisation yoruba, Université nationale du Bénin, 1981
  • Abiola Félix Iroko et Ogunsola John Igue, Les villes yoruba du Dahomey : l'exemple de Ketu, 1975, 96 p.
  • Bernard Müller, La tradition mise en jeu : Une anthropologie du théâtre yoruba, Aux lieux d'être, 2006, 170 p. (ISBN 9782916063058)
  • Tobie Nathan et Lucien Hounkpatin, La guérison Yoruba, Éditions Odile Jacob, 1998, 333 p. (ISBN 9782738105677)
  • Erika Nimis, Photographes d'Afrique de l'Ouest: l'expérience yoruba, Karthala, 2005, 291 p. (ISBN 9782845866911)
  • Montserrat Palau Martí, Essai sur la notion de roi chez les Yoruba et les Aja- fon (Nigeria et Dahomey), Berger-Levrault, 1960
  • Perlages Yoruba, Galerie Hélène et Philippe Leloup, 1992, 8 p.
  • Josette Rivallain et Abiola Félix Iroko, Yoruba : masques et rituels africains, Hazan, 2000, 150 p. (ISBN 9782850257391)
  • Pierre Verger, Théodore Monod et Jorge Amado, Ewé, le verbe et le pouvoir des plantes chez les Yorùbá, Maisonneuve et Larose, 1997, 730 p. (ISBN 9782706813023)
  • Pierre Guicheney, Susanne Wenger, La dame blanche des cultes Yoruba, article pour Géo Magazine, 2001

Discographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Ade Olumoko and African spirit, Musique apala du peuple yoruba, Buda Musique, Paris, 1CD (56’35’’) + 1 brochure (27 p.)
  • (fr) Yoruba du Bénin : Sakara & Gèlèdé (enregistrements collectés par Charles Duvelle), Collection Prophet, vol. 26, Universal Division Mercury, Antony, 2002, 59' 10
  • (en) Drums of the Yoruba of Nigeria (introduction et notes de William Bascom), Smithsonian Folkways Recordings, 1953, 1 CD (49’18’’) + 1 brochure (6 p.)
  • (en) Dundun ensemble, The Bata drums, Yoruba drums from Benin, West Africa (compilation et commentaries de Marcos Branda Lacerda), Smithsonian Folkways Recordings, 1996 enregistrement 1987), 1CD (70’ 1’’) + 1 brochure (28 p.)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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