Grand Israël

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Le Grand Israël fait référence à des revendications historiquement sionistes puis israéliennes qui prônent l'extension de l'État d'Israël sur un territoire plus vaste. Ces revendications à caractère politique se retrouvent dans tous les milieux mais se basent sur des considérations religieuses, nationalistes ou de sécurité. Certaines ont été actées de facto par des annexions ou par une politique de colonisation.

Le Grand Israël fait référence à des zones géographiques différentes selon le contexte. Il s'entend généralement comme Grand relativement à l'État d'Israël dans ses « frontières internationalement reconnues » par une déclaration tripartite des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France en 1950 avant l'entrée à l'ONU du pays.

Différentes perspectives[modifier | modifier le code]

Dans un contexte religieux, le Grand Israël fait référence aux territoires promis par Dieu au Peuple juif et qui, selon la tradition, s'étendent « du Nil à l'Euphrate », recouvrant ainsi la Palestine historique (Israël, Cisjordanie, bande de Gaza, le Liban, la Syrie, la Jordanie, une partie de l'Irak, une partie de l'Égypte dont le Sinaï). Selon certaines interprétations, cette promesse n'inclut toutefois pas le Sinaï mais se limite à peu près à la frontière actuelle entre Israël et l'Égypte. Cette revendication est plus souvent mise en avant par les adversaires d'Israël que par les Juifs ou les Israéliens eux-mêmes et a un caractère principalement polémique.

Dans le contexte de la chute de l'Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale et des négociations entre Britanniques, Français et la dynastie hachémite, l'Agence juive revendiquait pour l'« établissement d'un foyer national juif » un territoire recouvrant tout le bassin aquifère du Jourdain. Par rapport à l'État d'Israël actuel, il comprenait en plus, le Sud-Liban jusqu'au Litani, le Golan, la Cisjordanie et une bande de territoires d'environ 20 km à l'est du Jourdain en Jordanie actuelle.

Dans le même contexte, mais après l'officialisation des limites du Mandat, les sionistes révisionnistes rejetèrent la scission en deux zones des territoires du Mandat britannique et le retrait de l'Émirat de Transjordanie (Jordanie actuelle) des zones d'établissement pour un « foyer national juif ». Ces revendications sont parfois mises en avant pour défendre l'idée que le mouvement sioniste a déjà fait une « énorme » concession en abandonnant la Jordanie aux Arabes et qu'il s'agit là de l'État palestinien dans lequel ils peuvent s'établir, justifiant ainsi l'annexion de la Cisjordanie.

Dans un contexte sécuritaire face au conflit israélo-arabe, des dirigeants israéliens ont à plusieurs reprises envisagé la conquête de territoires plus vastes. Ben Gourion envisagea ainsi la conquête du Liban du Sud, en vue de transformer cet État multiconfessionnel en un État chrétien qui serait l'allié d'Israël dans un « monde arabe principalement musulman et hostile ». La conquête de la Cisjordanie fut envisagée en novembre 1948 pour garantir la sécurité de Jérusalem. Entre 1949 et 1956, les infiltrations le long de la Ligne verte et en provenance de Gaza créèrent un sentiment d'insécurité qui mettaient à mal la politique de développement israélienne. La très faible largeur de la bande côtière israélienne (entre 15 et 25 km) posait un problème stratégique en cas de conflit avec la Jordanie. Dans les années 1960, Israéliens et Syriens s'affrontèrent le long de leur frontière du Golan. Début des années 1967, les déclarations belliqueuses de Nasser créèrent une crise majeure en Israël. Toutes ces tensions et considérations débouchèrent sur la guerre des Six Jours qui vit la conquête par Israël du Sinaï, de la Cisjordanie et du Golan.

Après la guerre, un mouvement politico-religieux à caractère messianique revendiqua la conservation des territoires conquis. Une politique de colonisation d'origine privée puis soutenue par les différents gouvernements, vit le développement et l'installation dans ces territoires de villages et de villes peuplées d'Israéliens. Ils sont aujourd'hui près de 500 000 en Cisjordanie et 100 000 dans le Golan. En 1982, dans le contexte politique de négociations de paix, Israël restitua le Sinaï à l'Égypte et y démantela ses colonies mais en parallèle, le gouvernement officialisa l'annexion « définitive » de Jérusalem-Est et du plateau du Golan à son territoire. La bande de Gaza fut également évacuée en 2006 et les colonies démantelées. Dans le contexte des élections de 2009, plusieurs leaders envisagèrent l'idée d'une expulsion de la population arabe hors des territoires.

En 1982, sous le gouvernement de Menahem Begin et les auspices d'Ariel Sharon, Israël envahit le Liban. Initialement prévue à des fins strictement sécuritaires visant à chasser l'OLP, l'opération se développa rapidement comme une guerre de conquête visant à mettre au pouvoir des chrétiens libanais. L'opération échoua et après avoir installé une zone de sécurité limitée au Liban-Sud, Israël finit par se retirer complètement du pays début des années 2000.

Articles connexes[modifier | modifier le code]