Université catholique de Malines

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51° 01′ 49″ N 4° 28′ 45″ E / 51.03018, 4.479036

Le pape Grégoire XVI cofondateur avec les évêques de Belgique par bref du 13 décembre 1833 de l'Université catholique de Malines puis de Louvain.
Pierre de Ram, le premier recteur de l'Université catholique de Malines, 1834.

L'Université catholique de Malines[1] nom usuel[2] de l' Université catholique de Belgique[3], en latin Universitas catholica Belgii[4], est une université qui fut fondée à Malines le 8 novembre 1834 par les évêques de Belgique, suite à un bref[5] du pape Grégoire XVI donné à Rome le 13 décembre 1833.

L'épiscopat avait, en effet, décidé de créer une université « pour accueillir toute doctrine émanant du Saint-Siège apostolique et pour faire répudier tout ce qui ne découlait pas de cette source auguste. »[6]

Comme l'écrit Jean-Jacques Hoebanx, « les évêques de Belgique, comme le recteur magnifique, n'avaient pas caché l'orientation nettement ultramontaine de leur œuvre. »[7].

Le premier recteur en fut l'abbé de Ram, mais cette université n'eut pas une existence juridique très longue puisqu'elle fut supprimée en 1835 afin que de Ram, nommé recteur magnifique, puisse fonder une université à Louvain.

Elle déplaça ainsi son siège à Louvain le 1er décembre 1835 et prit alors le nom d'Université catholique de Louvain ce qui ne se fit pas sans créer de réactions au sein de la Belgique libérale qui craignait de voir cette université nouvelle usurper non seulement le passé mais les bourses de l'ancienne Université de Louvain, ce qui advint en effet[8].

Les graves émeutes de 1834[modifier | modifier le code]

L'annonce de la fondation de l'Université catholique de Belgique à Malines par les évêques provoqua de graves émeutes[9] dans les grandes villes universitaires de Gand, de Liège et de Louvain qui craignaient ainsi de voir disparaître l'enseignement de l'État.

Les professeurs[modifier | modifier le code]

L'Université comptait comme professeurs[10]:

  • M. Thiels, doyen de la faculté et professeur de dogme ;
  • M. Verkest, professeur de morale ;
  • M. Annocqué, secrétaire de la faculté, donne les prolégomènes de l'Ecriture sainte ;
  • M. Wouters, professeur d'histoire ecclésiastique ;
  • M. Deram, qui est recteur, donnera le cours de droit canon deux fois par semaine ;
  • le comte Charles de Coux (1787-1864), ancien collaborateur de Lamennais, professeur d'économie politique[11], ayant fait sa soumission publique aux deux encycliques[12]. Au milieu de l'été 1845, Charles de Coux, qui était devenu professeur d'économie politique à l'Université catholique de Louvain, quittera la Belgique pour son pays d'origine la France, où il deviendra rédacteur en chef de L'Univers.

En outre l'abbé de Ram avait veillé que soit donné un cours de langue et de littérature néerlandaises[13].

Les étudiants[modifier | modifier le code]

Dix-neuf élèves des six diocèses de Belgique suivaient les cours de théologie.

Le collège de philosophie comptait plus de quarante pensionnaires et plus de vingt externes.

Les locaux[modifier | modifier le code]

Les leçons se donnaient dans les bâtiments de l'ancien archevêché.

Bibliographie concernant l'Université catholique de Malines[modifier | modifier le code]

Le numéro de page indique le passage concernant l'Université catholique de Malines.

  • Pierre De Ram, Universitas Catholica Belgii, Oratio quam die IV mensis novembris anni MDCCCXXXIV, in: aede metropolitana Mechliniensi habuit Petrus-Franc.-Xav. De Ram,... quum illustrissimus ac reverendissimus Dominus Engelbertus, archiepiscopus Mechliniensis primas Belgii oblato solemni ritu missae sacrificio Universitatem Catholicam inauguraret, Louvain, 1834, 16 nov.
  • L'Ami de la religion, 1834, p. 233
  • A. Ferrier, Description historique et topographique de Louvain, Bruxelles : Haumann, Cattoir et Cie, 1837
  • Augustin Theiner, Jean Cohen, Histoire des institutions d'éducation ecclésiastique, 1841, p. 112
  • Maurice Voituron, La parti libéral joué par le parti catholique dans la question de l'enseignement supérieur, Bruxelles, 1850, p. 16
  • Catalogue des monnaies et médailles formant le cabinet de feu M. J.B. De Jonghe, Bruxelles : Heussie, 1860, p. 172 n° 3289
  • E. Van Even, Louvain monumental ou description historique et artistique de tous les édifices civils et religieux de la dite ville, Louvain : C.-J. Fonteyn, 1860
  • Correspondance du R. P. Lacordaire et de Madame Swetchine, 1864, p. 26
  • Journal des économistes, Société d'économie politique of Paris, Société de statistique de Paris, 1864, p. 13.
  • Louis Hymans, Histoire populaire du règne de Léopold Ier, roi des Belges, 1864, p. 154.
  • Adolphe Quetelet, Sciences mathématiques et physiques chez les Belges au commencement du XIXe, 1866, p. 534.
  • Patria Belgica, Encyclopédie nationale, 1875, p. 140.
  • Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, volume 17, 1881, p. 236
  • Georges Weill, L'éveil des nationalités : et le mouvement libéral (1815-1848), 1930, p. 181
  • Marcel Dessal, Charles Delescluze, 1809-1871: un révolutionnaire jacobin, 1952, p. 30
  • Mémoires de la Société royale des sciences de Liège, 1958, p. 89
  • L'esprit laïque en Belgique sous le gouvernement libéral doctrinaire, 1857, 1967, p. 665
  • Ruth L. White, L'Avenir de La Mennais : son rôle dans la presse de son temps, 1974, p. 173
  • Aloïs Simon, Gaston Braive, Jacques Lory, Mélanges dédiés à la mémoire de Mgr Aloïs Simon, 1975, p. 145
  • Jean Préaux, Église et enseignement, 1977, p. 177
  • Carlo Bronne, Léopold Ier et son temps, Bruxelles, éd. Paul Legrain, 1980, p. 154
  • John Bartier, Guy Cambier, Libéralisme et socialisme au XIXe siècle, 1981, p. 17
  • Edmond Henri Joseph Reusens, Documents relatifs à l'histoire de l'Université de Louvain (1425-1797), 1885, p. 228
  • Astrid von Busekist, La Belgique : politique des langues et construction de l'État de 1780 à nos jours, 1998, p. 87
  • Véronique Laureys, L'Histoire du sénat de Belgique de 1831 à 1995, 1999, p.71.
  • Andrée Despy-Meyer, Institutions et réseaux dans: Histoire des sciences en Belgique 1815-2000, Bruxelles : Dexia, 2001, tome I, p. 72
  • Hendrik Deelstra, La chimie dans les universités et les écoles supérieures, dans: Histoire des sciences en Belgique 1815-2000, Bruxelles : Dexia, 2001, tome I, p. 165 et p. 169
  • Jacqueline Aubenas, Suzanne Van Rokeghem, Jeanne Vercheval-Vervoort, Des femmes dans l'histoire de Belgique, depuis 1830, 2006, p. 14
  • André Tihon (abbé), Löwen, in: Lexikon für Theologie und Kirche, vol. 6., Herder, Freiburg ; Basel ; Wien, 3e éd., 2006, p. 1070-1073
  • 2011 : Pieter Dhondt, Un double compromis. Enjeux et débats relatifs à l'enseignement universitaire en Belgique au XIXe siècle, Gand : Academia Press, 2011.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. parfois appelée aussi Université catholique à Malines
  2. L'Université catholique recueil religieux, Paris, 1836, p. 63: "M. De Cazalès, professeur à l'Université catholique de Malines". Voir aussi Andrée Despy-Meyer, "Institutions et réseaux" dans: Histoire des sciences en Belgique 1815-2000, Bruxelles : Dexia, 2001, p. 72 : « L'Université catholique de Malines, pour sa part, est née d'une volonté des évêques de rétablir l'école d'enseignement supérieur qui existait à Louvain avant que le Directoire ne la supprime » et ibidem, Hendrik Deelstra, "La chimie dans les universités et les écoles supérieures", p. 165 : "Lorsque l'Université catholique fut transférée de Malines à Louvain" et p. 169 : « Fondée en 1834 sous le nom d'Université libre de Belgique, l'Université de Bruxelles changea de nom en 1842 pour devenir Université libre de Bruxelles. La jeune université, créée en toute hâte dans le but de s'opposer à la nouvelle Université catholique de Malines dut commencer avec beaucoup d'improvisation ».
  3. Pierre De Ram, Universitas Catholica Belgii, 1834. Document VIII, "Statuts de l'Université catholique de Belgique". Voir aussi : L'Ami de la religion, volume 81, 1834, p. 329 : « connu par plusieurs écrits et entr'autres par un discours dont nous avons parlé sur l'affaire de l'école libre à la chambre des pairs; M. de Coux, qui vient d'être nommé à une chaire dans l'Université catholique de Belgique ».
  4. Une médaille commémorative fut frappée avec la légende « UNIVERSITAS CATHOLICA BELGII Mechliniae inaugurata » : Catalogue des monnaies et médailles formant le cabinet de feu M. J.B. De Jonghe, Bruxelles, Heussie, 1860, p. 172 n° 3289. Ainsi que : Pierre De Ram, "Universitas Catholica Belgii, Oratio quam die IV mensis novembris anni MDCCCXXXIV, in aede metropolitana Mechliniensi habuit Petrus-Franc.-Xav. De Ram,....... quum illustrissimus ac reverendissimus Dominus Engelbertus, archiepiscopus Mechliniensis primas Belgii oblato solemni ritu missae sacrificiio Universitatem Catholicam inauguraret", Lovanii, 16. nov. 1834.
  5. Edward van Even, Louvain dans le passé et dans le présent, Louvain, 1895, p. 606 : « Par lettre collective du 14 novembre 1833, le corps épiscopal s'adressa à Grégoire XVI, à l'effet d'obtenir l'autorisation nécessaire pour ouvrir l'école. Cette autorisation fut octroyée par un bref du 13 décembre suivant. Une circulaire épiscopale, datée du 20 février 1834, annonça aux fidèles la fondation d'une Université catholique »
  6. William Bourton, « 1834. Soustraire la science à la foi », dans Le Soir, jeudi 19 novembre 2009, p. 19.
  7. Jean-Jacques Hoebanx, "La fondation de l'Université libre de Belgique", dans Pierre-Théodore Verhaegen. L'homme, sa vie, sa légende. Bicentenaire d'une naissance, Bruxelles, Université libre de Bruxelles, 1996.
  8. Maurice Voituron, Le Parti libéral joué par le parti catholique dans la question de l'enseignement supérieur, Bruxelles, 1850 : « et alors aurait paru plus évidente encore aux yeux du pays l'intention du parti catholique de tuer l'enseignement de l'État, afin de ne laisser debout que l'Université catholique de Malines, qui allait prendre le titre d'Université de Louvain, pour y usurper la renommée de l'ancienne, ainsi que ses fondations de bourses. Cependant, malgré lui, le parti catholique laissa échapper cet espoir par la bouche de son rapporteur M. Dechamps, lorsqu'il disait : « la confiance entourera de telle façon les établissements privés que les universités de l'État, par exemple, deviendront à peu près désertes » »
  9. John Bartier, Guy Cambier, Libéralisme et socialisme au XIXe siècle, Université libre de Bruxelles, Institut d'histoire du christianisme, 1981, p. 17.
  10. L'Ami de la religion, 1834, p. 233.
  11. Journal des économistes, revue de la science économique et de la statistique, fasc. 22, Paris, 1859, p. 309 : "C'est l'épiscopat belge qui eut, par la fondation de l'université catholique en 1834, l'honneur de rendre à la science économique toute son importance dans l'enseignement supérieur. Ce fut un français, M. le comte de Coux, qui fut appeler à la remplir".
  12. Journal des économistes, Société d'économie politique de Paris, Société de statistique de Paris, 1864, p. 13 : « Depuis longtemps l'Université catholique de Malines a un cours d'économie politique à l'instar des autres universités ou facultés belges », et Correspondance du R.P. Lacordaire et de madame Swetchine publiée, 1864, p. 26: « M. de Coux, notre ancien collaborateur qui a été nommé à une chaire de l'Université catholique de Malines, a fait sa soumission publique aux deux encycliques ». Il s'agit des encycliques de Grégoire XVI, Mirari vos du 15 août 1832 et Singulari nos du 7 juillet 1834 condamnant les idées de Lamennais.
  13. Astrid von Busekist, La Belgique : politique des langues et construction de l'État de 1780 à nos jours, 1998, p. 87 : « Or, à l'Université catholique de Malines, créée en 1834, est enseigné un cours de langue et littérature néerlandaises, à l'initiative du recteur De Ram »

Articles connexes[modifier | modifier le code]