Uchizy

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Uchizy
L'église Saint-Pierre
L'église Saint-Pierre
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Saône-et-Loire
Arrondissement Mâcon
Canton Tournus
Intercommunalité Communauté de communes du Tournugeois
Maire
Mandat
Paul Talmard
2014-2020
Code postal 71700
Code commune 71550
Démographie
Gentilé Chizerots
Population
municipale
816 hab. (2011)
Densité 65 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 30′ 16″ N 4° 53′ 11″ E / 46.5044444444, 4.88638888889 ()46° 30′ 16″ Nord 4° 53′ 11″ Est / 46.5044444444, 4.88638888889 ()  
Altitude Min. 169 m – Max. 325 m
Superficie 12,49 km2
Localisation

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Uchizy

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Uchizy est une commune française, située dans le département de Saône-et-Loire en région Bourgogne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Uchizy est situé à 23 kilomètres de Mâcon, à 9 kilomètres de Tournus et à 36 kilomètres de Chalon-sur-Saône.

La commune s'étend sur 1 172 ha, du versant oriental des collines du Mâconnais jusqu'à la Saône.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Chardonnay Farges-lès-Mâcon Farges-lès-Mâcon Rose des vents
Chardonnay N Farges-lès-Mâcon
O    Uchizy    E
S
Montbellet Montbellet Arbigny

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village est bâti au pied des contreforts orientaux du mâconnais. Une source abondante, la fontaine d’Uchizy, paraît être la raison pour laquelle une agglomération humaine s’y soit établie à l’époque gallo-romaine. Les nombreuses découvertes préhistoriques faites dans la région Tournusienne permettent de préjuger que, comme les villages avoisinant, Uchizy fut habité dès l’époque de la pierre taillée.

La période des invasions barbares, c’est-à-dire celle de l’envahissement de l’Empire romain par des barbares d’origine germanique, a été révélée par la découverte de sépultures.

Le village s'est vraiment constitué après qu'en 878 le roi de France Louis le Bègue l'eût donné aux moines de l'abbaye Saint-Philibert venus s'installer à Tournus. Pour gérer leur nouvelle possession, ils établissent autour de l'église un prieuré avec ses dépendances : puits, écurie, grange, fenils, volière, four, pressoir et grange aux dîmes. Plus tard ils vont l'entourer d'une enceinte fortifiée puis d'une seconde où s'installent quelques demeures de gentilshommes et des petites maisons dans lesquelles les habitants trouvent refuge en période de danger. Protégé part de larges fossés qui se laissent encore deviner, c'est "le château", le bourg actuel.

Il existait d'autres fiefs, mais dépendants de l'abbaye de Tournus et sans droits de justice, dont les principaux avec leur château, furent celui des Ecuyers (disparu) et celui de Grenod : Château, donjon, dîmes, temple, bief, pilori, fossés, forgerons, barbiers, tissiers, les noms de rues et de lieux-dits rappellent ce riche passé.

Autour de ce centre fortifié se sont établis des faubourgs à caractère rural : au nord, c’était le faubourg (ou rue du pilori), au nord est, la rue Girard et Corcelles ; à l’est, la rue du bief, le Quart Garbet et le Quart Maréchal ; au sud, la Quart Mallet et à l’ouest, les Ravières.

Ces faubourgs avaient un caractère rural très net, tout différent de celui du château. Les habitations aux toits plats de tuiles creuses ne se présentent pas sous la forme de courts, fréquents au bord de la Saône, mais sous l’aspect de rues. Ce ne sont pas non plus des bâtiments groupés autour d’une cour carrée, formant des unités séparées et bien distinctes, protégées de l’extérieur par des murs presque sans ouvertures, mais, au contraire, des bâtiments se développant en longueur, généralement dans le sens du nord au sud, largement ouvert sur l’extérieur et formant des agglomérations allongées en forme de rues. Les maisons dans ces rues sont plus grandes que dans le pays exclusivement vignoble de la montagne de Tournus. On y fait non seulement du vin, mais on y cultive des céréales et on y possède de vastes granges, des greniers spacieux pour les foins et des étables pour le bétail. Uchizy est en effet un pays de polyculture.

Plus favorisés que leurs voisins d’Ozenay ou de Royer qui étaient à la merci de seigneurs souvent sans humanité, les chizerots obtinrent, dès le XIIIe siècle, quelques privilèges qui rendirent leur situation de manants moins misérables. Mais Uchizy n’a pas joui longtemps paisiblement de ces privilèges car la lutte qui eut lieu au XIVe siècle entre les rois de France et d’Angleterre (la Guerre de Cent Ans, 1337-1437) fut la cause de nombreux pillages dont toute la région eut à souffrir et contre lesquels l’abbaye dut se protéger en requérant pour sa garde les hommes des villages environnant.

Après avoir traversé cette époque malheureuse, Uchizy devait encore avoir à souffrir, pendant la première moitié du siècle suivant, des luttes qui eurent lieu entre les maisons d’Orléans et de Bourgogne et au cours desquelles les troupes du Dauphin, qu’on appelait les Armagnacs, s’emparèrent de Tournus et firent de grands dégâts dans le Mâconnais.

Pour se soustraire, en 1422, aux horreurs de la Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, les habitants d’Uchizy traversèrent la Saône et cherchèrent asile dans les bois qui leur appartenaient. Mais, craignant plus tard les rigueurs de l’hiver, ils demandèrent l’hospitalité aux habitants d’Arbigny qui les reçurent dans leurs foyers. En contrepartie de quoi, ces derniers étaient autorisés à couper du bois dans leurs forets et à faire paître leurs bestiaux dans leurs prairies. Mais les Habitants d’Arbigny abusèrent de la permission et ceux d’Uchizy, ne pensant pas que leur reconnaissance dut être éternelle, les prièrent de se renfermer dans leurs limites. De là, de violents démêlés où le sang était souvent répandu et une haine profonde que les siècles suivants n’ont pas entièrement éteint…

Les règnes de Louis XII et de François Ier, c’est-à-dire l’extrême fin du XVe siècle et la première moitié du XVIe siècle, furent des temps de paix et de tranquillité. Uchizy devint prospère avant de se précipiter à nouveau dans les sanglantes convulsions des guerres civiles. Sortis collectivement des ruines de leurs demeures, les chizerots se retranchèrent dans une de la Saône et en firent un véritable camp retranché. Ils durent ainsi rester maître de leur destin jusqu'à la fin des guerres de religion. C’est là un fait d’armes exceptionnel que cette défense de villageois mettant en déroute des troupes de métier et des soldats professionnel.

L’ère des tueries et des luttes intestines ne devait plus se clore avant la paix de Vervins, en 1598. À peine rentrés dans leur village, ils furent attaqués de nouveau et à plusieurs reprises par les habitants d’Arbigny

Lorsque la Révolution éclata en 1789, Uchizy n’échappa pas aux brigandages politiques dont le Mâconnais fut le théâtre. Le Premier Empire devait ramener la tranquillité à Uchizy, bientôt troublée à nouveau en 1814 et 1815, lors de l’invasion des alliés.

À compter de 1815, l’ennemi ne devait plus fouler le sol d’Uchizy mais cette commune, de même qu’en 1870, fit pendant la guerre de 1914-1918, preuve du plus ardent patriotisme. Nombre de ses enfants devaient tomber au Champ d’Honneur. Leurs noms sont inscrits au Livre d’Or de la Commune ainsi que sur le monument élevé à leur mémoire par l’un de leur compatriote sculpteur, Claude Devenet.

Le Conseil municipal, le 14 août 1859, a demandé la création d’une gare à Uchizy, considérant que l’existence d’une gare sur ligne de chemin de fer Paris – Lyon, faciliterait considérablement les rapports commerciaux et industriels . La commune obtint satisfaction et les plans dressés par les ingénieurs de la compagnie pour l’établissement d’une gare au lieudit « Les Fourches », à deux kilomètres du centre du village, furent approuvés le 2 août 1860. Le 16 juin 1876, le conseil demanda l’établissement d’un quai pour l’embarquement et le débarquement du bétail e le 11 mai 1879, il sollicita l’agrandissement de la gare des marchandises dont l’exiguité ne permettait plus de mettre à l’abri toutes les marchandises.

À la fin du XIXe siècle, Uchizy est une des plus riches communes du canton de Tournus.

Si les murailles et les tours qui existaient du château ont été démantelées il y a deux cents ans, le centre de la commune est aujourd'hui encore une petite ville groupée autour de son clocher.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1959 1965 Louis Chervier    
1965 1983 Hyppolite Josserand DVD  
2001 en cours Paul Talmard    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants d'Uchizy s'appellent les Chizerots.


En 2011, la commune comptait 816 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 078 1 141 1 243 1 345 1 354 1 560 1 567 1 535 1 522
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 508 1 482 1 557 1 506 1 459 1 431 1 310 1 127 1 078
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 023 1 064 1 032 928 872 800 782 785 668
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
651 650 612 642 623 729 775 801 768
2011 - - - - - - - -
816 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Niche qui abritait une statuette de Saint-André
  • L'Église Saint-Pierre d'Uchizy, construite dans le dernier quart du XIe siècle.
  • Le Château de Grenod
  • La Chapelle des Imetiers : Un peu éloignée de la cité au sud du village, la petite chapelle dédiée à saint Imetier – « saint Humi », nom local de Saint Hymetière, moine du Jura au VIe siècle) – était réputée pour la bienveillance de son saint patron qui guérissait les malentendants lors des pèlerinages du lundi de Pâques et aidait les enfants retardés.
  • Une Niche du XVIe siècle qui abritait une statuette de Saint-André, située rue Quincampoix, à l'angle de la Grande-Rue, construite en 1523.
  • Chapelle Saint-Henri, ancienne chapelle de pèlerinage datant du VIe siècle.
  • Fontaine de dévotion des Dames

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Claude-Marie Devenet, sculpteur, né à Uchizy le 28 novembre 1851 et mort à Paris le 11 novembre 1931

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011